Le Design Mobilier Arabe : Histoire, Caractéristiques et Enjeux dans la Scène Internationale
Introduction
Le design arabe, inspiré de l’art arabo-islamique a connu un grand engouement, auprès des orientalistes occidentaux qui collectionnaient ces objets. Ils les considéraient comme originaux et surtout exotiques. De nos jours, le design, concerne non seulement l’art, mais aussi le monde professionnel et industriel. Soumis aux conditions de la loi du marché et de l’économie, les designers sont dans l’obligation de renouveler d’originalité pour se démarquer de leurs concurrents. Le design mobilier, ainsi que le milieu de l’mobilier, connaissent un certain essor sur le plan économique. Et le monde arabe n’est pas en reste dans la production de meubles design.
Plusieurs questions se posent, comme l’influence de ces designers et la manière dont-ils sont perçus à travers le monde, comment le monde arabe est représenté par ces artistes dans leurs œuvres, qu’est ce que le design d’influence arabe … ? Tous ces questionnements nous ont amené à nous poser la problématique suivante : Au final, comment pérenniser le design mobilier arabe sur la scène internationale ?
Cette étude a donc pour principal but de comprendre le métier de designer-mobilier, mais a aussi pour ambition de définir ce qui pourrait caractériser le design arabe. Nous essayerons également de comprendre de quelle manière le design-mobilier arabe pourrait se renouveler, et s’imposer comme un design de référence dans cette mondialisation où toute culture est assimilée à une autre.
Afin de répondre à cette question, nous découperons notre analyse selon le plan suivant. Premièrement, nous essayerons de définir le métier de designer et ce qu’est le design. Ensuite, nous tenterons de retracer l’histoire et les caractéristiques de l’art islamique sur lequel est basé le design de même origine. Et enfin, nous essayerons d’étudier les relations qu’a entretenues l’art islamique, avec l’art occidental qui est en quelque sorte une référence dans le milieu du design, afin de déterminer un moyen de pérenniser l’art et le design arabe.
Nous souhaitons néanmoins préciser que malgré la rigueur scientifique que nous avons voulu mettre dans cette étude, celle-ci n’est pas parfaite. Malgré que nous ne voulions pas prendre parti par rapport aux différents styles et tendances de l’art, il se pourrait que malgré tout, le lecteur ressente cette faiblesse. De plus, malgré la documentation abondante que nous avons utilisée, il se pourrait que certains chercheurs trouvent que certains d’entre eux n’aient pas valeur scientifique malgré le fait que nous ayons vérifié nos sources.
Chapitre I : Généralités sur le monde du design et sur le designer
Le design ou encore l’art appliqué est une discipline combinant à la fois, la nécessité et l’esthétique. Il est assuré par un designer, un plasticien qui est un ingénieur. Le design intègre le monde moderne pour mettre à jour l’esthétique des objets que l’on découvre dans notre quotidien. Il s’évolue avec le progrès technique pour ne pas mettre de côté l’esthétique des objets divers. Il est devenu une activité contextuelle qui interroge le réel tout en tenant compte des modes d’appréhension, des usages, des pratiques, des besoins et des services en relation avec le réel. Cette activité de création se situe essentiellement au carrefour de l’art, de la technique et de la société. Il s’intègre généralement dans les services ou des produits physiques ou virtuels. Le design travaille l’utilité à travers la forme pour afficher le côté esthétique et la création artistique.
Mais ce, à quoi nous allons nous intéresser dans cette étude concerne particulièrement le design de mobilier. Ainsi, nous verrons d’abord dans cette partie quelques généralités concernant le design de mobilier et ensuite nous présenterons le métier de designer.
- Le design
- Le design mobilier
Le design est une activité de création cherchant à présenter les multiples figures de la qualité des objets ou des services. Le design tient une fonction variable dans son monde. Il défend l’environnement ainsi que la pérennité de celui-ci. Sur le plan social, le design assure des avantages à la communauté et la société. Au niveau culturel, il promut la diversité culturelle par rapport à la mondialisation. Le design peut être considéré comme un phénomène social qui prend de l’ampleur en plus d’être une activité professionnelle dans la société de consommation dans laquelle nous vivons actuellement[1]. Mais qu’en est-il réellement du design mobilier ?
- Définition
Le design, peut généralement être défini comme une « discipline visant à une harmonisation de l’environnement humain, depuis la conception des objets usuels jusqu’à l’urbanisme » mais aussi un « ensemble d’objets créés selon l’optique de cette discipline »[2]. Cette vision quelque peu simpliste de toute la notion que renferme le design ne permet pas d’appréhender ce terme dans toute sa signification. En effet, cet anglicisme est sujet à une ambigüité dans la mesure où il peut désigner[3] :
- Le plan ou le dessin produit pour montrer la vision et la fonction ou le fonctionnement d’un bâtiment, d’un habit, d’un meuble ou de tout objet en cours de création,
- L’art de concevoir et de produire du plan ou des dessins
- Un agencement de lignes ou de figures créés pour former un schéma ou une décoration
- Une intention, un projet, une intention qui existe ou qui va exister grâce à une action, un fait ou un objet matériel
Dans sa signification anglaise le terme design est aussi un verbe, ce qui peut former le concept « Design is to design the design of a design »[4], ce qui regroupe l’ensemble des définitions que nous avons cité. Le premier terme « design » étant un concept général, le second étant une activité, le troisième un plan ou un projet et le quatrième étant un produit fini. Au final autant de définitions ne permettent de comprendre le design que dans son contexte, et dans cette étude, nous nous intéressons au style donné à un objet pour en faire son originalité.
Le terme mobilier quant à lui désigne en général tout ce qui englobe les objets pouvant être considérés comme un meuble. Le meuble est[5] :
- Un objet mobile qui concourt à l’aménagement ou à la décoration des locaux d’habitation (lit, chaise, table, armoire, et)
- Objet, en général de caractère utilitaire, destiné à l’aménagement de locaux spéciaux ou à des activités précises
- Figure héraldique qui occupe une place variable dans l’écu (à la différence des pièces géométriques et partitions, dont la place est fixe).
- Histoire
Les meubles, au temps dans les anciens temps étaient connus surtout pour leur utilité sans pour autant que leurs utilisateurs ne se soucient du style. Ainsi, des pierres, des troncs d’arbre ou n’importe quel objet pouvant servir de support étaient utilisé comme tables, chaises, lits. L’homme ne se suffisait que de ce que lui donnait la nature dans son état brut sans vraiment chercher à améliorer son apparence, du moins, sauf pour le confort.
La notion de design à proprement parler, ne date que depuis 1840 et est liée à « l’abolition de l’esclavage dans la société américaine et la nécessité de palier les conséquences néfastes de l’industrialisation sur les populations. »[6]. Le design de mobilier a pourtant été présent durant une longue période de l’histoire de l’humanité, du moins depuis le temps où l’être humain avait un habitat et s’intéressait au style à donner à celui-ci, pour se différencier des autres. Le design de mobilier ne fut pas toujours connu sous ce nom mais se rapportait plutôt au travail de menuiserie.
En effet, le design de mobilier se rapporte plus et se confond au style appliqué à un meuble de manière à lui donner de l’originalité et de l’esthétisme tout gardant sa fonction d’utilité. Mais durant une certaine époque, ce genre de meubles était plus destiné aux hautes personnalités qu’aux gens du peuple. Voilà pourquoi les styles appliqués aux meubles ne sont vus que dans les églises mais aussi dans les maisons royales. Les styles de ces objets changent d’une époque, d’un roi à un autre de telle façon que chaque style est devenu représentatif d’une époque.
Depuis l’antiquité, le design a donc toujours existé. Il était surtout caractérisé par des dessins présentant des techniques plutôt spéciales. Mais le 20ème siècle a présenté une forte évolution du design que ce soit sur la vision d’auteur ou la vision industrielle. Jusqu’en 1914, le design n’était pas encore très collectif, les réalisations étaient uniquement exceptionnelles. Les dimensions les plus privilégiées à cette époque étaient l’originalité et la créativité. De nombreux artistes ont ainsi essayé de se démarquer en défendant leur propre style. Tel est le cas de John Ruskin et William Morris.
Voilà pourquoi il existe, dans l’histoire des styles de meubles français par exemple nous avons des meubles qui valent des fortunes car datent de depuis le Moyen-âge. Ainsi, dans le design de meuble français nous avons des meubles datant de la période allant de l’année 1000 à 1500 appartenant aux règnes des Capétiens et des Valois faits de bois locaux, et de fer forgés. Viennent ensuite ceux datant de 1500 à 1590, faits de bois, sous le règne des Valois et des Bourbons. Et enfin, les meubles datant des « Louis » et de Philippe d’Orléans faits également de bois, mais aussi de tissus, de métal et parfois même de pierres précieuses.
Le design collectif se concrétise par un rétro vers le Moyen âge tout en se fondant sur la nature. Le rassemblement des artistes a conduit à de nouvelles inspirations et de nouveaux styles. Les édifices qualifiés de design apparaissent également à l’époque du 20ème siècle. L’exemple le plus marquant est le palais Stoclet réalisé par Josef Hoffmann.
La vision de design industriel démarre en Allemagne et l’architecte Peter Behrens s’engage dans une entreprise d’électricité pour afficher un nouveau concept de design. Le métier de designer était donc devenu une profession libérale.
La période d’après guerre cherchait toujours à mettre en valeur le concept de design. En effet, Penny Sparke avance le néomodernisme qui est l’exploitation de formes fluides, rondes, souples et organiques par les designers d’Europe et d’Amérique[7]. Le design mobilier apparaît également à partir de divers matériaux comme le bois, le tube d’acier et les plastiques. Le modernisme se dévoilait dans nombreux pays. Tel est par exemple le cas des « Fifties américain » avec la forme organique et sympathique aux machines à écrire.
L’esthétisme appliqué aux meubles n’est donc pas une préoccupation datant de notre époque uniquement mais a été présente depuis des années.
- Principe
Le design de meuble, comme tout type de design, et de construction se base tout d’abord sur l’inspiration. En effet, le design, dans sa définition se rapportant plus à l’art et à l’originalité d’un objet nécessite d’avoir un sens artistique afin de créer, inventer de nouvelles ou forme ou d’innover les anciennes de manière à ce que ceux-ci correspondent à la vision voulue par son créateur ou par les individus qui ont demandé un meuble spécifique. Ici joue donc le sens artistique, afin de donner forme, esthétique tout en gardant son utilité à un objet.
En général, le design d’u meuble par d’un croquis à main levée, ou par l’utilisation d’un logiciel de dessin. Evidemment, le dessin à main levée nécessite d’avoir une habileté à représenter l’objet sous différents angles de vue afin d’en avoir un aperçu en trois dimensions. D’un autre côté avec l’utilisation d’un ordinateur, il est plus facile de matérialiser en trois dimensions via un logiciel le croquis et même ce qu’est censé être le produit fini tout en gardant la possibilité de le modifier très simplement sans avoir à tout recommencer par exemple. Evidemment, c’est à travers ce croquis que seront définies les dimensions du produit fini selon l’échelle choisie.
Vient ensuite l’étape où l’on détermine les matériaux qui seront utilisés pour ce meuble. En général, le choix du matériel, selon le design choisi, dépend de sa malléabilité, la facilité à lui donner la forme voulue et de la modifier après, l’usage de ce meuble (ainsi un meuble utilisé en extérieur sera traité contre les aléas des diverses intempéries alors que les meubles d’intérieur non), mais aussi selon le goût et l’inspiration du designer et des individus qui risquent de se procurer ce meuble.
Selon les méthodes utilisées, viendra la mise en forme des différentes parties par la pratique d’un débit, ou si c’est un meuble sculpté, la mise en forme brute de l’objet en question. Avec la technologie actuelle, il possible de réaliser des sculptures précises et des motifs compliqués grâce à l’aide d’un laser qui va donner forme à l’objet et/ graver les motifs qui constituerons son style ; De plus, avec l’arrivée de l’impriment en trois dimensions, il sera désormais possible de réaliser ces meubles encore plus facilement.
Vient ensuite, selon le cas, l’étape de dégauchissage des différentes parties qui constituent le meuble et leur rabotage(en particulier si c’est du bois). Dans le reste des cas, le designer pourra directement aller au gavage des motifs et à la finition.
Viennent enfin l’assemblage des divers éléments et la finition du style si tel est le cas, et la production en masse dans le domaine industriel.
Au final, le design est un travail laborieux qui tend à être facilité par la venue de nouveaux matériaux et de nouveaux moyens mis à sa disposition. D’une certaine manière le travail à la main est plus valorisant que le travail quasi-industriel qu’offrent la nouvelle technologie car la passion réalisée dans l’œuvre ne peut être retranscrite par une machine qui ne fait que suivre un croquis sans mettre de l’émotion dans son travail. Cela nous amène à nous poser ce qu’est en réalité un designer ? C’est ce que nous allons essayer d’expliquer dans la prochaine partie.
- Le designer
Le design est, comme nous l’avons dit, considéré comme un art, une conception d’un objet avec un style particulier qui permet de le distinguer des autres. Généralement il est le représentant du style d’une époque particulière. Néanmoins, avec l’abondance de style et de création qui existe dans le monde moderne et où l’art est valorisé professionnellement, que peut-on dire du métier designer ? Nous tenterons d’expliquer cela à travers la définition du métier de designer, des enjeux, et des difficultés qui y sont liés.
- Le métier de designer mobilier
Un designer mobilier peut être tout simplement défini comme un professionnel qui crée des meubles tout autant utiles que beaux. Le métier de designer incombe plusieurs exigences. « Le designer mobilier conçoit des objets qui allient esthétique et fonctionnalité. Il crée d’abord le modèle puis le prototype qui sera ensuite proposé aux fabricants Spécialiste des matériaux et de leurs propriétés. Il doit s’assurer que ses créations sont techniquement réalisables. »[8].
De plus, le designer devra montrer plusieurs capacités artistiques pour pouvoir non seulement exprimer ses émotions et ses envies tout en respectant les exigences techniques et en attirant les futurs acheteurs. Ainsi, « Il devra faire montre d’originalité, de créativité audacieuse et d’un sens de l’innovation pour avoir quelque chance d’être repéré dans le monde du design. Les formations se font sur trois ou quatre ans dans les écoles spécialisées en design ou en architecture d’intérieur »[9].
- Les enjeux
Le métier de designer mobilier prend en compte différents aspects de la création de meubles. Le marché du design-mobilier croit en même temps que le marché de l’ameublement. En effet, rien qu’en France, il existe près de 871 sites de production dans le domaine de l’ameublement en 2007[10].
Ce chiffre est dû au fait que le design vise deux marchés. D’un côté, le design d’auteur met en valeur un travail à taille humaine. Cela implique donc le recrutement des simples artisans ou des techniciens qualifiés et compétents. Leur savoir-faire est très important dans le domaine du design. Ces artisans présentent par la suite des pièces en petites séries et dont les dépenses sont assez pesantes. L’artisan est donc un élément à ne pas négliger dans la réalisation du travail. Ici, l’artisan, le produit et le design sont interdépendants.
D’un autre concerne le design industriel. C’est plutôt un travail collectif dans une entreprise qui considère cette vision de design. Le design se trouve donc dans une procédure de conception. À la différence du design auteur, le coût de production du design industriel est minime, car les produits sont en grande série. Les employés réalisant le travail peuvent être remplacés sans pour autant toucher à la qualité du design. Les produits sont donc indépendants du travailleur. Dans ce cas, il n’y aura aucun impact au niveau du produit même si l’employé est remplacé. Aussi, la compétence ne joue pas son rôle, un simple employé peut-être en mesure d’être recruté pour la production.
De plus, le métier de designer mobilier est intéressant dans la mesure où le marché est porteur et concurrentiel. Comme nous pouvons le voir tous les jours plusieurs magazines spécialisés apparaissent dans ce domaine, et favorisent également l’engouement de clients potentiels pour le design, l’habitat et l’ameublement. En effet, « depuis 2003, la consommation de meubles des ménages augmente en moyenne de 2,8% par an avec un pic à 7% en 2007 »[11] rien qu’en France.
Comme le souligne Gérard Laizé[12] concernant l’enjeu du design et du métier durant une interview : « Il (l’enjeu du design pour l’industrie du meuble) est vital. L’époque où la copie d’ancien dominait le marché sera bientôt révolue. […] Aujourd’hui, c’est moins souvent l’objet meuble qui l’intéresse que la notion d’habitat, d’aménagement intérieur et de décoration. Il attend une offre globale, une proposition d’univers en phase avec son propre imaginaire. C’est aux designers de transformer en créations ses goûts, ses désirs. Leur sensibilité aux tendances doit leur permettre d’épouser les évolutions de la société. »[13]
- Les matériaux
Divers matériaux sont utilisés par les designers pour mettre en forme leurs créations. Bien sûr, nous ne parlerons pas ici des matériaux utilisés en amont pour la mise en croquis du projet (planche à dessin, crayons, tablette de dessin…) mais plutôt des matériaux utilisés entant que matière première pour constituer l’objet final, le meuble.
Comme nous avons pu le voir dans la brève rétrospective de la création des meubles de style en France et des meubles anciens, les matériaux utilisés vont du bois au fer, en passant parfois par l’utilisation des pierres d’ornement et des pierres précieuses. Mais ce type de matériel, en particulier ceux les plus chers se font rares et sont quasi-inexistants dans le design moderne.
Le design moderne, du moins, le domaine de la conception de meubles, dès l’entrée au XIXe siècle, s’est tourné vers l’utilisation de l’acier, du fer et de l’aluminium, ces matériaux étant plutôt faciles à mettre en forme. Même si le bois et ses dérivés sont toujours d’actualité dans la conception de meubles, grâce à l’évolution technologique, il est de plus en plus fréquent pour les designers d’utiliser du verre, du plastique, du cuir… L’industrialisation de ce domaine et son expansion à travers le monde pousse les designers et les différents chercheurs à innover de manière à avoir un avantage par rapport à leurs concurrents. Avec les nouvelles normes en vigueur, en particulier dans le domaine de l’environnement et de l’économie d’énergie, sans parler des besoins de confort grandissants des clients, la recherche et l’innovation est de mise pour satisfaire les diverses exigences.
De nos jours, plusieurs nouveaux matériaux sont souvent utilisés dans le monde du design mobilier. La science étant en constante évolution et donnant de nouvelles possibilités de création, le design suit le même mouvement et emprunte à la science ses nouvelles trouvailles techniques. Ainsi, nous pouvons voir par exemple, la technique de thermochromatique, qui permet au meuble de change de couleur selon la chaleur ambiante ou celle de l’individu qui l’utilise. Il y a donc ici une interaction entre l’utilisateur et l’objet. De même, la fibre optique se retrouve désomais dans plusieurs secteeurs de la décoration et même dans le design mobilier. Les meubles deviennent donc lumineux grâce à ces objets. De même, nous pouvons également retrouver sur ces mobiliers l’utilisation de LED qui offrents également un rendu intéressant en illuminant l’ensemble offrant un design agréable. N’oublions pas aussi, l’utilisation de l’air pour les meubles. Ces derniers sont donc en quelque sorte gonglés à l’air, offrant un confort optimisé qui s’adapte facilement tout comme les meubles faits en gel. Le plastique est également de la partie. Evidemment, la réutilisation de matériaux qui n’appartenaient pas au domaine de l’habitation et du mobilier est également devenu très courant. Nous pouvons voir l’utilisation de matériaux composites comme le polyméthacrylate de méthyle (PMA) autrefois utilisé comme hublot d’avion, résistant aux ultraviolets et dont la transparence est inégalable, surtout dans la construction de meubles ou d’utilitaires normalement faits de verre. De même, le technogel qui était autrefois utilisé dans le domaine de la technologie médicale, sa capacité à absober les chocs et à résister aux chocs ont fait de lui le candidat idéal pour le design entant que sièges.
Parmi les matériaux tendances dans le design mobilier, se trouvent les objets recyclés qui redonnent non seulement vie à des objets jetés mais permettent aussi de protéger l’environnement contre l’abondance de déchets. L’un des matériaux de design utilisé en intérieur et fait d’objets recyclé est la dalle textile ne contenant ni bitume ni pvc et renforcé par des fibres de verre.
Dans les types de revêtement, toujours dans le domaine écologique qui connait du succès en ce moment, existe le Green Blade, qui est entièrement fait main et réalisé à partir de fibres de bananier. Il est ecologique dans la mesure où le bananier est facilement renouvelable. Néanmoins, le problème est qu’il a encore très peu de coloris disponibles (4 coloris en ce moment).
De nouveaux types d’isolants sont aussi utilisés depuis l’année 2012. Parmi eux, l’Aerowool, dont l’ensemble est fait avec de la laine de roche et de l’aérogel fait avec du silice. L’aérogel a même été utilisé par la NASA pour empêcher leurs robots d’atteindre des températures élevées lors de leurs repérages sur la planète mars. De même, ce matériel est utilisé pour les combinaisons spatiales.
Le liège qui est un matériel naturel (et découvert depuis des années) devient également très utilisé dans le design. Cela est dû à ses différentes qualités comme la conservation de la chaleur, l’absoption de l’humidité, l’isolation aux bruits et la résistance aux insectes et champignons.
Le bambou connait galement du succès auprès des designers car son essence peut servir de revêtement, se produit facilement et est moins sensible aux écarts de températures. Ainsi, il se trouve être une excellente alternative au chêne qui est bien plus difficile à faire pousser et est même bien plus solide, avec moins de porosité par rapport à ce grand arbre.
De même, l’ardois gagne du terrain dans le design intérieur surtout dans les cuisines comme plan de travail par exemple. Aussi isolan, poreux et étanche que le marbre par exemple, l’ardoise qui autrefois était utilisé surtout pour la toiture s’invite même entant que sol car s’avère être une matériel résistant bien aux usures du temps.
Plusieurs nouvelles utilisations sont ouvertes à ces matériaux qui offrent une certaine originalité au décor d’intérieur et aux fonctions des meubles.
- Les difficultés
Comme nous l’avons déjà souligné, le métier de designer mobilier prend en compte plusieurs aspects de la création et se rapproche de l’art, tout en s’associant à l’ingénierie. Nous voyons déjà ici les difficultés que rencontrent les designers tant donné qu’ils doivent faire projets réalisables et respectant des normes tout en y donnant du style. Et pas n’importe quel style mais un style qui correspond aux besoins des individus qui demandent à ses services.
Mis à part ces exigences, le marché du design est en plein essor et la concurrence se fait rude. En effet, faire du design, un métier libéral sans s’allier à une industrie de production nécessite en plus que le designer prenne la casquette d’entrepreneur à part entière. Dans ce cas, le designer doit faire face à plusieurs difficultés en particulier quand c’est une personne privée qui demande ses services, étant donné qu’il aura à produire lui-même ses œuvres.
Dans le cas où, et c’est plus probable de nos jours, le designer s’associe à une entreprise de design, il est plus simple pour le designer de se consacrer uniquement à la création à proprement parler, du projet, la conception des formes, des motifs à apposer au meuble… Mais même s’il y a cette possibilité de facilité, il s’avère que comme nous l’avons déjà précisé, ce marché est en pleine expansion. Si bien que le designer doit redoubler de créativité pour que produit et son style soit reconnu et soit compétitif. Ainsi, le designer est dans l’obligation d’avoir beaucoup d’inspirations, anticiper les envies et les tendances, et réussir à les matérialiser dans ses projets.
Chapitre II : Le développement du design sur le plan international et dans les pays arabes
Maintenant que nous avons une meilleure idée de ce en quoi consiste le design, il serait intéressant de nous consacrer à l’étude de l’évolution du design à travers le monde et dans les pays arabes. Nous analyserons dans cette partie l’évolution du style historiquement, dans la mesure où nous allons ultérieurement étudier comment il risque d’évoluer, en parlant surtout du style d’influence arabe.
Nous essayerons donc dans cette partie, de réaliser une petite étude rétrospective de l’évolution du style utilisé dans le design international en particulier à partir des années 1700. Ainsi, nous verrons les différentes tendances artistiques dans lequel le design a évolué en commençant par l’art nouveau et l’art déco. Ensuite nous étudierons l’émergence du modernisme et du design d’après guerre. En fin, nous commencerons à aborder quelques généralités concernant l’évolution du design dans le monde arabe.
- L’art nouveau et l’art déco
- L’art nouveau
- Ses origines
Vers la fin du XVIIIe siècle l’art restait encore dans un statut-quo, sans aucune évolution, dans un classicisme qui dominait tout ce domaine avec ses règles et ses codes. Cet art classique qui date du XVIIe siècle se refusait à toute évolution, à toute audace. En effet, ses valeurs, critères et son esthétique, qui furent incomparable de par sa recherche de la perfection étouffait au final l’inventivité des artistes. Si bien qu’à partir du XIXe siècle l’Europe a essayé de rechercher un renouveau artistique, dans la peur de finir par être figé dans l’imitation de ce qui est déjà existant.
Parmi certains théoriciens de l’art, nous pouvons retrouver Claude Nicolas Ledoux[14], qui a essayé d’analyser les possibilités et s’est posé des questions sur une autre conception de l’art, un art qui ne se limiterait pas à imiter, à reproduire à la perfection ce qui est réel. Ainsi, il a semé les graines d’une nouvelle conception de l’art qui se base sur la création, l’imagination, l’invention de nouvelles formes, une évasion qui se tourne par exemple vers une tendance historiciste[15].
L’art nouveau peut donc être considéré comme une tentative de rupture avec les règles du classicisme, avec l’imitation des styles antérieurs, l’éclectisme. Parmi les principaux précurseurs de cet art, nous pouvons citer Constant Roux[16] qui s’est démarqué en France par son travail de création sur des lustres en forme de méduse qu’il a créés pour le musée océanographique de Monaco.
Parmi les grands noms de l’art gothique en France, Eugène Viollet-le-Duc[17] inspira de nombreux artistes et architectes de l’art nouveau surtout dans la mesure où il ne rejette pas les matériaux modernes de l’industrialisation et revisite les anciens styles du Moyen-âge avec en donnant à cette matière un atout ornemental.
Du côté de la Grande-Bretagne, Augustus Pugin[18] fut parmi les premiers à s’être aventuré dans la recherche d’un nouveau moyen d’expression à travers l’art en innovant le style gothique et en jonglant avec de nouvelles formes et des couleurs plus osées. L’avènement de l’art nouveau a été réalisé en Grande-Bretagne grâce à création de diverses mouvances comme l’Arts & Crafts et l’influence de divers penseurs come William Morris ou John Ruskin. Ces diverses manifestions d’un besoin de renouveau a permis de créer un nouveau concept de l’art décoratif qui veut lutter contre les dérives provoquées par l’industrialisation comme la perte du génie créatif. Ainsi l’art nouveau souhaite revenir à un état d’esprit proche de celui du Moyen-âge ou de la Renaissance dans la prise en compte d’un chemin où les motifs sont plus naturels et où les formes ne tendent pas à une perfection mais à une épuration[19].
L’expression art nouveau a été utilisée pour la première fois dans la revue belge L’art Moderne, par Edmond Picard en 1894 pour décrire une œuvre d’Henry van de Velde[20]. L’art nouveau a été intronisée à Paris avec l’enseigne de la galerie du même nom de Seggried Bing[21] où divers artistes de cette nouvelle tendance ont été exposés.
- Sa manifestation
L’art nouveau se distingue par la diversité et non l’uniformité tout en gardant une certaine homogénéité dans sa manière de s’exprimer. Ainsi, plutôt que de se borner à un style où à des règles qui limitent la créativité, les différents artistes de cette tendance vont essayer de rechercher de nouvelles manières et méthodes de s’exprimer à travers leurs créations.
L’art nouveau a été véhiculé par de jeunes artistes qui, après un parcours des plus classiques recherchent la nouveauté. Ceux-ci souhaitent s’exprimer d’une manière qui sort des sentiers battus et de trouver une alternative à l’historicisme officiel qui les a étouffés durant leurs débuts de parcours. D’où l’utilisation du terme « explosion de jeunesse » pour qualifier l’engouement de ces jeunes artistes pour cette nouvelle tendance[22]. L’art nouveau essaye donc de ne plus suivre les codes établis par l’histoire de l’art et son style vient en contradiction avec les conventions de cette période. De plus, l’image de la femme, de la sexualité et de la sensualité est très utilisée dans cet art, voir surexploité tant elle est manifeste au point que cela ait finit par heurter les plus traditionnalistes de cette époque. Mais cette tendance peut s’expliquer par le désir de vie, de mouvement et d’action que les artistes essaient d’exprimer à travers les ornements du quotidien.
L’un des principaux objectifs de l’art nouveau était de trouver un moyen d’harmoniser l’art et la vie qui considère qu’il est nécessaire que l’homme du XXe siècle ait un cadre de vie qui convienne à ses envies et à ses exigences. De même l’art nouveau, comme nous l’avons dit précédemment essayait de faire face à une industrialisation qui assèchait le génie créatif qui sommeille en chaque artiste en prenant pour inspiration la nature. La nature qui est à l’extrême opposé de la froideur, de la systématisation et de la rationalité exacerbée et du puritanisme qui définissaient les débuts de l’ère industrielle.
Malgré le fait que l’art nouveau prenne donc comme base d’étude la nature, il s’avère que les styles d’expression et de reconstitution de la nature aient été très variés d’un créateur à un autre. Tandis que d’autres la reproduisent sans chercher à y mettre un petit plus, certains essayent d’en faire ressortir des formes qu’ils inventent, se rapprochant d’une représentation abstraite de la forme réelle qu’ils ont pris pour modèle[23]. Néanmoins, malgré un niveau d’abstraction assez élevé dont font preuve certains artistes comme August Endell[24], la plupart de ces derniers vont tenir en compte de la reproductibilité de leurs œuvres à un niveau industriel de par leur intégration à la modernité et non à l’idéologie née de l’industrialisation. Ainsi, ces artistes vont utiliser plusieurs matériaux modernes comme le fer ou le verre et les marier avec des matériaux plus classiques comme le bois, la pierre. La recherche de ce mariage sera très poussée et les œuvres qui en découlèrent étaient plutôt sophistiqués si bien que chaque matériel était utilisé de manière à en tirer le meilleur[25].
Les premiers clients de cet art furent tout d’abord la bourgeoisie industrielle libérale, les politistes progressistes. Mais fort de son succès surtout dans le domaine de l’affiche dans lequel Auguste Endell excellait, cet art perdit de son « chic » et finit par être adopté par la classe moyenne. Les politistes nationalistes achevèrent de faire mourir cet art qui a n’a survécu que dans la classe moyenne.
- Dans le mobilier
L’art nouveau finit donc inévitablement par investir le domaine du design de l’ameublement. Cela redonna un nouveau souffle aux meubles artisanaux, qui se rapprochaient plus de l’art que de la production industrielle comme le souhaite l’idéologie de l’art nouveau. La principale innovation que cet art apporta dans le domaine de l’ameublement fut la recherche d’une homogénéité, d’une harmonie. Néanmoins, il est à noter que malgré la recherche de l’émancipation à l’historicisme formel, l’art nouveau a du prendre le gothique comme modèle, le rococo pour la recherche de l’asymétrie et s’inspirer du baroque pour la forme. C’est grâce à l’influence de l’art coloré du Japon que cette nouvelle tendance a réussi à ne plus se soumettre à une symétrie propre à l’art grec de l’Antiquité[26].
Comme nous l’avons déjà expliqué, le style qui est ressorti des meubles est fortement influencé par les formes prises dans la nature que ce soit sur la structure de l’objet ou sur son ornement. C’est ainsi que les courbes, quelques touches de sensualité, de « mollesse » et les lignes droites ou symétriques sont complètement évitées. Ainsi, l’abstraction et l’utilisation de formes que l’on pourrait appeler de marginales ont été fortement utilisées.
- L’art déco
- Ses origines
L’art déco tout comme l’art nouveau, est un mouvement artistique qui émergea vers le XXe siècle, ayant pris son essor en 1920 et qui finit par s’essouffler en 1930. Il affecta divers secteurs, en passant par l’industrie, l’architecture, la décoration d’intérieur, le cinéma, les arts graphiques… mais aussi plusieurs pays à travers le monde. Son nom fut à l’origine, utilisé pour la première fois pour nommer une exposition parisienne qui eut lieu en 1925, « L’exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes ». C’est de cette exposition qu’est finalement venue l’idée de raccourcir le style à « art déco », qui est une abréviation du mot « art décoratif » et qui n’est apparu que dans les années 1960[27].
L’art déco a été créé vers les années 1910 pour faire face au style trop osé de l’art nouveau. Ceux qui revendiquent d’appartenir au mouvement de l’art déco utilisent des lignes simples, sobres, symétriques qui s’expriment différemment selon le pays où il était utilisé. La volonté de changement, en parallèle à l’essor de l’art nouveau (mais aussi à son encontre), finit par introduire l’art déco dans les nouvelles tendances et même dans les pays où l’art nouveau avait une influence grandissante comme à Bruxelles.
Ainsi, en Autriche par exemple, pour faire opposition aux lignes courbées qui caractérisaient l’art nouveau, certains artistes adoptèrent des lignes aux formes orthogonales, particulièrement à cause de la notoriété de Charles Rennie Mackintosh[28] qui est l’un des initiateurs de ce style. Pourtant il est à préciser que Mackintosh faisait partie de la mouvance Arts and Crafts et le style de ligne qu’il a créé a été fortement utilisé en Autriche pour palier aux lignes ondoyantes originelles de l’art nouveau qui n’étaient pas aux goûts de tout le monde.
En France, les premiers mouvements de « révolte » contre le style de l’art nouveau commencèrent en 1907 quand Eugène Grasset[29] a mis en avant l’utilisation de formes linéaires et géométriques dans son livre de « Méthode de composition ornementale », qui va complètement à l’encontre de la nouvelle vision de l’époque. De même l’exposition d’art « Salon d’Automne » qui s’est déroulée à Paris en 1910 avait eu en ses porte des artistes d’origine munichoise qui avaient tendance à utiliser des formes sobres et symétriques. De même certains artistes français comme André Mare[30] ont décidé de ne pas s’exprimer par la recherche de l’abstraction complexe dans leurs œuvres.
C’est durant les années folles, c’est-à-dire vers les années 1920 que le design art déco prend son essor. En effet, d’un côté l’Allemagne a beaucoup souffert de la première guerre mondiale tandis que la France de son côté voit on économie à la hausse. Ainsi, commence une certaine manifestation d’intérêt pour le luxe et l’art. L’art déco voyait surtout son histoire dans l’architecture occidentale et même dans les pays colonisés d’Afrique du Nord. En Amérique par exemple, plusieurs building, qui furent des signes de l’essor économique du pays ont été inspirés de l’art déco, comme par exemple l’Empire State Building ou le Chrysler Building.
Et pourtant, malgré la rigueur du style qui caractérise l’art déco, deux tendances ont été palpables :
- Une traditionnelle, qui vise surtout la classe aisée allant de 1920 à nos jours
- Une moderne qui essaye de s’immiscer dans la production industrielle et donc dans les classes moins aisées qui date de 1910 et a permis un grand essor artistique.
- Ses manifestations
Comme dit précédemment les manifestations de l’art déco se sont faites pour apposer un autre style plus sobre face à celui de l’art nouveau qui est plus osé. Ainsi, les formes les plus utilisées sont les formes géométriques, allants des lignes en passant par les formes cubiques, parallélépipèdes ou arrondies, voir octogonales. Nous pouvons voir cela dans les différents gratte-ciels des années 20 qui furent construits aux Etats-Unis qui sont marqués par un dépouillement des formes et pourtant se prêtent à une certaine sophistication.
Les moulures sont très rares et l’aspect plutôt sobre utilisé contrastait avec les formes sensuelles de l’art nouveau, inspirées de la nature.
Dans l’architecture, nous pouvons remarquer que l’art déco utilisait surtout le béton comme matière de base afin d’avoir une surface épurée et lisse, qui se veut rectiligne et qui rappellent l’usage de blocs de pierres des civilisations passées.
Dans d’autres domaines, le bois, comme le chêne, l’acajou, le palissandre ou le citronnier étaient appréciés. En effet, les artistes qui appartenaient au design art déco essayaient d’ajouter un certain style par la nuance des couleurs et leurs contrastes à travers les couleurs d’origines des matières utilisées. De même, les tissus d’ameublement étaient également employés ainsi que les décorations murales et les papiers peints, particulièrement pour l’architecture d’intérieur.
- Dans le mobilier
Les mobiliers de l’art déco, sont différents selon le pays d’origine. En effet, pour prendre exemple sur le style du mobilier français, le siège a une certaine inspiration Directoire et même Restauration. Très axé sur le confort, les formes sont profondes et le la matière servant à la structure (généralement du bois) est le plus souvent recouverte de textile ou de cuir. C’est durant cette époque que l’on voit également l’apparition du divan d’angle (cosy-corner) encastré dans des boiseries. Malgré l’aspect classique, l’influence du cubisme simplifiera encore plus leurs formes. De plus leurs décorations et leurs lignes épurées sont souvent adressées à un environnement rappelant le luxe. Les motifs qui y sont gravées sont répétitives et l’ensemble du mobilier est bien harmonisé ; néanmoins la répétition des formes géométriques et l’abondance d’ornement saturent fortement l’environnement où les meubles sont installés.
Ce qui fait les caractéristiques des meubles inspirés du design art déco, c’est que la plupart du temps, ceux-ci sont soutenus par un socle et très peu ont des moulures. Selon le choix des créateurs, il arrive que le bois, comme l’érable soit ait une teinte polychrome et certaines surfaces sont traitées par des dorures et autres ornements comme la laque.
Ainsi il arrive parfois que le mobilier issu du design art déco soit unique en son genre et n’a pas de modèle équivalent, en particulier quand celui-ci est destiné à une clientèle issue de la classe aisée malgré qu’il soit conformiste et que les marges de création sont moins grandes que dans l’art nouveau. Les meubles sont donc réalisés le plus souvent par une ébénisterie si bien que l’art déco est en quelque sorte un savant mélange entre l’artisanat et l’art, plutôt qu’à une production de masse du monde industriel.
- Le modernisme et le design d’après guerre
- Le modernisme
- Origines
Le modernisme tient d’un mouvement artistique général. Il eut quand même une certaine influence dans plusieurs domaines et son idéologie pouvait se voir autant dans l’art que dans la politique, dans la littérature ou la religion. Le modernisme, au départ, dans le domaine de l’art, faisait plus référence à l’art déco de 1925 qui était considéré comme son principal initiateur.
Le modernisme, dans son sens américain représente plutôt une mouvance artistique qui se concentre particulièrement sur un principe de réflexivité. En effet selon le théoricien et non moins critique et polémiste qu’était Clement Greenberg[31], ce concept devait s’orienter vers un renouveau de l’art en général. Comme il l’a dit, « il semble que ce soit une loi du modernisme – une loi qui s’applique quasiment à tout art qui reste vraiment vivant aujourd’hui – que les conventions non essentielles à la viabilité d’un moyen d’expression [medium] soient rejetées aussitôt reconnues »[32]. Et pourtant, ce principe était essentiellement centré sur l’art pictural, qui n’avait plus vraiment besoin de la littérature pour s’exprimer, mais qui se séparait d’elle pour s’inspirer uniquement du domaine du visible et de lui-même.
Le modernisme n’était pas concrètement un programme qu’il fallait appliquer sur la base des théories de Greenberg, mais une nécessité, ou plutôt une tendance pour redonner un nouveau souffle au domaine artistique. En effet comme l’a dit Grennberg « Je répète que l’art moderniste ne présente pas de démonstrations théoriques. Il faudrait dire plutôt qu’il convertit toutes les possibilités théoriques en possibilités empiriques. »[33]. Il est vrai que la conception de modernisme n’est pas à proprement parler perçu comme un mouvement in vivo mais plutôt comme une construction rétroactive issue de l’analyse des théoriciens de l’art. Cependant il est et peut être considéré comme un mouvement qui se fonde principalement sur l’exploration des virtualités du médium. Pour résumer, le modernisme est une vision plutôt formaliste de la notion d’art et il ne prend en compte que les créations et lui permettent d’élaborer une suite téléologique qui ne prend plus en compte les recherches abstraites d’hybridations qui se trouvent aller à l’encontre de l’épuration qu’il veut imposer.
Ainsi le modernisme se voit être l’aboutissement d’une recherche de modernité due à diverses révolutions sociales et politiques. Sans compter que ce mouvement peut être considéré comme stimulé par le développement technologique et technique que l’industrialisation a permis de contrôler. De même, l’utilisation de matériaux modernes à outrance comme le béton, l’acier et le verre fut le point de départ d’un tel mouvement. Sur un plan purement architectural, nous pouvons citer par exemple le Cristal Palace de Joseph Paxton[34] qui a été présenté lors de l’Exposition universelle de 1851. Le modernisme veut donc s’imposer face à l’art nouveau et l’art déco par un design plus dépouillé et plus sobre, sans divers ornements ni superflu qui se rapprochent du domaine de l’éclectisme.
- Ses manifestations
Le modernisme est plus un mouvement d’ensemble, un mouvement fondamental qui inclut plusieurs courants. Ainsi, nous pouvons voir principalement et distinctement :
- Le Bauhaus : qui fut un mouvement mais aussi une école avant-gardiste qui a posé les bases du style international et sous la direction Walter Gropius[35], créé en 1901 à Weimar.
- Le futurisme qui est un des dérivés du cubisme et qui essaye de décomposer de manière picturale un mouvement, créé en 1909 suite à l’édition du Manifeste du futurisme par Filippo Marinetti en Italie[36]
- Le rationalisme qui est plus un mouvement philosophique qui veut rapprocher l’architecture de la science et harmoniser la solidité d’un bâtiment, son utilité tout en restant indifférent à la forme de l’ensemble de l’édifice[37].
- Le fonctionnalisme qui est un style architectural qui se caractérise par l’indifférence par rapport à la forme tant que celle-ci serve à l’expression de son usage, ou comme l’a résumé Louis Sullivan[38], « form follows function ».
Ce n’est que vers le milieu du XXe siècle que, en essayant de chercher une manière qui permette à l’art de se rapprocher de la compréhension des non initiés que quelques designers comme Alvar Aalto[39] et Eero Saarinen[40] essayèrent de combiner le fonctionnalisme avec des formes organiques.
- Dans le mobilier
Comme nous l’avons vu, le modernisme est un concept plutôt abstrait, qui mélange surtout la philosophie et l’art. Le modernisme, nous l’avons surement remarqué, se préoccupe en particulier de l’art graphique et de l’architecture de bâtiment. Néanmoins, si nous nous référons aux principes du modernisme, et aux styles utilisés, un meuble inspiré du modernisme doit avoir un style sobre et épuré, utilisant le bois, le verre, le fer et présentant des formes géométriques qui correspondent à son utilité.
- Le design après guerre
- Ses origines
Le design après-guerre, correspond plutôt à une période qu’à un style ou à une idéologie particulière. Ainsi cette période commence dans les 50 et quelques après la seconde guerre mondiale. Elle englobe même en grande partie l’art contemporain.
Durant les années folles, chaque pays avait son courant artistique prédominant. D’un côté, l’Allemagne était axé sur le Bauhaus, l’Autriche sur le sécessionnisme, l’Italie sur le futurisme, l’Europe de l’Est sur le constructivisme. Certains pays comme la France étaient encore encrés sur un art quasi artisanal proche de l’ébénisterie avec une certaine réticence pour l’art déco, si bien que divers artistes qui s’étaient laissés tentés par ce genre de style étaient considérés comme trop avangardistes et trop prononcés sur l’aspect industriel.
Néanmoins, l’union des divers artistes (UAM ou Union des Artistes Modernes) prônant et voulant faire évoluer l’art français vers le style moderniste ont finalement réussi à s’imposer grâce à diverses expositions comme leur salon au musée des Arts décoratifs en 1930.
De son côté, le design d’après guerre en Allemagne fut stimulée par la Hochschule für Gestaltung d’Ulm ou l’école ULM qui s’inspire de l’école du Bauhaus mais qui finalement va delà des théories de leur prédécesseurs et finirent par améliorer le rationalisme et la production industrielle. Cette école finit néanmoins par disparaître en mai 1968, suite aux divers conflits internes et à la dégradation de leurs rapports avec l’Etat allemand.
L’Italie quant à elle devient après la guerre un endroit prolifique pour les designers. Nous pouvons par exemple citer Marco Zanuso[41], qui après une formation en arts devint durant cette période un designer créatif qui osait utiliser et rechercher de nouveaux matériaux comme le caoutchouc. Nous pouvons aussi citer par exemple Carlo Mollino[42] qui était considéré comme l’enfant terrible de l’art italien et étendard de l’âge d’or du futurisme. Il exprime un style baroque qui est à l’opposé de l’inspiration rationalisme du Bauhaus qui sévissant à Milan.
Tandis que le Danemark et les pays scandinaves commençaient à émerger avec des artistes comme Arne Jacobsen[43] ou Poul Henningsen[44], l’Amérique quant à elle se centrait sur les deux grandes personnalités du design que sont George Nelson[45] et le couple Eames[46]. Le premier prenait beaucoup de libertés dans la forme de ses créations et de ses matériaux. Sans parler du fait qu’il est l’un des premiers à introduire le concept d’écologie dans le domaine du design. De leur côté, Charles et Ray Eames se sont aventurés dans l’utilisation de nouveaux matériaux industriels comme le plastique moulé de fibre de verre pour leurs chaises et bancs, que l’on peut voir dans une grande majorité d’aéroports. Les pays asiatiques ne sont pas également en reste. Le Japon a réussi à influencer certains créateurs européens et américains mais empruntent également leurs styles au design occidental sans pour autant renier leurs racines.
- Dans le mobilier
Comme nous pouvons le voir le design d’après guerre ne se formalise pas à un style particulier et les matériaux utilisés diffèrent grandement selon leurs créateurs. Ainsi, le design après-guerre est synonyme de rupture avec les normes du passé et un renouveau concret du design par des formes diverses, allants des plus décoratifs aux plus sobres. La liberté prise dans la création, notamment dans le mariage des formes qui sont tout autant géométriques que recherchées, avec néanmoins l’influence des idéologies liées au modernisme, ont permis de créer des meubles tout autant ludiques que confortables. De plus, une bonne partie des styles issus de cette période sont encore appréciés de nos jours mais tendront bientôt à disparaître étant donné que l’art a actuellement besoin de se renouveler.
- Le design mobilier arabe
- Historique de l’art de l’Islam (art islamique)
Par arts de l’Islam ou art islamique, nous désignons ici tout œuvre artistique datant de l’hégire jusqu’au XIXe siècle, qui se manifestait dans les pays arabes musulman, allant de l’Espagne jusqu’en Inde. L’art appartenant à ce style est très uni dans tous les pays situés différemment sur le plan géographique. En effet, cette unicité peut s’expliquer par le fait que la calligraphie utilisée pour communiquer et écrire dans ces pays est également unie et se rapproche presque du dessin. Cet art est également porté sur la décoration et la géométrie. Néanmoins le style et la forme peut varier selon le pays et les époques malgré l’influence très marquée qui font son unicité, si bien que l’on aurait plutôt tendance à parler d’art de l’islam plutôt que d’art islamique et que cet art est « une série d’attitudes vis-à-vis du processus même de la création artistique »[47]
En effet, contrairement à ce que l’on pourrait l’art de l’Islam, à proprement parler, ne se réfère pas à la religion islamique. Ici, il est important de considérer que l’Islam est plus une civilisation. Malgré le fait que les représentations humaines, animales et même celles du prophète Mahomet sont soient fréquentes dans l’art de l’Islam, il est à noter que ceux-ci ne sont pas tolérés dans les œuvres et lieux à caractères religieux.
L’architecture issue de cet art est quant à elle représentée par les mosquées et les madrasas, dont les formes sont variées mais respectent généralement un schéma commun, une norme de base. La sculpture de son côté n’est pas vraiment pas très exploité dans l’art de l’islam, il s’avère que les meubles et les objets utilitaires étaient très présent et réalisés avec du métal, de la céramique ou de l’ivoire se rapprochant généralement du besoin de perfectionnisme des pays occidentaux.
- En Espagne et Maghreb
L’histoire de l’art du monde arabe est très vaste. En effet, nous pouvons retrouver par exemple en Espagne, durant le Moyen-âge, des descendants des Omeyyades de Syrie qui fut la première dynastie arabe à s’installer dans ce pays. Ensuite vinrent les Reyes de Taifas (1031–1091) qui n’apportèrent pas vraiment un changement artistique à cette époque.C e n’est que vers le IX siècle qu’une tribu berbère prit le pouvoir en Espagne et dans les pays du Maghreb : les Almoravides et les Almohades qui amenèrent une inspiration maghrébine à l’art. Face à la reconquête des rois chrétiens de la ville espagnole, la seule ville sous influence arabe fut celle de Grenade sous la dynastie Nasride (1238) qui y resta jusqu’en 1492.
Au Maghreb, ce sont les Hafsides (1230), les Zianides (1235) et les Mérinides (1258) succédèrent au almohades. Les Zianides eurent plusieurs échanges avec l’Émirat de Grenade, ce qui explique la grande influence des pays arabes dans le pays. L’al-Andalus est donc un lieu de culture très important durant l’époque médiévale. Mis à part les universités et autres institutions culturelles, l’art prit une grande place dans le pays. Parmi les œuvres les plus connues, nous pouvons citer par exemple dans le domaine de l’architecture, la grande mosquée de Cordoue, le Bab Mardum de Tolède et la ville califale de Madinat al-Zahra. Il est important de ne pas aussi oublier vers la fin de cette période, la création des palais de l’Alhambra à Grenade. Dans ces architectures nous pouvons remarquer une influence romaine ou wisigothe avec les formes d’arcs tandis que l’influence arabe se voyait en particulier dans les polylobés. Se trouve aussi le traitement de mihrab qui caractérise cette architecture espagnole.
Dans la confection d’objet, nous pouvons citer l’utilisation de l’ivoire pour la création de boîtes et de coffrets. La pyxide d’al-Mughira est un exemple parfait de cette esthétique d’influence arabe, composée de plusieurs scènes figurées à l’iconographie difficile à interpréter.
De grandes rondes-bosses, qui ne sont pas très visible dans les pays islamiques, devinrent très utilisés. En métal ou en pierre, elles constituent généralement les aquamaniles et les bouches de fontaines comme c’est le cas avec la fontaine aux lions de l’Alhambra.
Les soies et les tissus provenaient généralement de pays arabes et étaient utilisés dans les églises chrétiennes pour recouvrir les ossements saints. L’art d’influence arabe a aussi une bonne maîtrise des « techniques traditionnelles » de la céramique comme le lustre métallique, pour les carreaux, ou dans la série des vases de l’Alhambra. Nous pouvons aussi remarquer sous les dynasties maghrébines, une préférence pour le travail du bois, sculpté et peint comme le minbar de 1137 de la Mosquée Koutoubia à Marrakech.
Depuis la décolonisation, il est difficile de reconnaître l’étendue de l’art du monde arabe surtout en Afrique du Nord. Les dynasties almoravide et almohade, qui avaient le plus d’influence en Espagne étaient caractérisés par un art plutôt austère comme le montrent les murs nus de leurs mosquées. Les dynasties mérinide et hafside par contre ont une architecture plutôt reconnue de par ses bois peints et sculptés très élégants
- En Égypte et Syrie
Ce n’est que durant la période médiévale sous la dynastie fatimide que l’Egypte présenta plusieurs. Elle arrive en Égypte en 969 et installe un régime califal au Caire. Parmi les grandes œuvres architecturales de cette dynastie, nous pouvons notamment citer les mosquées al-Azhar et al-Hakim, les murailles de la ville réalisées par le vizir Badr al-Jamali. Nous pouvons aussi trouver parmi ses productions artistiques du bois, de l’ivoire, de la céramique lustrée et peinte sous glaçure, de l’orfèvrerie, des métaux incrustés, verres opaques, et surtout, du cristal de roche. Malgré le fait que l’art est d’origine arabe, plusieurs artisans sont d’origine chrétienne car cette dynastie fut tolérante. L’art se démarque par une riche iconographie, avec une forte exploitation de l’image animale et humaine, qui sort du cadre de l’aspect uniquement décoratif des ocelles dans la céramique lustrée. Cet art a évolué grâche à ses contacts avec le bassin méditerranéen et en particulier, Byzance. La dynastie Fatimide est d’ailleurs l’unique dynastie qui utilise des rondes bosses.
L’arrivée de Saladin au pouvoir pour y mettre la dynastie ayyoubide ne fut pas très faste pour l’architecture. Malgré tout les objets de valeurs proliféraient quand même. La céramique lustrée, le métal incrusté furent parmi ces objets toujours produits, ainsi que le verre émaillé qui fit fait apparition un peu avant le XIIIe siècle, prenant forme sous des bouteilles et des verres.
Les Mamelouks qui succédèrent aux Ayyoubides en 1250 avec près de trois siècles d’existence, jusqu’en 1517, donnera naissante à des œuvres architecturales en pierre importante. Elles étaient généralement décorées par des incrustations de pierres de couleurs différentes grâce à la technique de l’ablaq, le travail sur le bois, marqueté en motifs géométriques éclatants. Le verre émaillé et le métal incrusté connut aussi du succès auprès du mécénat comme l’est le baptistère de saint Louis, l’un des objets islamiques les plus célèbres, signé du dinandier Muhammad ibn al-Zayn51.
- En Iran
L’art fut, pour les pays aux alentours de l’Iran alors un moyen de se démarquer et de se démarquer. La création de villes comme Nichapur ou Ghazna et de la grande mosquée d’Ispahan fut un événement important. L’architecture funéraire y était aussi appréciée. Dans le domaine de la poterie, les pièces étaient presque uniques avec des décors kaléidoscopiques sur fond jaune, ou avec des coulures de glaçures colorées (jaspées) ou d’engobe sur engobe sous glaçure.
Les Seldjoukides prirent de l’importance dans le monde islamique et s’emparèrent de Bagdad en 1048 pour finir dans l’oubli en 1194 en Iran. La production d’œuvres artistiques de ce peuple ne date pourtant que du XIIe et du XIIIe siècle et principalement faits par des souverains peu reconnus. Néanmoins c’est sous cette dynastie que se crée le plan iranien. La technique du haftrang en céramique sur des pâtes siliceuses et les incrustations de métaux précieux dans les objets en bronze sont également remis à la mode par des artisans de cette période.
C’est au XIIIe siècle qu’arrivèrent les mongols de Gengis Khan et s’abattit sur le monde islamique.
- Art de l’empire ottoman.
Au XVe siècle nait l’empire ottoman qui régnait sur un espace géographique plutôt vaste et dont l’art était d’une assez grande importance. En effet, d’un côté, son architecture proliférait et son art de la céramique aussi (les céramiques d’Iznik notamment), de même pour sa joaillerie et son art du livre.
Le plan ottoman des mosquées s’inspire de l’église Sainte-Sophie que les musulmans découvrirent après leurs conquêtes mais des recherches aussi de la recherche qu’ils ont effectuée datant d’avant leur arrivée. Parmi les figures de proue de cette architecture, nous pouvons trouver Sinan, qui a eu à son actif près d’un centaine d’édifices.
Dans l’art du livre, on peut signaler par exemple les deux livres des fêtes créés, l’un à la fin du xvie siècle, l’autre pour le sultan Murad III, et qui comportent de nombreuses illustrations. Les miniatures sont extrêmement influencées par l’Iran Séfévide, connu après la prise de nombreux objets comme butin de guerre au début du XVIe siècle, et par l’arrivée de plusieurs peintures iraniens.
Nous devons aussi aux Ottomans le rouge vif ou « rouge d’Iznik », en céramique. Cette couleur se caractérise par son relief, et fut utilisée vers 1557 comme nous pouvons le voir, sur une lampe de la mosquée Suleymaniyyé, actuellement au Victoria and Albert Museum de Londres.
- Son évolution dans le monde
- Avant le XIXe siècle
Les premières manifestations de l’art islamique à travers le monde se sont déroulées en Europe. Les pays arabes étant en commerce avec les pays européens comme l’Espagne par exemple, échange culturel était perceptible. Ainsi nous pouvons retracer la présence d’objets de l’Egypte fatimide, et ceux datant de Saladin dans les pays européens qui datent du Xe siècle. Parmi ces objets, nous pouvons citer « l’aiguière aux oiseaux » qui est une œuvre de luxe qui est exposé au musée du Louvre et ayant appartenu à l’abbaye de Saint-Denis, église de style gothique se trouvant à 5 kilomètres au nord de Paris.
L’essor de la tendance lié au collectionnisme a permis aux particuliers, à partir du XVIe siècle d’avoir accès à des objets issus de la civilisation islamique. Sans parler du fait que Louis XIV était l’un des plus grands collectionneurs d’objets de la civilisation ottomane qui sont actuellement conservés au Louvre. De même, Colbert a également permis l’essor et la vulgarisation de la culture arabe en introduisant des manuscrits arabes et persans sur le sol français. Au XVIIe siècle, la première traduction du coran par André du Ryers[48] en 1647, et la traduction des poèmes de milles et une nuits en 1704 ont permis également l’engouement pour cet art, du moins jusqu’au XIXe siècle chez les bibliophiles, médiévistes…
- Après le XIXe siècle
Au XIXe siècle, c’est surtout l’apogée du collectivisme qui a redonné un nouveau souffle à l’engouement pour les objets d’art islamiques, en particulier grâce aux découvertes et aux stimulations des orientalistes qui ont permis une meilleure accessibilité et compréhension à la culture islamo-arabe. Vers 1828, apparut un ouvrage concernant les monuments musulmans et concernait en particulier la collection d’art islamique, conçu par le duc de Blacas[49]. De même, l’influence d’architectes comme Muhammad Ali[50] au Caire où siégeait la France entant que pays colonisateur a permis la publication de L’architecture arabe ou les monuments du Caire en 1837 par Pascal Xavier Coste[51].
La multiplication des expositions universelles, où étaient présentés plusieurs objets d’art islamique, montrait cet engouement passionné des européens pour ce style, comme Londres où l’on présentait l’art persan. En 1893, le musée du Louvre ouvrit sa section concernant l’art de l’Islam, dans le département des objets d’art et ce style s’invita même à l’exposition destinée aux arts décoratifs en 1903. C’est en 1905 qu’ouvrirent les premières salles dédiées aux arts musulmans au Louvre, et en 1905 au Kaiser Museum de berlin. C’est en particulier la colonisation qui a intensifié la recherche dans les arts arabes, et pour la France particulièrement, l’art maghrébin. De même, dans les pays ottomans divisés entre la France et l’Angleterre, les recherches sur ce domaine devinrent très poussées et apparurent dans plusieurs revues archéologiques.
- L’originalité du design mobilier arabe
- Les différents styles
Afin de comprendre l’inspiration du design mobilier arabe, il est intéressant de s’intéresser au style architectural des pays arabes, et notamment des pays d’influence islamique dont la richesse est impressionnante.
Au niveau des matériaux, et nous parlons ici des bâtiments tels les mosquées, les madrasas ou les lieux de retraite, il est à noter que leur choix diffère d’une région à une autre. Il est pourtant important de remarquer que 5 matériaux sont généralement utilisés, à savoir[52] :
- Le pisé : sorte de ciment ou de brique fait avec de la terre, de la chaux, de l’argile cuite et de petits cailloux qui était utilisé pour les maisons,
- Le banco : qui est un mélange de terre crue et de paille,
- La brique crue : qui n’est utilisée que pour l’intérieur généralement ou par la classe pauvre dans la mesure où celle-ci est peu couteuse et ne supporte pas l’eau,
- La brique cuite, utilisés pour plusieurs monuments et également peu couteuse mais supportant mieux les intempéries,
- Le moellon, et la pierre.
Sur le plan architectural, les bâtiments sont composés en grande partie[53] :
- d’arcs, de coupoles, de supports en colonnes cylindriques carrées,
- d’Iwans qui sont des halls voûtés ayant une façade rectangulaire ouverte par un arc d’origine iranienne,
- de Pishtak qui est un portail d’origine iranienne également ayant une forme en arc,
- de Moucharabiehs et de fenêtres de à jalousie qui sont des fenêtres et ouvertures de grillages en bois tourné et dont le style diffère d’un pays à l’autre et présents dans les habitations et les mosquées.
Dans le design d’intérieur, nous retrouvons :
- des muqarnas (ou muqarbas) qui ressemblent à des stalactites et qui sont des petites niches dont l’association géométrique donne une forme en trois dimension et présents dans plusieurs grands lieux (mosquées, madrasas) des différents pays allant de l’Iran à l’Egypte…
- L’ablaq qui est l’incrustation de pierres de différentes couleurs dans des murs marbrés, présents particulièrement en Egypte, en Syrie et en Anatolie,
- Les mosaïques qui étaient particulièrement représentatifs du style byzantin.
- Dans le mobilier
Pour résumer le mobilier arabe, nous allons nous référer à un de nos designers contemporains, Younes Duret, qui est franco-marocain et qui affirme que son « héritage architectural (arabe) est riche mais nous n’avons pas réellement de tradition en matière de meubles. Le mode de vie antérieur nomade a favorisé le développement de meubles modulables et transportables qui répondaient simplement aux besoins de communauté »[54].
Néanmoins, nous pouvons remarquer quelques orientations du design mobilier arabe surtout dans le design contemporain qui, malgré son absence de style traditionnel, s’inspire de l’art islamique pour marquer son appartenance et son origine. Nous allons donc voir ci-après les différents styles les plus utilisés par les designers influencés par le style islamique.
Parmi les styles les plus utilisés, nous avons l’arabesque. L’arabesque est difficilement définissable dans la langue occidentale. En effet, l’arabesque concerne non seulement les Beaux arts, la danse, la musique d’orientation arabe. Néanmoins, étant donné que nous nous intéressons à l’art du design, nous pouvons voir en l’arabesque comme un motif gravé, une forme sculptée ou dessinée dont les composants sont inspirés de la calligraphie arabe. Ainsi, l’écriture arabe est utilisée de manière à créer une forme comme dans « l’arabesque graffiti », ou est reproduit tel quel pour orner un meuble, une sculpture… ou l’écriture elle-même est érigée en œuvre d’art.
Nous pouvons également voir dans l’arabesque l’utilisation de courbes qui rappellent cette écriture et servant à réaliser généralement un dessin. Néanmoins les motifs arabesques, en général, font référence aux motifs géométriques que nous pouvons retrouver comme ornements dans les édifices des pays islamiques (mosquées, lieux de retraite…). Ils sont composées de formes courbes le plus souvent symétriques et généralement géométriques également, reproduites de manière répétée afin d’en faire ressortir une sorte de mosaïque complexe, présentant aussi des formes de piques. Elles peuvent généralement rappeler l’entremêlement des tiges de plantes grimpantes mais également des formes plus strictes démontrant la maîtrise des arabes dans la géométrie des formes. Nous les retrouvons généralement dans le style byzantin[55].
La calligraphie, est aussi une source d’inspiration qui a permis à l’art islamique de se distinguer. Comme nous l’avons déjà évoqué, l’arabesque en découle et en est une dérivée. La calligraphie qui est considéré comme l’art d’écrire est la forme d’art la plus importante qui marque l’unicité du monde arabe. Malgré le fait qu’à ses débuts, la calligraphie était surtout un moyen de fixer le savoir dans le temps, il s’avère que celle-ci s’est fortement complexifiée au point que l’aspect plastique et esthétique de l’écriture prit le pas sur le sens[56]. L’écriture arabe prend sa source dans la graphie du syriaque et/ou du nabatéen[57]. Un bon calligraphe est selon Ibn Qutayba, un personnage éduqué car « Les Persans ont l’habitude de dire : celui qui ne connaît pas l’art de faire couler l’eau ; le creusement de fossés sur les rives des rivières et dans leurs lits, et le blocage des ravins et la montée et la descente journalière du cours de l’eau ; la perception de la nouvelle lune et les choses qui y sont liées ; l’estimation des échelles, la manière de mesurer le triangle, et le quadrangle, et le trapèze, et l’installation des ponts voûtés et des quais et des roues à eau et des seaux pour mesurer l’eau ; et l’état des instrument pour l’ouvrier et les subtilités de l’arithmétique ; celui-là manque de capacité pour être quelqu’un qui écrit. »[58].
Le style utilisé dans la construction de moucharabieh est également fortement présent dans le design arabe. Le moucharabieh, comme nous l’avons évoqué antérieurement se trouve être une ventilation forcée présent en grande partie dans les palais et certains grands édifices. Sa spécificité réside dans le fait qu’il est fait d’un maillage permettant le passage du vent et mis généralement devant des surfaces humides comme les bassins[59] et se référant aussi à l’art ornemental nasride. Les motifs utilisés pour les ouvertures de ce type architectural arabe sont à base d’arabesques.
Comme nous pouvons le voir l’appartenance du design mobilier à l’art islamique se trouve dans une tradition culturelle et artistique qui s’inspire de plusieurs domaines, en passant par l’architecture, la calligraphie, l’ornementation… de par le fait que le mobilier arabe, en général, apparait plutôt comme un objet d’ordre utilitaire que réellement esthétique. Mais paradoxalement, comme le dit Younes Duret, « la culture de l’objet et du raffinement reste très forte et s’exprime dans l’artisanat d’art. En termes de créations, nous (les pays arabes) nous trouvons justement à la jonction entre l’artisanat d’art et le design, qui suppose une industrialisation des processus de fabrication et de la production » [60]
Chapitre III : L’art islamique, la réputation des designers arabes et analyse de la place du design arabe
Maintenant que nous avons une meilleure idée de ce qu’est le design arabe, nous allons dans cette partie, nous intéresser à son aspect contemporain. Pour cela, nous allons essayer d’analyser les styles utilisés par les designers de renom qui composent les représentants de l’art islamique dans le domaine du mobilier. Ensuite nous essayerons dans ce chapitre d’anticiper les possibles évolutions de cet art et son influence avec l’art occidental.
- Les grands noms du design mobilier arabe et leurs styles
- Nada Debs
- Origines
Nada Debs est une des designers les plus en vogue. D’origine libanaise, elle a grandit au Japon est a étudié l’architecture d’intérieur à la Rhode Islan School of Design aux Etats-Unis et a débuté sa carrière en Grande Bretagne dans le design de mobiliers.
Elle essaye actuellement de retrouver et d’exprimer dans ses œuvres, son origine libanaise après une absence de près de 40 ans de son pays d’origine. Découvrant que le design libanais de mobilier à proprement parler est quasi inexistant, elle a été déterminée à utiliser ses expériences culturelles pour créer des meubles qui pourraient attirer le marché international et qui soient distinctifs du Liban. Elle créa sa propre campagne l’« East and East » dans les années 2000 qui a pour but de créer de nouveaux designs, de les produire et de vendre à travers le monde ses propres meubles et lignes de décors d’intérieur. Actuellement la compagnie s’est exportée jusqu’à Beyrouth où se trouve le « Nada Debs gallery »
- Ses œuvres dans le design mobilier
Ses œuvres vont de l’influence orientale à l’influence contemporaine occidentale révélant les lignes épurées et fluides. Néanmoins, ce qui fait son originalité est son style oriental qui s’inspire du métier d’art du Moyen-Orient et en les fusionnant avec le minimalisme du design de l’art japonais, qui se suffit à la simplicité et qui apporte un style élégant. Sa collection « East and East » en est la principale illustration en prenant en compte la marqueterie conventionnelle propre à la « mère des perles » et les réinterprète originalement sous de nouvelles formes modernes ou des formes revisitées avec des matériaux comme le bois, le textile, le fer, la maroquinerie… L’influence arabe dans les meubles se manifeste par l’utilisation de motifs tels ceux du moucharabieh et de l’arabesque.
- Karen Kerdjian
- Origines
Karen Kerdjian est également une designer d’origine libanaise. Après avoir eu son diplôme dans le domaine de l’art au Domus Academy (Milan), elle a travaillé à Milan durant plusieurs années où elle améliora son style de design.
En 2001, elle retourna à Beyrouth et ouvrit le « Karen Chekerdhian Studio ». Ce studio fut au début accès sur la réflexion de groupe concernant la conceptualisation d’un nouveau style de design, et s’est finalement tourné vers la production de divers articles, allant du mobilier, en passant par les accessoires ou les objets de mode, allant part petites séries ou en édition limitée. Son style s’est imposé dans le domaine du design d’intérieur que l’on peut voir dans le pays, dans divers hôtels, restaurants et la « Maison Rabih Kayrouz », boutique du couturier du même nom, porte drapeau de la haute couture dans le pays.
En 2010, elle ouvrit une boutique « le Karen Chekerdhian Store » qui servait de show-room à ses diverses œuvres mais aussi ceux de divers autres designers qui étaient particulièrement axés dans le domaine de l’aménagement de la cuisine. Elle ne s’arrêta pas là et ouvrit plusieurs autres boutiques à Milan et à Beyrouth.
Elle participe à diverses sortes d’expositions annuelles de design comme l’ « ICFF » de New-York, le « Milan’s Salone del Mobile », le « Mobelmesse » de Cologne et le « Furniture Fair » de Paris.
- Ses œuvres
Après être retournée au Liban, Karen fit face à de nombreux challenges, particulièrement dans la difficulté de se procurer les matériels dont elle avait besoin mais aussi, dans la manière de produire ses œuvres. Elle dût donc faire un point sur ses techniques. Elle rechercha ainsi une nouvelle manière de créer, au vu de l’impossibilité d’avoir accès facilement aux matériels modernes et dût réaliser ses œuvres avec des matériels plus communs comme le bois, les céramiques, le métal et le verre. Etant donné également que la machinerie industrielle de production n’était pas disponible dans le pays, elle dût s’aider d’artisans de haut niveau, allant du maroquinier, en passant par l’ébéniste, le ferronnier ou le souffleur de verre. De ce fait le travail est plus artisanal qu’industriel.
Ses œuvres sont plus axés sur le confort et s’inspire généralement du design traditionnel des maisons levantines dans un style minimaliste d’intérieur. Evidemment, elle ne renie pas ses origines arabes dans la mesure où elle crée également du mobilier qui est reconnu autant à Milan qu’à Beyrouth. Nous pouvons y trouver l’utilisation de formes géométriques symétriques mais aussi de l’inscription de motifs de style calligraphique arabe. Evidemment, l’utilisation d’un style de mosaïque arabesque est également prononcée dans ses créations, favorisant les formes rondes et en piques.
- Hicham Lahlou
- Ses origines
Hicham Lahlou est un designer d’origine marocaine dont le parcours fut jalonné de succès à travers le monde. Avec plus de 2000 créations à son actif, il fait partie de ces designers modernes de renom qui représentent actuellement l’art marocain. En effet, il gagna le premier prix du « Trophée des Designers » de Maroc Design en 2005, de la compétition nationale « LEADERS » et a également gagné le « Prix de l’innovation 2007 de Managers du Maroc. Sans en rajouter, il gagna le prix hors catégorie du Concours National de L’innovation « Ouvrage sur Le Design au Maroc», Hicham Lahlou « De la théière a la
Ville» Itinéraire d’un designer… premier ouvrage sur Le design au Maroc, juillet 2008 et de nombreux labels de 2009 à 2010. Il fut également nommé designer Industriel en 2011 puis en 2012 pour les années internationales du design social et écologique par le site web canadien EGO DESIGN. Il reçut également le prix TZI Awards en 2013 dans la catégorie Art, Culture et Design pour ses projets de développement pour améliorer l’image du Maroc.
- Ses œuvres
Ses œuvres, dans le domaine du mobilier s’inspirent de l’époque contemporaine et des ses différents voyages à travers le monde. Pour marquer son origine arabe, nous pouvons également voir l’utilisation d’arabesques entant que motifs décoratifs sur des meubles néanmoins d’inspiration occidentale. Le style présent sur les moucharabiehs est également utilisé, particulièrement dans le design d’intérieur. Ainsi, nous pouvons voir parmi ses œuvres un Jacquard marocain dont les motifs géométriques sont directement dupliqués d’un motif de zelliges étoilés. Nous pouvons aussi voir, l’influence de la calligraphie arabe et de lignes courbées qui rappellent les tiges de plantes grimpantes.
Il essaye de donner un certain renouveau à l’art artisanal marocain, de le sublimer et humaniser la production industrielle qui rappelle le style et la philosophie de l’Art Nouveau. Les motifs moulés, rappellent le style mural des édifices arabes comme les madrasas. Il se trouve aussi être dans la lignée des designers qui sont à la fois ancrés dans l’artisanat sans pourtant renier l’industrialisation.
- Khalid Shafar
- Ses origines
Khalid Shafar est un designer originaire de Dubaï, diplômé de l’American University à Dubai Khalid et a travaillé dans le domaine du marketing et de la communication durant près de 7 ans. En 2005, après avoir reçu son diplôme de « Fine Arts in Interior design » il décide vers l’année 2009 de quitter le domaine du marketing pour assouvir sa passion de design. Il fit des études spécialisées de mobilier et d’objets d’art design, d’abord au Central Saint Martins College of Art and Design » à Londres et ensuite au « Centre for Fine Woodworking » à Nelson, dans les Nouvelle-Zélande.
En 2011, il ouvrit son premier studio à Dubaï et inaugura son premier show room en novembre 2012. De par ses contacts à travers le monde, il collabora avec le duo brésilien des frères Campana dans l’installation de l’« Abu dhabi Art 2010 ». Il a également collaboré avec l’ébéniste français Moissonier et le leader de l’industrie du textile, Tai Ping dans des éditions limitées et spéciales.
Il a été plusieurs fois exposé dans divers lieux comme Tokyo, Berlin, Paris, et Milan et a été jury de plusieurs événements comme le « Commercial Interior Design Awards » en 2013 à Dubaï mais aussi au « DXB Store at Art Dubai » toujours en 2013.
- Ses œuvres
Les œuvres de ce designer sont aussi axés sur un style épuré plutôt contemporain. Néanmoins, les origines arabes s’imposent sur ses œuvres. En effet, nous pouvons remarquer l’utilisation de formes géométriques assez complexes comme les octogones ou les étoiles en tant que motif mais aussi en tant que formes en trois dimensions à part entière.
Nous n’avons donné là qu’une partie des grands noms du design arabe, que nous avons choisi au hasard mais font partie de ceux qui ont une grande influence et de la notoriété. Comme nous le voyons, ces designers ont pour la plupart étudié l’art et approfondi le design en Occident. Mais maintenant que nous avons un état des lieux sur le design arabe à travers le monde, il serait intéressant de nous tourner maintenant vers les interactions possibles et les évolutions du design mobilier arabe avec le design international.
- De l’influence du design arabe dans le design international
- Les créations occidentales ayant eu une influence arabe
- Venise, une ville presque orientale[61]
C’est la fin du Moyen-âge qui marque le début de ‘l’influence orientale dans les œuvres et l’architecture occidentale et l’art en général. En effet, Venise, qui est une ville italienne est marquée par ses influencées comme nous pouvons toujours le voir avec ses étroites ruelles qui rappellent les médinas. La ville de Venise tendait à imiter la ville d’Alexandrie avec une décoration « égyptienne », extrados à la « moresque ». Ainsi la ville de Venise s’amusait à mélanger les styles arabes de l’art islamique avec le gothisme qu’on lui connait, avec notamment l’utilisation de motifs quasi-végétaux, d’arcs en ogive et d’entrelacs. Evidemment il y eut également une certaine influence par l’utilisation de bas-reliefs.
Cela est dû en particulier à l’engouement des nobles et riches de la société italienne marchande pour les objets de luxe que représentaient les tapis, soieries et les habillements. Nous pouvons dire que Venise est donc devenu un melting-pot entre les traditions orientales et les traditions occidentales.
Le commerce entre les Vénitiens et les marchands arabes a permis une certaine liberté d’échange de divers produits mais aussi un grand échange culturel. En effet, de par sa situation peu reluisante à cause des ses défaites armées, Venise était obligé de faire des alliances avec des pays clients comme l’empire ottoman. Ses ambassadeurs à travers l’Europe mais aussi à Istanbul lui permirent d’avoir une grande accessibilité aux divers types de commerce ainsi qu’à un large réseau d’information. La civilisation arabo-musulmane est devenue durant un certain temps un exemple que ce soit sur le plan de la médecine, mai aussi sur le plan technologique pour les Vénitiens.
Figure I : Lampe de Venise, dont les motifs rappellent le style arabe (plantes, mosaïques, formes gométriques)[62]
C’est par les rapports dévernisse avec le monde arabe qu’est apparu en Europe l’une des premières traces de l’utilisation du verre. En effet, vers le XIIe siècle, les Vénitiens importaient les objets en cristaux. C’est ainsi, qu’au fil des années, Venise est devenue une ville connue pour ses fabrications de verres grâce à l’importation de cendres de Syrie qui ont permis de construire des cristaux dont la transparence était vraiment très marquée. La ville la plus importante étant l’île de Murano qui acquit au fil des années une notoriété, voire une certaine suprématie à travers toute l’Europe.
De même, les Vénitiens s’inspirèrent de la technique de verre églomisé à la Syrie. Ainsi, Venise devint capable de créer des cristaux incrustés de dorure intérieure soudée. De même, l’utilisation de formes géométriques complexes propres à l’art islamique fut également intégrée à l’art occidental par le biais de ces relations.
Figure II : exemple de verre utilisé dans le Moyen Orient[63]
L’art de l’incrustation de métaux précieux sur un alliage en cuivre fut réalisé par le biais des relations entretenues par Venise avec les Kurdes. Le travail de ces artisans orientaux était reconnu pour leur extrême finesse, et ses sillons d’argent permettant de recréer des motifs arabesques de taille minuscule.
Figure III : Chandelier de Venise incrusté d’argent[64]
Le bois laqué d’origine vénitienne qui était autrefois recherchée par divers pays d’Europe pour son extrême finesse était un produit très coûteux. Néanmoins, ce type de bois utilisé pour l’ameublement ou pour la décoration intérieure s’inspirait des motifs ottomans. Ces motifs étaient obtenus via des objets d’origine ottomane achetés dans le commerce ou volés durant les anciennes guerres.
Comme nous pouvons le voir, plusieurs objets qui étaient utilisés et vendus en Europe d’origine vénitienne étaient en réalité des objets d’inspiration arabe. Nous pouvons voir en cela une influence assez importante de l’art islamique. Voyons maintenant un autre pays ayant été au contact des pays arabes, à savoir, l’Espagne.
- L’art islamique en Espagne
Durant la conquête des terres ibériques par les pays arabes il dût y avoir une cohabitation entre les deux peuples mais aussi une cohabitation entre deux religions, la religion chrétienne catholique et son art baroque, et l’Islam avec son art islamique. Hispanie qui était un territoire de cohabitation a permis non seulement un essor économique du pays mais aussi un essor culturel. Nous pouvons également remarquer la présence de la religion juive dans le pays qui était très tolérant. Ainsi, le métissage des cultures donnait une certaine capacité aux pays à mélanger les genres.
Figure IV : Medina Azahara, exemple d’architecture d’Andalousie[65]
L’art omeyyade de Cordoue s’est développé en Al-Andalus (nouveau nom de l’Hispanie en ce temps). Les grandes mosquées de Cordoue avaient une forte influence sur l’architecture du pays. La dynastie des omeyyades, comme nous pouvons le deviner descend de la Syrie (qui rappelons le nous avait également des relations avec Venise).
L’architecture de cette tendance était fortement centrée sur l’utilisation d’arcs en fer à cheval. Nous pouvons également remarquer des arcs polylobés. De même, l’utilisation d’un décor en stuc taillé et des mosaïques sur une font d’or furent également très utilisés durant cette époque. Contrairement à l’utilisation de la calligraphie arabe traditionnelle comme style d’écriture, se retrouvait également le kufique plus angulaire.
Parmi les outils les plus utilisés se trouvaient l’ivoire qui s’employait pour divers objets d’intérieur et autre utilitaires comme des cassettes plates. Nous pouvons également trouver un de ces objets en ivoire se trouvent les Pyxides (d’al-Mughira et de Zamora) qui sont conservés dans les musées du Louvre.
Le bois était également très courant pour les minbars par exemple et les tissus pour les tiraz.
- Les créations arabes ayant eu une influence occidentale
- L’influence de l’occident sur les designers orientaux
L’art islamique, comme nous pouvons le penser est très marqué et avancé durant le Moyen-âge. Force est de constater que l’utilisation du colonialisme par les occidentaux étaient en particulier axé sur la recherche vers l’orientalisme. En effet, c’est la civilisation occidentale qui s’enrichissait par l’exotisme culturel qu’apportaient les arts orientaux. Ainsi, il est rare de voir le style des œuvres d’art arabes changer au cours des années et il a même assez peu évolué durant un bon bout de temps.
Du temps de la colonisation, l’orientalisme et le collectionnisme étaient fortement présents en Occident. L’échange culturel se faisait dans un rapport de domination en particulier si bien que l’art oriental peinait à évoluer. Les seuls vestiges de l’art occidental dans les pays arabes se trouvaient particulièrement dans les demeures coloniales qui étaient construites par et pour les Occidentaux. Sans parler du fait que certains Occidentaux, dans les pays colonisés préféraient le style et l’exotisme offert par l’habitation de type arabe mieux adaptée au climat des pays.
Ce n’est que durant les temps modernes jusqu’à nos jours que le design arabe a repris un nouveau souffle. Le néo-orientalisme qui est né par le biais des rapports d’après-guerre entre les nations occidentales et arabes, ont permis à certains artistes d’avoir accès à l’éducation occidentale. En effet, l’Occident, par sa constante évolution est riche en connaissances techniques mais aussi artistique. Ainsi, nous pouvons voir que divers artistes orientaux (en particulier de nos jours) se tournent vers les Beaux-arts pour améliorer leurs connaissances du monde l’art. De plus, grâce aux effets de la mondialisation, les portes leurs ont été ouvertes à d’autres styles de divers pays, allant de l’Amérique du Nord, en passant par le Brésil, la Grande Bretagne et même des pays asiatiques comme le Japon.
- Les rapports des designers d’origine arabe avec l’art contemporain
L’art contemporain est certainement la tendance qui a le plus marqué ces dernières décennies à travers le monde. C’est également le style qui a le plus marqué le design arabe dans ses échanges avec l’occident. En effet, comme nous l’avons vu antérieurement par rapport à certains designers arabes qui ont connu un succès en Occident, la plupart d’entre eux appellent également à cette tendance.
L’art contemporain est en effet devenu un marché porteur et divers clients sont particulièrement axés sur cette tendance. Cette notion commence avec la fin de la deuxième guerre mondiale et continue jusqu’à notre époque de l’ère[66]. Cet art a pour principal fondement l’expérimentation et la recherche effectuée durant l’époque de l’art moderne en désirant faire sortir l’art d’un milieu d’initiés et d’un milieu traditionnel. Ainsi, l’art n’est plus devenu en soi une représentation mais aussi une recherche de nouvelles inspirations à travers les crises liées à la trop grande rationalité de notre société actuelle, la perte des valeurs…
Malgré le fait que l’art moderne n’ait plus été une idéologie, il s’avère que le désir de s’adresser à un public néophyte a amené à la faire adopter une certaine façon de pensée, influencée par les institutions dans lesquelles il évolue. Néanmoins certains artistes, de nos jours prônent un certain engagement dans certaines idéologies malgré le déclin de l’idéologie moderne fortement influencée par l’apogée de la technologie. Ainsi, pendant que certains artistes seront orientés vers une idéologie prônant la protection de l’environnement, d’autres essayeront de donner à l’art un mouvement altermondialiste.
La mondialisation néanmoins a donné naissance à un certain conformisme, à un style particulier durant un certain temps, si bien que la plupart des pays ont adopté cette tendance qu’est l’art contemporain, qui essentiellement, est apparenté à l’origine aux pays occidentaux, faisant suite au modernisme.
Le style contemporain, lui se retrouve dans le style fortement épuré, et neutre que le courant moderniste prônait. Nous pouvons donc voir dans ce type une sorte de sobriété qui n’est par contre pas répétitive mains plutôt innovante et originale. En effet, l’art contemporain peut parfois surprendre par l’exagération d’une forme ou de l’usage de certains motifs ou matériaux, mais cette exagération est toujours liée à une certaine noblesse, dans la forme, dans les matériaux et dans l’aspect sobre qu’il garde malgré cela. Parmi les arts ayant le plus influencé l’art contemporain, nous pouvons citer l’art japonais qui se rapproche de l’idéologie du Zen qui recherche la pureté et l’esthétique dans la simplicité[67].
Voilà pourquoi, de nos jours, nous pouvons voir que les designers d’origine arabe, qui essayent de s’imposer sur le marché international de l’art, abordent eux aussi une approche contemporaine. Cette approche contemporaine dans la mesure où elle la tendance qui s’impose la plus actuellement si bien que l’un des meilleurs moyens d’attirer les acheteurs est l’adhérence à cette tendance.
Sans parler qu’une partie des designers arabes essayent néanmoins de faire ressortir leurs origines dans leurs œuvres malgré le fait qu’à la base les meubles par exemples sont basés sur l’art contemporain. Ainsi, nous remarquons un mélange parfois forcé, parfois naturel des genres, mais aussi un effort pour se faire reconnaitre par leurs origines. Cela démontre une influence de l’idéologie altermondialiste.
- Les possibilités d’évolution par interaction avec les autres styles de design international
- Les autres styles
Parmi les autres styles actuels, dans le monde contemporain, il est intéressant d’aborder le style africain. Lui aussi est évidemment soumis aux « exigences » de l’art contemporain, malgré néanmoins la prédominance de l’art traditionnel. Dans l’art africain, nous reconnaitrons bien sûr, les traits propres aux masques africains. L’Afrique est également riche en fresques murales. En effet, le Bénin par exemple est connu pour ses fresques racontant les victoires guerrières de ses souverains. Mais dans une certaine mesure, il est intéressant de remarquer que le style de ces fresques fait l’usage de couleurs polychromes, faits généralement à base de terre ou d’argile. Le style africain se caractérise par ses formes géométriques en pointe et souvent triangles en forme de losanges. Nous pouvons également remarquer l’utilisation de mosaïque faites de formes géométriques rectilignes et généralement libres, que long peut éventuellement voir un dérivé de l’art islamique arabe, bien plus strict.
L’évocation de sexualité, par certaines œuvres comme les statuettes qui viennent généralement de Zambie, de Mozambique… sont également utilisés dans les pays africains. Nous pouvons généralement voir dans ces arts, la représentation des attributs corporels liés à la féminité ou à la masculinité. Néanmoins loin de heurter, il arbore un sentiment artistique exceptionnel[68]. De même l’art africain est très ancré dans l’observation de la nature, comme le témoignent les représentations d’animaux et de végétaux sur certaines œuvres, allant des statuettes, aux fresques. Il arrive aussi à l’art africain d’arborer un style libre, allant à l’exagération jusqu’au minimalisme qui peut étonner plus d’uns, jusqu’à Pablo Picasso dont les œuvres sont tout de même avangardistes[69].
Mis à part le style africain, nous pouvons aussi remarquer le style Coréen. Ce style qui se rapporte à l’art oriental est par contre haut en disjonctions, car traditionnellement, il utilisait autant les couleurs polychromes que chromatiques, au tant la reproduction du réel que de l’abstrait… Cela vient du fait que les dignitaires lettrés de l’ancienne Corée considérait qu’il était tout autant possible de voir les couleurs dans les dégradés du monochrome, alors que les gens du peuple, dont l’influence bouddhique et indien préféraient l’usage des couleurs polychromes.
L’aspect libre que donne l’art coréen, par la multitude de formes et de styles qui s’en dégagent en fait sa richesse. En effet, influé par l’art bouddhique qui tend vers le réalisme et la finesse des détails ornementaux donne un aspect noble à l’art coréen. L’art, sous l’influence confucianiste par contre offre une certaine forme de facilité caricaturale du réel permettant de se représenter plutôt abstraitement les formes ainsi représentées, en allant directement vers le principal. Les mosaïques de ce style ainsi que les motifs sont généralement basées sur la représentation du bambou, de l’iris, du prunier et du chrysanthème. Ces formes végétales sont représentées, chacune, selon les goûts des artistes, sous l’influence des artistes chinois. Les Japonais aussi, durant leur occupation de la Chine, ont influencé l’art local ; surtout au niveau de la peinture qui tendit à se rapprocher plus de la peinture japonaise. La Corée semble être une bonne source d’inspiration car elle est l’un des pays asiatiques qui a connu le plus d’influences extérieures de grandes puissances asiatiques actuelles.
- Pistes d’évolutions et de promotions de l’art islamique.
Dans une certaine mesure, l’art islamique est un art complet car il a ses spécificités propres qui en font un modèle de l’art des pays arabes. Néanmoins, il serait intéressant aussi de s’inspirer d’autres pays pour faire évoluer la conception de cet art. En effet, d’un côté, malgré le fait que la mondialisation a déjà fortement métissé le domaine de l’art, il serait intéressant de se détacher de l’influence occidentale, comme c’est le cas avec l’art contemporain.
D’un côté, il faudrait créer une tendance qui permette d’aller au-delà, de dépasser les appréhensions et les limites de l’art contemporain. Le style épuré est certes très élégant, mais la recherche d’un style qui va au-delà de celui, qui est parfois plutôt froid est nécessaire. Le développement de l’art dépend généralement de la culture d’un pays et de sa capacité à en faire un modèle. Il est donc nécessaire à l’art islamique contemporain de se renouveler.
Dans le domaine du meuble par exemple, un approche consistant à la restitution du confort et de la nécessité tout en donnant à ces objets les caractéristiques de l’art islamique serait intéressant. Il serait aussi de bonne augure de redonner de la chaleur au style parfois trop dépersonnalisé de l’art contemporain en y ajoutant les formes sensuelles telles celles de l’art africain. De même pour le renouveau du design arabe, il serait également intéressant de s’inspirer des symboles utilisés par l’art asiatique, c’est-à-dire faire voir dans les motifs, des formes naturelles représentatives de l’art islamique (comme par exemple, la forme d’une plante ou d’animaux propres et communs aux pays arabes).
Evidemment, le pays qui arriverait à imposer un style qui irait au-delà du contemporain et qui serait accepté par tous comme un art post contemporain aura l’avantage de faire de son style, un modèle représentatif d’une nouvelle tendance. Si bien que la recherche d’un renouveau, d’une perspective acceptée par le monde de l’art est nécessaire, en particulier au niveau du design où la concurrence se fait rude et où il faut faire preuve d’originalité. Pour cela, il faut anticiper les besoins, les désirs d’un inconscient collectif qui est difficile à discerner qui est pourtant présent dans le domaine du design mais qui ne demande qu’à être découverts.
Conclusion
L’art et le design arabe, comme nous avons pu le voir a une certaine influence et est néanmoins reconnu dans son domaine. De plus, plusieurs designers de renom originaires de pays arabes sont et tendent à s’imposer sur le marché. L’art des pays arabes n’a pas, comme nous pouvons le constater, assez d’influence au niveau international pour s’imposer. Malgré le fait qu’il est exposé un peu partout, sa spécificité entant qu’art d’un pays en particulier le limite. Ainsi, l’international demande un style auquel tout pays peut adhérer sans qu’une étiquette particulière n’y soit imposée. De plus, l’art des pays occidentaux qui est devenu une référence internationale prolifère, et, connait beaucoup trop d’adhérents pour que l’art des pays arabes puisse s’imposer à sa place. Grâce à la mondialisation, le parcours des designers arabes ressemblent presque et leurs tendances sont assez variées pour créer une nouvelle vague de meubles d’influence arabo-islamique.
Et pourtant, l’hégémonie d’un style qui les formalise tous dans ce domaine tend à les empêcher de voir au-delà de ce qu’ils savent déjà. Malgré la recherche effectuée dans le design, aucune forme ne peut réellement se détacher de la tendance qu’est l’art contemporain. C’est là que se trouve la faiblesse ou peut être, la force du design mobilier arabe mais aussi celui d’autres pays. Dans notre cas, nous avons proposé d’emprunter certaines formes et certains styles de pays non occidentaux et qui pourtant ne devraient pas dépersonnaliser encore plus l’art islamique. L’abus de ce conseil, nous nous en rendons compte risquerait d’aboutir à une certaine mutation, qui nous ne le savons pas finira peut être par promouvoir le pays d’emprunt plutôt que le design-arabe en général. Et pourtant le design arabe a besoin d’un renouveau, et peut être est une nouvelle vague de designers qui va donner une nouvelle impulsion à la recherche dans ce domaine.
En général, le statuquo du design dans le style contemporain est néanmoins une occasion pour un pays de s’imposer entant que référence dans le domaine, qui a su dépasser cette tendance. Encore faut il que cela arrive au bon moment et que le style trouvé ne soit pas trop avangardiste pour qu’il soit accepté par la communauté. Voilà pourquoi il serait intéressant pour les designers arabes de se regrouper et pour créer cette tendance qui enfin permettra d’aller vers un style post-contemporain accepté de tous.
[1] Jean Jacques Urvoy et Sophie Sanchez, Le designer, de la conception à la mise en place d’un projet, Eyrolles, Editions organisation.
[2] Définition du dictionnaire Larousse en ligne, http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/design/24461 consulté le 10 mai 2014.
[3] L’ensemble de ces définitions est tiré de Michael Hardt, The term design, 2006.
[4] John Heskett (2005), Design : A very Short Introduction, Oxford Press.
[5] Définition du dictionnaire Larousse en ligne, http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/meuble/51055, consulté le 10 mai 2014.
[6]Alexandra Midal, Politique fiction, in Dossier pédagogique, 2012.
[7] Penny Sparke, 100 ans de design, Octopus, Paris, 2002.
[8] Centre de Documentation et d’Information sur l’Enseignement Supérieur, (CEDIES), Les métiers de l’art, Arts plastiques, Graphisme et design, Culture et patrimoine, Edition 2011/2012, p. 34.
[9] Idem, p. 34.
[10] ONISEP, Equipes Educatives (2009), Le secteur de l’ameublement, Ressources Monde professionnel.
[11] Idem, p. 5.
[12] Directeur général de la Valorisation de l’Innovation dans l’Ameublement
[13] Exrait d’interview donné pour l’ ONISEP, Equipes Educatives (2009), Le secteur de l’ameublement, Ressources Monde professionnel.
[14] Architecte et urbaniste français, né le 21 mars 1736 à Dormans et mort le 18 novembre 1806 à Paris.
[15] Pierre Thiébaut, « L’art nouveau ou l’esthétique des courbes »,
[16] Sculpteur français né le 20 avril 1865 et mort le 17 novembre 1942 à Marseille.
[17] Architecte français né le 27 janvier 1814 à Paris et mort le 17 septembre 1879 en Lausanne.
[18] Architecte britannique né à Bloomsburry (Londres) le 1er mars 1812 et mort le 14 septembre 1852 à Ramsgate (Kent)
[19] Nikolaus Pevsner (1975), Les Sources de l’architecture moderne et du design, Thames & Hudson, 2003.
[20] Léon Ploegarts et Pierre Puttemans, L’œuvre architecturale de Henry van de Velde, Atelier Vokaer, Les presse de l’université Laval.
[21]Nommé aussi Samuel Bin après sa naturalisation française, marchand d’art et collectionneur français d’origine allemande né à Hambourg le 26 février 1838 et mort à Vaucresson le 6 septembre 1905. Sa galerie se trouve au 22 rue de Provence à Paris.
[22] Mario, Praz, (1982), An illustrated history of Interior decoration : From Pompeii to Art Nouveau, Thames & hudson.
[23] Gabriele, Fahr-Becker, L’art Nouveau, 1890-1914, Bruxelles, La Renaissance du livre, « Références », 2006.
[24] Artiste et graphiste d’origine allemande, né le 21 avril 1871 et mort le 15 avril 1925 à Berlin.
[25] Op. Cit. gabriele Fahr-Becker,, L’art Nouveau.
[26] Idem
[27] Bevis Hillier, Art Deco des années 20 et 30.
[28] Architecte et concepteur britannique né le 7 juin 1868 à Glasgow et mort le 10 décembre 1928 à Londres
[29] Graveur, affichiste, décorateur et architecte français né le 25 mai 1845 à Lausanne et le 23 octobre 1917 à Sceaux.
[30] Peintre, décorateur et architecte d’intérieur français né à Argentan en 1885 et mort à Paris en 1932.
[31] Critique d’art et polémiste américain, né le 16 javier 1909 et mort le 7 mais 1994 à New-York.
[32] C. Greenberg, « Peinture à l’américaine », 1988, p.226.
[33] C. Grennberg, « La peinture moderniste », 1965, p.38.
[34] Architecte britannique né le 3 août 1803 et mort le 8 juin 1865.
[35] Designer, architecte et urbaniste d’origine allemande et naturalisé américain, né le 18 mai 1883 à Berlin et mort le 5 juillet 1969 à Cambridge, dans les Massachusetts aux Etats-Unis.
[36] http://www.histoiredelart.net/courants/le-futurisme-13.html, consulté le 11 mai 2014.
[37] http://www.universalis.fr/encyclopedie/architecture-rationaliste/, consulté le 11 mai 2014.
[38] Architecte américain, né le 3 septembre 1856 à Boston et mort le 14 avril 1924 à Chicago.
[39] Architecte, urbaniste et designer finlandais né le 3 février en 1898 et mort le 11 mai 1976 en Finlande.
[40] Architecte finlandais né le 20 août 1910 en Finlande et mort le 1er septembre 1961 aux Etats-Unis.
[41] Designer italien né en 1916 et mort en 2001 à Milan
[42] Architecte et designer italien né le 6 mai 1905 et mort le 27 août 1973.
[43] Architecte et designer danois né le 11 février 1902 et mort le 24 mars 1971 à Copenhague, en Danemark.
[44] Architecte danois né le 9 septembre 1894 et mort le 31 janvier 1967.
[45] Architecte et designer américain né le 29 mai 1908 dans le Connecticut et mort en 1986 à New York.
[46] Charles Eames designer, architecte et cinéaste américain né le 17 juin 1907 et mort le 21 août 1978 à Saint Louis dans le Missouri Ray Bernice Alexandra Kaiser Eames, designer et architecte américaine née le 15 décembre 1912 à Sacrament et morte le 21 août 188 à Los Angeles.
[47] Grabar, Oleg (2000), La formation de l’art islamique, Paris Flammarion, collection « champs », 2000, p. 297.
[48] Orientaliste français né en Bourgogne vers 1580 et mort vers 1660 ou 1672.
[49] Diplomate français mort en 1839.
[50] Architecte égyptien né en 1805 et mort en 1848.
[51] Architecte français né le 26 novembre 1787 et mort le 8 février 1879 à Marseille.
[52] Henri Stierlin, (1993), L’architecture islamique, Que sais-je ?, Presses universitaires de France.
[53] Idem
[54] http://www.telquel-online.com/content/younes-duret-interroge-l%E2%80%99identit%C3%A9-du-design-arabe, consulté le 13 mai 2014.
[55] D. Fairchild Ruggles (éd), Islamic Art and Visual Culture. An Anthology of Sources, Malden/Oxford : Blackwell Publishing Ltd, 2011, p. 32.
[56] Mohammed Saïd Saggar, « Introduction à l’étude de l’évolution de la calligraphie arabe », dans G. Beaugé, J.-F. Clément, L’image dans le monde arabe, Paris : CNRS éditions, 1995, p. 100.
[57] « L’écriture du texte sacré », Bible, Torah, Coran, sit. exp. Paris, Bibliothèque Nationale de France, 2005-2006, http://expositions.bnf.fr/parole/explo/42/index.htm, consulté le 12 mai 2014.
[58] D. Fairchild Ruggles (éd), Islamic Art and Visual Culture. An Anthology of Sources, Malden/Oxford : Blackwell Publishing Ltd, 2011, p. 32.
[59]Op. Cit. Henri Stierlin, (1993), L’architecture islamique
[60] http://www.telquel-online.com/content/younes-duret-interroge-l%E2%80%99identit%C3%A9-du-design-arabe, consulté le 13 mai 2014.
[61] Institut du monde arabe, Veniste et l’Orient, Livre Jeunes, Exposition.
[62] Vu sur http://amitrtlu.free.fr/dernieres%20sorties/venise%20et%20l%20orient/venise%20et%20O.htm, le 09 mai 2014
[63] Vu sur http://www.lareveillee.org/bibliographie/, le 12 mais 2014.
[64] Vu sur http://www.spectacles-selection.com/archives/expositions/fiche_expo_V/venise_et_lorient/venise13.jpg, consulté le 11 mai 2014.
[65] http://islamic-arts.org/2012/islamic-architecture-of-andalusia-2/, consulté le 12 mai 2014.
[66]Jean-Luc Chalumeau, L’Art au présent, Paris, Christian Bourgois, coll. 10/18, 1986.
[67] http://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/zen/102781, consulté le 14 mais 2014.
[68] Mbog, Bassong, Esthétique de l’art africain : Symbolique et complexité, editions l’Harmattan.
[69] Christine Galaverna, Philosophie de l’art et pragmatique : l’exemple de l’art africain, L’Harmattan, 2002, p. 58.
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