La contention physique chez la personne âgé démente. Quelle prise en charge infirmière ?
Sujet : La contention physique chez la personne âgé démente. Quelle prise en charge infirmière ? Quelles alternatives ?
Introduction
La société actuelle est confrontée au problème de vieillissement de la population et plus particulièrement, les pays développés. Alors qu’en Afrique, la population est encore jeune, en Europe, la proportion de personnes âgées a fortement évoluée. Devant cette situation, il est nécessaire de penser de prime abord à la prise en charge et à l’aide qui pourraient être fournis à ces personnes.
Le vieillissement en effet, est un phénomène, une phase de développement auquel, aucun être humain n’échappe. C’est une période délicate étant donné les modifications au niveau de la vie professionnelle et privée. Les personnes d’âge avancé sont des personnes en retraite et dans la grande majorité des cas, elles n’ont que très peu de revenus pécuniaires. A cela s’ajoute la fragilisation de leur état marqué par les rides, la vulnérabilité devant les maladies qui commencent à apparaître, la fatigue, le changement de style de vie que ce soit à domicile ou en établissement.
Parfois aussi, les personnes âgées peuvent souffrir d’une démence quelquefois appelée démence sénile, ou souffrent de la maladie d’Alzheimer, la forme de démence la plus répandue. Ces démences se manifestent par la perte de l’autonomie, de certaines fonctions psychomotrices, auditives, visuelles, etc. qui rendent encore plus difficile la prise en charge par les soignants.
Dans cette étude, nous allons nous focaliser sur la contention physique de la personne âgée, cette pratique qui est très utilisée dans le domaine de la gériatrie pour maîtriser les patients montrant une agressivité ou exposé à des risques divers. Nous allons présenter plus particulièrement la prise en charge infirmière destinée à de tels patients et la recherche d’alternatives pour pallier à cet acte.
- Motivations
Le recours à la contention physique implique le patient, la famille, les soignants et les médecins. Les équipes soignantes se trouvent en effet dans une impasse lorsque l’institution et/ou la famille des patients imposent de prévenir les chutes des personnes âgées et d’être tenues d’assurer un soin de bonne qualité. Dans ce cas, le soignant se trouve entre l’envie de bien faire, de protéger le patient et l’impression de maltraiter ce dernier en lui infligeant la contention.
La mise en place d’une contention est un acte de soin qui m’est parfois difficile à réaliser étant donné qu’il m’implique émotionnellement, mais parce qu’il va aussi à l’encontre de certaines de mes valeurs. Durant les stages que j’avais faits dans différents services mais également durant ma carrière d’aide soignante dans le secteur privé, j’ai été confrontée à plusieurs reprises, à des situations où la contention physique était utilisée contre la volonté du patient. Et pourtant, cet acte est entrepris pour faire face à la résistance ou à l’agressivité du patient ou tout simplement, dans le but d’éviter un risque de chute du patient ou encore, pour le soigner.
Ces situations me perturbaient au plus haut point et me poussaient à se poser certaines questions concernant la communication avec une personne atteinte de démence, les démarches à prendre pour que ce dernier accepte d’être soigné, l’optimisation de la prise en charge de la personne âgée atteinte d’une démence. A travers cette étude, je souhaite savoir s’il existe une alternative à la contention.
Bien que la communication avec une personne atteinte de démence s’avère parfois difficile, et nécessite une adaptation constante aux capacités du soigné, je reste persuadé de l’existence d’une alternative permettant d’éradiquer ou tout au moins de limiter autant que faire se peut, la contention physique de la personne âgée atteinte de démence.
A l’avenir, je voudrais être capable d’aborder cet aspect de soin de façon sereine, de m’adapter aux besoins des patients et d’adopter une posture plus humaine en respectant l’ équilibre, les désirs et la dignité du patient. A travers cette étude, j’espère aussi être en mesure de trouver une ou des alternatives à la contention et de sensibiliser par la suite, mon entourage en ce qui concerne cette question.
Cette étude est motivée par un questionnement professionnel se rapportant à la démarche pour prendre en charge les personnes atteintes de démence. Mais elle est aussi animée par une curiosité personnelle concernant un sujet qui a été très peu abordé et qui, pourtant, va tous nous concerner.
- Situations d’appel – question de départ
La première situation que je vais évoquer s’est déroulée dans un service de médecine orienté vers l’endocrinologie-diabétologie. Je travaillais avec une infirmière et nous faisions la plupart des soins en binôme. Ce matin là, nous devions effectuer un sondage vésical auprès d’une patiente que nous ne connaissions pas, en vue de réaliser un examen cytobactériologique des urines.
La patiente était une sicilienne de quatre vingt six ans, admise la veille, pour altération de l’état général. Elle ne mangeait plus et ne buvait plus depuis vingt quatre heures. Elle s’exprimait par des geignements constants. Des antalgiques ont été prescrits mais ne semblaient pas la calmer. Il était impossible de communiquer avec elle. Or, dans de tels cas, l’examen ne pouvait avoir lieu qu’à l’aide d’un sondage vésical.
Je me rendais dans la chambre et tentais à nouveau de l’informer en sicilien, de la nature du soin que nous devions réaliser, mais en vain. Elle semblait angoissée par notre présence et restaient repliée sur elle-même. Nos tentatives de communication s’avéraient inutiles. Nous avons donc entamé une première approche en pratiquant la toilette génitale. Mais la patient a paniqué, s’est débattue et a crié. Très rapidement, ma collègue et moi, nous nous sommes organisées pour effectuer une contention et pour faire la toilette et le sondage par la suite. Après ces procédures, nous avons réinstallée la patiente de manière à ce qu’elle ne pense plus à la sonde et qu’elle ne l’arrache pas.
Devant cette première situation je me suis posée des questions : existe-t-il des risques pour les patients ? Que ressentent les patients lorsque les soignants leur posent une contention ? Comment les autres soignants vivent-ils la contention physique ?
La seconde situation s’est déroulée dans un service d’orthopédie. Avec l’infirmière nous sommes entrés dans la chambre de Mr X pour effectuer sa toilette et pour faire un pansement. Il venait de subir une intervention, notamment, une pose de prothèse totale de hanche. Mr X souffrait d’une démence de type Alzheimer et l’anesthésie a aggravé son état. Le patient était très perturbé et nous n’avions d’autres choix de que de poser une contention physique pour sa sécurité et pour éviter les risques de chute et d’infection.
Très agité, il ne cessait de crier « laissez-moi partir, je veux rentrer chez moi ». Il ne comprenait pas ce qu’il faisait là. Il nous regardait avec de grands yeux étonnés et nous répétait : « Je vous remercie beaucoup mesdames. Pour moi, tout va bien, je n’ai besoin de rien. Il est temps de rentrer chez moi ». Nous l’avons rassuré en lui expliquant pourquoi il était hospitalisé et pourquoi, nous étions là. Nous l’avons détaché et avons effectué sa toilette. Tout s’est bien passé parce que nous avons expliqué au patient les actes que nous devions effectuer afin d’obtenir son aval. Malheureusement, une fois installé sur le fauteuil, le patient s’est à nouveau agité et nous n’avions eu d’autres choix que de poser à nouveau la contention.
Dans ce cas précis, pouvons- nous dire que le principe de précaution pourrait légitimer la contention ? La contention physique ne constitue-t-elle pas une forme de maltraitance de la personne âgée vu qu’il nous a suppliés de le laisser ? Comment apaiser une personne démente en phase d’agressivité ? Existe-t-il d’autres moyens qui pourraient être utilisés pour éviter la contention physique ? La contention constitue-t-elle une nécessité ou est-ce que les services de soins le banalisent ?
Cette série de questions me conduit à la formulation de ma question de départ qui s’annonce comme suit : Comment l’infirmière pourrait-elle prendre en charge la personne âgée démente, et quelles alternatives pourraient être mobilisées pour réduire le recours à la contention ?
- Exploration du cadre conceptuel
- La contention physique
La contention physique est un acte de soin permettant de protéger le malade ainsi que les personnes qui l’accompagnent. Il est particulièrement adopté chez les personnes âgées parce que ces dernières sont exposées à de nombreux risques. En effet, les personnes d’âge avancé souffrent souvent des pertes d’équilibres ou des troubles psychomoteurs qui pourraient favoriser leur chute. Dans ce cas, les soignants se trouvent dans certaines situations de les mettre sous contention dans le but de les protéger (1). La contention physique correspond donc à des équipements, des instruments ou des moyens permettant de maintenir le patient à une certaine position. Cet instrument ne doit pas être facile à enlever par le patient.
En gériatrie, la contention physique peut être posturale afin de rééduquer l’individu et dans le but de le maintenir à une position bien précise. Quelquefois, elle peut aussi être active et dans ce cas, elle est prescrite par une kinésithérapeute afin de verticaliser la personne alitée. Mais il existe entre autre, la contention physique passive qui va limiter la mobilité de la personne pour le protéger (4). Les moyens de contention physique peuvent être des côtés de lit, des fauteuils gériatriques avec tablettes ou encore des camisoles de force pour les personnes très agitées et celles qui montrent une forte agressivité (3). Elles peuvent aussi consister en des gilets ou des sangles thoraciques, des ceintures, des attaches de poignets et de chevilles, les sièges gériatriques, des barrières de lit. Parfois, le personnel soignant utilise des draps ou des vêtements comme contention physique de la personne âgée (4)
Mais cet acte de soin a été réglementé afin de réduire les risques d’abus des situations. Parfois, les soignants recourent à cette pratique uniquement pour punir les personnes âgées qui s’avèrent difficiles ou récalcitrantes, moins coopératives lors de la prise en charge (1).
La contention physique est un acte qui doit être réalisée uniquement dans l’intérêt du patient. Mais cela demande une certaine réflexion puisque la personne âgée a ses propres droits en tant qu’être humain, et dans cette optique, elle a droit à la liberté. Or, dans cet acte de soin, les soignants utilisent différents moyens, méthodes ou matériels pour réduire sa mobilité ou tout au moins, la mobilité d’une partie de son corps afin de pouvoir lui administrer le soin ou encore, dans le but de le protéger des chutes. C’est uniquement lorsque le patient est exposé à des risques que la contention physique devient un acte légitime. Les risques encourus par les personnes âgées peuvent être de différentes formes. Quelquefois, les personnes âgées peuvent tomber, faire des chutes, montrer une certaine agressivité, notamment, celles qui présentent des démences (1).
En gériatrie, la contention physique est particulièrement utilisée pour prévenir la chute. Après cette principale cause vient les troubles comportementaux tels que les agressivités, les agitations, ou les crises de démence pouvant causer des dangers pour la propre personne du malade et des personnes qui se trouvent autour de lui, médecin, soignants, familles, proches, amis (4).
Etant donné que cet acte de soin soit fortement réglementé, la pose de contention physique nécessite une analyse au préalable des différents bénéfices et des inconvénients pour la personne physique. Certes, les soignants trouvent beaucoup d’avantages à mettre des contentions physiques et pourtant ce geste comporte aussi des risques. Dans cette optique, nous pouvons citer par exemple, que les personnes qui sont retenues par contention physiques peuvent parfois présenter des irritations cutanées, ou des séquelles biologiques à cause de l’immobilité prolongée (3). Parfois, elles peuvent être asphyxiées et mourir vu la vulnérabilité de leur état.
Les différents soignants doivent entre autre, connaître les différents risques issus de l’immobilisation des personnes âgées. Au cas où cette méthode est définitivement décidée par l’ensemble des soignants (infirmier et médecin), un programme de soins et de surveillance individuelle doit être mise en place (1). Dans la même suite d’idée, la pose de contention physique ne doit se faire que de manière temporaire pour diminuer les inconvénients ressentis par le patient. Dans ce cadre, les soignants doivent indiquer la durée de la contention (2).
Il semble intéressant d’indiquer par ailleurs, que l’efficacité de la contention physique est encore discutable. Le premier obstacle au recours à de tels actes de soins est d’ordre éthique. Il s’agit d’une personne ayant droit à sa liberté et ayant droit à la dignité. L’immobilisation de la personne pourrait correspondre dans ce cas à une atteinte de la dignité humaine.
D’autre part, la contention physique conduit à certains autres dangers, ce qui implique que cette pratique comporte aussi des dangers. La contention peut conduire à des infections nosocomiales et à l’apparition d’escarres. Par ailleurs, contrairement aux idées reçues, il a été observé que la chute est d’autant plus élevée chez les personnes qui sont soumises à une contention physique par rapport à celles qui n’en portent pas.
Cet acte de soin pourrait être très mal pris par le patient qui va encore s’affoler et s’agiter après la pose de contention. De plus le fait d’être immobilisé pourrait conduire chez les sujets à une perte d’autonomie et au syndrome d’immobilisation caractérisé par les contractures, les troubles trophiques, les incontinences, les atrophies des muscles, etc. Mais il est aussi une cause de stress pour les soignants puisque ces derniers associent cet acte à un non respect de la personne qui se tient devant eux. Les soignants pourraient de ce fait être tentés de se culpabiliser (4).
- La personne âgée
L’âge de la personne ne peut pas être pris en compte comme étant un déterminant de sa vieillesse. En effet, du point de vue état civil, une personne âgée est une personne qui a atteint un certain âge. Dans la majorité des cas, une personne est dite âgée quand elle atteint 60 ans et plus. Et pourtant, la simple considération de l’âge civil d’une personne ne permet pas de le classer parmi les personnes d’âge avancé. La définition de la personne âgée ne peut pas être séparée de celle du processus physiologique de vieillissement caractérisé par de profonds changements physiologiques notamment, la dégénérescence de la cellule, le ralentissement des fonctions vitales, l’apparition de troubles physiques, psychiques et physiologique. Ces signes indiquent réellement l’état de la personne âgée (5).
Il nous paraît utile de ce fait, de revenir ici sur la définition et la caractérisation du processus de vieillissement qui marque qu’une personne est d’âge avancé. Le vieillissement est une phase du développement de l’Homme marquée par des changements au niveau du fonctionnement cognitif, conatif, relationnel, physiologique et psychologiques. Il se manifeste par des troubles au niveau de la capacité mentale du sujet. Mais ce dernier point est en lien avec les conditions et le style de vie de la personne (8).
Le vieillissement peut se manifester au niveau biologique et neurologique. Le premier vieillissement dit primaire, ou biologique correspond au ralentissement du fonctionnement des organismes ce qui fait que les personnes d’âge avancée soient moins performantes. Ce premier vieillissement est à l’origine de la mort. Le vieillissement pourrait se traduire par des déclins physiologiques marqués par la réduction de la force du sujet, la lenteur de ses réflexes, la baisse de son efficience auditive et visuelle, la perte d’équilibre statique, changement au niveau du mode de locomotion. Il est évident que de tels changements ne peuvent que se répercuter progressivement sur la psychologie de l’individu (8).
Ceci nous amène au vieillissement cérébral. Cette forme de vieillissement se manifeste par les modifications du fonctionnement cérébral. Chez les personnes âgées, les troubles neurologiques peuvent être très fréquents. Souvent, les personnes âgées souffrent de maladies neurodégénératives dont la maladie d’Alzheimer. Ces maladies causent souvent la perte progressive du langage, de la locomotion et s’accompagne de troubles de la conscience (8).
Les troubles sensoriels sont sources de désintéressement de la part de la personne âgée. Etant donné qu’elle n’arrive plus à distinguer clairement les dires de son interlocuteur, elle tend à ne plus parler et à se replier sur elle-même. Par ailleurs, même si la personne âgée veut se lancer dans une discussion avec d’autres personnes, l’effort nécessaire pour percevoir les dires de l’interlocuteur ne permet plus d’allouer encore autant d’effort pour le traitement de ces informations. L’impact de la baisse de l’acuité sensorielle peut conduire parfois à la baisse du déclin intellectuel de la personne âgée (8).
Mais dans cette définition et dans la prise en compte des différentes modifications physiques et physiologiques des personnes âgées, il existe encore une possibilité de catégorisation en fonction de la régression physique et psychique de la personne âgée. Il existe par exemple des personnes dont l’âge biologique dépasse 65 ans et qui présente encore un état plus solide et une bonne fonction psychomotrice tandis que les personnes qui ont déjà atteint plus de 85 ans souffrent dans la plupart des cas, des troubles cognitifs (6). Les personnes âgées présentent toutes des modifications au niveau de leur physiologie et de leur état psychique mais encore faut-il distinguer trois types de personnes âgées. Le premier type regroupe les personnes qui présentent un bon état général. Le deuxième type rassemble les personnes qui présentent une faible dépendance et le troisième type regroupe les individus présentant une importante dépendance et un syndrome gériatrique.
Il est évident que les différentes modifications entraînent toujours une modification de sa manière de penser et de vivre. L’acceptation de la vieillesse n’est pas aussi évidente d’une personne à une autre mais peu importe l’âge, ces personnes en tant qu’être humain bénéficie de certains droits et souhaitent jouir d’un certain style de vie. Bien que des troubles psychomoteurs et des troubles cognitifs peuvent avoir lieu pendant cette période délicate, ces personnes possèdent encore des besoins spécifiques et des droits fondamentaux tels que le besoin et le droit de communiquer, de s’exprimer, d’appartenir à un groupe social, d’être rassurés. Ceci demande une certaine flexibilité de la part des soignants et de ses proches puisque les personnes âgées et plus particulièrement, celles qui présentent une démence, ont besoin d’être comprises. Mais souvent, elles n’arrivent pas à s’exprimer autrement que par l’agressivité et le repli (7).
- La démence
Du point de vue étymologique, le mot « démence » est tiré du terme latin dementia qui veut dire perte de l’esprit. Vu sous cet angle, la démence a été définie à son origine comme étant une folie se manifestant par des affaiblissements de la sensibilité, de l’intelligence et de la volonté du patient. Mais cette définition ne reflète qu’une partie seulement de la manifestation de ce trouble. C’est la raison pour laquelle, pendant des siècles, différents chercheurs ont essayé de donner une définition à ce terme. Dans les années 1980, la démence a été considérée non plus comme une folie mais comme un déficit mnésique qui impacte sur la vie sociale et professionnelle du sujet. Désormais, elle est considérée comme étant un syndrome clinique découlant de différentes causes dont les principales sont les affections dégénératives, cérébrales et vasculaires (9).
La démence a été depuis longtemps associée à la perte de mémoire. Dans ce cas, le sujet dément est incapable d’assimiler et de traiter les informations nouvelles mais elle efface aussi les informations qui lui ont été communiquées. Mais les démences ne se manifestent pas uniquement par des pertes de mémoires. La démence peut aussi être caractérisée par un déficit cognitif multiple. Le sujet éprouve des difficultés à émettre des jugements et présente une limite de sa pensée abstraite. Ainsi, le sujet se trouve dans l’incapacité de traiter de nouvelles informations surtout celles qui sont inhabituelles et complexes. Le sujet ne peut plus travailler, et est inapte à s’organiser. Sa capacité de discernement est réduite. D’autre part, les déments ne peuvent plus réaliser une tâche mentale et d’entamer des séquences d’activité motrices. A cela s’ajoute le changement de la personnalité du sujet (9).
Il faut noter par ailleurs, que la démence n’est pas seulement acceptée comme étant un syndrome clinique mais aussi comme étant des syndromes neuropsychologiques résultants des affections dégénératives cérébrales. La démence ne se manifeste donc pas forcément par des pertes de mémoires ou des déficits cognitifs. Dans ce cas, le déficit ne concerne qu’une fonction bien précise telle que le langage ou la mémoire, etc. Ainsi, la démence correspond à l’ensemble des troubles cognitifs et comportementaux qui conduisent à la dépendance des patients (9).
L’OMS pour sa part, parle d’une altération cognitive plus importante par rapport à celle qui devrait avoir lieu chez une personne d’âge avancée. Dans cette définition qu’elle avance, elle souligne que la démence ne constitue pas une composante de la vieillesse (10). Mais elle a été aussi définie comme étant un désordre neurologique affectant le processus de mémorisation et de pensée. Si elle a été acceptée comme étant un syndrome, la démence peut aussi parfois être considérée comme étant un symptôme causé par différentes maladies dont la maladie d’Alzheimer, les accidents vasculaires cérébraux, les infarctus multiples, les dépressions, les coups reçus à la tête, le traumatisme crânien, l’anémie, les désordres du métabolisme, certaines tumeurs, l’alcoolisme précoce, la carence en vitamine B12, et les infections (12).
En 2012, l’étude de l’OMS montre que la forme de la démence la plus rencontrée dans le monde est la maladie d’Alzheimer qui représente 60 à 70% des cas. Mis à part les conséquences physiques, psychologiques, sociales et économiques de la démence, il a été observé que cette dernière est à l’origine des handicaps et de la dépendance chez les personnes âgées dans le monde. Si à ces débuts, les signes manifestes sont peu nombreux et semblent moins graves, à la dernière phase de la maladie, le patient est dépendant et presque totalement inactive. A ce stade, les troubles de mémoire sont très importantes au même titre que les symptômes physiques tels que la perte de la conscience du temps et du lieu, la difficulté du malade à reconnaître les personnes qui lui sont familières, l’incapacité de faire les gestes les plus anodins tels que les soins d’hygiène personnelle, la difficulté à marcher, les changements de comportement et l’agressivité (10).
La démence peut revêtir différentes formes. Nous avons parlé de la maladie d’Alzheimer qui est la plus fréquente, mais il existe aussi d’autres formes. Nous pouvons citer par exemple, la démence à corps de Lewy dans laquelle, des protéines sont anormalement accumulées dans les cellules nerveuses, la démence fronto-temporale marquée par le déficit des lobes frontaux du cerveau après avoir subi plusieurs maladies. Toutefois, il n’est pas facile de faire la différence entre les différentes formes de démences. Il existe même des cas où plusieurs formes de démences sont diagnostiquées chez une même personne (10).
Jusqu’à maintenant, le traitement de cette maladie reste encore mal connu. Bien qu’elle ait fait l’objet de plusieurs recherches, il a été observé que les chercheurs n’ont pas pu donner que des propositions qui sont encore en essais cliniques.
Les principaux traitements de la personne démente consistent donc en une prévention et en un diagnostic précoce qui va permettre de ralentir autant que faire se peut les manifestations du syndrome. A cela s’ajoute l’amélioration de la santé physique, de la cognition, de l’activité et du bien-être des personnes âgées. Etant donné que ce syndrome ne peut se séparer de l’impact d’autres maladies intérieures, la prise en charge des malades pourrait nécessiter la considération des symptômes physiques qui se produisent, le discernement des troubles psychologiques et comportementaux. Les personnes qui sont déjà atteintes de cette maladie devraient être soutenues par les soignants et par leurs proches (10).
- La prise en charge infirmière
La prise en charge globale fait partie des principales missions de tout infirmier. Ceci implique le fait de fournir des soins infirmier efficaces aux patients pour garder ou améliorer son état sanitaire. La prise en charge implique aussi des relations avec les patients et quelquefois aussi, avec leurs familles (13). La prise en charge infirmière vise aussi l’acceptation, le maintien et la réinsertion de l’individu au sein de la société.
La prise en charge commence lorsque l’infirmier fait le diagnostic du patient. Cette première démarche va permettre à l’infirmier de déterminer les différents besoins du patient et d’agir en conséquence en lui prodiguant les soins nécessaires. Dans cette démarche, l’infirmier peut prendre les décisions de son propre chef et faire les soins nécessaires à l’individu (14). Dès l’accueil du patient, l’infirmier doit déterminer les différents problèmes de santé du patient et les ressources dont le patient et ses proches disposent. Ceci s’inscrit dans le cadre de l’élaboration d’un projet de soins infirmiers consistant à donner des soins individualisé en fonction de la situation du patient et en fonction de l’évolution de son état de santé, ses besoins et ses demandes (16).
La prise en charge infirmière peut être physique, psychologique et socioculturelle (14). La prise en charge peut se faire à domicile ou au sein d’un établissement de santé. Mais ce processus requiert la participation de toute l’équipe soignante et médicale. Dans le cadre de la prise en charge globale du patient par les infirmiers, ces derniers sont supposés intervenir pour que le patient s’adapte à son milieu et adopte des comportements qui permettent d’améliorer sa santé. La prise en charge suppose que l’infirmier ne s’occupe pas uniquement de la maladie mais aussi de toute la personne du malade. La prise en charge globale implique une dimension sanitaire, sociale, éducatives et environnementale (15).
Dans cette optique, les infirmiers ne se contentent pas uniquement d’assurer le soin des malades, et d’accompagner les malades et leurs familles. Cet accompagnement se traduit par le soutien qu’elle leur apporte et l’apprentissage des familles en ce qui concerne les méthodes permettant d’aider le malade. Ceci se manifeste par exemple dans le cas de maladies qui ne peuvent être guéries ou dans le cas des patients en fin de vie. La prise en charge se fait aussi par l’élaboration de programmes d’éducation thérapeutiques destinés à aider les personnes atteintes de maladies chroniques telles que les personnes atteintes de diabète, de cancer, etc. ainsi que leurs familles pour gérer la maladie. L’infirmière les aide à mieux vivre cet évènement (17).
En ce qui concerne la prise en charge infirmière des patients déments, elle peut se faire à domicile ou en établissement. Dans le premier cas, l’infirmière va soigner les maladies somatiques en lien avec la démence. Il doit accompagner le patient en organisant l’emploi du temps pour permettre sa toilette et pour qu’il ait toujours des repères. L’infirmière va entre autre accompagner la famille des malades pour qu’elle assiste la personne démente en les mettant au courant des différents risques de troubles comportementaux, des difficultés qui peuvent arriver (11).
Dans le deuxième cas, l’infirmière va aussi préserver l’autonomie du patient avec la contribution de toute l’équipe médicale. La prise en charge est individuelle. Dans ce cas, l’infirmier favorise l’exercice physique et limite autant que faire se peut l’immobilisation sans que cela ne soit nécessaire. Tout comme la prise en charge infirmière à domicile, la prise en charge dans les établissements implique aussi l’organisation des soins d’hygiène personnelle. Mais peu importe la prise en charge considérée, il a été trouvée que la communication constitue la phase de la prise en charge dont le malade a le plus besoin et qui, pourtant, est très difficile pour le soignant et pour la famille du patient (11).
La prise en charge des personnes âgées par les infirmiers suppose un accompagnement global dans lequel, ils apportent des soins techniques, préventifs et relationnels. Etant donné que le patient âgé soit particulièrement vulnérable et dépendant, la prise en charge suppose la coordination des activités des différents soignants autour du patient afin d’améliorer la qualité des soins. Ils accompagnent entre autre les proches du patient en ce qui concerne les risques encourus par la personne, les démarches à suivre pour maintenir ce qui lui reste d’autonomie (18).
- Les alternatives
- La relation soignant-soigné
La relation soignant-soigné s’inscrit dans le cadre d’une relation d’aide ayant pour objectif de comprendre le patient et de découvrir les ressentis du patient. Dans cette relation, il incombe à l’infirmier de s’adapter à la personne qu’il prend en charge. Il doit essayer de le comprendre et de l’aider dans sa maladie. Mais ceci ne peut être possible à moins qu’il adopte lui-même les comportements et les attitudes du soigné afin que ce dernier puisse s’exprimer librement (19). Cette relation permet au patient de mieux vivre sa maladie et d’accepter les conséquences de cette maladie sur sa vie personnelle, familiale, sociale et professionnelle (20).
La relation soignant-soigné nécessite de la sympathie de la part de l’infirmier. En aucun cas, il ne doit infliger une pression au soigné mais doit uniquement le permettre de s’exprimer. La relation d’aide nécessite l’établissement d’un climat de confiance entre les deux parties pour que le patient parle beaucoup plus de ses sentiments, des problèmes qu’il ressent, de ce qu’il souhaite, etc. (19). Dans cette démarche, l’infirmier doit investir beaucoup d’efforts pour aider le soigné. Il peut dans ce cas s’exprimer à travers sa tenue vestimentaire, ses gestes, ses mots, ses mimiques, la position de son corps, etc. Il existe différents moyens permettant de diffuser le message au patient afin de le rassurer. Les échanges entre les deux parties peuvent se manifester à travers des paroles, des sourires, des regards, des gestes (20).
La réussite d’une relation entre le soignant et le soigné nécessite un respect mutuel. Dans ce cas, l’infirmier doit reconnaître et accepter le patient pour ce qu’il est. Il s’agit en effet d’un être qui mérite de l’attention et de la considération parce qu’elle possède sa propre dignité. La manifestation du respect peut se faire par l’écoute attentive des propos du malade, par la confiance qu’il lui accorde. D’autre part, l’infirmier doit aussi montrer du respect pour la famille et les proches du malade. Mais la perception de ce respect n’est pas toujours le même pour le soignant que pour le soigné. Ainsi, le moindre geste pourrait être interprété de travers. Quelquefois en effet, les infirmières adoptent une attitude défensive, ce qui pourrait susciter une attitude de culpabilité chez les soigné, d’où le commencement des conflits (22).
Il faut noter entre autre que la relation entre le soignant et le soigné ne doit pas refléter une forme de pression ou de domination du soignant sur le soigné. Les suggestions et les aides que le soignant procure ne doivent en aucun cas être perçus comme étant des ordres. En effet, si le patient se sent dominé par le soignant, alors il peut devenir agressif. Dans certains cas de figure, la suggestion pourrait susciter la crainte chez le soigné. Or, dans tous ces exemples, les aidés peuvent ne pas collaborer, ou se soumettre mais contre sa volonté. L’aidant doit dans ce cas être très attentif pour discerner l’attitude principale de l’aidé. Cette démarche va lui permettre en effet de détecter les besoins de l’individu ainsi que ses souffrances. D’après ces illustrations, nous pouvons dire donc que la relation entre le patient et le soignant repose plus sur l’expression du corps que par les paroles (20).
Cependant, il existe aussi d’autres facteurs qui conditionnent la relation entre le soignant et le soigné. D’abord, il y a l’état du patient et surtout son degré de dépendance, la situation socio-économique de ce dernier, différences culturelles entre les soignants et les soignés. En effet, quand il y a trop d’écart entre le soignant et le soigné et que ce dernier perçoit cette différence, il tend plus à considérer la culture de son aidant comme dominante. Ceci montre déjà que cette relation n’est pas facile à établir et qu’il existe même des cas où les échanges entre le soignant et le soigné tournent au désastre. Les soignants parfois se font agresser par les soignés physiquement ou verbalement (21).
Il n’est pas rare que les soigné montrent leur hostilité aux soignants. Ainsi, les soignants essaient un à un de calmer la situation, mais ceci dans certains cas induit des conflits entre les membres de l’équipe de soins. Les rivalités et les frustrations peuvent prendre place lorsqu’il existe des relations privilégiées entre les soignants et les soignés. Le conflit ou les rivalités ont pour cause dans ce cas, le fait d’être rejeté ressenti par certains soignants ou par certains soignés. Dans ce cas, les réunions et la résolution des conflits par des démarches pacifiques permettent de rétablir l’ordre au sein de l’équipe (21).
- La communication avec une personne démente
La communication et l’empathie permettent de réduire les souffrances du patient et de l’aider à mieux vivre. Cependant, parfois, ce geste à l’apparence anodine est beaucoup plus complexe. La communication avec une personne démente est toujours une tâche difficile tant la personne présente une vulnérabilité et une sensibilité accrue et tant, elle n’arrive pas toujours à comprendre ce que leur correspondant veut leur dire. La communication devient difficile parce qu’une personne s’exprime et raisonne différemment d’une personne non démente. Etant donné qu’elle a atteint un certain âge, le fait de lui parler comme à un enfant pourrait le vexer. Mais les agressivités dans les intonations et dans la manière de parler pourraient aussi être considérées comme étant une violence qu’elles ne pourraient pas l’accepter. Par ailleurs, la difficulté d’établir une communication avec une personne démente réside sur le fait que ces sujets n’arrivent à assimiler les informations que très lentement. A cela s’ajoute les pertes de mémoires qui obligent leur interlocuteur à revenir sur ce qu’ils ont déjà dit (7).
Les personnes qui présentent une démence n’arrivent pas à saisir la notion de temps. Elles n’arrivent pas à distinguer l’année, la date, l’heure tout comme elles n’ont plus la notion de ce qui appartient au présent, au passé et au futur. Les informations et les souvenirs qu’elles retiennent sont assez floues ce qui ne les permet pas de comprendre ce qui se passe. C’est ainsi que dans le cadre de la communication du soignant avec un sujet qui présente une démence, la subite exposition de la réalité pourrait angoisser le dément (7).
La communication avec les personnes d’âge avancé repose de ce fait sur le respect même de la personne âgée démente comme un être ayant ses droits dont le droit de penser ce qu’il veut penser. L’interlocuteur de ces personnes doit aussi faire preuve d’une grande flexibilité et d’un effort de compréhension du patient. Ainsi, son agressivité devrait plus être considérée comme étant une expression de ses pensées les plus profondes. En effet, les soignants et l’entourage du sujet dément tendent à culpabiliser la personne qui montre une certaine agressivité. D’autres montrent une peur manifeste alors que ces personnes sont particulièrement sensibles aux gestuels, aux mimiques beaucoup plus qu’aux mots qu’ils n’arrivent pas toujours à comprendre ou à entendre (7).
Or, dans ce cas précis, il faut rester le plus naturel possible, en montrant un geste de douceur et d’attention ou tout simplement, de garder le silence. La communication avec la personne démente repose aussi sur la recherche de plaisir à partager avec elle, en tenant compte de ce qu’il peut encore faire. En effet, ces personnes accordent beaucoup d’attention aux gestes d’autrui. C’est la raison pour laquelle, les soignants qui prennent en charge les personnes âgées démentes cherchent encore et toujours de l’affection, de l’appréciation de la part de ceux qui l’entourent peu importe son état (7).
La communication avec une personne âgée désorientée nécessite de l’attention de la part de l’entourage et de son interlocuteur. Peu importe son agressivité et les comportements qu’elle montre, elle aura toujours besoin d’un témoignage d’affection. Ceci pourrait impliquer un ton adapté à la situation, des attitudes et des comportements adaptés et juste. Les intonations comptent beaucoup dans le cadre de cette relation entre les soignants et les soignés. En effet, les personnes âgées désorientées sont beaucoup plus sensibles à la manière entreprise par son interlocuteur pour lui parler que par le contenu du message qu’il véhicule. Le sourire par exemple peut être un moyen efficace et pourtant simple pour calmer le malade. Il est nécessaire de le laisser vivre sa maladie. Par ailleurs, le calme et la capacité de l’interlocuteur à gérer la situation, de ne pas dramatiser la situation va permettre au soigné de mieux vivre sa maladie (23).
La communication commence par les efforts déployés pour comprendre le patient et pour l’aider par la suite. La communication débute lorsque l’infirmier entre dans la salle où se trouve le patient et ceci pourrait déjà être interprété par ce dernier comme étant une irruption dans sa vie personnelle. La première impression du patient dès son entrée pourrait déjà induire une peur ou une colère ou une sympathie chez le patient. A cela s’ajoute les différents bruits externes qui pourraient être perçus par la personne âgée démente et pourraient déjà l’énerver.
Dans ce cas, pour approcher la personne âgée désorientée, le calme doit être recherché. Il est nécessaire de le faire sentir que le soignant sera toujours là pour lui sans pour autant qu’il s’approche trop de lui pendant les premiers temps, sous peine de l’effrayer. Les gestes brusques et les cris sont à proscrire. Ce n’est que quand la discussion est lancée seulement, que l’interlocuteur peut approcher petit à petit le malade.
Pendant la discussion, l’interlocuteur doit se place à hauteur de ses yeux afin de ne pas le regarder en haut. L’interlocuteur doit donner l’impression d’être plus petit par rapport à la personne âgée démente pour la rassurer et de lui donner une image de l’humilité. Le fait de s’asseoir près d’elle permet de lui donner confiance que l’infirmier va consacrer du temps pour elle. Le contact doit être progressif pour ne pas lui faire peur. L’état de la personne âgée conditionne entre autre la réussite de la discussion. Dans cette optique, la personne âgée doit bien être éveillée pour qu’elle puisse se consacrer à ce que dit son interlocuteur. Les mots doivent être compréhensibles et dits lentement pour que la personne âgée puisse les comprendre et les assimile. En cas d’incompréhension, l’infirmier doit redire ses propos et l’aider à comprendre (24).
- Enquête
Pour connaître ce qui se passe sur le terrain, nous avons mené des enquêtes auprès des infirmières qui côtoient des personnes âgées afin de connaître les démarches qu’elles entreprennent afin de limiter la contention physique. Nous cherchons à connaître plus particulièrement s’il existe des méthodes ou des moyens qui ont été développées par les infirmières dans les unités de soin pour éviter ou tout au moins, pour réduire les risques encourus dans le cadre de la mise sous contention physique de la personne âgée. Nous avons mené notre enquête auprès de quatre personnes issues du
- Service de Chirurgie orthopédique d’une structure privée (2 infirmières)
- Service de Médecine dans une structure publique (2 infirmières)
Notre questionnaire comprend quatre questions relatives à la posture et aux démarches développées par les infirmières afin de protéger le patient pour qu’il ne se blesse pas et pour lui administrer les soins.
- Si une personne âgée démente est agitée ou refuse un soin, comment vous vous y prenez ? Quels moyens utilisez-vous ?
Dans cette première question, nous allons tenter de connaître la posture que les infirmières adoptent quand le patient refuse le soin. Elle permet de connaître les démarches de persuasion du patient déployées par l’infirmière. Ceci va nous permettre entre autre, de savoir si les infirmiers adoptent tout de suite la contention physique pour calmer les patients ou s’ils trouvent d’autres moyens pour y pallier.
- Dans le cas où vous utilisez la contention physique : Quels matériels, quelle méthodes utilisez-vous ? Quelles précautions prenez-vous ?
Nous avons exposé dans notre revue bibliographique que la contention physique comportait des risques qu’il faut analyser avant de mettre le patient sous contention. A travers cette question, nous tentons de connaître les matériels utilisées et les méthodes déployées pour connaître les démarches entreprises par les infirmières pour réduire les risques de la contention physique. Ceci nous permet entre autre de connaître si les infirmiers analysent bien les risques encourus par le patient et tient compte du ressenti de ce dernier avant de poser la contention physique. Nous espérons trouver alors la réponse à une des questions que nous nous sommes posées au début de notre étude, à savoir si la contention physique est devenue une banalité dans les hôpitaux.
- Disposez-vous d’informations concernant les soins de contention physique pour les personnes âgées démentes ?
Ceci vient compléter la question précédente pour connaître les connaissances des infirmières en ce qui concerne les réglementations qui régissent la pose de contention physique chez les personnes âgées démentes. Elle va nous permettre de savoir si les infirmiers connaissent les différentes démarches de soins qui sont dues aux personnes âgées démentes. Cette question nous permet de connaître les impacts de la connaissance des soins de contention physique des personnes âgée démentes sur la pratique de soin des infirmiers.
- Quel moyen autre que la contention physique vous permet-il d’agir en sécurité ? Est-il possible de les mettre en œuvre dans votre secteur ?
Si les infirmières disposent les différents risques de contention physique chez les personnes âgées, nous allons essayer de savoir à travers cette question si les infirmiers mettent en place d’autres moyens pour ne pas recourir à la contention physique. Nous allons d’abord chercher si les infirmiers connaissent d’autres moyens pour pallier aux problèmes liés à la vieillesse et à la démence de la personne, et de déterminer la faisabilité de telles démarche au sein de l’unité de soin.
- Analyse
Dans cette partie, nous allons regrouper les données en fonction des différents axes de recherche que nous avons réalisée dès la réalisation de notre questionnaire.
Les enjeux liés au recours à la contention physique chez les personnes âgées
Toutes les infirmières que nous avons interrogées ont mentionné la difficulté de dialoguer avec le patient pour le convaincre de la nécessité d’administrer les soins. Une d’entre elles a parlé de l’inutilité de parler avec les personnes âgées démentes quand elles s’agitent. Pour les trois autres, le dialogue devrait toujours s’établir avec le patient ou tout au moins avec sa famille et ses proches pour obtenir leurs consentements en ce qui concerne la pose de contention physique. Les trois premières infirmières ont parlé du fait que le dialogue avec le patient permet de calmer un peu les patients. Elles tendent à dire que leur présence dans la chambre du patient permet de le calmer plus ou moins mais les problèmes arrivent plus particulièrement lorsque les infirmières sortent de leur chambre. Les personnes âgées tendent en effet de se lever sans prêter attention aux différents risques de chute.
Démarches entreprises pour calmer l’agressivité du patient
Les infirmières doivent assurer les soins des patients. C’est leur principale vocation mais devant les personnes âgées, l’accomplissement de cette tâche n’est pas toujours évident. D’autre part, il arrive que les patients refusent les soins ou s’agitent, ce qui ne permet pas au soignant d’administrer les soins.
Les postures adoptées par les infirmières que nous avons interrogées son très différentes. L’infirmière n°1 par exemple, ne recourt pas à une quelconque forme de contention physique pour immobiliser le patient le temps qu’elle administre le soin. Cette personne affirme « procéder par élimination » pour connaître la cause de l’agitation du patient. En effet, ce comportement du patient ne résulte pas d’une autre raison comme la rétention urinaire, une constipation ou une autre souffrance que le patient ne peut pas exprimer à cause de sa démence, etc. Donc la posture de la première infirmière c’est de parler d’abord avec le patient, pour essayer de comprendre ce qui se passe, ce qui l’incommode. Elle établit la communication en utilisant des dictons ou des chansons de l’époque.
Au cas où la personne n’arrive pas toujours à se calmer, l’infirmière n°1 va analyser s’il existe d’autres problèmes physiologiques ou des souffrances internes que la personne n’arrive pas à exprimer et qui pourrait de ce fait, causer sa colère ou son agitation. Après, s’il n’y a pas de problème de cet ordre, elle analyse si les soins doivent impérativement être administrés. S’il n’y a pas urgence et que la personne demande de ne pas le faire, elle accepte sa demande. Mais dans le cas contraire, si le patient est vraiment agité et refuse le soin alors, l’infirmière appelle un collègue pour tenir la personne, le temps que le soin soit administré.
La posture et la démarche adoptée par l’infirmière n°2 et n°3 est semblable à celle de l’infirmière n°1. Ces deux infirmières établissent d’abord la communication avec les personnes d’âge avancée désorientée. Au cas où le patient continue à s’agiter et qu’il tente de se lever, ce qui porte atteinte à sa santé vu qu’il risque la chute, les infirmières interrogées notamment la n°3 font appel au médecin pour qu’il prescrive une contention physique. Le répondant n°2 insiste sur le fait de remettre en question et de faire une analyse avant de procéder à la contention afin de ne pas exposer le patient à d’autres dangers.
Le répondant n°4 par contre, n’entame pas de dialogue avec le patient quand celui-ci est agité. En effet, elle a souligné la difficulté d’établir une discussion avec les patients agités vu qu’ils ne comprennent pas. Cette posture de l’infirmière n°4 semble corroborer ce que nous avons affirmé dans le cadre conceptuel de notre étude. Il est inutile de ramener brusquement le patient dément à la réalité parce que cette dernière pourrait constituer une irruption pour eux. L’infirmière n°4 a donc plus pensé au devoir de l’infirmier qui est d’administrer le soin qu’il juge utile à la personne souffrante.
Mais nous avons pu tirer des réponses des trois autres infirmières qu’il est toujours possible d’établir la communication avec les personnes âgées même si elles montrent déjà des signes de démence. Mais dans ce cas, les avantages et les inconvénients de la pose de contention doit être faite au même titre que le recours si besoin est à la famille du patient pour avoir leur autorisation en ce qui concerne la pose de contention. Cela semble montrer l’importance de la communication pour les personnes âgées démentes ainsi que leur besoin d’être écouté et de se sentir écouté, apprécié, et compris. La posture des trois premières infirmières semble montrer que la contention physique n’est pas un geste banalisé en milieu hospitalier puisque les infirmiers pensent vraiment à d’autres alternatives avant d’y recourir. Dans cette optique, la communication constitue un élément clé pour calmer la personne. Par ailleurs, ces réponses montrent déjà que l’agressivité devrait bien être considérée par les soignants comme étant un mode d’expression chez les personnes âgées. Elles pourraient signifier une souffrance cachée, ou incomprise, non décelée mais dont elle souffre.
Les matériels de contention physique les plus employés par les infirmiers
Les interviewées ont affirmé l’inexistence de matériels spécifiques permettant la contention physique des personnes âgées ce qui les contraint d’utiliser les moyens mis à leur disposition. Les matériels de contention physique employés sont très divers en fonction des soignants et de l’état, de l’agressivité de la personne âgée. Il peut s’agir de barrières, des attaches poignets, des parachutes, de ceintures abdominales. Mais l’infirmière n°1 a parlé des limites de tels instruments : ils ne garantissent pas la protection de la personne âgée contre la chute. Pour l’infirmière n°2, elle utilise des bandes velpeau et des carrés bleus pour attacher les poignets des patients. L’infirmier n°3 et n°4 semblent plus équipées. Elles disposent d’attache- cheville, de sangles abdominales, de tablettes, des bandes, des intramusculaires, de loxapac ou de tranxène, des antipsychotiques permettant de les calmer. L’infirmier n°4 a exposé en effet qu’il lui est déjà arrivé d’être agressée par le patient. Ceci montre l’importance que les soignants se protègent aussi.
Les précautions prises par les infirmiers pour réduire les risques chez les personnes âgées
Le répondant n°1 informe que la surveillance à plusieurs reprises permet de pallier à la chute de la personne âgée. Cette surveillance sera d’autant plus aisée quand la porte est ouverte. Etant donné que les matériels utilisés ne soient pas des matériels spécifiques pour tenir les malades, l’infirmière n°2 parle de la nécessité de vérifier que les attaches ne fassent pas mal à la personne âgée. La surveillance doit être répétée et doit consister en une réévaluation des besoins, la vérification de la contention, et la vérification des besoins physiologiques de la personne : boire de l’eau, aller aux toilettes, ou de discerner si elle a mal. L’infirmière n°4 soutient les affirmations de la n°2 puisqu’elle a souligné la nécessité de mettre des coussinets aux attaches pour ne pas cisailler la peau du patient, et de vérifier que la contention a été correctement mise sinon, elle risque de faire mal à la personne âgée. Mais elle n’a pas parlé d’une surveillance particulière à faire puisque le malade est sous antipsychotique, ce qui calme déjà et réduit par conséquent les risques de chute. Enfin, l’infirmière n°3 parle d’une surveillance mais qui ne dure pas puisque la contention physique n’est pas posée pendant une durée trop longue sauf dans des cas très rares.
Les différentes constatations des infirmières et les précautions qu’elles prennent tendent à montrer qu’elles sont bien conscientes des risques liés à la contention physique. La posture qu’elles adoptent dans ce cas, c’est de surveiller de plus près le patient afin de s’assurer que les contentions ne fassent pas mal aux personnes âgées et qu’elles ne chutent pas. Elles font des surveillances répétées dans le but de s’assurer que la personne âgée désorientée ne manque de rien et se calme. Une fois calmée, les contentions physiques sont enlevées. Néanmoins, l’infirmière n°4 nous montre aussi la nécessité parfois de recourir à des calmants, des antipsychotiques afin de réduire l’agressivité et l’agitation des personnes âgées désorientées.
Le niveau de connaissance des infirmiers en ce qui concerne la contention physique chez les personnes âgées démentes
Les différentes réponses que nous avons collectées à l’issue des deux premières questions montrent que les infirmières possèdent une certaine connaissance de la contention physique des personnes âgées. L’infirmière n°1 avoue que des documents existent au sein de l’hôpital pour porter à la connaissance des personnels soignants, des règles qui régissent la contention physique et pourtant, de tels documents n’ont plus été mis à jour depuis dix années. Néanmoins, elle a été consciente du fait que la contention physique devrait être le dernier recours.
Pour l’infirmière n°2, elle n’a jamais été au courant de l’existence de documents concernant la contention physique chez la personne âgée mais tout comme la n°1, elle a su que la contention physique constitue la dernière alternative devant l’agitation du patient. Elle sait d’autre part, que la pose de contention physique nécessite la prescription d’un médecin et pourtant elle a avoué qu’elle a toujours agi de son propre chef pour prendre la décision puisqu’il n’y a pas d’autres personnes pour faire la prescription. Le même cas est observé pour la n°4 qui ne connaît pas l’existence de documents contenant les réglementations relatives à la contention physique de la personne âgée démente. L’infirmière n°4 affirme que l’établissement de soin dans lequel elle travaille ne dispose pas de protocole permettant de régir la contention physique de la personne âgée.
Nous voyons à travers ces résultats que seules les infirmières n°1 et n°4 étaient au courant de l’existence ou pas de protocole. Les autres pressentaient que le recours à la contention physique ne devrait se faire qu’en dernier lieu. Ceci montre que les connaissances des infirmières en ce qui concerne les règles régissant la contention physique restent très restreintes. Par ailleurs, même si la prescription de tel acte de soin relève de la fonction du médecin, ce dernier n’est pas toujours disponible pour le faire ou refuse de le faire. Ainsi, il pourrait être intéressant de mettre à jour les documents relatifs à cet acte de soin et de sensibiliser le personnel soignant afin que cet acte de soin ne soit pas banalisé dans les milieux hospitaliers.
Les alternatives à la contention physique et leur mise en œuvre
Les alternatives à la contention physique restent aussi très limitées dans les différents services où nous avons effectué notre enquête. L’infirmière n°1 est celle qui a donné le plus de réponses en proposant la musique, l’utilisation d’huiles essentielles et le dialogue. Cependant, seul le dialogue peut vraiment servir dans les établissements de soins. Les musiques ne sont pas en effet recommandées et les huiles essentielles sont plutôt utilisées par les EHPAD (Etablissement d’Hébergement pour Personne Agée Dépendante). Elle a parlé de la méthode de Naomi Feil et de la méthode d’Yves Gineste.
La première méthode est la méthode de validation qui consiste à établir la communication avec les grands vieillards par des techniques verbales et non verbales. La deuxième méthode pour sa part, se base sur l’humanitude en réhabilitant la dignité de la personne âgée. Nous voyons que dans les deux méthodes évoquées par la répondante n°1, les soignants sont plus amenés à établir une relation avec les soignés.
L’infirmière n°2 par contre montre une autre technique qui pourrait aussi se faire dans le service de gériatrie. Il s’agit de se mettre à côté de la personne âgée pour la rassurer. Mais dans ce cas, il est plus convenable d’appeler un membre de la famille plutôt qu’un personnel soignant pour être près du patient. Les infirmières n°3 et n°4 n’ont pas trouvé de moyens permettant de pallier à la contention physique. L’infirmière n°4 parle surtout de médicaments et de traitements.
Nous voyons d’après ces données que les alternatives permettant d’éviter la contention physique se basent dans la plupart des cas sur le dialogue avec le patient et l’assurance de ce dernier par la présence humaine. Mais ces techniques pourraient demander un certain temps, ce qui manque beaucoup dans les unités de soins surtout après le manque de personnel et l’augmentation de la charge de travail. Par ailleurs, les trois autres infirmières n’ont pas connu les deux méthodes proposées par l’infirmière n°1. Cela pourrait dire traduire le manque de formation ou le manque de sensibilisation du personnel soignant à la relation d’aide, à la relation entre le soignant et le soigné et à la spécificité de la prise en charge des personnes âgées démentes.
- Synthèse et hypothèses
Il nous semble utile de rappeler ici la question de départ de notre recherche qui est de savoir la prise en charge infirmières des personnes âgées démentes et des alternatives à la contention physique. Nous avons montré au fil de notre réflexion que la prise en charge infirmière des personnes âgées démentes nécessite une certaine flexibilité de la part du soignant. En effet, les personnes âgées présentent déjà une vulnérabilité manifeste avec le poids de l’âge, les changements biologiques, physiologiques et psychiques qui influencent inexorablement sur leur manière de penser, de vivre et d’appréhender les choses. Or, ces difficultés sont multipliées chez les personnes âgées démentes étant donné que la démence cause une perte de la fonction cognitive, conative, et physique de la personne. Nous avons montré que les troubles s’accompagnent de la perte de mémoire qui impactent sur la vie privée de la personne âgée étant donné qu’il ne sera même plus apte à parler correctement, à se souvenir même des personnes qui lui sont proches et qu’il va perdre petit à petit ses différentes facultés. Mais les personnes âgées mêmes démentes, ressentent toujours le besoin de communiquer et parfois, elles raisonnent et s’expriment différemment notamment par l’agressivité ou le repli sur soi-même. Mais ce geste peut être mal perçu ou pas toujours compris par le personnel soignant. Afin de protéger le patient et les personnes qui l’entourent donc, le soignant se trouvent dans certains cas, dans l’obligation de recourir à la contention physique.
Devant cette agressivité et cette situation : la nécessité d’administrer le soin, le choix de respecter la personne qui se tient devant lui, la nécessité de protéger le patient, le soignant n’arrive pas toujours à prendre la décision. Dans les enquêtes que nous avons menées, nous avons pu voir que les infirmiers dans la grande majorité des cas, ne recourent qu’en dernier lieu à la contention physique. Elles favorisent plus le dialogue avec le patient même si c’est difficile que la contention. Elles ont en effet confirmé que cet acte de soin comporte des risques notables qui pourraient provoquer des accidents et exposer encore le patient à d’autres dangers. Ainsi, la contention physique est un geste bien réfléchi de la part des infirmiers et pas banaux dans les milieux hospitaliers. La relation entre le soignant et le soigné semble être d’une grande aide pour les patients et pourtant, cette alternative n’est pas toujours adoptée à cause du manque de temps et de personnel, mais peut-être aussi, à cause du manque de connaissance et de formation en ce qui concerne la prise en charge infirmière des personnes âgées démentes notamment par les méthodes de Naomi Feil et celle de Gineste.
Ceci me permet d’avancer les hypothèses suivantes :
- La formation des soignants à des solutions alternatives permettrait de mieux repérer les besoins des patients atteints de démence. Ceci pourrait être couplé à une meilleure gestion des techniques relationnelles afin de réduire le recours à la contention physique.
- Une information spécifique aux soignants en ce qui concerne les recommandations de la Haute Autorité de la Santé (HAS) permettrait d’améliorer la prise en charge des personnes âgées désorientée, de réduire les risques liés à l’utilisation de la contention physique.
Conclusion
A l’issue de cette recherche, nous pouvons dire que la communication avec les personnes âgées démentes n’est pas une chose aisée certes, mais elle est encore possible. Au cours de notre recherche nous avons pu observer les réalités du terrain à travers les discours des enquêtées, et de l’exposition des différents cas de prise en charge de personnes âgées démente.
Cela nous a permis de voir que la prise en charge n’est pas uniquement difficile pour le soignant mais aussi pour le patient qui ne trouve pas toujours d’autres moyens pour s’exprimer. D’autre part, de telles circonstances n’est pas aussi facile pour les proches du patient. Dans ce cas de figure, la prise en charge devrait être globale afin d’accompagner le patient et ses proches. Cela demande un certain investissement de la part de l’infirmier et de la part de la famille du patient.
La contention physique certes, est une technique qui a été largement utilisée dans le domaine de la gériatrie et de la psychiatrie pour protéger le patient et aussi son entourage. Néanmoins, à l’heure actuelle, et vu la situation des milieux hospitaliers, il a été trouvé que cet acte de soin ne constitue pas forcément le meilleur soin. Dans ce cadre, il est nécessaire de trouver d’autres alternatives.
Jusqu’à maintenant, le dialogue et le développement de la relation entre le soignant et le soigné constituent les alternatives à la contention physique. Néanmoins, la mise en œuvre de telles pratiques reste encore discutable étant donné que la connaissance des infirmières sur les techniques de prise en charge particulière de la personne âgée reste encore restreinte. Ceci ouvre la voie à une autre recherche qui est de savoir les démarches à poursuivre pour améliorer la prise en charge infirmières des personnes âgées dans le cadre de la relation d’aide et de l’humanitude.
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