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La gestion du risque dans l’investissement des entreprises

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La gestion du risque dans l’investissement des entreprises

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

SOMMAIRE

 

INTRODUCTION

 

Partie I : Cadre contextuel et conceptuel

 

Chapitre 1. Compréhension des notions aux concepts

 

1.1. Le risque en entreprise

1.1.1. Théorie du risque dans les enjeux économiques en entreprise

1.1.2. Typologie de risque

1.2. Le management d’entreprise

1.2.1. Critère managérial

1.2.2. De la gestion à la gouvernance

1.2.3. Management dans l’investissement

 

Chapitre 2. L’investissement en entreprise

 

2.1. Théorie du choix en investissement d’entreprise

2.1.1. Mesure et quantification du risque

2.1.2. Management des risques

2.1.3. Analyse contextualisée

2.2. La veille en milieu équilibré

2.2.1. Le rôle du conseil d’administration

2.2.2. Système de management d’entreprise

2.2.3. Hiérarchisation  et politique de gestion

2.3. Vers la construction des hypothèses

2.3.1. Le risque d’investissement au centre des réflexions

2.3.2. Les hypothèses

 

Partie II : Cadre empirique

 

Chapitre 1. Approche systémique des organisations

 

  • Entreprise en tant que système en mouvement
    • Outil d’analyse de risque

1.1.2.   Identification des acteurs de gestion de risque

1.2. Méthodologie qualitative d’approche terrain

1.2.1. Guide d’entretien et questionnaire

1.2.2. Grille d’analyse

1.2.3. Recherche dite qualitative

 

Chapitre 2. Analyse des résultats

 

Partie III : Des perspectives de préconisation

 

CONCLUSION

BIBLIOGRAPHIE

ANNEXES

INTRODUCTION

 

L’histoire de l’économie planétaire depuis la Deuxième Guerre mondiale (1939 à 1945) a démontré que tant de facteurs entrent en jeu pour aborder les questions économiques. Considérant les diverses crises économiques d’envergure internationale, le souci de mieux placer les stratégies de fonctionnement et de management d’une entreprise s’avèrerait plus complexe. En effet, en tenant compte de plusieurs paramètres qui font qu’une entreprise puisse briller sur un marché donné, les risques ne sont pas mineurs. Que ce soit pour les questions organisationnelles, mais surtout pour les interrogations d’ordre financier.

Ce travail en question souhaite alors s’inscrire dans une optique de mieux appréhender ces interrogations autour des risques en entreprise. Les recherches d’Adam Smith (1776) permettent de dire que le marché représente un espace bien défini où plusieurs acteurs économiques entrent en interaction de manière directe ou indirecte pour des questions d’intérêts. Les risques restent omniprésents et les entreprises restent en proie à des difficultés ou des réussites sur tous les plans.

Dans une approche financière des soucis de risque en entreprise, les notions d’investissement sont de rigueur, car une entreprise entrevoie de s’épanouir et de s’élargir dans une sphère où la concurrence et le partenariat s’apparentent. Ce travail propose alors de définir des réflexions et des compréhensions structurées sur les risques d’investissement dans les entreprises à travers une dimension managériale de cesdits risques. En s’inspirant des études des prédécesseurs et des paires, la question n’a cessé d’être soulevée pour mieux orienter les stratégies d’entreprise et aussi leur gestion, afin de répondre à leurs objectifs respectifs. Certes, les recettes miracles ne peuvent pas s’appliquer à toutes les entreprises, mais c’est également dans ce sens que nous appréhendons la question de recherche suivante : sur quels procédés se doit-on de s’appuyer pour mieux appréhender une bonne gestion des risques d’investissement en entreprise ?

Il ne paraît, en outre, pas évident de définir des solutions types, mais de bien soulever les points indispensables lorsqu’on aborde de la gestion des risques en termes d’investissement en entreprise. La structure de ce travail se basera alors sur une démarche allant de la compréhension à l’analyse de l’existant pour un regard plus objectif et réflexif de la thématique.

Il se subdivisera en trois parties bien distinctes pour pouvoir se situer dans les sciences de l’économie et des gestions. En entamant par une partie d’ordre contextuel, nous allons pouvoir définir le contexte historique qui fait que les questions de risques sont fortement abordées lorsqu’on parle d’investissement dans les entreprises. Cela va nous permettre de faire émerger les concepts clés ainsi que les notions de base pour traiter cette thématique. De la sorte, nous aurions une riche compréhension des paires sur le sujet afin d’orienter notre analyse en profondeur et débattre réellement sur des questionnements de fonds.

La deuxième partie de ce travail relèvera d’une étape empirique où nous constaterons les résultats escomptés suite à un travail de terrain qui se propose de vérifier les hypothèses préalables. À partir des outils méthodologiques pour approcher et mener un travail de terrain, le traitement des résultats se base sur une étude qualitative pour s’enrichir de par les études existantes sur le sujet et trouver sa distinction. Les réponses et analyses fournies relèveront alors d’un travail réflexif pour enrichir la compréhension de ce travail. Dans la troisième et dernière partie, nous proposons des perspectives qui résultent de ce travail et sur lequel de nouveaux sujets et points qui méritent de plus amples réflexions.

Partie I : Cadre contextuel et conceptuel

 

 

La première partie de ce travail abordera, comme le titre le mentionne, les concepts clés pour traiter du sujet de la gestion des risques dans l’investissement en entreprise. En mettant en exergue les contextes qui sous-tendront le choix et la logique de raisonnement de ce travail, cela va conditionner les choix conceptuels pour mieux appréhender les questions de ladite gestion de risque dans les investissements en entreprise.

 

 

Chapitre 1. Compréhension des notions aux concepts

 

En abordant les notions de gestion, le domaine de l’entreprise et de l’administration restent inhérents au sujet. Aussi, nous tenterons d’apporter des lumières sur ce qu’est proprement dit le risque, mais aussi, comment cette notion évolue dans un contexte spécifique en entreprise.

En nous basant sur les fondements historiques de l’économie planétaire, la Deuxième Guerre mondiale (de 1939 à 1945) fut à l’origine du souci autour des crises économiques. Selon Georges Dionne de la Chaire de recherche de Canada en Gestion de risque, la gestion des risques a pris diverses formes depuis la Deuxième Guerre mondiale, et n’a cessé de se métamorphoser. Surtout en partant de l’aspect lié « à l’utilisation de l’assurance de marché pour protéger les individus et les entreprises contre différentes pertes associées à des accidents » depuis les années 1950[1]. Cette gestion a donc pris des formes multiples qui allaient à de l’assurance de marché pour mieux évoluer dans l’usage des produits dérivés dans la production en entreprise afin de mieux évaluer les enjeux financiers dans la gestion de risque depuis les années 1970 en se poursuivant dans les années 1980. C’est au cours de ces années que la question de gestion de risque en entreprise a pris plus d’ampleurs dans les enjeux financiers et tout ce qui s’y apparente pour parler de la « gestion financière des risques » dont ceux liés aux investissements.

L’évolution historique de la gestion de risque a donc pris de nombreuses apparences, car à travers le globe, et cela depuis les années 1990, les entreprises issues de tous les domaines, n’ont cessé de mettre en place des modèles de gestion de risque. Des modèles qui varieront selon les attentes et les portées de l’entreprise concernée, un modèle de gestion de risque se veut être flexible et adéquate à diverses situations et surtout en fonction du « risque », un point encore à approfondir.

C’est donc à partir des années 1990 que la nécessité de réguler la gestion de risque en entreprise a pu naître au cœur des débats politique. A cet effet, la LOI n° 2003-706 du 1er août 2003 portant sur la sécurité financière traite une partie relative à la gestion de risque dans une lecture plus transversale de cette dernière puisqu’elle aborde les questions de marché, des investissements et autres soucis financiers en entreprise. Cette loi  aborde une nouvelle optique sur le « contrôle légal des comptes » et cela à travers de nouveaux agencements sur la question de « transparence financière ». Nous voulons parler de l’organisation de la régulation. Un des objectifs de la Loi de la Sécurité Financière (LSF) touche alors de près les enjeux relatifs au concept de gestion de risque qui est « de protéger les intérêts des différents acteurs : salariés, clients, fournisseurs, actionnaires, État, investisseurs »[2].

Il faut cependant tenir compte de la loi de Sarbanes-Oxley Act ou (SOX) du 30 juillet  2002 aux États-Unis, étant donné que l’Europe s’ouvre à un contexte de marché international. Cette dernière, qui précède alors la LSF, est considérée comme la loi majeure sur les marchés américains depuis les années 1930 et impacte également sur les pays voisins ou partenaires dans plusieurs pays de l’Europe. La LSF et la SOX mettent alors en avant-garde la place de « agent » qui se veut être primordial pour pouvoir mieux aborder les questions financières en entreprises et surtout les éventuels risques. Ainsi, tout acteur est important en entreprise. Le risque ne touche pas essentiellement les dirigeants, mais également tout acteur travaillant pour le compte d’une société, allant des dirigeants, des salariés, des partenaires et autres acteurs rattachés de près ou de loin au bon fonctionnement d’une entreprise.

C’est en tenant compte de tous ces aspects historiques qui ont marqué la prise en compte du concept de gestion de risque et tenant compte des dimensions juridiques relatives aux enjeux financiers en entreprise que nous pourrions mieux comprendre les interrogations autour de la thématique de ce travail.

 

1.1.   Le risque en entreprise

En se référant aux réflexions et études d’Anne-­Claude Gourvenec, le risque dans le contexte d’entreprise est « un élément susceptible d’affecter ou de contrarier la réalisation d’un objectif du plan stratégique lié à une décision majeure ou mineure. »[3] Ce qui induit à des enjeux en rapport au système organisationnel, mais aussi administratif d’une entreprise. Le risque en entreprise peut alors être considéré comme datant de la création même du concept d’entreprise compte tenu des mesures qui accompagnent la création et le fonctionnement d’une organisation donnée. Toujours selon cet auteur, le risque reste tangible et donc « identifiable » et même « qualifiable ». En effet, à l’aide de plusieurs paramètres qui varient selon le domaine d’exercice, il est possible d’analyser et de cerner les enjeux des « risques en entreprise ». Une action qui s’avèrerait même indispensable pour garantir le fonctionnement administratif ou productif d’une entreprise. Force est cependant de constater que le concept de risque doit laisser une grande marge dans la perception des acteurs en entreprise selon leur domaine.

 

1.1.1.   Théorie du risque dans les enjeux économiques en entreprise

Frank Knight (1921) a proposé de reprendre ce concept en classifiant le risque en 2 catégories : le risque dit assurable et le risque d’entreprise qui avance le postulat de l’incertitude. Les travaux de Knight (1921) permettent de reconsidérer cette dimension organisationnelle, mais surtout financière que représente le risque dans une entreprise. Puisque nous nous sommes proposé de mieux le définir à travers les questions d’investissements, les résultats de recherche de Frank Knight offrent les fondements théoriques indispensables à la compréhension des enjeux financiers lorsqu’on aborde la thématique des risques d’investissement en entreprise. Au-delà  de cette vision potentielle que représente le risque, ce qui signifie qu’elle est omniprésente dans la vie et le fonctionnement d’une entreprise, elle est également adjacente à des paramètres beaucoup plus complexes. Les actions et les objectifs définiront effectivement une stratégie d’entreprise pour mieux les atteindre et ainsi défendre leurs profits, mais il ne reste que le risque du point de vue de Knight, abordé sous l’angle de la nécessité d’un choix. Le choix étant une prénotion relevant du domaine psychologique, mais dont le champ des sciences de gestion et de la finance se sont inspirés pour mieux cerner les actions humaines dans l’avenir d’une entreprise[4]. Si, les entrepreneurs et la direction d’une organisation se trouvent à l’origine des décisions qui visent à l’atteinte des objectifs de l’entreprise, le concept de choix se verrait promoteur de plus d’enjeux de développement et d’intérêt économique à une entreprise.

D’autres auteurs ont également alimenté cette nécessité d’approfondir sur la théorie du risque, si l’on ne parle que d’Adam Smith (1776) qui s’est inspiré autour d’une reconstruction sur l’idée même de ce qu’on entend par risque en contexte économique, à travers des dimensions encore obsolètes, mais néanmoins comportant des valeurs qu’il faudrait en tenir rigueur. Aussi, il y a surtout John Maynard Keynes (1936) qui a poursuivi vers la dimension de l’incertitude qu’était le risque dans le secteur économique et donc ses enjeux en entreprise.

Les travaux des paires qui ont œuvré autour de la question de risque en contexte d’entreprise nous amènent à mettre en avant des points qui paraissent importants. Tout d’abord le choix qui peut se considérer comme un concept dans la mesure où les auteurs en sciences de gestion, de l’économie et de bien d’autres disciplines ont insisté sur son importance dans les décisions qui impactaient sur l’avenir et le développement d’une organisation donnée.

Cependant, le choix induit à des incertitudes, un point que Knight et Keynes ont également mis en avant pour mieux cerner les risques dans une action impliquant des enjeux économiques. En partant du principe qu’un choix fait par un entrepreneur ou une direction d’entreprise laisserait une certaine marge dans les erreurs potentielles, le risque ne sera que plus probant si les stratégies et le système de management ne prévoient pas des politiques visant à amortir le plus possible les répercussions négatives qu’il aura sur l’entreprise.

En réitérant sur l’investissement en entreprise, les risques restent omniprésents, mais la théorie du risque et les lectures adjacentes nous permettent d’aborder d’autres concepts qui pourront mieux cerner les questionnements autour du sujet. De ce fat, il faudrait tenir compte du choix dans les diverses actions et activités d’une organisation pour pouvoir mieux appréhender les risques. Les politiques de management sont donc au centre des attentions pour mieux étudier cette thématique. Et sans pour autant occulter la dimension humaine et psychologique qu’implique le concept de choix, le processus de décision et de délibération est à prendre en considération. Dans la compréhension de la théorie du risque, un travail de documentation et une revue de la littérature ont fait émerger la place du concept d’incertitude en termes de risque en entreprise. Aussi, les jalons que nous tenterons de poser tout au long de ce travail vont dans cet axe, afin de mieux permettre d’en évaluer la portée d’un risque de toute nature possible. Et dans cette tentative d’analyse, Frank Knight a cependant insisté sur cette  problématique quant à la difficulté résiduelle d’analyse de l’incertitude.

 

1.1.2. Typologie de risque

Il existe effectivement un large référencement pour dresser une typologie des risques en entreprise, si l’on ne se limite qu’à la simple classification en interne ou en externe de cesdits risques. Pour ce faire, une typologie s’apparente généralement à des objectifs bien définis pour plus de pertinence. Sans occulter les divers enjeux des risques en entreprise en rapport avec les activités de cette dernière, la dimension administrative et fonctionnelle ainsi que les diverses influences externes sans oublier les enjeux financiers, la typologie des risques se veut alors être large.

Dans une généralité qui va permettre à ce travail de mieux se situer dans les réflexions, mais également, afin de rendre l’analyse plus pointilleuse, Anne-Claude Gourvenec évoque les notions de risque potentiel et de risque résiduel.

  • Risque potentiel : est comme son nom l’indique, un élément constamment présent que ce soit sur le plan interne ou externe d’une organisation donnée. En tenant compte des mesures et autres systèmes de fonctionnement qu’une entreprise utilise. Que ce soit dans les « stratégies de défenses » ou dans le simple système de management d’entreprise, le risque potentiel doit toujours être pris en compte et peut revêtir plusieurs formes (relationnelles, organisationnelle, fonctionnelle, financière, etc.).

 

  • Risque résiduel : qui se classifie dans le fonctionnement même d’une organisation. De simples lacunes managériales ou organisationnelles, ou même un manque d’efficacité peuvent être à son origine. Il peut également se présenter sous différentes formes et donc, est de nature multiple.

La prise en compte de l’existence des deux (2) types de risque en entreprise peut aider à mieux comprendre l’origine de ces derniers, mais surtout à mieux comprendre leurs enjeux dans une entreprise donnée. Ce qui revient à justifier encore plus le choix de ce travail si l’on aborde les questions d’investissement en entreprise, que ce soit financier ou autre. D’où la nécessité d’appréhender la dimension managériale, donc la gestion des risques en question.

  • Gestion de risque

En abordant de prime à bord cette forme précaire de gestion de risque dans une entreprise, une étude des méthodes et concept autour de ce champ a déjà été effectuée. En reprenant certains points saillants de ces résultats de recherches, il apparaît nécessaire de définir de manière générale les aspects de gestion de risque selon le CLUSIF  (Club de la Sécurité de l’Information Français) en 2009. Tout d’abord, ce dossier avance le risque sous deux aspects comme un scénario, c’est-à-dire qui entrevoit des faits actuels qui méritent des solutions et des mesures pour prévenir un certain dommage. Puis, le risque comme une menace, qui reste à l’horizon et peut survenir à un moment ou à un autre et qui peut causer des dommages et des vulnérabilités[5].

Aussi, le CLUSF propose alors 2 types de gestion de risque ;

  • La gestion directe et individualisée des risques, qui est avant tout éclaircie et normalisée par une politique de gestion de risque, ambitionne certains objectifs tels que : « Identifier tous les risques auxquels l’entreprise est exposée ; quantifier le niveau de chaque risque ; prendre pour chaque risque considéré comme inadmissible, des mesures pour que le niveau de ce risque soit amené à un niveau plus acceptable ; mettre en place, comme un outil de pilotage un suivi permanent des risques et de leur niveau »[6]

Ci-après le schéma proposé par le CLUSIF pour mieux illustrer cette gestion de risque individualisée :

Figure 1 : Gestion de risque individualisée

Source: CLUSIF – Gestion de risque, 2008/2009[7]

 

  • Gestion globale et indirecte des risques : consistant à définir une politique de sécurité qui l’assiste afin d’« identifier certains éléments pouvant conduire à des risques ; hiérarchiser ces éléments ; en déduire une politique et des objectifs de sécurités ; mettre en place comme un outil de pilotage, un suivi permanent des objectifs de sécurités ou des éléments de la politique de sécurité »[8]

Le schéma que le CLUSIF a élaboré pour mieux illustrer cette forme de gestion de risque est le suivant :

Figure 2 : Gestion globale et indirecte des risques

Source: CLUSIF – Gestion de risque, 2008/2009

1.2. Le management d’entreprise

Parler des enjeux dans la gestion, mais essentiellement, le management d’entreprise, est un point qui se veut important, surtout si l’on aborde la thématique de la « gestion du risque dans l’investissement des entreprises ». Pour ce faire, ce travail propose de mieux cerner des aspects importants pour approfondir le sujet et lui donner plus de pertinence et d’ouverture vis-à-vis des prédécesseurs et des auteurs qui ont constamment abordé le sujet.

 

1.2.1. Critère managérial

Étant donné qu’il est question d’organisation et de gestion, le critère managérial mérite d’être soulevé. S’il se définit comme une grille mettant en avant un choix fait au préalable pour la gestion d’une organisation ou d’une entreprise, cela peut s’apparenter à une forme de management, qui est « l’ensemble des techniques d’organisation des ressources qui sont mises en ouvre pour l’administration d’une entité »[9]. Donc, il serait bien utopique de définir un critère en particulier. Cependant, Henry Mintzberg (1982) propose une étude sur la compréhension des organisations. À travers une étude des dynamiques des structures, l’auteur avance la nécessité de définir les objectifs d’une organisation. En effet, c’est en ayant connaissance de ces « buts » qu’une organisation pourrait débuter dans ces fonctionnements et trouver ses fondements pour mieux inscrire ses actions et activités dans le cadre d’un bon management d’une entreprise. Mintzberg (1982) désigne même la structure comme un concept qui est « défini comme la somme totale des moyens employés pour diviser le travail en tâches distinctes et pour ensuite, assurer la coordination nécessaire entre ces tâches ». Le fait de définir une structure organisationnelle est un moyen d’assurer un fonctionnement organisation et répondre à un « certain critère » de management.

De prime à bord, les classifications du style de management restent choses courantes dans la compréhension d’une organisation. Il faut alors effectuer une distinction entre ces trois types de management que les cours en formation managériale énoncent constamment[10] :

  • Management stratégique qui définit les orientations de l’entreprise ainsi que les objectifs ;
  • Management tactique permettant de mettre en œuvre des décisions stratégiques ;
  • Management opérationnel qui touche de près les activités courantes de l’organisation.

Ces derniers points peuvent aider à mieux situer les attentes d’une organisation et surtout à mieux adapter la structure de cette dernière en fonction des attentes. En effet, selon la définition de Mintzberg, l’organisation est un ensemble d’éléments inter-reliés entre eux et dont les parties sont des «  flux » diversifiés (autorité, information, décision, etc.) qui font agir de nombreux acteurs pour entrevoir une part de réussite importante dans son fonctionnement.

Mintzberg propose effectivement de mettre en avant l’ouverture d’une structure organisationnelle, car les éléments qui entrent en interaction sont multiples. Pour ce faire, l’auteur aborde « les influences » qui sont des éléments à prendre en considération dans une entreprise. Il existe alors, selon Mintzberg (1982), deux types d’influences externes et internes. Ce sont tous des aspects qui entrent en jeux afin de mieux cerner le management en entreprise et de quelle manière cette dernière fonctionne.

Ces influences constituent alors les postulats qui conduisent à mettre en question la part majeure des ACTEURS dans une organisation ou une entreprise donnée. Dans les influences externes, toujours selon les études d’Henry Mintzberg (1982), il faut prendre en compte des actions effectuées par des agents : les propriétaires de l’entreprise en question, puis de ses associés, dont les fournisseurs, les clients ainsi que les concurrents, qui font partie de cette classification. Ensuite, les syndicats et enfin le public où l’auteur inclut l’Etat, les associations des consommateurs. Les influences externes constituent alors 4 typologies d’acteurs.

Pour ce qui est des acteurs internes, en se référant également aux travaux de recherche de Mintzberg, ils sont classifiés en cinq regroupements : les coordinateurs au sommet regroupant la direction générale de l’entreprise ainsi que les membres du conseil d’administration. Puis, l’encadrement qui regroupe les cadres chargés de l’application des décisions prises par le sommet. Ensuite, les services fonctionnels techniques se chargeant de la planification et du contrôle. Il y a encore, le groupe des Services fonctionnels auxiliaires qui rassemble divers services dont la maintenance et bien plus. Finalement, les services opérationnels rassemblant les individus liés aux taches de production et/ou vente[11].

Ces points ont été soulevés afin de définir la complexité d’un système de management en entreprise et le style de management qu’une organisation adopte pour atteindre un certain objectif. Ce qui a permis de faire émerger les repères nonobstant visant à une riche compréhension de ce travail pour aboutir à des réflexions. La part non négligeable de l’homme dans cet environnement professionnel reste également de mise.

1.2.2. De la gestion à la gouvernance

Le concept de management d’entreprise implique alors, comme il a été constaté plus haut, la cohabitation et les échanges entre plusieurs acteurs pour faire fonctionner une entreprise. Or, selon un modèle entrepreneurial préalable, une entreprise requiert la coopération de tous les éléments constitutifs pour atteindre ses objectifs.

En nous inspirant d’une approche purement linguistique, des études et réflexions ont déjà abouti sur l’évolution du concept de gestion, en passant par le management pour évoluer vers la gouvernance. Dans le Dictionnaire de la comptabilité et de la gestion financière, il est précisé : « les évolutions de la notion de gestion dans son art de gérer et d’administrer une entreprise, en allant vers le management qui regroupe diverses techniques et connaissances pour l’atteinte des objectifs et le développement de l’organisation, pour enfin avancer vers une gouvernance qui consiste à une réorganisation de pouvoir par la mobilisation et la conciliation des intérêts et des responsabilités des éléments constitutifs d’un pouvoir » [12].

En termes d’entreprise, aborder le concept de gouvernance renvoie alors à une forme de gestion plus responsable et plus soucieuse de chaque partie prenante dans les jeux de pouvoirs. Si des études précédentes n’ont cessé de mettre en exergue cette part dans le mode de gestion d’une entreprise, il paraît indispensable d’en entrevoir ses aspects. Selon les études de Caroline Lambert et Samuel Sponem (2011) sur différentes visions du mode de gouvernance d’entreprise[13], cela offrira un paysage concret quant à l’appréhension des revers et des points forts de ce système de fonctionnement dans les profits et la structure de l’entreprise.

En effet, Caroline Lambert et Samuel Sponem laissent transparaître un schéma assez pointilleux pour approfondir notre analyse autour d’une gestion des risques en entreprise. En effet, si la gouvernance met en scène cette mobilisation et conciliation des intérêts et responsabilités de différentes parties du pouvoir, cela impliquera forcément une certaine pression venant des actionnaires de l’entreprise. Si le concept gouvernance vise une responsabilisation pour un développement de l’organisation, les rapports de forces auront éventuellement leur poids dans la balance.

La gouvernance d’entreprise peut ainsi être considérée comme un idéal de management, car cette recherche d’une synergie dans le mode de fonctionnement de toute structure organisationnelle vaudrait une production bénéfique à cette dernière. Cependant, force est de constater que les jeux d’acteurs – à travers les écarts de pouvoirs et les rôles dans l’entreprise – peuvent interférer dans la mise en place d’un système de gouvernance dans une entreprise. Un point à ne pas mettre de côté pour mieux appréhender les risques dans une entreprise, surtout si elles sont d’ordre financier ou même fonctionnel. Puisque ce travail s’oriente vers les études dans le risque d’investissement en entreprise, la gouvernance se veut alors être une stratégie comme tant d’autres pour garantir une meilleure fonctionnalité et un développement plus prononcé d’une entreprise. Et cela sans pour autant éloigner les risques et revers qu’implique un jeu de pouvoir permanent dans cette forme de « gouvernance » d’une organisation.

 

1.2.3. Management dans l’investissement

Dans le cadre d’une entreprise, l’investissement peut se définir comme un ensemble bien complexe tant de biens et services, mais peut aussi se classer d’un point de vue financier. En effet, dans un contexte financier « l’investissement consiste à immobiliser les capitaux, c’est-à-dire à engager une dépense immédiate, dans le but d’en tirer un gain sur plusieurs périodes successives »[14] (Amel Hachicha, 2013). D’un regard généralisé, il existe alors plusieurs formes d’investissements.

Une entreprise se doit d’effectuer des investissements en tout genre pour pouvoir s’élargir à d’autres horizons (partenariats, financements, projets, etc.), pour mieux s’inscrire sur le marché. Cela permettra par la suite, en fonction des objectifs de l’entreprise de justifier ses choix d’investissement par le biais d’un processus bien défini sur la question de rentabilité de ses investissements et donc d’en évaluer les risques.

La notion de rentabilité se définit comme un « indicateur calculé pour savoir ce que rapporte une activité, et obtenu en divisant le bénéfice d’exploitation par le chiffre d’affaires. »[15] Pour envisager un investissement dans une entreprise, la rentabilité de ce dernier est indispensable. Ce qui amène à revoir le concept de risque lorsqu’on aborde l’investissement en entreprise, car pour atteindre les objectifs prédéfinis par l’organisation en question, l’analyse et l’étude des risques d’investissement figurent parmi les étapes dans le bon processus de gestion d’entreprise.

La structure et la stratégie d’une entreprise vont ainsi définir les procédés pour mener les divers investissements pour les projets et les activités de cette organisation. Ce qui nous amène à nous poser des questions sur les procédés sur lesquels s’appuyer pour une gestion fiable des risques d’investissement en entreprise ?

Cette étape de contextualisation et l’agencement des concepts clés pour pouvoir cerner au mieux ce travail ont permis de faire émerger la question de recherche suivante : sur quels procédés se doit-on de s’appuyer pour mieux appréhender une bonne gestion des risques d’investissement en entreprise ? Afin d’appréhender cette question, les appels théoriques des paires dans la discipline conditionneront un ensemble d’analyses structurant les réponses et les questionnements autour de la thématique de ce travail.

 

 

 

Chapitre 2. L’investissement en entreprise

 

Pour aborder la gestion des risques dans l’investissement en entreprise, nous allons nous appuyer sur des réflexions autour du choix de l’investissement dans une organisation sans pour autant occulter la part importante d’une veille.

 

2.1. Théorie du choix en investissement d’entreprise

Dans les bases réflexives et l’approche cartésienne des travaux de Georges Schneider (1969), il existe une manière plus pragmatique d’aborder le choix d’investissement en entreprise. Selon la définition de Jacques Lesourne (1969), l’investissement est l’« acquisition par une entreprise d’un ensemble de biens susceptibles de lui fournir des services dans des périodes ultérieures »[16]. En insistant sur les points importants d’un investissement qui se rapportent aux profits qu’il génère à l’entreprise à travers un accroissement du capital, mais surtout aux amortis en termes d’impôts que les investissements peuvent apporter ; le choix d’investissement se veut être incontournable pour un développement probant de l’entreprise.

Georges Schneider (1969) propose alors de cerner le choix d’investissement en entreprise à travers deux théories. Le premier est classique et relève d’une dimension de profit et de rentabilité. Cela explique que pour pouvoir investir, le premier paramètre à prendre en compte est le profit de l’entreprise dans un investissement. Lors de l’acquisition d’un bien, on se réfère à sa valeur lors de son acquisition c’est-à-dire au prix ou coût afin que celui-ci soit élevé. Schneider (1969) évoque dans ce cas précis un calcul en fonction des retombées de cet investissement pour l’entreprise dans une optique d’augmentation du capital de l’organisation. Ensuite, il y a la rentabilité, car certes, le profit reste important, mais il faut également que « le rendement de l’investissement soit supérieur au taux d’intérêt du marché ». Cette théorie classique dans les questions d’investissement n’offre pas de critère bien défini, mais reste sur cette logique simpliste du profit et de la rentabilité de l’entreprise. Et c’est aussi dans cette logique que le risque est étudié. La gestion de risque reste alors à un stade de non-profit ou de faiblesse du taux de rentabilité et les conséquences que cela peut occasionner à toute une entreprise. Un procédé de gestion de risque d’investissement dans ce raisonnement reste dans le cadre d’une gestion financière et des retombés sur l’entreprise tant dans son capital que dans son fonctionnement.

Comme deuxième théorie, toujours selon les études de Schneider, qui est plus modernisée et implique d’autres points émergeant que les questions de profit et rentabilité, il s’agit d’intégrer d’autres paramètres. En l’occurrence, pour un choix d’investissement, on se porte davantage sur une forme de fonctionnement organisationnel. On entend par là, le mode de fonctionnement de la direction d’une entreprise : dans son indépendance vis-à-vis des « groupes d’intérêts », une situation qui est due à un « autofinancement ». C’est un point qui valorise la place du directeur en fonction de la taille de l’organisation et à travers ses intérêts et son utilité au sein de cette dernière. Schneider parle de «position sociale et de carrière ». En visant une croissance de l’entreprise, l’absence d’intérêts flagrants des actionnaires a été réitérée pour mieux entrevoir de bons investissements pour l’organisation, sans pour autant négliger la rémunération favorable du capital des actionnaires. La théorie moderne autour de la finance et du choix propose aussi de revoir de près « la maximisation des actifs de l’entreprise » pour un investissement (Schneider, 1969).

Ces pistes proposées par Georges Schneider ne se limitent pas seulement à une délimitation des points saillants pour mieux appréhender le choix d’investissement en entreprise. En plus de ces nécessités, il insiste également sur les actions qu’un « ingénieur » doit accomplir pour faire valider un projet d’investissement, en fournissant toutes les informations indispensables à l’administration. Cela à travers la direction de l’entreprise, qui prend également toutes les dispositions pour avancer dans un investissement.

Toute cette démarche a ainsi favorisé une prise de conscience majeure qu’est l’étroite relation entre risque et investissement. Les risques seront en effet toujours à part entière dans toute forme d’investissement étant donné la perpétuelle question du taux de profit qu’il occasionnera ou inversement. La documentation qui a été faite autour du choix d’investissement nous permet d’avancer vers la nécessité de minimiser les risques potentiels, dans la mesure où ceux-ci se trouvent constamment au centre des débats,  mais surtout  les questionnements autour de son analyse restent purement financiers. Nous allons tenter de mettre en avant la dimension critique à travers la nécessité de mesure du risque et d’une analyse plus en profondeur et non plus simplement mathématique.

 

2.1.1. Mesure et quantification du risque

À travers les études d’Anne Pezet (2000), nous pouvons aussi affirmer que le risque fait partie de la définition de l’investissement en entreprise, ce qui amène à insister sur leur étroite relation. L’investissement entrevoit plus exactement pour une entreprise les prochains profits, cependant notre documentation a permis d’avancer qu’il se basait sur des hypothèses pour arriver à ses gains futurs et non de « certitudes » comme le définit Pezet.

Pour mesurer et quantifier un risque dans un investissement, le raisonnement peut se baser sur une logique financière. Le paradigme « d’indicateurs financiers » permet alors de pouvoir quantifier le risque probable en fonction du taux d’investissement. Le calcul probabiliste est alors ici sollicité dans la mesure où l’entreprise ne cherchera uniquement qu’à définir le taux du profit et de la rentabilité d’un éventuel investissement.

Dans une logique très mathématique, mesurer le risque revient à faire appel à divers programmes existentiels dont Schneider a également traité. Un « programme dynamique » destiné à traiter le choix d’investissement a été élaboré pour mieux appréhender les risques et aller au-delà du simple souci de profits et rentabilité. Car certes, il n’est pas indispensable de calculer les revenus, mais il faut tenir compte des autres paramètres pour un choix d’investissements.

Chaque entreprise est alors libre de choisir la méthode adéquate pour mesurer et quantifier le risque, surtout en termes d’investissements. Toutefois, il ne faut pas oublier les objectifs propres à chaque organisation pour mieux choisir ses investissements et donc en évaluer les risques. Que ce soit d’ordre financier, organisationnel, fonctionnel ou relatif à la notoriété d’une entreprise, la méthode de mesure et de quantification du risque restera flexible en tout temps.

Nous citerons alors un exemple concret pour mesurer et analyser le risque en nous basant sur un modèle prédéfini : le MEDAF (modèle d’évaluation des actifs financiers). Ce modèle relève d’un calcul visant à « rendre compte du taux de rendement des actions dans les périodes de marché en équilibre. »[17] En termes d’investissement, nous pourrions dire que sa valeur est estimée en fonction d’un risque à déterminer. Certes, il est surtout question de rentabilité et ce modèle est surtout utilisé dans les cours de la bourse. Étant un modèle américain apparu depuis les années 1960 et plus sous le sigle CAPM ou Capital Asset Princing Model, il se base sur un calcul de « la mesure du risque systématique, de la rentabilité attendue sur le marché des actions et sur le taux d’intérêt »[18]. Un modèle parmi tant d’autres, mais qui reste très courant surtout pour les enjeux financiers et économiques d’une organisation.

2.1.2. Management des risques

« Le management des risques est un processus mis en œuvre par le conseil d’administration, la direction générale, le management et l’ensemble des collaborateurs de l organisation. Il est pris en compte dans l élaboration de la stratégie ainsi que dans toutes les activités de l’organisation. Il est conçu pour identifier les événements potentiels susceptibles d’affecter l’organisation et pour gérer les risques dans les limites de son appétence pour le risque. Il vise à fournir une assurance raisonnable quant à l’atteinte des objectifs de l’organisation. »[19] La gestion des risques est primordiale pour toute organisation soumise à des pressions réglementaires ou évoluant dans un contexte caractérisé par des enjeux de haute importance telle que l’évolution croissante des organisations et du business, engendrant l’émergence de risques tardivement identifiés ou même pas du tout identifiés avant que l’entreprise ne subisse de conséquences graves. De plus, avec la progression des technologies de l’informatique et de l’Internet, la communication se fait à une grande vitesse jamais imaginée auparavant. Dans ce cadre, afin d’avoir une certitude sur son niveau de maîtrise des risques, une entreprise peut solliciter un audit interne, lequel pourra apporter une analyse pertinente sur les activités de la structure, mais également conseils et préconisations en vue d’améliorer le mode de fonctionnement existant.

Tout comme la partie précédente, un outil d’analyse se base également sur les objectifs de l’entreprise pour mieux répondre à ses attentes. Dans la gestion des risques, une étape d’évaluation est indispensable. Cela consiste à identifier les possibles risques avant qu’ils ne surviennent. Pour ce faire, les dirigeants procèdent par un recueil d’informations : tout ce qu’il y a à savoir sur un projet, les impacts sur le personnel, sur l’entreprise, les risques et opportunités… Dans ce sens, il ne s’agit pas seulement d’énumérer les cas possibles ainsi que les risques potentiels ; il s’agit d’identifier chaque type de risque et de les classer selon le niveau d’importance, de connaitre dans la foulée les causes potentielles, les solutions, les mesures de prévention pour la maîtrise des risques. Un risque peut être d’origine économique et financière, et liée à la fiscalité ou notamment aux titres financiers. Il peut aussi être engendré par les forces en présence sur un marché, un changement du niveau de concurrence, être identifié au niveau du taux de change, etc.…  Le contexte politique et réglementaire peut favoriser l’apparition de risques : modification de textes législatifs pouvant impacter sur la vie des entreprises, changement de gouvernement, etc. De ce fait, tout dirigeant se doit d’être en veille par rapport à ces changements qui peuvent générer des impacts dramatiques si non anticipés. Parler de risques en lien aux investissements, c’est ne pas négliger l’aspect technologique et même les risques pouvant toucher la logistique : évolution des techniques, apparition de nouveaux produits innovants sur le marché, manutention et déplacements de marchandises …

La cartographe est une méthode utilisée fréquemment dans les grandes entreprises afin d’avoir une visibilité sur les informations de base indispensables à la gestion des risques. Les étapes pour l’élaboration d’une cartographie de risque comprennent :

  • identification et classification des risques : identifier les risques selon la typologie peut être faite soit à partir des causes, soit à partir des conséquences. Pour identifier les risques, il est aussi possible de procéder par une approche par processus.
  • Évaluation : pour évaluer ou quantifier les risques, plusieurs critères peuvent être pris en compte, parmi eux, la gravité, la fréquence ou la probabilité d’apparition… Dans ce contexte, nous pouvons utiliser une grille de criticité (Exemple : figure ci-dessous)

Figure 3 : Matrice de criticité

Source : Marc MOULAIRE[20]

 

  • Représentation graphique (cartographie proprement dite) : la cartographie matricielle dans le cadre d’un management de risques donnera une visibilité sur l’état des lieux global sur les points de vulnérabilité et permettra de proposer des actions correctives et préventives menant vers la maîtrise des risques identifiés.

Pour les dirigeants et responsables au niveau des entreprises, la cartographie des risques apparaît comme un outil d’aide à la décision.

 

2.1.3. Analyse contextualisée

Une analyse contextualisée est la prise en considération du contexte qui est un point négligé lorsqu’on aborde les risques d’investissement en entreprise. D’ailleurs les études de Pezet (2000) nous démontrent aussi que la conception du risque peut varier d’un acteur à un autre. Nous entendons par là une considération bien diversifiée des risques d’investissement en fonction de la nature des entreprises, de leurs attentes et de bien d’autres paramètres d’ordre social que la discipline de la science de gestion et du management occulte souvent.

Tout comme l’état du marché, le contexte tant historique, économique politique et social vont pouvoir définir un choix d’investissement et donc les risques probants. Être en possession de données et d’informations concernant les partenaires, les investisseurs, les concurrents ainsi que de leurs parcours se veut alors être un point fort pour mieux adapter la stratégie de management d’entreprise.

Une analyse contextualisée relève alors d’une forme d’analyse dont la grille de lecture est l’existant. Où s’informer devient indispensable pour anticiper les risques en investissement. Anne Pezet (2000) précise à cet effet de tenir compte également des aléas et de la sensibilité comme outil d’analyse adapté à un contexte spécifique. Il s’agit de définir les « vécus et l’histoire » des futurs partenaires, actionnaires, concurrents, etc. La connaissance de ces informations va permettre de définir leur sensibilité pour mieux adapter une stratégie de management dans un projet d’investissement. L’analyse contextualisée est alors une manière de hiérarchiser les informations utiles à un projet pour atteindre un ou des objectifs spécifiques. De cette manière, les instances responsables pourront avoir à leur disposition les informations qui leur serviront pour la conduite des activités et actions des entreprises. Un outil qui repose sur les compréhensions et l’analyse des contextes qui aideront à donner du sens à un fait spécifique dans le secteur entrepreneurial. Car la connaissance reste une arme que la science des gestions et de l’économie ne devrait pas lésiner pour trouver de l’efficacité dans la mise en place des stratégies en tout genre.

 

2.2. La veille en milieu équilibré

Le concept de veille est un concept faisant référence à la dimension informationnelle et organisationnelle dans une entreprise. Elle se définit comme cette « capacité de rester informé sur des sujets et thématiques définis » (Olivier Mevel et Philippe Abgrall, 2009) et dont l’objectif est de mieux atteindre les objectifs d’une entreprise ou d’une organisation donnée. La veille constitue un élément important dans les choix stratégiques des entreprises. En effet, l’évolution des technologies et techniques de production ou même de management, les changements au niveau des réglementations, des normes, des pratiques adoptées par les concurrents, peuvent créer des risques ou des opportunités. Ainsi, il est primordial d’évaluer ces facteurs de manière périodique. Que ce soit sur les questions de marché que sur les autres entreprises, la veille aide à appréhender une certaine stratégie à adopter. De ce fait, elle reste très pratique pour prévenir les risques potentiels et permet d’entrevoir la démarche adéquate pour limiter au plus ces risques. C’est pourquoi certaines entreprises décident de créer une unité spécifique chargée de veille. Cette structure spécifique leur permet de disposer, en temps voulu, d’un flux d’informations pertinentes permettant aux dirigeants de rester au courant des évolutions majeures touchant l’environnement de l’entreprise. Une veille engage néanmoins une certaine efficacité venant des équipes responsables dans une organisation. Et elle relève aussi d’un travail permanent pour trouver plus de précisions dans le mode de management d’une entreprise. Ce qui nous amène à aborder ce concept pour ce travail autour de la gestion des risques en investissement des entreprises.

Les travaux d’Olivier Mevel et Philippe Abgrall (2009) nous ont alors inspirés dans la considération de l’information comme élément incontournable pour aborder le concept de veille. Cela aide à mieux cerner la compréhension des études contemporaines de ce concept encore nouveau et qui induit à de multiples interprétations. Nous allons alors nous pencher sur l’aspect que ces auteurs évoquent dont le concept de management de l’information qui traite notamment de la nécessité d’articuler les informations, de les maîtriser afin de les exploiter de manière rigoureuse et méthodique pour assurer le développement et l’épanouissement d’une organisation. La veille est alors ici d’ordre informationnel, d’où « la veille informationnelle »[21] reposant sur les dispositions prises au sein d’une organisation pour s’informer de manière intelligente et organisée.

Le milieu équilibré cependant, fait référence à ce qu’Adam Smith (1776) avance dans ses études sur « la main invisible ». Cet environnement où tant d’acteurs économiques entrent en interaction dans un système de marché (connu de ces acteurs) afin de défendre leurs intérêts. L’équilibre dans le contexte économique est alors cette recherche d’intérêt des acteurs économiques qui s’adapte au marché et ne nécessite aucune intervention spécifique. Ce qui veut dire que ces échanges ne créent aucun trouble dans le système et que les interactions  se font de manière naturelle, où l’équilibre est tangible dans la mesure du raisonnable. Une vision que Smith préconise par « la main invisible ».

Encore dans une optique d’ouverture et d’actualisation en rapport avec la dimension technologique, la veille joue un rôle de fenêtre pour l’avenir et le développement. En effet la dimension technologique dont les auteurs tels qu’Olivier Mevel et Philippe Abgrall (2009) nous le décrivent comme dispositif dit « empirique ». À l’aide d’outil technologique, pour s’informer, multiplier les connaissances, mais aussi constituer un lieu d’échange et de communication. Le WEB 2.0 ou Web collaboratif, plus connu de nos jours comme les réseaux sociaux en tout genre, figure parmi ces dispositifs empiriques. Car ils constituent à la fois une fenêtre visant à faire connaître les entreprises, mais aussi à s’informer sur les autres. En plus, de cela, cet aspect collaboratif constitue un espace d’échange et de communication avec le milieu extérieur, mais aussi en milieu interne. Un outil qui paraît ouvrir d’innombrables perspectives en matière de management de l’information dans le cadre d’une action de veille.

 

 

2.2.1. Le rôle du conseil d’administration

Comme il a été constaté au cours de ces étapes de recherche, les acteurs directs dans une entreprise sont les plus touchés sur les questions de risques en investissement. Que ce soit sur le plan financier, mais aussi organisationnel, l’entreprise reste le principal acteur de ce système.

Le conseil d’administration d’une entreprise est cet organe délibératif qui donne une identification claire aux membres et objectifs défendus par une entreprise. Le conseil d’administration est avant tout approché sous l’angle juridique dont « la délimitation légale du rôle du conseil d’administration et les situations qui peuvent conduire à mettre en cause la responsabilité des administrateurs » (Charreaux Gérard, 1994). Cet acteur qui joue un rôle flagrant dans les questions d’intérêts et d’investissement en entreprise. Le Conseil d’administration est alors l’acteur qui se positionne en avant pour pouvoir mieux comprendre ce travail lié à la gestion des risques d’investissements[22].

Les rôles du Conseil d’administration peuvent varier d’une entreprise à une autre, mais cette main mise sur les pouvoirs décisionnels relève cependant de cet organe de l’entreprise. Surtout lorsqu’une entreprise décide d’effectuer des investissements de quelque nature que ce soit. Le choix et le système délibératif opérant à ce niveau de l’entreprise impactent sur l’avenir et les objectifs d’une organisation.

Le conseil d’administration reste alors cette instance de pouvoir où les enjeux décisionnels et délibératifs s’y opèrent de manière structurée et organisée comme le définit Charreaux Gérard (1994). Il est essentiellement constitué d’administrateurs et dirigé par le président ou communément connu comme le PDG. Certes, les structures diffèrent d’une entreprise à une autre, mais le système de fonctionnement reste étroitement similaire. Nous pourrions alors nous référer à cet acteur comme incontournable pour aborder les questions de  gestion des risques dans la mesure où les décisions importantes relèvent de leur responsabilité, les revues de littérature pour la compréhension du conseil d’administration l’ont même classé comme organe de gestion et de discipline des dirigeants dans une organisation donnée.

 

2.2.2. Système de management d’entreprise

Le système de management d’une entreprise est également un point adjacent à la compréhension des enjeux relatifs à la gestion des risques d’investissement en entreprise. Car il définit une stratégie pour l’atteinte des objectifs de cette dernière, mais aussi pour anticiper toute forme d’entorses à leurs accomplissements.

Jacques Mélèze (1992) aborde dans sa vision en système des organisations de définir le mode de fonctionnement de ces dernières pour en évaluer toutes les voies qui pourront nuire à son fonctionnement.  Que ce soit d’un point de vue des ressources humaines, fonctionnelles, informationnelles, stratégiques que financière le système de management permet de définir les armes dont dispose une entreprise pour trouver sa place dans un domaine économique et mieux affronter le marché et ses attentes[23].

Le système de management d’entreprise repose alors sur cette approche dite en système qui permet d’identifier l’entreprise comme un tout cohérent œuvrant  ensemble de manière synergique pour atteindre des objectifs communs. Jacques Mélèze aborde plus communément les questions de rapports humains comme étant complexes et dont le mode d’organisation permet d’en évaluer leur efficacité. Les échanges et les interactions qui s’effectuent au sein d’une entreprise aident alors à définir le système de management de cette dernière. Si l’entreprise s’inspire plus vers la priorisation de l’information et des échanges ou si les questions d’intérêts et financiers dictent leur fonctionnement ; dans les deux cas, il serait plus judicieux de les appréhender par ces deux angles pour trouver plus de pertinence.

 

2.2.3. Hiérarchisation et politique de gestion

Sur le plan décisionnel, le système délibératif dans les choix d’investissement est un point qu’il faut aborder. Le choix d’un investissement peut être délimité par une politique de gestion en interne, mais le système de management d’une entreprise peut également prévoir d’autres points qui tendent à mener les décisions vers d’autres instances.

Aussi, la hiérarchisation est cette capacité de structurer l’organisation à travers des nivellements des organes constitutifs d’une entreprise. La hiérarchie s’étend alors vers la simple conception de supériorité ou de taches à accomplir, mais avance vers une distribution bien définie des rôles et responsabilités de chaque acteur.

Le concept de gouvernance a fortement été traité par la littérature de l’économie depuis les années 1980 et c’est à partir de la considération de ces divers travaux déjà existants que nous allons essayer d’aborder les enjeux autour des critiques hiérarchiques et de pouvoirs dans la compréhension d’une entreprise.

Jean-Louis Beffa (2002) traite alors les questions de pouvoirs dans la gouvernance d’une entreprise en délimitant les rôles de chaque acteur dans une organisation. Les rapports de pouvoirs tiennent une place dans la compréhension des fonctionnements d’une entreprise. Les tâches attribuées à chaque agent devraient permettre de placer les activités et ainsi coordonner les actions spécifiques. De cette manière, les jeux de pouvoir sont harmonisés puisque chaque poste constitue en soi un pouvoir spécifique qui aide l’acteur à s’identifier et à s’épanouir dans sa discipline sans interférer dans celle des autres. Une manière de compenser une forme de gestion du personnel, mais aussi en mettant en avant les jeux de pouvoir et la hiérarchisation des tâches[24].

 

2.3. Vers la construction des hypothèses et compréhension de l’objet de recherche

Jean Davallon (2004) aide à définir ce qu’on entend par objet de recherche. À partir d’une démarche de construction théorique et conceptuelle, un objet de recherche est cette part abstraite qui découle d’un objet tangible dans un travail de recherche. Si l’on aborde dans notre cas le risque d’investissement, il ne s’agit plus du sens physique et tangible, mais des appréhensions théoriques et conceptuelles qui en découlent dans le contexte qui a été défini pour traiter de cet objet. En essayant d’offrir une compréhension surpassant ce que fournissent les simples définitions, le risque d’investissement est considéré en tant qu’objet de recherche qui analyse les enjeux relatifs au management, au risque et la dimension informationnelle autour de ces questionnements[25].

 

            2.3.1. Le risque d’investissement au centre des réflexions

Le fonctionnement d’une entreprise repose sur diverses actions d’ordre financier, organisationnel, et bien plus encore. Les objectifs qu’une entreprise met en avant sont accompagnés d’une stratégie qui vise leurs atteintes à travers un système managérial bien défini. Le risque d’investissement constitue en lui-même un objet dit complexe dans la mesure où il ne relève de la simple compréhension de ces notions de base, mais où la juxtaposition de deux concepts risque et investissement nous amène à mieux cerner la dimension organisationnelle, mais à la fois informationnelle de cet objet.

Les critères mis en place pour en évaluer les risques dans les questions d’investissement peuvent en effet varier d’une entreprise à une autre. Mais le fait d’aboutir à une bonne gestion des risques d’investissement s’avère plus complexe. L’identification même des risques et les enjeux que cela attribue au mode de management de l’entreprise s’avèrent plus problématiques. Un critère se veut être à la fois spécifique et approprié, les normes standards entrent alors en jeu, mais à chaque entreprise, des critères devraient être mis en avant pour mieux parer les risques dans les questions d’investissement. Chaque aspect du risque doit être étudié de très près pour en limiter les répercussions et tous les revers du type d’investissement doivent être constatés de manière pointilleuse et organisée. D’où cette priorisation des informations dites pertinentes qui aideront à cerner tous ces aspects dans la gestion des risques d’investissement en entreprise.

 

2.3.2. Les hypothèses

Cette première étape de ce travail nous amène alors à aborder des hypothèses qui s’inspireront des constats et des lectures théoriques et conceptuelles autour de la thématique de ce travail. Des hypothèses qui seront ensuite vérifiées à l’aide d’une investigation auprès des acteurs cibles  suivie d’une étape méthodologique visant à les infirmer ou les confirmer.

 

H1 : une entreprise prend les pleines mesures à travers une politique de gestion efficace pour parfaire les différents types de risque.

 

Les dispositifs d’identification des risques doivent figurer dans toute stratégie de management visant à anticiper les risques de toutes sortes. Une entreprise se doit alors de procéder de manière stratégique afin de mieux évaluer la teneur d’une action dans l’entreprise et d’en analyser les risques probants. Il apparaît cependant à travers le système managérial d’une société que les dispositifs choisis par les entreprises s’adaptent à leurs objectifs, mais aussi à leur pouvoir d’exercer dans le milieu. Les potentialités en termes de ressources humaines, financières et matérielles restent des points clés pour en évaluer les mesures prises pour cadrer une entreprise à gérer de manière efficace les enjeux des risques de toutes sortes. D’où la rigueur à travers une politique de gestion incluant de manière continue et en perpétuelle évolution, en fonction d’une situation donnée d’une entreprise.

 

H2 : les instances décisionnelles jouent un rôle majeur dans la gestion des risques d’investissement.

Les instances décisionnelles dans une entreprise se doivent de posséder toutes les informations indispensables à toutes les prises de décision pouvant affecter de près ou de loin l’atteinte des objectifs d’une organisation. La hiérarchisation du pouvoir décisionnel devrait alors être un indice pour constater de la force et de la rigueur des entreprises dans le système de prise de décision. Notons à cet effet qu’une instance décisionnelle repose non seulement sur la direction, mais également sur des cellules annexes qui contribuent à la délibération pour arriver à des décisions mettant en jeu l’avancement et le développement d’une entreprise. Toute entreprise possède néanmoins une structure qui lui est propre, mais dont leur articulation avance dans une optique de bonne gouvernance, de manière efficace et harmonisée.

 

H3 : Le mode  de fonctionnement d’une entreprise dépend avant tout d’un système d’information cohérent en inclusive pour armer la stratégie de management aux éventuels risques.

Comme il a été évoqué tout au long de ce travail, les informations constituent des éléments indispensables à l’identification, l’analyse et l’évaluation de risque. Surtout si l’on aborde les questions de gestion de risques d’investissement, s’informer devient incontournable. L’entreprise en question devrait alors avoir en sa possession toutes les informations ayant en rapport avec un sujet donné. Que ce soit en rapport avec une autre organisation, ses membres, leurs historiques, leur chiffre d’affaires, leurs partenaires et d’autres informations rattachées de près ou de loin, l’intéressé doit posséder toute parcelle d’information pour mettre en place une stratégie visant à défendre l’intérêt de l’entreprise. Certes, la recherche de l’intérêt demeure un point nonobstant dans la gestion des risques, c’est pour cela que les techniques liées à la veille informationnelle pourront s’annoncer indispensables à toute entreprise voulant œuvrer dans un domaine en particulier. Un système d’information peut néanmoins se présenter sur deux faces, dont l’externe et l’interne. Ce qui signifie que l’entreprise en question se doit d’être informée de toutes activités ou actions en lien avec ses intérêts, mais aussi sur le plan interne. Ainsi, l’entreprise pourrait mettre en place un système visant à faire agir tous les acteurs en vue d’une participation effective et ainsi un dynamisme d’entreprise.

 

H4 : les instances dirigeantes assurent de manière structurée l’analyse et la quantification des risques dans toute démarche de l’entreprise

Les acteurs majeurs d’une entreprise se trouvent au niveau décisionnel et directionnel dans la mesure où les questions de risques se discutent dans ce cadre purement stratégique. Le mode de management d’une entreprise permet alors d’identifier les capacités organisationnelles d’une entreprise à anticiper les risques. Venir à aborder les questions d’investissement reposera éventuellement sur une stratégie efficace pour défendre les intérêts de l’entreprise et éloigner le plus possible des risques nuisibles au développement de cette dernière.

 

Partie II : Cadre méthodologique

 

 

Cette deuxième partie du travail traitera des outils méthodologiques et de la démarche adoptée pour aboutir à des résultats concrets pour mieux avancer un travail de qualité et riche en réflexion.

 

Chapitre 1. Approche systémique des organisations

 

En optant pour une approche dite systémique, nous pourrions déjà offrir un paysage bien élargi en vue de mieux situer ce travail. En effet, selon Jacques Mélèze (1992), l’approche systémique des organisations est un outil indispensable à la compréhension des modes de fonctionnement d’une entreprise. D’une manière analytique, la vision que ce travail propose est celui en système qui offre des perspectives d’angle pour mieux cerner les questions de risques d’investissement dans une entreprise et surtout la dimension managériale de ces derniers.

 

1.1.          Entreprise en tant que système en mouvement

 

Toujours selon les études de Jacques Mélèze (1992), une entreprise est avant tout un ensemble complexe et dynamique d’éléments qui constituent un tout pour fonctionner de manière cohérente et autonome.  Ce qui revient à dire qu’une entreprise se veut être une organisation bien structurée qui s’ajuste à des objectifs et des règles de fonctionnement. Ce sont les différents éléments qui la constituent qui font d’une entreprise une entité en perpétuel mouvement, car les activités diffèrent d’une entreprise à une autre ainsi que les actions qui les accompagnent.

C’est l’ensemble des travaux qu’effectuent chaque élément (personnel, direction, conseil d’administration, cadre, etc.) et les actions liés qui prouvent la dynamique d’une organisation et ainsi sa représentation en tant que système en perpétuel mouvement. En effet, les actions dans une entreprise ne restent pas figées et ne se limitent pas à un seul objectif, car les objectifs se divisent aussi en généraux et spécifiques. Donc, chaque action d’une entreprise est une boucle continue qui forme un tout inhérent à cette organisation.

Et puisque nous traitons des risques d’investissement dans une entreprise et les soucis en termes de gestion de ces derniers, les études des paires ont déjà fourni d’innombrables outils d’analyse. Certes, il ne paraît pas évident de définir des outils concrets, néanmoins des dispositifs sont étroitement liés à l’analyse des risques. Ce qui va permettre de cerner de prime à bord les éléments indispensables pour une analyse des risques, dans les questions d’investissement en entreprise et surtout la nécessité d’identifier les acteurs rattachés de près ou de loin à ce sujet.

 

1.1.1.      Outil d’analyse de risque

Dans une approche simpliste de la question autour des procédés sur lesquels on devrait s’appuyer pour mieux appréhender une bonne gestion des risques d’investissement en entreprise, il n’existe pas de solution spéciale. Cependant, il apparaît indispensable de mettre les jalons sur les points incontournables pour pouvoir analyser de manière aiguisée et pointilleuse les risques dans une entreprise.

En nous basant sur les études d’Anne Pezet (2000), elle propose une vision simpliste, mais aussi efficace d’analyser le risque dans les investissements. Pezet définit effectivement qu’ « un investissement comporte un risque naturel compte tenu de la non-certitude qui pèse sur les profits que l’on en espère». Donc, elle propose une étude longitudinale et aussi contextuelle pour mieux évaluer le risque dans le choix d’investissement.

Certes nous avions déjà annoncé ces points, plus haut, mais ici, il est question de les aborder en tant qu’outil où le type d’approche constitue le meilleur dispositif dont dispose une entreprise pour mieux évaluer le risque dans un investissement et pour pouvoir orienter ses choix. L’auteur l’illustre de manière à adopter « une perspective longitudinale qui est en effet de nature à extraire le choix d’investissement d’une formulation purement technicienne pour le contextualiser. » Anne Pezet s’est alors inspirée des cas de l’industrie de l’aluminium de 1890 à 1990 pour appuyer ses dires. Ce qui signifie une étude des décisions d’investissement dans l’industrie de l’aluminium de 1890 à 1990. Il s’agit alors d’analyser les risques pour chaque cas en fonction du contexte historique (ici dossier d’investissement, correspondances interne et externe). Toujours selon Pezet, cette méthode aide à définir d’abord « l’histoire des mentalités » pour mesurer le « degré de tolérance au risque admis par la société économique à une période donnée ».  Ensuite, l’auteur propose « une mesure de la perception du risque en fonction de la situation économique générale » et aussi spécifique selon le domaine en prenant l’exemple du secteur de l’aluminium pour Pezet.

Cette méthode proposée par Anne Pezet est alors une manière parmi tant d’autres d’évaluer les risques dans les choix d’investissement pour mieux les gérer. Car, chaque analyse se réfère avant tout à la connaissance du secteur dans lequel l’entreprise œuvre. Ce qui implique les informations qui sont à portée de main pour pouvoir agir de manière cohérente et adaptée au contexte où les questions de choix ne sont pas forcément basées sur une simple question de rentabilité, mais de viser la durabilité des actions de l’entreprise et ainsi de viser le long terme, étant donné que le risque d’investissement n’est pas un concept évident à cerner.

 

1.1.2.      Identification des acteurs de gestion de risque

Les acteurs sont définis comme des éléments inhérents à une organisation, qui contribuent  au dynamisme de fonctionnement et de cohésion de cette dernière afin d’atteindre des objectifs prédéfinis[26]. Tout au long de ce travail, les acteurs ont été abordés, mais pas dans sa dimension exacte. En effet, l’identification des acteurs lorsqu’on traite de la gestion des risques d’investissement, est une part importante de la compréhension du sujet. Surtout si l’on essaie de cerner les procédés adéquats pour mieux les appréhender.

Identifier les acteurs figure également dans la compréhension systémique d’une organisation, puisque ce sont les éléments qui contribuent à la dynamiser. L’acteur est en effet un élément important dans une organisation. Il contribue de près à la complexification, mais également à l’harmonisation du système organisationnel. S’agissant éventuellement de ressources humaines, les acteurs peuvent être classifiés soit en groupe soit en individuel selon leur attribution dans un système donné. Le rôle d’un acteur est spécifié selon un poste ou le groupe auquel il appartient. Ces tâches consistant dans la majeure partie à répondre aux attentes de son poste tout en s’alignant aux objectifs généraux de l’organisation.

Certes, en identifiant les acteurs, une typologie pourrait être dressée, mais il faut avant tout distinguer ceux qui sont rattachés de près ou de loin au fonctionnement et à l’atteinte des objectifs d’une organisation donnée. Et dans la mesure où l’on aborde les questions de gestion de risque d’investissement, l’identification se fait surtout sur le plan externe, où la compréhension et la collecte d’information sur « l’autre » sont indispensables pour bien mener les choix d’investissement et en évaluer les risques.

 

1.2.           Méthodologie qualitative d’approche terrain

Cette présente recherche s’inscrit alors dans une logique qualitative sans pour autant occulter la dimension quantitative qui justifie la pertinence dans la science des gestions et de l’économie. Aussi, nous allons proposer des armatures méthodologiques qui nous ont servi pour mener ce travail à terme et obtenir des résultats qui pourront faire l’objet de profondes réflexions sur la thématique de la gestion des risques d’investissement en entreprise, dans la mesure où la question de recherche se positionne sur les types de procédés sur lesquels nous devrions nous appuyer pour mieux appréhender une bonne gestion des risques d’investissement en entreprise.

Une approche terrain constitue alors les ensembles de méthodes que l’on a usées pour cerner un terrain pouvant répondre aux interrogations qui ont été soulevées tout au long de ce travail. Pour ce faire, nous avions effectué des enquêtes auprès de diverses organisations pour obtenir des résultats plus pertinents et plus riches afin de mieux appréhender notre question de recherche :

Sur quels procédés se doit-on de s’appuyer pour mieux appréhender une bonne gestion des risques d’investissement en entreprise ?

 

1.2.1.      Présentation du questionnaire d’enquête

Un questionnaire a donc été élaboré pour collecter les données utiles à l’avancement de ce travail. Selon Hervé Dumez (2011), un questionnaire dans une recherche qualitative est une série de questions préalablement sélectionnées, afin de répondre aux questionnements qui découlent de la présente recherche. Une fois les acteurs cibles définis, les questions sont sélectionnées en fonction de ces acteurs et des réponses qu’ils pourront fournir selon leur profil.

Les échantillons sont alors élaborés selon le domaine d’exercice de la recherche. Et puisqu’il s’agit d’une catégorisation d’entreprise, il faudrait offrir des échantillons issus de diverses entreprises pour enrichir les réponses et aussi les réflexions. Les acteurs venant de chaque entreprise pourront présenter leur vécu et leur point de vue et les résultats n’en seront que multiples.  Puisque chaque vécu diffère d’un acteur à un autre et qu’une entreprise également possède un système de management différent de ses paires, cette diversification des acteurs et des entreprises est importante pour obtenir un paysage représentatif des questions de risques d’investissement.

Le questionnaire :

  • Quels sont les types de risque que vous connaissez dans une entreprise

□ Organisationnel      □ Financier     □ Matériel      □ Physique     □ Autre

 

 

  • Connaissez-vous le risque d’investissement ?

□ OUI                        □ NON

 

  • D’où le connaissez-vous ?

□ Information interne

□ Documentation

□ Ancien travail

□ Autres

 

  • Votre entreprise possède t- elle une politique de management concernant le risque d’investissement ?

□ OUI                        □ NON                      □ Peut-être

 

  • Selon vous à quel niveau de l’entreprise doivent être traitées les questions de risque d’investissements ?

□ Direction

□ Conseil Administration

□ Comité de gestion de risque

□ Autres

 

  • Connaissez-vous les impacts des risques d’investissement ?

□ OUI                        □ NON

 

Donnez une précision : …………………………………………………………………

…………………………………………………………………………………………..

 

  • Quels sont les critères qui font une bonne gestion dans une entreprise ?

□ Politique de management

□ Stratégie de communication

□ Chiffre d’affaires

□ Salaire

□ Autres

 

  • Existe-t-il un comité intégrant tous les acteurs pour discuter des besoins de l’entreprise ?

□ OUI                                    □ NON

 

  • Existe-t-il un système d’information pour les comptes rendus des actions de l’entreprise ?

□ OUI                        □ NON

 

Si OUI Sur quel sujet ?

□ Partenariat

□ Investissement

□ Financement

□ Actionnaire

□ Autres

 

  • Le salaire des employés subit-il les conséquences des difficultés de l’entreprise ?

□ OUI                        □ NON

 

Expliquer votre réponse………………………………………………………………

 

1.2.2.      Grille d’analyse

Une grille d’analyse est alors une grille compilatrice des éléments de données de réponses aux questionnaires. Elle facilite une lecture des résultats obtenus et sert de référence aux néophytes afin de s’orienter dans les procédés de recherche. Nous allons nous référer à ce type de méthode pour mieux structurer la lecture des données, mais aussi pour mieux effectuer un travail d’analyse (Cf. ANNEXE).

Notons que les séances de pré-test des questionnaires ont été effectuées, mais les questionnaires n’ont pas subi des modifications. Un pré-test qui a permis de mieux orienter les choix des acteurs pour obtenir des résultats plus pertinents pour ce travail.

 

1.2.3.      Recherche dite qualitative

Notons qu’une recherche qualitative est une recherche plus prenante qui consiste à approcher de près les acteurs de l’objet de recherche afin d’obtenir les constats nécessaires pour une remise en question ou des réponses aux interrogations préalables.  Il faut aussi insister sur le fait la recherche qualitative ne s’oppose pas à la recherche quantitative. Selon Hervé Dumez (2011), « les deux exigent des compétences différentes de la part du chercheur, mais elles peuvent s’enrichir mutuellement et notamment, le traitement de séries chiffrées peut constituer un apport substantiel à la recherche qualitative. On ne peut donc répondre à la question de savoir ce qu’est la recherche qualitative par une simple opposition a priori à la recherche quantitative »[27].

Elle permet alors d’avoir des résultats à la fois d’ordre qualitatif, c’est-à-dire l’appréhension des interviewés sur un sujet donné et leur point de vue, mais aussi une estimation quantitative qui va fournir des éléments d’analyse plus riches et renforcer les données qualitatives.

L’analyse des résultats des questionnaires se fera de manière qualitative avec des illustrations quantitatives pour mieux présenter les résultats des enquêtes.

 

 

Chapitre 2. Analyse des résultats

 

Les enquêtes effectuées auprès de diverses entreprises ont alors permis d’obtenir des résultats qui vont faire l’objet d’analyse qualitative pour fournir des réponses aux hypothèses préalablement définies tout au long de ce travail. De plus, en nous basant sur une approche systémique des organisations pour traiter les questions de gestion de risque d’investissement en entreprise, une analyse systémique des données obtenues lors des enquêtes paraît encore plus qu’incontournable. Cette forme d’analyse qui ne se contente pas de tirer des conclusions, mais qui tente de mettre en lien de manière systémique chaque résultat escompté, afin de faire émerger le plus de piste de réflexion possible.

 

2.1.          Les mesures indispensables dans la gestion des risques d’investissement en entreprise

Les enquêtes effectuées auprès de certaines entreprises nous donnent alors un aperçu de ce que ces dernières prennent comme mesure nécessaire afin d’assurer une bonne gestion de risque d’investissement en entreprise. Néanmoins, il faudrait tenir compte d’autres aspects des risques d’investissement, tel que la connaissance même du concept de risque au sein d’une entreprise, avant même de constater ce que le personnel d’une entreprise donnée connaît sur les risques d’investissement.

 

2.1.1.      Perception des acteurs d’une entreprise des types de risque au sein d’une entreprise

Les réponses des interviewés dans le cadre des enquêtes qu’on a faites auprès des entreprises nous donnent un aperçu des types de risque qu’ils connaissent. Cela nous permet aussi de cerner ce qui leur vient à l’esprit lorsqu’on parle de risque dans une entreprise.

 

Les réponses à la première question du questionnaire :

Question 1 – Quels sont les types de risque que vous connaissez dans une entreprise ?

 

Tableau 1: Appréhension de la définition du risque

Type de risque Nombre
Organisationnel 10
Financier 11
Matériel 7
Physique 8
Autre 2

 

 

 

 

 

 

 

Figure 1: Appréhension des types de risque

 

La lecture simpliste du tableau et du graphe ci-dessus nous permet alors de dire que lorsqu’on aborde la simple question de risque dans une entreprise, les salariés se réfèrent de prime à bord au souci financier avant tout, puis au question d’ordre organisationnel avant de directement se pencher sur les liens d’ordre physique, c’est en rapport avec la sécurité physique de la personne. Puis finalement sur les questions sur le matériel. C’est en rapport à cet enchainement que le personnel au sein d’une entreprise entrevoie dans une première vision la simple question de risque. Un constat qui nous amène à des interrogations sur l’importance des soucis financiers et des risques adjacents.

 

2.1.2.      Considération du risque d’investissement en entreprise

Suite aux résultats du questionnaire, nous avons pu constater ce que les employés dans une entreprise connaissent sur le risque d’investissement proprement dit. Les réponses à la question N°2 et N°3 du questionnaire nous fournissent les résultats suivants :

 

Question 2  Connaissez-vous le risque d’investissement

 

 

Tableau 2 : connaissance du risque d’investissement

OUI NON
11 2

 

Figure 2: connaissance du risque d’investissement

 

Les réponses à cette question nous incitent à trouver d’autant plus l’importance de cette recherche étant donné qu’une bonne majorité des acteurs de l’entreprise connait ce qu’on entend par risque d’investissement et n’est pas seulement réservé au cadre d’une entreprise, mais les non-cadres possèdent également des informations sur le sujet. Ce qui nous amène aux résultats de la question N°3 :

 

Tableau 3: Connaissance risque d’investissement

Question 3  – D’où le connaissez-vous ? Nombre
Information interne 1
Documentation 2
Ancien travail 0
Autres 8

 

Figure 3 : réponses question n°3

 

Les résultats issus de cette question justifient alors l’absence d’informations précises sur le sujet de risque d’investissement dans une entreprise. Puisque, le fait que seule 1 personne a mentionné « Information interne » comme origine, cela signifie que la majorité des entreprises ne discutent librement de ce sujet au niveau interne. Car si les employés connaissent ce qu’est un risque d’investissement, c’est par le biais d’une documentation ou de ses connaissances personnelles. En effet, la case « Autre » laissant une libre marge à l’origine de leur connaissance du « risque d’investissement» a été le plus coché, des suppositions peuvent trouver leurs places quant au fait que cela doit venir de leur formation. Donc, que  les employés sont déjà armés pour connaître ce qu’ils entendent par le risque d’investissement.

 

2.1.3.      Les actions de l’entreprise pour une gestion de risque d’investissement

Dans la continuité de cette analyse, les entreprises se doivent de prendre les mesures nécessaires pour gérer au mieux les questions de risque d’investissement. L’existence d’une politique ou de toutes autres mesures parallèles fait état d’initiative venant de l’entreprise en question.

Question 4 – Votre entreprise possède t- elle une politique de management concernant le risque d’investissement ?

OUI NON Peut-être
3 1 9

 

Ces résultats permettent de constater une omniprésence de mesures prises par les entreprises en matière de risque d’investissement, car malgré le fait que seulement 3 personnes ont répondu OUI, le fait de répondre PEUT-ETRE peut signifier un simple non connaissance des procédures de fonctionnement de l’entreprise. Et seule une personne a répondu un NON sur les 13 enquêtés.

Le fait d’avoir une politique de management pour les questions de risques d’investissement démontre alors une considération particulière pour le sujet.  Ce qui nous amène à confirmer l’hypothèse H1, qu’une entreprise prend les pleines mesures à travers une politique de gestion efficace pour parfaire les différents types de risque. En effet, les entreprises prennent de manière significative les mesures nécessaires pour se préparer aux risques éventuels et ainsi garantir les objectifs de l’entreprise.

Pour appuyer encore plus cette constatation, la présence de comité visant à rester en contact avec l’ensemble de l’entreprise et tenir compte de leur besoin figure parmi les mesures que l’entreprise prend pour s’ajuster à toute éventualité de risque et ainsi armée une stratégie adaptée.

 

Question 8 – existe-t-il un comité intégrant tous les acteurs pour discuter des besoins de l’entreprise ?

OUI NON
10 3

 

La plupart des entreprises possèdent alors un comité de ce genre, où les divers besoins et attentes des membres (employés, cadre, direction, etc.) de l’entreprise sont condensés auprès de ce comité. Afin de pouvoir adapter toute action de l’entreprise à l’atteinte de ces objectifs sans occulter les attentes sur le plan humain, organisationnel et autre de l’entreprise. Mais il y a également cette prise de conscience des impacts que ce soit positifs, mais surtout négatifs des risques d’investissement.

De ce fait les résultats de la question N°6  nous permettent de cerner les appréhensions des employés d’une entreprise à travers leurs commentaires au fait de connaître les impacts d’un risque d’investissement dans le fonctionnement d’une entreprise.

 

Question 6 – Connaissez-vous les impacts des risques d’investissement ?

OUI NON
8 5

 

Figure 4 : Connaissance des impacts des risques d’investissement

 

La majorité des interviewés, soit 8 sur 13 connaissent les impacts d’un risque d’investissement dans une entreprise, contre seulement 5 personnes. Ce qui a le plus été incité dans cette question, c’est leur point de vue sur le sujet, et la plupart méritent qu’on y tienne compte, car ces aspects sont nécessaires à la compréhension du sujet de mémoire.

En effet, dans la mesure où le risque est inévitable pour l’entreprise dans le choix d’un investissement, les interviewés ont proposé certains commentaires qui risquent d’arriver à l’entreprise le cas échéant :

  • Endettement
  • Réduction du Conseil d’administration, mais aussi réduction des effectifs
  • Un mauvais investissement peut mettre en péril l’entreprise
  • Cession d’activité, mauvaise santé financière de l’entreprise
  • Restriction budgétaire
  • Perte des gains et des bénéfices
  • Impacts potentiels sur plusieurs fonctions
  • Un retour non conforme à la projection réalisée en amont de l’investissement ? une interrogation d’un de nos interlocuteurs.
  • Pas de synergie

Ces commentaires démontrent alors la nécessité d’une bonne gestion des risques d’investissement en entreprise, car les salariés appréhendent des impacts négatifs qui pourraient nuire à leur fonction, la stabilité de l’entreprise, les soucis financiers de l’entreprise et bien plus encore. D’où la nécessité d’une bonne gouvernance et d’une responsabilisation des instances concernées.

 

2.2.          Responsabilisation des instances décisionnelles d’une entreprise pour les risques d’investissement

Les questions de responsabilités ont été fortement soulevées durant tout ce travail. La place et le rôle de tous les acteurs à tous les niveaux restent primordiaux, mais il y a surtout les enjeux des choix que les instances décisionnelles d’une entreprise prennent dans les actions d’investissements.

2.2.1.      Les instances dirigeantes et leur rôle

Pour ce faire, la question N°5 tente de mettre les jalons sur l’importance des rôles décisionnels si l’on veut aborder le risque d’investissement :

Question 5 –  Selon vous, à quel niveau de l’entreprise doivent être traitées les questions de risque d’investissements ?

Tableau 4: Traitement des risques d’investissement

Question n°5 Nombre
Direction 10
Conseil Administration 0
Comité de gestion de risque 8
Autres 1

 

Figure 4: À quel niveau est traité le risque d’investissement

 

Selon le point de vue des non-cadres dans une entreprise, les questions des risques d’investissement devraient être traitées au niveau de la direction dans une entreprise ou encore auprès d’un comité de gestion de risque. Selon la structure d’une entreprise, ces tâches sont généralement attribuées à des entités destinées à cet effet, c’est-à-dire à étudier les choix d’investissement, et donc d’en analyser les risques attribués. Au cours de cette enquête, une assistante de direction issue d’une entreprise a même lancé une proposition quant à la nécessité de le traiter auprès du service financier. Une manière de tenir compte des dimensions financières qu’impliquent les risques d’investissement, car certes, au-delà  de son aspect organisationnel, les enjeux financiers et économiques d’une entreprise ne sont pas à lésiner.

Ce qui revient à confirmer l’hypothèse H2 sur les instances décisionnelles qui jouent un rôle majeur dans la gestion des risques d’investissement. Car si cette prise de conscience des acteurs non-cadres dans une entreprise quant à la nécessité de prendre leur responsabilité pour les choix d’investissement et les risques qui s’y apparentent existe, c’est que cette hypothèse se doit de soulever des réflexions encore plus profondes, comme l’importance des décisions, des choix, de système délibératif profitant l’entreprise et bien plus encore.

Dans cette prise de responsabilité, les questions de salaire sont souvent remises en question par le personnel. Aussi les remarques à la suite de la question N°10 sur le salaire des employés sur les difficultés de l’entreprise.

 

Question 10 – Le salaire des employés subit-il les conséquences des difficultés de l’entreprise ?

OUI NON
6 7

 

En effet, selon le cadre légal le salaire ne devrait pas subir les conséquences des difficultés d’une entreprise. Néanmoins, dans le vécu des personnes enquêtées, 6 sur 13 ont répondu à l’affirmatif quant aux effets sur leur salaire en fonction des difficultés de l’entreprise. Les commentaires quant à leur réponse ont également permis de constater des cas sur lesquels les conséquences s’opèrent ou non. Des faits qui relèvent de la responsabilité des instances dirigeantes :

  • Le salaire ne peut effectivement pas être affecté, mais l’entreprise peut recourir à une réduction des effectifs, selon un comptable au sein d’une société qui restera anonyme dans ce travail;
  • Les risques imminents peuvent également amener une entreprise à ne plus embaucher de personnel selon un chef de produit junior que nous avons interrogé. Ce qui amène à beaucoup de travail avec un salaire stationnaire. Donc, il n’y a pas d’évolution en matière de salaire si l’on se réfère aux dires d’une assistante de direction d’une société française que nous ne citerons pas.
  • Il y a également des structures qui anticipent les situations de crise, et le salaire de leur personnel ne subit aucun impact puisque l’entreprise s’ajuste à des préventions et plans d’urgence d’après un de nos interlocuteurs.

 

2.2.2.      Les critères d’une bonne gestion

Chaque action des instances responsables place alors l’entreprise au centre des regards dans son mode de fonctionnement et en l’occurrence son système de management. À travers le questionnaire, nous avons tenté de laisser les salariés définir ce qui selon leur point de vue  ce qui s’apparente aux critères d’une bonne gestion.

 

Question 7 – Quels sont les critères qui font une bonne gestion dans une entreprise ?

 

Critère de bonne gestion d’entreprise Nombre
Politique de management 12
Stratégie de communication 10
Chiffre d’affaires 4
Salaire 2
Autres 6

 

 

 

Figure 5: Critère de bonne gestion d’entreprise

 

En se basant sur ce tableau et de la figure ci-dessus, une entreprise est gérée de la bonne manière à l’aide d’une bonne politique de management, puis d’une stratégie de communication efficace. Ces deux points sont les plus insistés par les enquêtés étant donné que cela relève d’un conditionnement que l’entreprise ajuste en fonction de ses objectifs.  De ce fait,  tout se passe sur le plan administratif dans l’anticipation des moindres méandres dans les actions d’investissement d’une entreprise. Ensuite, toujours selon les interviewés, le chiffre d’affaires permet également d’identifier une gestion d’entreprise, car, plus l’organisation prospère plus son chiffre d’affaires s’améliore. Un bon indice d’identification d’une bonne gestion également, mais que nous classifierons dans les retombés d’une suite d’actions de management efficace pour aboutir à des résultats concrets. D’autres insistent aussi sur le fait que le salaire est un critère qui souligne une bonne gestion, car l’entreprise est alors dans une démarche qui lui permet de fournir un salaire satisfaisant à ses salariés, de faire des bénéfices et de prospérer en même temps.

Toujours dans cette optique de critère qui stipulent la bonne gestion d’une entreprise, les enquêtés ont proposés des réponses allant au-delà de celles déjà proposées et qui méritent pourtant une nette réflexion. En effet, selon une personne interrogée, c’est l’équilibre entre tous les points qui fait une bonne gestion d’entreprise. C’est-à-dire que l’un n’est pas à primer sur l’autre, mais qu’il faut savoir harmoniser tout cet ensemble pour obtenir des résultats bénéfiques pour l’entreprise et ainsi profiter aux salariés. Un autre enquêté propose également les procédures internes, le prévisionnel, l’approche des risques pour constater une bonne gestion. Puis une autre proposition selon laquelle le personnel reflète la bonne gestion de l’entreprise. Ce qui pourrait signifier que le mode de fonctionnement du personnel au sein de l’organisation reflète une bonne gestion.

C’est l’ensemble de tous ces aspects qui font que les instances dirigeantes devront prendre les dispositions nécessaires pour garantir une bonne gestion d’entreprise. D’où la confirmation également de l’hypothèse H4 sur les instances dirigeantes qui assurent de manière structurée l’analyse et la quantification des risques dans toute démarche de l’entreprise. Les politiques de management, les stratégies de communication, les procédures en tout genre sont alors une manière d’analyser les risques au cours de chaque action et activité de l’entreprise.

 

2.3.          Repenser les enjeux informationnels pour une analyse des risques d’investissement

En tenant compte de l’hypothèse H3 sur le fait que le mode de fonctionnement d’une entreprise dépend avant tout d’un système d’information cohérent et inclusif pour armer la stratégie de management aux éventuels risques. Cette importance que tient l’aspect informationnel pour les risques d’investissement est longuement relatée à travers les résultats des enquêtes.

Question 9 – Existe-t-il un système d’information pour les comptes rendus des actions de l’entreprise ?

OUI NON
11 2

 

Figure 6: Système d’information sur compte rendu des actions de l’entreprise

 

Ces résultats démontrent clairement que plusieurs entreprises mettent en place un système destiné à informer l’ensemble du personnel sur les actions que l’organisation effectue. En effet, comme il a été mentionné au début de ce travail, les informations constituent des éléments indispensables à une entreprise pour effectuer des choix adaptés aux objectifs de l’entreprise tout en assurant un certain développement et un équilibre dans son organisation. De ce fait, il y a les informations utiles sur le plan externe, mais aussi sur le plan interne.

Les personnes qui ont répondu aux questionnaires auprès de diverses entreprises ont donc réitéré cette présence de système visant à informer l’ensemble du personnel sur les actions de l’entreprise. Ceux qui ont répondu par l’affirmatif ont également précisé les points sur lesquels sont basés ces systèmes d’informations :

Si OUI, sur quel sujet :

Partenariat 8
Investissement 7
Financement 4
Actionnaire 5
Autres 4

 

 

Ces systèmes d’informations tournent essentiellement d’après les répondants aux questions de partenariat de l’entreprise, mais aussi des investissements qu’elle effectue. Certaines entreprises se chargent alors de mettre à la connaissance du personnel des informations sur les actions avec les partenaires, ou encore les changements qui s’opèrent avec les partenaires. Puis, ces systèmes fournissent également des informations sur les investissements que l’entreprise effectue. Ce qui fait que le personnel ou une partie est en connaissance des divers champs dans lesquels l’entreprise investit. Puis viennent les informations en rapport aux actionnaires et financements et bien d’autres.

Aussi, la réponse quant à l’hypothèse H3 sur le mode de fonctionnement d’une entreprise dépend avant tout d’un système d’information cohérent et inclusif pour armer la stratégie de management aux éventuels risques, revient à l’affirmatif, car un bon nombre d’entreprises informe avant tout son personnel, mais reste également informée si l’on se réfère à des entretiens effectués auprès des cadres d’entreprises, dont une personne affirme que maintenir une bonne communication au sein d’une entreprise est nécessaire pour mettre le personnel en confiance, mais il faut également collecter les informations venant de l’extérieur (partenaire, actionnaires, investisseurs, etc.) pour mieux anticiper les risques des actions à entreprendre.

 

 

 

Partie III : Des perspectives de préconisation

 

 

La troisième et dernière partie de ce travail fait état d’ouverture et de réflexion plus prononcée sur les questionnements qui ont été lancés au cours de ce travail. Une partie qui donnera un aperçu des champs qui mériteraient de plus amples approfondissements, mais aussi des voies de recherche qu’il faudrait tenir compte si l’on traite de la gestion des risques d’investissement en entreprise.

 

1.    Système d’information efficace et nécessité de veille

Les outils théoriques pour traiter de la gestion de risque d’investissement en entreprise, tels que les réflexions de Mélèze (1992) sur le fait d’avoir un regard systémique lorsqu’on parle d’entreprise. Cette nécessité d’une vision d’ensemble reste de rigueur pour mieux comprendre le fonctionnement d’une entreprise comme un tout complexe.

C’est également en termes de perspectives et d’ouverture vers d’autres voies de recherche qu’apparaît la nécessité de reconsidérer des éléments constitutifs d’une organisation pour faire émerger des points clés essentiels. Dans cette approche systémique des organisations de Mélèze, il apparaît indispensable de cerner certains points dont : les acteurs, leurs relations, le système organisationnel et surtout les enjeux informationnels. Les diverses réflexions théoriques et conceptuelles autour du risque d’investissement ont d’ailleurs permis de constater l’importance de l’information pour assurer une bonne gestion de ces risques.

Dans une optique d’ouverture de ce travail et de constater ces limites, les enjeux informationnels ont seulement été survolés. Certes, leur importance a été soutenue mainte fois au cours des analyses précédentes, mais nous n’avions pas abordé de manière conséquente leurs vrais enjeux dans le risque d’investissement.

La nécessité d’établir une typologie d’information et surtout de déceler les informations « pertinentes » pour pouvoir effectuer un choix d’investissement dans une entreprise s’avère incontournable. Car nous tenons toujours à insister sur le fait que seule une organisation ayant en sa disposition toutes les informations rattachées de près ou de loin à une action donnée peut prendre une décision claire et réfléchie. Une décision ayant déjà tenu compte de tous les aspects de risque que l’entreprise pourrait encourir dans un cas échéant, mais également de pouvoir mettre en place une stratégie destinée à parer tout obstacle nuisant à la réussite de cet investissement. Les dispositions que les instances dirigeantes ainsi que les comités responsables auront prises s’ajusteront de manière structurée et réfléchie à toute situation afin de défendre dans tous ces aspects les intérêts et les objectifs d’une entreprise.

Ces réflexions amènent alors à la nécessité d’une veille informationnelle pour les questions d’investissement en entreprise, afin d’assurer un management des risques. Les aspects théoriques qui ont été soulevés pus haut abordent d’ailleurs une veille dite en milieu équilibré. C’est-à-dire en milieu où le système économique répond à une norme existentielle. Ce qui signifie que le système de marché est connu de tous les acteurs interagissant dans un investissement potentiel et qu’ils connaissent les contextes dans lesquels évoluent leurs actions.

Une veille informationnelle, en se basant sur travaux d’Olivier Mevel et de Philippe Abgrall (2009), est alors une action destinée à surpasser la simple collecte d’information, mais plus une collecte dite intelligente des informations pertinentes. En sachant quoi chercher et où les trouver, pour ensuite élaborer une stratégie de communication adaptée à un investissement particulier. En effet, il faut noter que malgré les standards de mise en place de stratégie de communication, une stratégie doit être spécifique à une thématique particulière pour trouver plus de pertinence. C’est-à-dire qu’à un investissement l’on se doit de mettre en place tout un système destiné à analyser tous les risques qu’il pourrait faire encourir à l’entreprise, mais également d’effectuer des bénéfices pour l’organisation, sans pour autant s’écarter des standards de procédure. Une initiative qui nécessitera un travail d’ensemble et bonne gestion organisationnelle des activités en interne, mais aussi en externe d’une entreprise.

 

2.    Responsabilisation des acteurs à tous les niveaux

L’identification des acteurs est une manière de déceler leur relation et ainsi leur poids dans le fonctionnement d’un processus d’investissement dans une entreprise. De plus Crozier et Friedberg (1977) insistent sur le fait de considérer chaque acteur en fonction de ses vécus, son histoire, sa représentation et autres paramètres pour mieux cerner un système.

Pour être efficace dans sa manière de procéder à un investissement, une entreprise doit savoir exploiter chaque acteur de son système pour obtenir de meilleurs résultats possible. Mais surtout, l’entreprise devrait prendre toutes les mesures nécessaires pour optimiser ses chances afin de gérer au plus les risques éventuels dans un investissement.

Dans un essai de préconisation de ce travail de mémoire, les questions de responsabilisation s’apparentent généralement à des décisions, mais aussi à une bonne gestion organisationnelle. De ce fait, il faudrait en tenir compte pour mieux cerner la gestion des risques d’investissement. Car si les acteurs sont liés à travers des activités qu’ils effectuent au sein d’une entreprise, les décisions que ces derniers se doivent de prendre pour assurer leur tâche sont importantes. Ce qui revient à approfondir l’importance du choix, et donc essentiellement pour notre cas du choix d’investissement.

C’est alors que nous abordons cette dimension de responsabilisation des acteurs dans le choix d’investissement et son importance pour assurer une gestion des risques efficiente. Un point qui mériterait de plus amples approfondissements pour traiter de ce sujet, car effectivement, en supposant que chaque niveau d’acteur est responsable. De plus, chaque étape de la démarche pour gérer les risques est assurée de manière cohérente et structurée. On prenant le cas du rôle du Conseil d’Administration dans les choix apparentés aux types de règles à adopter au sein d’une entreprise, les normes et la structure auquel elle répond pour mieux se distinguer dans le lot des autres organisations œuvrant dans un même domaine. Puis du rôle des instances dirigeantes, tel que la direction et donc les cadres d’entreprise pour effectuer une analyse minutieuse des investissements, afin d’en anticiper tous les risques probants.

La responsabilisation pour la gestion de risques d’investissement en entreprise est alors un point qui requiert aussi une analyse plus impliquée étant donné que ce sont les décisions qui découlent de ces initiatives. Des décisions qui vont conditionner les choix d’investissement et ainsi mieux appréhender les risques apparentés. Tout cela, sans occulter les aspects économiques et financiers qui font d’une entreprise une caractéristique qui lui est propre.

 

3.    Vers des risques pour des profits et des bénéfices de développement

En nous référant aux travaux d’Adam Smith (1776) dans ses études sur « la main invisible »,  l’auteur évoque l’environnement du marché économique et financier dans lequel baignent les entreprises, comme répondant à un équilibre connu de tous les acteurs de ce système. Ce qui signifie que les échanges s’effectuent afin de trouver l’intérêt, mais aussi le profit dans un contexte de marché.

Pour offrir plus de perspectives à ce travail, nous aborderons alors les questions de rentabilité, de profit et d’intérêt qu’une entreprise pourrait avoir en effectuant un investissement de quelque nature que ce soit. Cette importance financière et économique n’a pas été traitée dans toute son étendue dans ce mémoire. Pourtant, ces points représentent à eux seuls les déterminants d’un choix d’investissement. Puisqu’une entreprise se pose comme jalons d’effectuer des profits, de développer ses champs d’intervention sans pour autant s’éloigner de ses objectifs principaux.

Le développement d’une entreprise s’aligne donc étroitement à une question de profit si l’on s’inspire de la célèbre citation d’ Helmut Schmidt qui est « Les profits d’aujourd’hui font les investissements de demain et les emplois d’après-demain ». Ci qui renvoie au fait qu’une entreprise place le profit au premier rang de ses préoccupations compte tenu de ses diverses obligations (taxes, impôts, charge salariale, redevance des actionnaires, visibilités, etc.).

Les points à approfondir lorsqu’il s’agit de la gestion des risques d’investissement sont : l’analyse du taux de rentabilité. Car les investissements dans les projets avec des « critères de rentabilité » certifiés intéressent les entreprises (dans une question de logique de profit et d’épanouissement économique). Cependant, une entreprise doit avoir un retour du capital investit, de 15% le minimum, pour pourvoir investir dans un projet. D’où l’analyse des risques de non atteinte de ces objectifs en évitant au plus l’endettement de l’entreprise avec des taux d’intérêt réels prohibitifs.

Toutefois, il existe également des choix d’investissement tenant compte des risques que pourrait encourir l’entreprise en cas d’échec et bien sur les plans d’urgence que l’entreprise devrait prévoir pour assurer ses actions et sans trop endommager le capital. D’où le fait de se prononcer sur l’interprétation des « investissements » comme un pari constant sur l’avenir d’une entreprise. Ce qui revient à reconsidérer les concepts de décision et de choix, car un investissement s’avère justifié dans la mesure où la rentabilité prévue dans le procédé est supérieure au taux d’intérêt réel.

La dimension d’innovation n’est jamais loin dans toute discipline visant un développement, que ce soit économique, financier, organisationnel ou autre, étant donné que le fait de déceler des marchés ou des champs d’investissement encore peu connu ou peu exploité reste un challenge, mais présente aussi des risques. Des risques qui se doivent d’être gérés minutieusement à l’aide d’une démarche incluant diverses stratégies et des plans adaptés au fonctionnement de l’entreprise afin de parer à toute situation existentielle.

Le profit peut donc être considéré comme un élément de valeur tangible pour pousser une entreprise à investir dans un projet. Tout comme Frank Knight (1921) le stipule dans ses travaux que les profits financiers justifient de prime à bord des choix d’investissement se basant sur une rentabilité à long terme. Car si l’investissement peut être un facteur de croissance pour le PIB, il peut également être une porte à des risques plus notoires à une entreprise. D’où l’utilité d’un système de management et de politique de gestion efficace pour en offrir des retombés bénéfiques à l’entreprise, mais également pour mieux gérer les risques dans les investissements

 

 

CONCLUSION

 

Nous pourrions tirer de ce travail des points qui mériteraient encore de plus amples approfondissements, mais dont les résultats serviraient à s’aligner auprès des analyses des paires sur la gestion de risque d’investissement. Nous allons donc proposer des réponses visant à mieux cerner la question de recherche : sur quels procédés se doit-on de s’appuyer pour mieux appréhender une bonne gestion des risques d’investissement en entreprise ? Il paraîtrait présomptueux de fournir des réponses concises visant à mieux aider les entrepreneurs à gérer les risques dans les investissements au sein des entreprises. Néanmoins, à travers les résultats escomptés au cours de ce travail, les mises en lien théoriques qui ont été faites nous offrent des points qui méritent d’être soulevés.

Une bonne gestion de risque d’investissement en entreprise se réfère avant tout en  fonction des objectifs de l’entreprise, du domaine auquel elle appartient et des valeurs qu’elle défend. Il n’existe pas alors de solution adaptée pour toutes les entreprises en matière de gestion de risque d’investissement. Mais, il est en effet indispensable de prendre en compte certains aspects des procédés indispensables qui ont été abordés au fur et à mesure de l’évolution de ce travail. Car avec la vision en système qui s’avère être indispensable au fonctionnement d’une organisation, elle nous offre un angle riche de réflexion sur les procédés sur lesquels un entrepreneur pourrait s’appuyer pour effectuer une gestion des risques (Mélèze, 1992).

Dans une technique typiquement managériale, il s’agit avant tout de faire des travaux d’évaluation avant de les hiérarchiser, ce qui induit à effectuer une classification des risques, surtout en termes d’investissement. Les instances responsables et les organes chargés d’effectuer les analyses de risques au sein d’une entreprise devront alors s’appuyer sur une méthode d’évaluation et d’analyse qui leur est propre, et qui peut différer d’une société à une autre. Les points à ne pas écarter sont la nécessité de collecter toutes les informations pertinentes pour pouvoir faire une évaluation de qualité afin de bien déceler tous les types de risques autour d’un projet d’investissement. L’entreprise prend alors en charge de mettre ne place toute une stratégie destinée à limiter les échecs et de protéger les intérêts de l’entreprise. Les procédés se baseront sur les attentes de l’entreprise et les contextes dans lesquels les investissements s’effectuent. Donc à un projet d’investissement une stratégie qui lui est propre afin de viser des retombées sur le long terme et ainsi conditionner l’entreprise à des profits tant économiques que de développement.

Ce travail n’a pas également lésiné des champs qui mériteraient de plus amples approfondissements pour réellement se confronter à une gestion de risque d’investissement. Telle que l’importance du choix d’investissement, qui implique des prises de décision auprès des acteurs compétents ayant déjà toutes les informations nécessaires pour pouvoir investir (Knight, 1921). Les incertitudes qui sont à l’origine des décisions s’accompagneront de divers facteurs aidant à une délibération auprès des instances responsables. Leurs analyses constituent alors une manière de répertorier et de prioriser les risques d’investissement afin de mieux se préparer aux impacts ou à des situations de danger. La nécessité de prendre des mesures pour bien armer la stratégie de l’entreprise à gérer les risques se réfère alors à ces points.

Et dans une démarche destinée à défendre les intérêts, il faut également considérer les profits et les intérêts, comme la rentabilité des investissements afin d’envisager un développement sur le long terme. Car si tout investissement peut signifier un développement sur le long terme, il peut également être synonyme de risque existentiel qui requiert un système de management pointilleux de l’entreprise pour parer tous les scénarii qu’entrainera un choix d’investissement.

BIBLIOGRAPHIE

  • Anne Pezet. La gestion du risque dans la décision d’investissement industriel : de la mesure a l’analyse. Une étude longitudinale et contextuelle. 21_ EME CONGRES DE L’AFC, May 2000, France. pp.CD-Rom, 2000. <halshs-00587499>

 

  • Hervé Dumez. Qu’est-ce que la recherche qualitative?, Le Libellio d’Aegis, 7 (4 – Hiver), pp.47-58, 2011

 

  • Michel Crozier et Erhard Friedberg, L’acteur et le système, Edition du seuil, 1977

 

  • Jean Davallon, Objet concret, Objet scientifique, objet de recherche in Les Sciences de l’Information et de la Communication, Revue Hermès, n°38, 2004

 

  • Jean-Louis Beffa, Gouvernance d’entreprise ou régime de gestion ? Les grandes entreprises de l’Europe continentale au fondement de la citoyenneté industrielle, Revue d’économie politique 2002/4 (Vol. 112), p. 463-469. DOI 10.3917/redp.124.0463

 

 

  • Jacques Mélèze, Approche systémique des organisations – Vers l’entreprise à complexité humaine, Edition d’organisation, 1992

 

  • Marc Moulaire, La cartographie des risques, un outil de management des risques en établissement de santé, RISQUES & QUALITÉ • 2007 – VOLUME IV – N°4, p. 223

 

  • MEDAF : définition, calcul, traduction, juin 2016, http://www.journaldunet.com/business/pratique/dictionnaire-comptable-et-fiscal/15096/medaf-definition-calcul-traduction.html

 

 

  • Jacques Lesourne, Technique économique et gestion industrielle, Dunod, 1959.

 

 

 

  • Louis Ménard et collab. 2004, Dictionnaire de la comptabilité et de la gestion financière, 2eédition, Toronto, Institut canadien des comptables agréés, 1582 p

 

  • Caroline Lambert et Samuel Sponem, Gouvernance d’entreprise et gestion du résultat- Les contrôleurs de gestion ”de l’autre côté du miroir”. Identification et maîtrise des risques : enjeux pour l’audit, la comptabilité et le contrôle de gestion, Mai 2003, France

 

 

 

 

 

 

 

 

 

ANNEXES

Nombre d’enquêtés : 13

Question 1 – Quels sont les types de risque que vous connaissez dans une entreprise

Organisationnel Financier Matériel Physique Autre
10 11 7 8 2

 

Question 2  Connaissez-vous le risque d’investissement ?

OUI NON
11 2

 

Question 3  – D’où le connaissez-vous ?

Information interne Documentation Ancien travail Autres
1 2   8

 

Question 4 – Votre entreprise possède- elle une politique de management concernant le risque d’investissement ?

OUI NON Peut-être
3 1 9

 

Question 5 –  Selon vous à quel niveau de l’entreprise doivent être traitées les questions de risque d’investissements ?

Direction Conseil Administration Comité de gestion de risque Autres
10   8 1
  • Service financier ( assistante d’administration – HDA France 2)

Question 6 – Connaissez-vous les impacts des risques d’investissement ?

OUI NON
8 5

Commentaire :

  • Endettement
  • CA en baisse, réduction des effectifs
  • Un mauvais investissement peut mettre en péril l’entreprise
  • Cession d’activité, mauvaise santé financière de l’entreprise
  • Restriction budgétaire
  • Perte gain et des bénéfices
  • Impacts potentiels sur plusieurs fonctions
  • Un retour non conforme à la projection réalisée en amont de l’investissement ?
  • Pas de synergies

Question 7 – Quels sont les critères qui font une bonne gestion dans une entreprise ?

Politique de management Stratégie de communication Chiffre d’affaires Salaire Autres
12 10 4 2 6

Commentaire : -personnel

  • Équilibre sur tous ces points
  • Procédures internes, prévisionnel, approche des risques.

Question 8 – existe t – il un comité intégrant tous les acteurs pour discuter des besoins de l’entreprise

OUI NON
10 3

 

Question 9 – Existe-t-il un système d’information pour les  comptes rendus des actions de l’entreprise ?

OUI NON
11 2

Si OUI

Partenariat Investissement Financement Actionnaire Autres
8 7 4 5 4

 

Question 10 – Le salaire des employés subit-il les conséquences des difficultés de l’entreprise ?

OUI NON
6 7

Expliquez votre réponse :

  • Sur la participation
  • Le salaire ne peut pas être impacté, mais peut conduire à une réduction d’effectif.
  • Ayant un petit fixe et le reste par commission, le salaire ne dépend pas des difficultés, ce serait l’extrémité.
  • Peur du risque => plus d’investissement dans le personnel
  • Pour les embauches et les évolutions
  • Pas dans notre structure où les risques sont maîtrisés : prévention et plan d’urgence face à ce type de situation
  • Les salaires suivent en grande partie des grilles d’évolutions établies par le RH et la direction régionale
  • Cf subprimes, cf loi travail.

 

 

 

 

 

 

Table des matières

 

INTRODUCTION.. 3

Partie I : Cadre contextuel et conceptuel 5

Chapitre 1. Compréhension des notions aux concepts. 5

1.1.    Le risque en entreprise. 7

1.2. Le management d’entreprise. 12

Chapitre 2. L’investissement en entreprise. 17

2.1. Théorie du choix en investissement d’entreprise. 17

2.2. La veille en milieu équilibré. 23

2.3. Vers la construction des hypothèses et compréhension de l’objet de recherche. 27

Partie II : Cadre méthodologique. 30

Chapitre 1. Approche systémique des organisations. 30

1.1.    Entreprise en tant que système en mouvement 31

1.2.    Méthodologie qualitative d’approche terrain. 33

Chapitre 2. Analyse des résultats. 38

2.1.    Les mesures indispensables dans la gestion des risques d’investissement en entreprise  38

2.2.    Responsabilisation des instances décisionnelles d’une entreprise pour les risques d’investissement 44

2.3.    Repenser les enjeux informationnels pour une analyse des risques d’investissement 49

Partie III : Des perspectives de préconisation. 51

  1. Système d’information efficace et nécessité de veille. 52
  2. Responsabilisation des acteurs à tous les niveaux. 53
  3. Vers des risques pour des profits et des bénéfices de développement 54

CONCLUSION.. 57

BIBLIOGRAPHIE.. 59

ANNEXES. 62

 

 

[1] Georges Dionne, Gestion des risques : histoire, définition et critique, 01 fev 2013, Chaire de recherche du Canada dans la gestion de risque, http://chairegestiondesrisques.hec.ca/wp-content/uploads/pdf/cahiers-recherche/13-01.pdf

[2] LOI n° 2003-706 du 1er août 2003 portant sur la sécurité financière, https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000428977&categorieLien=id ,

[3] Anne-Claude Gourvernec, in Maîtrise des risques – Penser la mise en œuvre du contrôle interne, http://www.bivi.maitrise-risques.afnor.org/layout/set/popin/layout/set/print/ofm/maitrise-des-risques/iii/iii-20/iii-20-16/1/(print)

[4] Frank. H. Knight, Risque, incertitude et profit, Boston, 1921, http://www.econlib.org/library/Knight/knRUP.html

[5] CLUSIF, Gestion de risque – concept et méthodes, Révision 1 du 28 janvier 2009, Paris, https://www.clusif.asso.fr/fr/production/ouvrages/pdf/CLUSIF-Gestion-des-risques-2008.pdf,

[6] Ibidem

[7] Ibidem

[8] Ibidem

[9] Management et performance in Economie –Droit – Management,  http://www.surfeco21.com/?p=1468

[10] Management et performance in Economie – Droit – Management,  http://www.surfeco21.com/?p=1468

[11] Idem

[12] MÉNARD, Louis et collab. 2004, Dictionnaire de la comptabilité et de la gestion financière, 2e édition, Toronto, Institut canadien des comptables agréés, 1582 p

[13] Caroline Lambert, Samuel Sponem. GOUVERNANCE D’ENTREPRISE ET GESTION DU RESULTAT Les contrôleurs de gestion ”de l’autre côté du miroir”. Identification et maîtrise des risques : enjeux pour l’audit, la comptabilité et le contrôle de gestion, Mai 2003, France

[14] Amel Hachicha, Choix d’investissement et de financement, in Syllabus du cours de choix de financement et d’investissement, Ecole Nationale d’Administration Tunisie, Septembre 2013, http://www.ena.nat.tn/fileadmin/user_upload/doc/Cours_en_ligne/Doc_Choix_investissement.pdf

[15] Dictionnaire de l’E-marketing, Définition de la rentabilité, http://www.e-marketing.fr/Definitions-Glossaire/Rentabilite-242939.htm

[16] Jacques Lesourne, Technique économique et gestion industrielle, Dunod, 1959.

[17] MEDAF : définition, calcul, traduction, juin 2016, http://www.journaldunet.com/business/pratique/dictionnaire-comptable-et-fiscal/15096/medaf-definition-calcul-traduction.html

[18] Ibidem

[19] COSO, Le management des risques de l entreprise – Cadre de Référence, www.coso.org/documents/coso_erm_executivesummary_french.pdf

[20] Marc Moulaire, La cartographie des risques, un outil de management des risques en établissement de santé, RISQUES & QUALITÉ • 2007 – VOLUME IV – N°4, p. 223

[21] Olivier Mevel et Philippe Abgrall, Management de l’information dans l’organisation : une approche nouvelle de la veille informationnelle fondée sur le captage et le traitement des signaux faibles, Revue internationale d’intelligence économique 2009/1 (Vol 1), p. 123-137.

[22] Charreaux Gérard. Conseil d’administration et pouvoirs dans l’entreprise. In: Revue d’économie financière, n°31, 1994. Corporate governance : Le gouvernement d’entreprise. pp. 49-79. doi : 10.3406/ecofi.1994.2103 http://www.persee.fr/doc/ecofi_0987-3368_1994_num_31_4_2103

[23] Jacques Mélèze, Approche systémique des organisations – Vers l’entreprise à complexité humaine, Edition d’organisation, 1992

[24] Jean-Louis Beffa, Gouvernance d’entreprise ou régime de gestion ? Les grandes entreprises de l’Europe continentale au fondement de la citoyenneté industrielle, Revue d’économie politique 2002/4 (Vol. 112), p. 463-469. DOI 10.3917/redp.124.0463

[25] Jean Davallon, Objet concret, Objet scientifique, objet de recherche in Les Sciences de l’Information et de la Communication, Revue Hermès, n°38, 2004

[26] Michel Crozier et Erhard Friedberg, L’acteur et le système,  Edition du seuil, 1977

[27] Hervé Dumez. Qu’est-ce que la recherche qualitative?. Le Libellio d’Aegis, 2011, 7 (4 – Hiver), pp.47-58.

Nombre de pages du document intégral:65

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