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Resolution Des Problemes Des Etablissements Hebergeant Des Personnes Agees Dependantes (EHPAD)

 

 

 

 

 

RESOLUTION DES PROBLEMES DES ETABLISSEMENTS HEBERGEANT DES PERSONNES AGEES DEPENDANTES

(EHPAD)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

INTRODUCTION

 

A partir d’un certain âge, les personnes sont enclines à se redéfinir, un nouveau départ souvent difficile. Elles deviennent une sorte de poids pour la société. C’est ainsi que les familles font appel à des professionnels pour prendre soin de leurs parents assez âgés lorsque ces derniers deviennent incapables de prendre soin d’eux-mêmes. En effet, à partir d’un certain âge, les facultés mentales et physiques faiblissent et des maladies auparavant inconnues font leur apparition. C’est là que les familles, souvent débordées par leur quotidien ou inefficaces face à la vieillesse de leurs parents, les confient à des organismes ou des personnes plus qualifiées. Il se peut également que ce soit les personnes âgées elles-mêmes qui fassent appel à ces professionnels.

Les familles ont un choix : soit ils font venir les personnes qualifiées pour s’occuper des personnes âgées à la maison soit ils envoient ces personnes âgées dans un centre qualifié. Faire venir à domicile les professionnels peut s’avérer plus coûteux que de faire appel à un centre adapté. C’est ainsi que le plus souvent, on envoie les vieilles personnes dans ce qu’on appelle aujourd’hui un Etablissement d’Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes ou EHPAD. Autrefois, ce type d’établissement était appelé « maison de retraite ». Selon le site officiel de l’Administration Française : Service-Public.fr : c’est une structure médicalisée ayant vocation à accueillir des personnes âgées.

Toutefois, s’occuper de personnes âgées n’est pas chose simple. Il faut dire que parmi elles se trouvent des personnes têtues et difficiles à vivre. Sans oublier les maladies diverses et la faiblesse physique de ces personnes qui peuvent entraîner des accidents imprévisibles. Tout ceci rend la tâche de ces établissements encore plus difficile et délicate. Des personnes au départ très motivées et qualifiées sont susceptibles de perdre leurs moyens face à une situation imprévue et difficile. C’est ainsi qu’il est primordial de trouver des solutions efficaces pour éviter au maximum les accidents et le stress au sein de ces EHPAD.

En effet, dans la pratique, le personnel des EHPAD ont à faire face à diverses situations toutes aussi spécifiques les unes que les autres. Compte tenu de la particularité des personnes âgées prises en charge : caractère, état physique, mentalité, besoins. Des équipements perfectionnés et une formation adéquate sont donc requis pour mener à bien la mission d’un EHPAD.

Certains critères sont pris en compte lors de l’intégration d’une personne âgée dans un EHPAD, critères que nous verrons plus loin et qu’il est important de savoir compte tenu de leur impact sur le travail des soignants de l’EHPAD.

Nous avons donc été appelé à traiter ce sujet important afin de déterminer les solutions adéquates aux différents problèmes des EHPAD. Après quelques recherches et réflexion, nous avons établi le plan suivant : en premier lieu, il s’avère nécessaire de cerner ce qu’est plus précisément un Etablissement Hébergeant des Personnes Agées Dépendantes et les (I). En second lieu, nous allons tenter d’apporter diverses solutions à ces problèmes sans toutefois prétendre à la perfection (II).

 

 

 

PREMIERE PARTIE : LES ETABLISSEMENTS HEBERGEANT DES PERSONNES AGEES DEPENDANTES (EHPAD)

 

Dans cette première partie, nous allons d’abord définir ce qu’est un EHPAD (A) et énumérer les divers problèmes de ce type établissement (B).

A – Définition d’un EHPAD

Un Etablissement d’Hébergement pour Personnes Agées est, comme nous l’avons déjà vu, un établissement médico-social qui peut accueillir des personnes âgées et dépendantes. Il est possible que ces personnes soient atteintes de la maladie d’Alzheimer ou de maladies dégénératives. Les EHPAD sont régis par une loi du 24 janvier 1997 qui a été complétée par les décrets du 26 Avril 1999. Les EHPAD ainsi que tous les établissements médico-sociaux sont également régis par le Code de l’action sociale et des familles.  Nous allons voir d’abord les caractéristiques d’un EHPAD (1) et ensuite le personnel de ce type d’établissement (2).

  • Les caractĂ©ristiques d’un EHPAD

Qu’il soit privé associatif ou commercial ou public, l’EHPAD doit conclure une convention avec l’Etat et le Conseil Général qui l’oblige à respecter un cahier des charges et des règles de qualité qui visent à assurer l’accueil des personnes âgées dans de bonnes, voire, les meilleures conditions. Il s’agit d’une convention entre l’EHPAD, l’assurance maladie et le conseil général. Cette convention est pour une durée de cinq ans et devra donc être renouvelée selon la durée d’existence de l’EHPAD. Parmi les qualités requises, la qualité de vie est particulièrement importante (accessibilité, hygiène, sécurité, etc.), la personnalisation de la prise en charge (projet de vie individualisé, respect du rythme de vie du résidants, activités adaptées, etc.) et les relations avec le résidants et ses proches (niveau de participation de la famille du résidants, bonne information, etc.). A part l’engagement sur la qualité des services, la convention implique un système de tarification particulier : la triple tarification : elle répartit les frais de séjour selon 3 volets : hébergement, dépendance et soins auxquels correspondent des aides financières spécifiques. En échange, cette convention permet à l’EHPAD de percevoir des crédits de fonctionnement.

Ensuite, comme son nom l’indique, l’EHPAD accueille un type particulier de clients, en effet, certaines conditions sont requises pour pouvoir intégrer un EHPAD : il faut avoir plus de 60 ans, être en perte d’autonomie et bénéficier ou non d’une aide sociale du département. En ce qui concerne cette dernière condition, il y a des EHPAD qui ne sont pas habilitées à recevoir des bénéficiaires d’aide sociale.

Toujours dans le cadre du type de client pris en charge par les EHPAD, là encore il y a une distinction à faire selon le degré d’autonomie, encore dénommé, degré de dépendance, de la personne âgée. Ce degré permet de définir le tarif adéquat et l’éligibilité de la personne âgée à l’Allocation Personnalisée d’Autonomie (APA). Le degré d’autonomie est évalué par des professionnels selon certains critères qui figurent dans une grille dénommée AGGIR (Autonomie Gérontologie Groupes Iso Ressources).

Essayons d’abord de mieux connaître ce que sont l’APA et la grille AGGIR[1]. L’Allocation Personnalisée d’Autonomie (APA)[2] est une allocation destinée aux personnes âgées. Elle est ouverte aux personnes hébergées à domicile ou dans un établissement. Le demandeur doit remplir un certain nombre de conditions pour pouvoir en bénéficier. Il doit ensuite respecter, une fois son allocation attribuée, certaines obligations envers le conseil général.

Lesdites conditions à remplir sont les suivantes :

  • Avoir 60 ans ou plus
  • Etre en manque ou en perte d’autonomie en raison de l’état physique ou mental
  • Avoir besoin d’une aide pour l’accomplissement des actes essentiels de la vie ou ĂŞtre dans un Ă©tat nĂ©cessitant une surveillance rĂ©gulière.
  • RĂ©sider de façon stable et rĂ©gulière en France
  • Pour les Ă©trangers, ĂŞtre en sĂ©jour lĂ©gal en France

Il est important de savoir que l’attribution de l’APA n’est pas soumise à conditions de ressources. Toutefois, une somme : « le ticket modérateur », reste à la charge du bénéficiaire, sauf si ses revenus sont inférieurs à 725,22 euros par mois.

Pour le maintien de l’APA, le bénéficiaire est tenu envers le conseil général de :

  • DĂ©clarer la personne ou le service d’aide Ă  domicile rĂ©munĂ©rĂ© par cette allocation
  • Fournir les justificatifs d’utilisation de l’aide (fiches de salaire, dĂ©clarations Urssaf, talons des chèques emploi-service, factures du service d’aide Ă  domicile, factures des aides techniques, etc.)
  • Signaler tout changement qui survient dans sa situation (dĂ©mĂ©nagement, hospitalisation, changement d’intervenant au domicile, modifications de ses ressources, etc.)

Quant à la grille nationale AGGIR (Autonomie Gérontologie Groupe Iso-Ressources), elle permet d’évaluer le degré de dépendance du demandeur de l’allocation (APA). L’évaluation a lieu sur la base de plusieurs variables qui servent à déterminer le niveau de dépendance de la personne. Ces niveaux sont répartis en 6 groupes, dits « iso-ressources » (GIR). L’évaluation se fait suivants 17 critères. Seules les 10 variables suivantes, dites discriminantes, qui se rapportent à la perte d’autonomie physique et psychique, sont utilisées pour le calcul du GIR : cohérence, orientation, toilette, habillage, alimentation, élimination, transferts (se lever, se coucher, s’asseoir), déplacement à l’intérieur, déplacement à l’extérieur, communication à distance (téléphone, alarme, sonnette, etc.). D’autres variables illustratives, au nombre de 7, sont également utilisées. Elles n’entrent pas dans le calcul du GIR, mais apportent des informations pour l’élaboration du plan d’aide de la personne : gestion de son budget et de ses biens, cuisine, ménage, transports, achats, suivi d’un traitement médical, activités de temps libre. Chacune des 17 variables est cotée en A (actes accomplis seul, spontanément, totalement et correctement), B (actes partiellement accomplis), C (actes non réalisés).

Il existe 6 niveaux, dits iso-ressources, de dépendance dans la grille AGGIR. Le demandeur de l’APA est classé dans un des groupes en fonction des résultats de son évaluation. Seules les GIR 1 à 4 ouvrent droit à l’APA. La personne classée en GIR 5 ou 6 peut néanmoins demander une aide ménagère.

Voici les degrés de dépendance des différents groupes iso-ressources :

  • Gir 1 : personne confinĂ©e au lit ou au fauteuil, dont les fonctions mentales sont gravement altĂ©rĂ©es et qui nĂ©cessite une prĂ©sence indispensable et continue d’intervenants ; ou personne en fin de vie
  • Gir 2 : personne confinĂ©e au lit ou au fauteuil, dont les fonctions intellectuelles ne sont pas totalement altĂ©rĂ©es et dont l’état exige une prise en charge pour la plupart des activitĂ©s de la vie courante ; ou personne âgĂ©e dont les fonctions mentales sont altĂ©rĂ©es mais qui est capable de se dĂ©placer.
  • Gir 3 : personne ayant conservĂ© son autonomie mentale, partiellement son autonomie locomotive, mais qui a besoin quotidiennement et plusieurs fois par jour d’une aide pour les soins corporels
  • Gir 4 : personne n’assumant pas seule ses transferts mais qui, une fois levĂ©e, peut se dĂ©placer Ă  l’intĂ©rieur de son logement. Elle doit aussi parfois ĂŞtre aidĂ©e pour la toilette et l’habillage ; ou personne n’ayant pas de problèmes locomoteurs mais qui doit ĂŞtre aidĂ©e pour les soins corporels et les repas
  • Gir 5 : personne ayant seulement besoin d’une aide ponctuelle pour la toilette, la prĂ©paration des repas et le mĂ©nage
  • Gir 6 : personne encore autonome pour les actes essentiels de la vie courante

Il faut savoir qu’il est possible de changer de Gir. En effet, la règlementation prévoit que le classement dans un Gir et le montant de l’APA sont revus régulièrement par l’équipe médico-sociale du conseil général (pour la personne à domicile) ou par le médecin coordonateur ou, à défaut, un médecin conventionné (pour la personne en établissement). Cette révision peut aussi être demandée à tout moment par le bénéficiaire de l’allocation (ou par un de ses proches), par courrier adressé aux services compétents du conseil général. La personne classée en Gir 5 ou 6 lors d’une précédente demande d’APA, peut déposer une nouvelle demande d’allocation en cas de dégradation de son état de santé.

Une autre définition de l’EHPAD[3] : « l’EHPAD est un établissement d’hébergement pour personne âgées dépendantes. C’est un ensemble immobilier constitué de chambres médicalisées permettant l’accueil de personnes âgées ayant besoin d’une assistance quotidienne et permanente. L’EHPAD propose des services tels que l’hébergement, les repas, la blanchisserie, les soins d’hygiène et médicaux, etc. un établissement EHPAD répond à des règles strictes, soumises aux conventions tripartites et à des normes de logement. »

Cet espace, par l’intermédiaire de son site internet, nous a fournit certaines informations. Parmi ces informations, il nous indique que la France va connaître une profonde mutation de la structure de sa population, du fait de l’allongement de la durée de vie, l’élévation du niveau de vie et l’arrivée à l’âge de la retraite des baby boomers. Les plus de 60 ans représenteront au minimum 33% de la population française en 2040, contre environ 21% en 2000.

Il nous informe également que la maladie d’Alzheimer et les maladies apparentées constituent aujourd’hui la principale cause de dépendance lourde des personnes âgées et donc une des principales causes d’entrée en institution. Cette maladie touche 850.000 personnes en France, un chiffre qui représente 18% des personnes de plus de 75 ans. Dans les prochaines années, les coûts humains et financiers de la prise en charge de ce type de maladies vont s’alourdir (systématisation des diagnostics, prise en charge plus précoce, progrès de la prise en charge et des traitements, etc.), avec 225.000 nouveaux cas déclarés chaque année.

S’il y avait environ dix millions de français de plus de 65 ans en 2005, ils seront de l’ordre de 18 millions en 2050, soit une croissance totale de 185%. Cette hausse est inégale en fonction du décile concerné : plus de 45% pour la population de 65 à 74 ans, plus de 78% pour les 75 à 84 ans, plus de 288% pour les plus de 85 ans. Cette augmentation se traduit par une progression mécanique du nombre de personnes âgées fortement dépendantes (2% des personnes de 70 ans sont dépendantes contre 30% de celles qui ont 90 ans). Le nombre des personnes de plus de 60 ans classées en GIR 1 à 4 dépasse d’ores et déjà le million si l’on se réfère aux données des bénéficiaires de l’APA.

Autrefois, les EHPAD étaient dénommés maisons de retraite médicalisées. Pour mieux correspondre aux nécessités d’aujourd’hui, aux critères qualités entre autre dont l’individualisation de la prise en charge, un changement de nom et de statut s’est imposé. Vers la fin de l’année 2007, la moyenne d’âge des résidants en EHPAD fût de 84 ans. 84% d’entre eux étaient considérés comme dépendants dont la moitié comme très dépendantes[4].

Aujourd’hui, les EHPAD ne cessent d’innover afin de mieux répondre aux attentes des personnes âgées et pour suivre les évolutions technologiques actuelles. Mises à part les évolutions dans le cadre de la médecine, il y a également l’utilisation des nouvelles technologies. En effet, certains EHPAD n’hésitent pas à se servir des ordinateurs et d’internet pour se faire connaître et pour animer les journées des personnes âgées.

Par exemple, pour l’EHPAD Saint Germain de l’Herm (63), il se sert de la médiathèque du village (Haut-Livradois) pour permettre à ses résidants d’alimenter un blog juste fait pour eux. Selon leur animatrice, Christine Mollimard : « C’est pour qu’ils comprennent que ce qu’ils écrivent est visible dans le monde entier c’est également un travail de mémoire et de mise en mots auquel ils se livrent ».

L’EHPAD public peut être autonome ou être rattaché à un établissement sanitaire, le plus souvent un hôpital. Il a la plus grande capacité d’accueil avec 84 résidants en moyenne par établissement en 2007 et regroupe environ la moitié des places en maison de retraite. Les délais d’attente pour obtenir une place sont souvent de plusieurs mois, parfois même, une année. L’EHPAD privé quant à lui peut être à but lucratif (commercial) ou non (associatif). 30% des places en EHPAD est dominé par le secteur associatif et se caractérise par un nombre important d’établissements de petite capacité. Pour ce qui est du secteur commercial, il se développe rapidement et se focalise surtout sur les grandes dépendances.

Il y a également des EHPAD spécialisés : avec une ou plusieurs unités de soin spécifique qui accueillent les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer et des troubles apparentés. La formation de leur personnel, leurs soins et la participation des familles y sont spécifiques. L’environnement et l’architecture des bâtiments sont également particuliers pour optimiser la qualité de vie des malades et atténuer les troubles comportementaux.

Catherine Nedelec, dans son mémoire pour l’obtention du diplôme de cadre de santé  intitulé : « Réflexion autour du projet de vie », nous indique qu’il y a d’autres types d’établissement qui peuvent accueillir les personnes âgées

  • Les foyers logements occupĂ©s par des personnes âgĂ©es valides dont quelques-uns sont mĂ©dicalisĂ©s (Infirmier, auxiliaire de vie qui viennent Ă  domicile dans certaines communes).
  • Les USLD qui se situent dans les hĂ´pitaux. Les personnes âgĂ©es ont besoin d’une surveillance mĂ©dicale et paramĂ©dicale continue.
  • Les maisons d’accueil temporaire : elles permettent de « soulager » les familles, qui hĂ©bergent leur aĂŻeul Ă  domicile. La durĂ©e de sĂ©jour ne doit pas dĂ©passer 4 mois.
  • Les accueils de jour : il s’agit d’un accueil Ă  la journĂ©e, permettant aux aidants de se ressourcer dans la journĂ©e et aux personnes âgĂ©es d’avoir une continuitĂ© de lien social.
  • Les accueils de jour Alzheimer : 2 Ă  3 fois par semaine, les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer peuvent s’y rendre. Elles sont logĂ©es soit chez leurs enfants ou soit chez leur conjoint.

S’occuper de personnes âgées ne se limite pas à les soigner, les laver et les nourrir, cela implique également de faire en sorte à ce qu’elles se sentent bien, à ce qu’elles soient traitées comme des êtres humains, qu’elles sont d’ailleurs : avec des sentiments, des amis, une famille, etc. ; bref, des besoins socioculturels. Cela s’explique par le fait que l’EHPAD est probablement le dernier domicile de la personne âgée avant de mourir, il est donc primordial de faire en sorte à ce que ce soit dans les meilleures conditions possibles.

C’est dans cette optique que le projet de vie, qui fait partie de la qualité de vie, a été instauré. Tous les membres du personnel de l’EHPAD sont concernés par ce projet, ainsi que les familles et les proches des résidants. Le projet de vie comprend :

  • Le recueil de donnĂ©es Ă  l’entrĂ©e du rĂ©sidants
  • Ses besoins et envies
  • Son projet d’animation en fonction de son Ă©tat de dĂ©pendance

Chaque résidants est spécifique, ce qui implique un projet de vie personnalisé pour chacun d’entre eux. En effet, chaque résidants a sa vie, sa famille, ses amis, ses goûts, etc. L’EHPAD doit tenir compte de tous ces critères, du moins la plupart d’entre eux pour que le résidants se sente bien autant que possible. Si autrefois ce fût les résidants qui devaient s’adapter aux conditions des maisons de retraite, le projet de vie personnalisé au contraire oblige les EHPAD à tenir compte des conditions de vie que les résidants avaient au sein de leurs foyers. Ce projet est compris dans le tarif hébergement de l’EHPAD, ce qui signifie que le projet de vie est véritablement un élément déterminant de la qualité de vie des résidants. En contrepartie, le résidants devra toutefois s’habituer au fait de vivre en collectivité, ce qui ne fût pas le cas chez lui avant. Les personnels de l’EHPAD seront là pour l’aider dans ce processus d’adaptation et pour qu’il ne puisse pas se sentir trop oppressé par les diverses règlementations qui régissent l’établissement. En effet, les personnes âgées peuvent être très fragiles physiquement et moralement.

La qualitĂ© de vie, selon l’OMS en 1993, est : « la perception qu’a un individu de sa place dans l’existence, dans le contexte de la culture et du système dans lesquels il vit, en relation avec ses objectifs, ses attentes, ses normes et ses inquiĂ©tudes. Il s’agit d’un large champ conceptuel, englobant de manière complexe la santĂ© physique de la personne, son Ă©tat psychologique, son niveau d’indĂ©pendance, ses relations sociales, ses croyances personnelles et sa relation avec les spĂ©cificitĂ©s de son environnement »

Après avoir vu ce qui concerne l’EHPAD en soi, nous allons maintenant voir les divers intervenants de cet établissement.

  • Le personnel au sein de l’EHPAD

Plusieurs personnes interviennent au sein de l’EHPAD pour prendre soin des résidants. On peut les regrouper en 4 catégories : les membres de l’administration, l’équipe de soin, les animateurs et le personnel logistique et technique. Leur effectif dépend de la capacité d’accueil de l’EHPAD en question.

En tant qu’entreprise employant des travailleurs, il est évident qu’il y ait des administrateurs au sein de l’EHPAD. Ils assurent les tâches administratives comme le secrétariat, la comptabilité, l’accueil et les relations avec les familles. Certains agents peuvent même accompagner les résidants et leurs familles dans les démarches administratives et aussi pour les mesures de protection juridique (tutelle, curatelle). Les premiers interlocuteurs des familles au sein d’un EHPAD sont :

  • L’agent d’accueil : il occupe un poste stratĂ©gique : il est chargĂ© de l’accueil, des renseignements Ă  fournir Ă  propos de l’EHPAD, de la rĂ©ception des appels tĂ©lĂ©phoniques et des relations avec l’extĂ©rieur (courriers).
  • Le directeur : il dirige l’ensemble du personnel de l’EHPAD. Il est le premier responsable du bon fonctionnement de l’établissement. MĂŞme s’il n’est pas toujours auprès des personnes âgĂ©es, il est toutefois responsable de leur bien-ĂŞtre.

Ensuite, en tant qu’établissement médico-social, l’EHPAD dispose d’une équipe de soin : à la fois médicale, paramédicale et médico-sociale bien évidemment. Cette équipe est majoritaire au sein du personnel de l’EHPAD. Leur mission est de prendre soin des personnes âgées : de les nourrir, de les laver, de les soigner, de leur parler, de les écouter, etc.… :

  • Il y a, par exemple, des infirmiers : ils sont chargĂ©s de faire les actes mĂ©dicaux comme le pansement ou les injections et de distribuer ou mĂŞme d’administrer les mĂ©dicaments aux rĂ©sidants. « L’infirmier donne habituellement des soins infirmiers sur prescription ou conseil mĂ©dical ou en application du rĂ´le propre qui lui est dĂ©volu. La profession d’infirmier comporte l’analyse, l’organisation, la rĂ©alisation de soins infirmiers, leur Ă©valuation, la contribution au recueil des donnĂ©es cliniques et Ă©pidĂ©miologiques et des actions de dĂ©pistage. Les infirmiers participent Ă©galement Ă  des actions de prĂ©vention, de formation et d’éducation Ă  la santĂ© ou d’encadrement. Ce mĂ©tier est très diversifiĂ©, et les infirmiers peuvent exercer dans de multiples structures et secteurs d’activitĂ©s : hĂ´pital, centre de soins, centre de rĂ©adaptation, maison de retraite, santĂ© du travail, santĂ© scolaire, psychiatrie, soins palliatifs, oncologie… Les soins infirmiers sont prĂ©ventifs, curatifs ou palliatifs. Ils exigent donc des qualitĂ©s techniques et relationnelles, une bonne rĂ©sistance physique, ainsi que de la disponibilitĂ©.»[5]
  • Il y a Ă©galement des aides-soignants : compte tenu de l’importance de leur rĂ´le, nous allons consacrer une petite sous-partie exclusivement pour ces aides-soignants. Mais pour commencer,  il importe de savoir d’ores et dĂ©jĂ  qu’ils secondent les infirmiers. Ils sont chargĂ©s de s’occuper de l’hygiène et du confort des personnes âgĂ©es. Ce sont ces aides-soignants qui sont le plus proches des rĂ©sidants car ils sont avec eux au quotidien (toilette, repas, dĂ©placement, etc.…), ils veillent au maintien de leur autonomie et Ă  la participation aux animations. Selon le site Maisons de retraite.fr : « l’aide-soignant rĂ©alise des soins liĂ©s aux fonctions d’entretien et de continuitĂ© de la vie visant Ă  compenser un manque ou une diminution d’autonomie de la personne. Son rĂ´le s’inscrit dans une approche globale de la personne soignĂ©e et prend en compte la dimension relationnelle des soins. L’aide-soignant accompagne cette personne dans les activitĂ©s de sa vie quotidienne, il contribue Ă  son bien-ĂŞtre et Ă  lui faire recouvrer, dans la mesure du possible, son autonomie. »
  • L’aide mĂ©dico-psychologique : elle a une tâche similaire Ă  celle de l’aide-soignant. Cette aide est principalement orientĂ©e vers la communication des rĂ©sidants (Ă  travers la parole ou tout autre moyen) et Ă  la favorisation de leur vie sociale.
  • L’agent de service : il est chargĂ© de la propretĂ© des chambres et des espaces communs, ainsi que de leur entretien
  • Le cadre infirmier : il est chargĂ© de la coordination et de l’animation de l’ensemble du personnel soignant. Comme le directeur envers tous les employĂ©s de l’EHPAD.
  • Les autres professionnels de santé : il peut s’agir de mĂ©decins, de kinĂ©sithĂ©rapeutes, d’ergothĂ©rapeutes, de psychologues, de diĂ©tĂ©ticiens, etc.…
  • Le mĂ©decin coordonateur : il a un rĂ´le de conseil auprès du directeur de l’EHPAD, pour l’intĂ©gration de nouveaux rĂ©sidants notamment. Il coordonne l’action des professionnels de santĂ©, mĂŞme ceux de l’extĂ©rieur. Toutefois, il n’intervient pas directement auprès des rĂ©sidants. Il doit prĂ©server l’autonomie du rĂ©sidants et trouver des solutions s’il y a des pathologies aigĂĽes.

Quant aux animateurs ou personnel d’animation, c’est eux qui font la différence entre un simple établissement médical et un domicile collectif. Nous avons parlé plus haut du projet de vie individualisé, et bien ce sont les animateurs qui font en sorte à ce que les résidants puissent réaliser le leur, avec l’aide de l’équipe de soin bien entendu. Les animateurs sont pratiquement toujours présents et s’assurent du bien être psychologique des résidants : bien être, joie, etc. Selon Philippe Crône, un animateur en EHPAD : « Nous les aidons à exister autrement que par la maladie, au travers d’activités variées et de projets de groupes. Dans l’atelier mémoire par exemple, les personnes âgées expliquent qui elles sont en allant chercher dans les souvenirs. A la fin, des affinités, se créent autour de valeurs communes. Nous créons des liens. »

Passons maintenant au personnel logistique et technique : les membres de cette équipe se chargent d’entretenir les installations de l’EHPAD (petites réparations, ménage, peinture, etc.), en collaboration avec l’agent de service. Ils préparent les repas, entretiennent le linge, s’occupent du jardinage, etc.… Ainsi, ils participent indirectement au bien-être des résidants.

Il convient ici de noter que d’autres personnes sont susceptibles d’intervenir auprès de l’EHPAD. Ils interviennent, soit à la demande des résidants, soit ils viennent régulièrement :

  • Les professionnels (service Ă  la personne, paramĂ©dicaux, etc.…) qui peuvent ĂŞtre soit libĂ©raux, soit salariĂ©s. Ils sont rĂ©munĂ©rĂ©s par le rĂ©sidants car c’est pour ses soins personnels : son mĂ©decin traitant, son coiffeur, etc.
  • Les reprĂ©sentants de diffĂ©rents cultes : ils interviennent ponctuellement ou pĂ©riodiquement (messe hebdomadaire par exemple).
  • Les bĂ©nĂ©voles : ils mettent sur pied des activitĂ©s rĂ©gulièrement ou ponctuellement. Certains EHPAD peuvent ĂŞtre en lien avec d’autres entitĂ©s : associations, Ă©coles, etc. « Leurs interventions, mĂŞme si elles restent exceptionnelles, soulignent l’ouverture de l’établissement sur la cité » commente Philippe CrĂ´ne.
  1. Les aides-soignants

Le mĂ©tier d’Aide Soignant est dĂ©fini rĂ©glementairement par le dĂ©cret n° 89-241 du 18 avril 1989 modifiĂ©. Les Aides Soignants doivent ĂŞtre titulaires du diplĂ´me professionnel d’Aide Soignant (ex CAFAS), du Certificat d’Aptitude aux Fonctions d’Aide MĂ©dico Psychologique, ou du diplĂ´me professionnel d’Auxiliaire PuĂ©ricultrice (niveau V).
L’Aide Soignant contribue Ă  une prise en charge globale des personnes, en liaison avec les autres intervenants au sein d’une Ă©quipe pluridisciplinaire, en milieu hospitalier ou extrahospitalier, dans le secteur mĂ©dical, social, ou mĂ©dico-social. Au sein de cette Ă©quipe, il dispense, en collaboration et sous la responsabilitĂ© de l’infirmier, les soins visant Ă  rĂ©pondre aux besoins d’entretien et de continuitĂ© de la vie de l’ĂŞtre humain et Ă  compenser partiellement un manque ou une diminution d’autonomie de la personne.[6]

  • ActivitĂ©s
  • Collaborer aux soins
  • Dispenser des soins d’hygiène et de confort :
  • Assurer le rĂ©veil et le lever des patients, faire la toilette (totale ou partielle), les changes, l’esthĂ©tique et l’habillage
  • Accompagner les patients aux toilettes pour rééducation urinaire
  • Masser les membres infĂ©rieurs pour soulager
  • Aider Ă  l’Ă©limination
  • Participer Ă  l’identification des besoins de la personne :
  • Observer et transmettre les informations sur l’Ă©volution des signes cliniques du patient et donner l’alerte
  • Collaborer aux soins prĂ©ventifs et curatifs :
  • Prendre la tempĂ©rature, faire la pesĂ©e
  • PrĂ©venir les risques d’escarres
  • Surveiller les selles
  • Aider l’infirmier aux pansements
  • Distribuer et aider Ă  la prise de mĂ©dicaments prĂ©parĂ©s par l’infirmier (si acte de la vie courante)
  • Participer Ă  la distribution des repas :
  • Aider certains patients Ă  prendre leur repas
  • ContrĂ´ler la prise des repas
  • Solliciter et stimuler au quotidien les diffĂ©rentes fonctions afin de conserver ou dĂ©velopper l’autonomie des patients lors de la toilette, de la prise de repas, de dĂ©placements, ….)
  • Participer Ă  la prise en charge du corps en cas de dĂ©cès :
  • Effectuer la toilette mortuaire et l’habillage
  • Aider au transport du corps au dĂ©positoire
  • Participer Ă  la tenue des dossiers de soins :
  • Participer aux transmissions orales et Ă©crites concernant le patient : aspects physique, psychique et social (fiche poids, de selles, suivi comportement, activitĂ©s, …)
  • Participer au projet de vie :
  • Collaborer au suivi de la dĂ©marche de soin (constat, objectifs, actions) et Ă  l’Ă©valuation de l’autonomie
  • Collaborer a la qualitĂ© du sĂ©jour
  • Participer Ă  l’accueil des patients et de leur famille :
  • Informer sur le fonctionnement de l’Ă©tablissement (organisation, horaires, activitĂ©s,..)
  • RĂ©pondre au tĂ©lĂ©phone et passer les communications Ă  la personne concernĂ©e ou rĂ©pondre en cas de renseignements simples demandĂ©s
  • RĂ©pondre aux sollicitations des patients :
  • GĂ©rer les angoisses face la mort, la solitude ou la maladie en rassurant les patients
  • RĂ©pondre aux sonnettes
  • Accompagner les patients dans leurs diffĂ©rents dĂ©placements
  • Assurer la sĂ©curitĂ© et la protection du patient
  • Mettre en place ou/et participer aux animations et activitĂ©s occupationnelles : aide Ă  la marche, coiffure, esthĂ©tique, jeux, gymnastique…
  • Accompagner les patients Ă  la fin de vie :
  • Apporter soutien et rĂ©confort (prĂ©sence, parole,…)
  • Participer au soutien des familles en cas de dĂ©cès :
  • PrĂ©venir et accueillir
  • RĂ©pondre aux questions Ă©ventuelles

 

  • Assurer l’entretien courant des matĂ©riels et des locaux
  • Assurer l’entretien de l’environnement direct et indirect du patient :
  • Faire le lit et changer la literie au besoin
  • Nettoyer la chambre (surfaces : lit, table de nuit, armoire)
  • Dresser le couvert et dĂ©barrasser les tables
  • Nettoyer les tables
  • Envoyer le linge sale Ă  la lingerie, le rĂ©cupĂ©rer et le ranger dans les armoires
  • PrĂ©parer les chariots toilettes et repas
  • Disposer le matĂ©riel nĂ©cessaire Ă  la toilette des patients, aux repas et Ă  l’entretien des chambres
  • PrĂ©parer les chambres pour la visite de la famille lors d’un dĂ©cès
  • GĂ©rer les stocks et les approvisionnements
  • Participer Ă  la gestion des stocks des produits (incontinence et autres)
  • Assurer commandes et rangement
  • Participer a l’organisation interne
  • Participer aux rĂ©unions de service
  • Participer Ă  la tenue du cahier de communication interne
  • GĂ©rer les communications tĂ©lĂ©phoniques et transmettre les appels
  • Encadrer et participer Ă  l’Ă©valuation des stagiaires et des Ă©lèves aides soignants

 

  • RĂ©sultats attendus:
  • Assurer une vigilance continue et rigoureuse dans l’observation du patient
  • Respecter les dĂ©lais impartis pour chaque tâche (toilettes, repas…)
  • Apporter des soins physiques et relationnels en fonction des besoins de chaque patient
  • Observer tous types d’anomalies dans le comportement du patient et transmettre l’information
  • Respecter le projet de soins et de vie de l’Ă©tablissement
  • Assurer une transmission d’informations Ă©crites et orales fiable et ciblĂ©e
  • Respecter le secret professionnel
  • Respecter son domaine d’intervention

Après avoir vu ce qui concerne l’EHPAD et les membres de son personnel, nous allons maintenant aborder le cœur du sujet qui est le côté négatif de la profession en EHPAD.

B – Les risques professionnels en EHPAD

Divers types de problèmes professionnels peuvent subvenir au sein d’un EHPAD. Nous allons les classer en trois catégories : les problèmes d’accident (1), les problèmes liés aux résidants (2) et la fatigue professionnelle (3).

  • Les problèmes d’accident

L’un des principaux problèmes que les Etablissements Hébergeant des Personnes Agées Dépendantes ont à faire face sont les problèmes d’accident. En effet, les personnes âgées rencontrent souvent des difficultés à se déplacer. Particulièrement à partir d’un certain âge. C’est à cause de cela que la plupart du temps, les personnes âgées trébuchent. Ces accidents peuvent être très dangereux dans la mesure où les personnes âgées sont très fragiles. En effet, la moindre chute peut être fatale pour la personne âgée. Même l’aide-soignant le plus avisé peut ne pas toujours s’attendre aux accidents qui risquent de frapper les résidants : escaliers, cours, salle à manger, chambres, etc. Voyons quelques exemples pour illustrer cela.

Les accidents dans les escaliers sont les plus dangereux. En effet, la montée des escaliers est fort pénible pour les personnes âgées et en cas de fatigue, elles peuvent perdre l’équilibre et tomber vers l’arrière. Si la chute n’est pas très dure, le résidants pourrait se casser un membre ou autre organe non vital mais si la chute est dure, il risque d’y laisser la vie. De même pour la descente, si le résidants tient mal la rampe ou s’il éprouve des difficultés sérieuses, il risque de tomber par l’avant, la tête la première et de rouler jusqu’en bas des escaliers. La chute des escaliers, que ce soit par la montée ou par la descente, est probablement fatale lorsqu’elle a lieu depuis les marches les plus hautes.

Quant aux accidents dans la cour ; certes, ils ne sont pas plus dangereux que ceux dans les escaliers mais ils peuvent causer des troubles sévères aux résidants. Effectivement, un résidants qui trébuche peut se blesser, se fracturer ou même mourir. Il peut également tomber suite à un malaise. Mais mis à part les séquelles physiques, des séquelles mentales sont susceptibles de se manifester. Tels qu’un manque de confiance en soi, des traumatismes, des colères injustifiées, de l’agressivité, etc. En effet, nous verrons plus bas, lorsque nous traiterons les problèmes bucco-dentaires, que la moindre incapacité peut entraîner des troubles graves sur la personnalité et sur la vie sociale d’un résidants.

Il y a également les accidents dans la salle à manger. Les résidants assez autonomes et qui arrivent à se nourrir eux-mêmes peuvent toutefois rencontrer des difficultés à tenir la cuillère. Ils se pourraient aussi qu’ils avalent de travers et s’étouffent en conséquence. L’étouffement peut empêcher le résidants de respirer et donc de perdre la vie. La mort est un risque constant en EHPAD, c’est la raison pour laquelle ont l’envisage souvent dans cette partie. Car mises à part les maladies et la vieillesse, les accidents font partie des causes de la mortalité en EHPAD.

Enfin, les accidents dans les chambres. Ils sont également dangereux dans la mesure où les résidants s’y retrouvent seuls pendant leur sommeil. En effet, pendant la nuit, les aides-soignants ne se trouvent pas dans les chambres à coucher des résidants, sauf pour les plus fragiles où l’assistance est très nécessaire. Durant leur sommeil, les résidants sont susceptibles de se retourner dans leur lit et de tomber. Une chute durant le sommeil peut également être fatale compte tenu de l’inconscience du résidants. Plus encore, les aides-soignants peuvent ne pas se rendre compte de la chute d’un résidants dans sa chambre que très tard ou même, seulement le lendemain.

Après avoir vu les accidents qui peuvent arriver aux résidants en EHPAD, voyons maintenant les autres problèmes toujours en relation avec les résidants.

  • Les autres problèmes liĂ©s aux rĂ©sidants

Il y a toutes sortes de problèmes qui peuvent arriver en EHPAD, nous allons traiter les cinq principaux d’entre eux : les conflits entre médecin traitant et médecin coordonateur (a), les problèmes d’alimentation et de nutrition (b), les problèmes bucco-dentaires (c), les problèmes des soins palliatifs (d) et enfin, le problème de maltraitance des résidants (e).

  1. Les conflits entre médecin traitant et médecin coordonateur

On sait tous à quel point les personnes du troisième âge peuvent être fragiles physiquement et mentalement : les maladies qu’elles n’auraient jamais eues durant leur jeunesse surgissent de nulle part. Leur système immunitaire se détériore, ce qui facilite l’accession des maladies. Certes, si les personnes âgées sont en EHPAD, c’est pour se faire soigner, mais il y a des cas où les soignants peuvent être inefficaces, c’est d’ailleurs pour cela qu’il y a des médecins traitants et coordonateurs.

Entre le médecin traitant et le médecin coordonateur, des divergences peuvent subvenir. En effet, le médecin traitant est le médecin personnel du résidants tandis que le médecin coordonateur coordonne les traitements des résidants d’un EHPAD. En conséquence, leurs avis peuvent diverger et entraîner des conflits sérieux entre eux. Ces conflits peuvent avoir de graves répercussions sur les patients : divergences de traitement, complications au niveau de la maladie du patient, voire même, délaissement du résidants. En effet, le médecin libéral, en plus de s’occuper du résidants intervient ailleurs, ce qui pose le problème de sa disponibilité. Pourtant, le médecin traitant est un important lien du résidants avec sa « vie antérieure » (médecin de famille) contrairement au médecin coordonateur qui représente sa « nouvelle vie » en EHPAD. De son côté, le médecin coordonateur non plus ne peut pas toujours être présent car soit il a d’autres tâches au niveau de l’EHPAD, soit il s’occupe d’autres EHPAD. A cela s’ajoute le problème de la définition des responsabilités de ces médecins : lequel est le réel médecin prescripteur ? Lequel des deux traitements les infirmiers doivent-ils suivre en cas de divergences ? Celui du médecin traitant ayant connu le patient depuis longtemps ou celui du médecin coordonateur qui est plus évolué et qui répond mieux à l’organisme du troisième âge ? Deux situations peuvent se présenter : soit le patient décide de respecter le traitement prescrit par son médecin traitant, auquel il a entière confiance ; soit il décide de s’adapter aux habitudes de son nouveau domicile et décide d’adopter les prescriptions du médecin coordonateur, laissant ainsi le médecin traitant devant le fait accompli et sans consultation préalable. Coordonner les actions de ces deux médecins ne semble pas être chose simple compte tenu de l’exercice actuel ; effectivement, les relations entre médecin traitant et médecin coordonateur sont quasi-inexistantes. Lorsqu’il y a relations, les contradictions émergent et peuvent parfois conduire à des problèmes juridiques. Quelle position adopter alors ? Laisser le patient décider pourrait être une solution aisée mais cela conduirait le médecin coordonateur à faire des concessions s’il n’est pas choisi ; alors qu’au sein de l’EHPAD, il est le premier responsable des traitements des résidants. Ce serait comme laisser les médecins traitants décider du sort des résidants et ainsi diriger l’EHPAD. Le docteur Luez a écrit qu’en cas de contact, il se pourrait que le médecin coordonnateur puisse conseiller le médecin traitant d’un résidants et conduire à ce qu’il modifie progressivement sa pratique. Il n’a cependant pas la légitimité, ni les moyens de former les praticiens libéraux exerçant dans son EHPAD aux spécificités de la médecine gériatrique et à sa pratique. Pourtant, cela pourrait être très bénéfique pour les deux parties mais surtout pour le résidants qui n’aura plus à faire le difficile choix de son médecin prescripteur.

Nous éluciderons la question dans la partie solutions aux problèmes de l’EHPAD mais passons maintenant à un autre problème en EHPAD et qui n’est pas non plus des moindres. Quoiqu’il faut reconnaître tous les problèmes en EHPAD sont importants compte tenu du fait qu’il s’agit de vies humaines et fragiles, où la moindre erreur peut être fatale pour les résidants. Il s’agit de la nutrition et de l’alimentation des personnes âgées.

  1. La nutrition et l’alimentation des personnes âgées

Il est clair que ce sujet est très sensible en EHPAD : quel type de nourriture serait le mieux adapté pour les personnes du troisième âge ? Tenir compte de leurs organismes et de leur état de santé est requis pour la conception du menu : sont-ils à même de mâcher la nourriture ? Quelles son leurs allergies ? La nourriture proposée est-elle adaptée au traitement du résidants ? Etc. A ces questions s’ajoute la compétence du cuisinier : sauras-t-il cuisiner ces plats ?

Il est évident que le régime des personnes âgées est un tantinet différent de celui des personnes plus jeunes. Ce qu’ils mangent étant déterminant pour leur état de physique et le traitement de leurs maladies. Même si leur régime est strict et parfois même toujours similaire, il faudrait de la variété et de la diversité dans la nourriture. En effet, il ne faudrait pas que prendre le repas devienne un ennui pour les résidants si les menus ne changent pas. Les normes de qualité sont également exigées à propos de ces repas. Il est fort possible que la nourriture assignée au résidants ne corresponde pas à ses goûts personnels. L’exigence de qualité est donc d’autant plus requise pour la satisfaction du résidants. Si les normes de qualité ne sont pas suivies en ce qui concerne les repas des résidants, ces derniers pourraient quasiment refuser de manger tout simplement, ce qui serait très mauvais pour leur état de santé. Faire appel à un diététicien s’avère souvent nécessaire pour ne pas se tromper sur les aliments à préparer.

Tellement de choses sont à voir en ce qui concerne la nutrition et l’alimentation des personnes âgées. Parmi elles se trouvent le suivi de leur régime. Certains membres du personnel peuvent ne pas être qualifiées ou rencontrer des difficultés à « nourrir » les résidants : réticence de ces derniers, incompréhension des agents, confusion de régimes, etc. Les former est de rigueur dans ces situations mais cela peut s’avérer insuffisant car les résidants ont chacun leur particularités : comportement, faculté à manger, etc. Ainsi, certains agents préfèrent ne pas tenir tête au résidants et lui donner ce qu’il désire, ou tout simplement qu’ils ignorent l’importance du régime à suivre et des conséquences qui pourraient s’ensuivre en cas de dénutrition du résidants. Tout ceci mérite d’être clarifié et mérite d’être inculqué aux agents qu’ils font du mal aux résidants s’ils ne leur donnent pas ce qu’ils doivent manger mais ce qu’ils veulent manger.

De même, les cuisiniers, aussi talentueux qu’ils soient, ne sont pas forcément très familiers avec l’alimentation des personnes âgées. Il se pourrait qu’ils cuisinent aveuglément comme ils le feraient en toute autre circonstance. Pourtant, ce serait si simple s’ils étaient conscients que la nourriture qu’ils préparent pour les résidants pourrait leur permettre d’avoir un meilleur état de santé et même de gagner plus de temps à vivre. En effet, les cuisiniers sont des acteurs déterminants pour la réussite du projet de vie personnalisé. Avec de la nourriture adaptée et de bonne qualité, les résidants auraient plus de plaisir à manger, ce qui est excellent pour leur santé et leur bien-être intérieur et extérieur. Certains régimes peuvent être compliqués et souvent modifiés selon la maladie ou l’état de santé des résidants, mais cela ne devrait pas constituer un blocage pour les cuisiniers. Il suffirait d’une mise à jour quasi-constante des régimes et une adaptation au rythme de l’EHPAD.

Après avoir fait le point sur les problèmes d’alimentation et de nutrition des résidants des EHPAD, voyons maintenant ce qu’il en est de leurs problèmes bucco-dentaires. Cette suite paraît logique puisque même si la nourriture donnée aux résidants est impeccable, cela serait inutile s’ils ne peuvent même pas la manger.

  1. Les problèmes bucco-dentaires des résidants

La vieillesse entraîne avec elle de nombreuses facultés physiques et mentales, la dentition n’est pas en reste face à ce fait naturel. La dentition faiblit comme les autres organes du corps humains. Cela est aggravé par la prise de médicaments et la dépendance. Du coup, la plupart, sinon toutes les personnes âgées sont munies de dentiers ou prothèses dentaires pour pouvoir continuer à mâcher et pour l’esthétique. Mais cela ne facilite pas toujours l’action de mâcher. En effet, même un dentier s’entretient comme de vraies dents, sinon ils risquent de s’user au fil du temps. Les problèmes dentaires peuvent générer toutes sortes de problèmes qui n’auraient jamais eu lieu si les personnes âgées avaient une meilleure dentition. En effet, même une personne jeune souffre le martyre lorsqu’une simple carie vient à surgir. Alors on peut imaginer ce que cela pourrait faire à une personne âgée.

Un mal de dent peut engendrer divers problèmes tels que des problèmes alimentaires. Effectivement, avoir mal aux dents rend difficile l’alimentation : le résidants a du mal à mâcher et devient réticent à se nourrir, ce qui est défavorable pour sa santé. Autre problème, la communication : les problèmes dentaires compensés d’une sècheresse buccale endommage la faculté de la personne âgée à s’exprimer. Conséquence, elle perd confiance en elle et refuse d’échanger avec les autres, ce qui entraîne son isolement, un changement de personnalité et la détérioration de sa vie sociale, vie sociale pourtant importante pour la réussite du projet de vie. Certaines études ont également démontré que les affections respiratoires et pulmonaires étaient plus fréquentes chez les résidants d’EHPAD ayant des problèmes bucco-dentaires. En effet, par la bouche passent les bactéries et autres virus pour aller vers les voies respiratoires et les voies pulmonaires.

S’ajoutent à ceux-là les problèmes d’entretien et de lavage des dents ou des prothèses dentaires. Les aides-soignants, submergés par tout leur travail, ont tendance à oublier l’importance de la propreté et du bon état des dents ou des dentiers. Les résidants très dépendants ne sont pas aptes à s’en occuper eux-mêmes compte tenu de leur état physique. Quant aux résidants autonomes, ils ont tendance à oublier cette étape de la toilette lorsqu’ils ont des troubles de la mémoire, ce qui conduit à la dégradation de leur hygiène bucco-dentaire et de leur santé en général.

La propreté bucco-dentaire est souvent délaissée au sein des EHPAD, les responsables étant focalisés sur les maladies et les repas. Les agents pas très sensibilisés sur ce sujet important ne participent pas activement à l’entretien et au lavage des dents et des prothèses dentaires des résidants dépendants. Pourtant, non seulement ils devraient le faire mais ils devraient également être les premiers avertisseurs en cas d’oubli par les résidants assez autonomes pour le faire.

Si la situation bucco-dentaire des aînés en EHPAD est aussi dégradante c’est parce que la plupart du temps, cette situation était déjà présente lors de leur entrée en établissement. En effet, dans leur précédent domicile, les personnes âgées n’allaient pas souvent chez le dentiste comme ils ont dû le faire compte tenu de leurs difficultés à se déplacer ou faute de n’avoir trouvé quelqu’un pour les y accompagner ou tout simplement par insouciance. De plus, les dentistes à domicile sont rares, sinon inexistantes ; cela pourrait pourtant être très avantageux pour les aînés et même pour toute personne en général. Cette inexistence de dentiste à domicile est tout à fait compréhensible compte tenu des matériels qui sont utilisés dans cette branche de la médecine.

Cette question de l’hygiène bucco-dentaire des résidants étant traitée, passons maintenant aux problèmes des soins palliatifs.

  1. Les problèmes liés aux soins palliatifs

Pour cette sous-partie, nous allons nous baser sur un mémoire : « les difficultés des soins palliatifs en EHPAD »[7]. Dans ce mémoire se trouve une définition des soins palliatifs : « Les soins palliatifs sont des soins actifs, continus, évolutifs, coordonnés et pratiqués par une équipe pluridisciplinaire. Ils ont pour objectif, dans une approche globale et individualisée, de prévenir ou de soulager les symptômes physiques, dont la douleur mais aussi les autres symptômes ; les soins donnés visent à anticiper les risques de complications et de prendre en compte les besoins psychologiques, sociaux et spirituels dans le respect de la dignité de la personne soignée. Les soins palliatifs cherchent à éviter les investigations et les traitements déraisonnables et se refusent à provoquer intentionnellement la mort. Selon cette approche, le patient est considérant comme un être vivant et la mort comme un processus naturel. Les soins palliatifs s’adressent aux personnes atteintes de maladies graves évolutives ou mettant en jeu le pronostic vital ou en phase avancée et terminale ainsi qu’à leur famille et à leur proche. Les soins palliatifs s’adressent soit aux adultes atteints de maladie grave évolutive mettant en jeu le pronostic vital ou en phase avancée ou terminale, soit aux personnes dont la vie prend fin dans le grand âge. Les soins palliatifs concernent aussi les proches du patient. ». Ce mémoire, comme son intitulé l’indique, parle des difficultés et des problèmes liés aux soins palliatifs, voici donc leur exposé selon Alexandra Dervin :

La prise en charge des soins palliatifs dans les EHPAD est difficile à cause des contraintes matérielles et financières. La prise en charge en soins palliatifs des résidants est une obligation, ainsi que la lutte contre la douleur (circulaire de 24 septembre 1998). Les EHPAD sont confrontés à des difficultés à obtenir un personnel qualifié. De plus, il y a un problème dans l’intervention de libéraux. Ils n’ont aucune relation échelonnée avec les travailleurs et cela peut entraîner des difficultés. Les moyens sont très différents selon les structures et le personnel est souvent peu formé. Le rôle de médecin coordinateur est donc important à ce niveau. Il doit permettre le respect de la dignité de l’individu. Il doit former les équipes à cette discipline. Sa mission de développer un réseau avec les structures de soins palliatifs est indispensable. Il faudrait une augmentation des équipes mobiles pour pouvoir répondre aux différentes requêtes de l’hôpital, de la ville et des institutions. Le décret du 22 février 2007 relatif à l’intervention des structures d’hospitalisation à domicile dans les établissements d’hébergement pour personnes âgées devrait permettre une prise en charge multidisciplinaire mais reste le problème de financement de ce type de prestation.

Sur le plan de l’organisation, Les chiffres doivent sous-estimer le nombre de résidants entrés dans une démarche de fin de vie. Lors de son admission, la plupart des résidants sont déjà dans une démarche de palliatif. La difficulté est d’évaluer le passage de la prise en charge de soins palliatifs à une démarche de fin de vie. Le médecin traitant a souvent du mal à lâcher prise et à s’engager dans un soin de confort. Pour arriver à bien identifier et à préparer ce passage, une évaluation et une discussion pluridisciplinaire avec les équipes, le médecin coordinateur et le médecin traitant seraient indispensables. En effet des difficultés de type organisationnel sont à prendre en considération. Le médecin traitant passe ponctuellement dans la résidence et passe peu de temps avec le résidants. Il est en de même pour le médecin coordinateur qui doit entreprendre de nombreuses missions dans un délai souvent insuffisant. Une autre difficulté est aussi le rapport entre le médecin coordinateur et le médecin libéral. Les médecins traitants n’aiment pas trop que le médecin coordinateur s’occupe de leur malade. De nombreux médecins traitants voient le médecin coordinateur comme un opportuniste.  De plus une prise en charge en soins palliatifs demande un personnel qualifié. Le turn-over des soignants tout confondus entraîne souvent des lacunes. Le médecin coordinateur a l’obligation de former les équipes, mais le changement fréquent du personnel demanderait des formations multiples. Il revient toujours le même problème du temps de présence nécessaire du médecin coordinateur dans une EHPAD. Le personnel soignant ne peut malheureusement pas passer sa vie en formation. Le nombre de résidants par soignant est très important. Le soignant a déjà peu de temps par résidants pour avoir une prise en charge de qualité.

En ce qui concerne les problèmes de moyens, L’utilisation d’hypnotique est comme les morphiniques rarement utilisé en seringue électrique. Pour les hypnotiques, il est possible de se procurer de midazolam par dérogation à la pharmacie hospitalière de secteur. L’inconvénient est que son utilisation se fait en injection lente sur 12 heures mais peu de médecins libéraux utilisent ce type de produit. Les raisons sont le manque de connaissance sur la possibilité de se procurer ce type de produit et la peur d’utiliser en EPHAD.

Enfin, les problèmes de formation et d’information. Premièrement, l’évaluation de la douleur. Chez les malades en fin de vie, l’angoisse et la douleur s’intriquent. Il est donc recommandé d’analyser ce que recouvre la plainte douloureuse pour évaluer la demande réelle du résidants. L’analyse de la douleur comprend une évaluation de ses causes, de ses mécanismes, de sa topographie, de son intensité et de son retentissement sur le comportement quotidien et l’état psychologique du patient. Dans le traitement de la douleur surtout pour les résidants, il faut utiliser des échelles hétéros évaluatives. Le personnel est souvent peu formé à ses échelles et leur utilisation est peu intégrée par le médecin traitant. L’enseignement théorique des soins palliatifs pendant le second cycle a été intégré qu’à partir de 1996. Les médecins traitants qui interviennent n’ont malheureusement pas eu cette formation car on sait que la démographie médicale est assez âgée.

Deuxièmement, le traitement de la douleur. Le premier traitement antalgique est de rassurer le patient. Le traitement peut être médicamenteux et non-médicamenteux selon l’étiologie de la douleur et du ressenti du résidants. Il est recommandé de favoriser la voie orale et d’administrer en prévention le traitement antalgique. Pour les résidants en EPHAD, il est important de rechercher la posologie minimale et à l’élimination rapide. Or on s’aperçoit que le médecin traitant utiliser le patch sans titration de la morphine au préalable. Il demande rarement aux équipes d’évaluer le traitement et ses effets néfastes. Souvent le médecin coordinateur qui la demande et essaye d’alerter ses confrères sur l’utilisation abusive de ce type de galénique le plaçant parfois dans une situation délicate face à ses confrères. Les nouvelles générations seront probablement plus sensibilisées car la prise en charge de la fin de vie devient une priorité.

Troisièmement, l’anxiété. C’est un processus de blocage cognitif avec des manifestations somatiques. Il est important de la prendre en charge. L’écoute favorise la prise de conscience du résidants et permet une meilleure prise en charge psychologique. Le problème est le manque de psychologue dans les EPHAD. La prise en charge psychologique représente 9 établissements sur 13 pour la prise en charge du résidants et seulement 7 établissements sur 13 pour les proches. Deux établissements n’ont pas mis en place une prise en charge psychologique par manque de moyens.

Les problèmes des soins palliatifs étant, passons aux problèmes de maltraitance des résidants.

  1. Les problèmes de maltraitance des résidants

Le problème de maltraitance au niveau des EHPAD a toujours été au centre de toutes les attentions. En effet, auparavant, plusieurs émissions télévisées et des témoignages, et même actuellement, démontrent à quel point ce fléau fait rage. Actuellement, nous disposons d’une législation afin de l’éradiquer. Le fait de maltraiter les résidants peut résulter de plusieurs paramètres dont le principal est le stress des aides-soignants. Nous aborderons la question du stress plus tard mais pour l’instant, nous allons illustrer la maltraitance en EHPAD[8]:

Ce site parle de résidants abandonnés sur les toilettes et de médicaments administrés de force. Cette forme de maltraitance est plus subtile mais pas rare. Une étude réalisée en 2010 et 2011 par la Haute Ecole de la santé La Source, sur mandat de l’association Alter Ego, s’est penchée sur la question de la maltraitance. Sur 230 institutions romandes, l’étude conclut que près de 50% des personnes responsables questionnées avaient déjà été collationnés à des cas de maltraitance envers une personne âgée impliquant du personnel de l’établissement.

Ce chiffre montre que le risque de maltraitance est toujours présent. Cela ne veut pas dire pour autant qu’il s’agit dans tous les cas de situations  extrêmes, Mais plutôt de cas ponctuels où un soignant infantilise un résidants par exemple.

Mais alors où commence la maltraitance? Dans une situation où il y a atteinte à l’intégrité de la personne. Un coup ou une insulte constituent clairement de la maltraitance. Mais il peut y avoir des formes plus subtiles, comme l’infantilisation de la personne. Vu de l’extérieur, cela ne paraît pas très choquant, pourtant les dégâts sur la personne âgée peuvent être importants. Une conjonction de facteurs: il ne faut toutefois pas pointer du doigt le maltraitant. Généralement, la personne n’a pas l’intention de nuire. Il existe souvent une conjonction de facteurs qui favorisent l’apparition de la maltraitance. Cela peut être lié à la personne âgée elle-même, à son isolement, au fait qu’elle ne peut s’exprimer. Un membre du personnel d’une institution qui aurait des problèmes familiaux, par exemple, est plus à même de commettre un acte maltraitant. Il est aussi primordial que le personnel soit bien encadré, et ait un endroit où verbaliser et évacuer les situations vécues. Si le personnel est insuffisant et n’a pas de bonnes conditions de travail, cela peut aussi être un facteur de risque.

Ce site nous donne des exemples concrets sur la maltraitance en EHPAD : les résidants maltraités dans un EMS lausannois :

L’EMS Grand-Vennes, dont la plupart des rĂ©sidants souffrent de dĂ©mence, est accusĂ© de fournir Ă  ses rĂ©sidants une qualitĂ© de vie et de soins dĂ©plorables.

«Pour moi, c’est insupportable d’avoir vu toutes ces choses. Ce qui se passe là-bas est scandaleux et dégradant pour l’être humain.»  dit Danielle Lyon, animatrice durant cinq ans à la Résidence Grand-Vennes. Danielle Lyon fait partie de la quinzaine d’anciens employés – licenciés ou démissionnaires – et d’employés encore en place à dénoncer les problèmes de maltraitance au sein de cet EMS lausannois.

Cet établissement, qui accueille jusqu’à 21 personnes atteintes de démences, avait déjà été sous le feu de la critique en 1997. Encore émue, l’ex-employée raconte l’horreur : «La direction imposait de faire des économies sur les protections contre l’incontinence. Lorsqu’il y avait des traces de selles, ils remettaient simplement une couche de papier de toilette dessus et les remettaient aux résidants. J’ai d’ailleurs constaté qu’ils avaient souvent des infections urinaires.». Dans un long dossier, les témoignages dressent un portrait inquiétant de l’EMS de Grand-Vennes dont voici quelques extraits de ces témoignages : «Des résidants sont laissés jusqu’à 90 minutes sur les WC.» ; «Il est habituel qu’une seule douche par semaine soit donnée. En cas de manque de personnel, ce qui arrive fréquemment, cette douche est supprimée.» ; «J’ai vu une soignante obliger une résidante à prendre un médicament: elle la bloquait avec un bras et avec l’autre main, elle le lui enfonçait de force dans la bouche.». Plusieurs employés évoquent également la mauvaise prise en charge des chutes, mais aussi des problèmes lors de la préparation de médicaments. «Les aides-soignantes donnaient des médicaments, ce qui n’est pas autorisé.»

EMS jugé non conforme : les employés et ex-employés ne sont pas les seuls à avoir constaté des dysfonctionnements. La CIVEMS, organisme cantonal d’inspection des EMS, a livré deux rapports à la suite d’une visite en octobre 2010 et d’une seconde en février 2011 :

Il ressort, entre autres, qu’une résidante a dormi à côté du corps de sa voisine décédée la veille au soir. Une autre résidante a reçu sa douche en face d’une chaise percée contenant des selles et des urines, et restée ouverte tout au long du soin. A la suite de la dernière inspection, l’EMS de Grand-Vennes a ainsi été jugé non conforme par la CIVEMS.

Enfin, des conditions de travail déplorables sont également dénoncées. En plus des pressions, plusieurs cas d’agressions verbales et physiques sont rapportés. «Une soignante se promenait même armée d’un couteau au travail au cas où elle se ferait agresser», confie une ancienne bénévole de l’EMS.

En cinq ans, Danielle Lyon a ainsi vu plus d’une vingtaine de personnes être licenciées ou démissionner. Avocate des plaignants, Maître Natasa Djurdjevac Heinzer confirme: «Le taux de rotation du personnel de cet EMS est beaucoup plus élevé que dans d’autres établissements.»

Pire encore, un homme atteint d’Alzheimer est mort récemment dans des conditions qui laissent songeurs certains membres du personnel encore en place. En mai 2010, l’homme tombe de son lit durant la nuit, le veilleur constate la chute mais ne prend pas de mesures pour le soigner. Le lendemain matin, lorsqu’une animatrice voit les blessures du résidants, elle insiste pour appeler une ambulance que l’infirmière cheffe refuse. L’animatrice emmène donc l’homme au CHUV en taxi. Au vu de son état, il sera hospitalisé pendant une semaine. De retour à l’EMS, le résidants chutera encore avant de décéder. «Selon un témoignage, on aurait laissé cet homme agoniser», commente maître Natasa Djurdjevac Heinzer.

Fin 2010, le groupe d’employés avertissait la Commission cantonale d’examen des plaintes des résidants ou usagers d’EMS. Après avoir entendu plusieurs témoins, la commission faisait part de son «extrême inquiétude» au conseiller d’Etat Pierre-Yves Maillard. Avant d’ajouter que «le personnel et les patients sont en danger permanent».

Présidente dès les débuts de cette commission en 2003, Maître Claire Charton confirme: «Je n’ai jamais vu ça. C’est ce que l’on appelle un gros cas. Ce n’est toutefois pas forcément ce qui a été dénoncé qui a retenu le plus notre attention.». La commission d’examen des plaintes rendait la semaine dernière son préavis à Pierre-Yves Maillard. Contactés par téléphone, ni le directeur de l’EMS ni son avocat, n’ont souhaité s’exprimer.

Au-delĂ  de ces maltraitances physiques, la maltraitance peut prendre diverses autres formes, une sorte de maltraitance Ă©galement : la maltraitance financière : il y a des cas oĂą les escrocs prennent de l’argent dans les affaires des rĂ©sidants ou les forcent Ă  modifier leurs testaments, ils s’attaquent Ă©galement à leur famille[9] : « C’est un phĂ©nomène qui va complètement bousculer non seulement la France mais l’ensemble du continent europĂ©en : on va avoir plus de 25% de personnes de 65 ans dans très peu de temps et ce sont souvent des personnes fragiles », très vulnĂ©rables aux escroqueries, a prĂ©venu le MĂ©diateur, Jean-Paul Delevoye, lors d’une confĂ©rence de presse.

La mission qui avait pour but d’Ă©tudier « la maltraitance financière Ă  l’Ă©gard des personnes âgĂ©es dans les Ă©tablissements sanitaires, sociaux et mĂ©dico-sociaux », a conclu que ce phĂ©nomène n’avait pas seulement lieu dans les maisons de retraite et, le plus souvent, avait une origine familiale. « Je n’ai jamais vu en tant que MĂ©diateur de la RĂ©publique (…) autant de violence au sein des familles, dans une espèce de combat d’intĂ©rĂŞts avec des dĂ©chirements incroyables, et lĂ  il n’y a pas de limites Ă  la malhonnĂŞteté », a avouĂ© M. Delevoye. Il Ă©voque ainsi « les vols et escroqueries » qui consistent par exemple Ă  pousser la personne vulnĂ©rable Ă  des placements abusifs, Ă  la forcer Ă  accorder ou Ă  souscrire des prĂŞts, Ă  lui faire changer les bĂ©nĂ©ficiaires de son assurance-vie, voire Ă  modifier son testament. Le rapport pointe aussi du doigt « les abus de faiblesse » comme les dons extorquĂ©s, les mariages arrangĂ©s, le logement occupĂ© sans droit ni titre, ainsi que les « pratiques abusives de l’entourage » telles que les abus de procuration, les dĂ©tournements d’aides sociales ou de pensions de retraite.

En dehors de la famille, les commerçants et les sectes s’y mettent Ă©galement. Ainsi, il y a une « dĂ©linquance astucieuse » : les produits et les services pour personnes âgĂ©es, qui peuvent ĂŞtre inutiles, peuvent ĂŞtre exorbitants. Quant aux sectes, elles se prĂ©sentent chez les personnes âgĂ©es (domicile ou EHPAD) en tant « qu’auxiliaires bĂ©nĂ©voles d’accompagnement en fin de vie » d’après la Miviludes (Mission interministĂ©rielle de vigilance et de lutte contre les dĂ©rives sectaires), cette mission ajoute que les vols d’argent et d’effets personnels des personnes âgĂ©es sont mĂŞme banalisĂ©s. Le rapport remis au MĂ©diateur de la rĂ©publique prĂ´ne une meilleure formation des professionnels, constatant que la mĂ©connaissance de la loi du 5 mars 2007 sur la protection des majeurs restait un des principaux obstacles Ă  la lutte contre la maltraitance financière.

La maltraitance financière également peut prendre une autre forme : au niveau du séjour en EHPAD. Une enquête de 2007 de la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation, et de la Répression des Fraudes (DGCCRF), et plus récemment, le 27 Septembre 2010 le lancement d’une mission d’étude du Médiateur de la république, après plusieurs plaintes de familles et de résidants, affichant les dysfonctionnements et les pratiques abusives de structure médico-sociales. Lancement confirmé le 11 Octobre de la même année. Intitulé de la mission : « mission sur la maltraitance financière à l’égard des personnes âgées résidantes en établissements sanitaires, sociaux et médico-sociaux ».

Mais revenons sur l’enquête de la DGCCRF sur les 238 structures contrôlées : il ressort que les dysfonctionnements portant sur les contrats de séjours sont les plus évidentes : pour cela, 10 procès-verbaux ont été dressés ainsi que 58 rappels à la réglementation et 33 notifications réglementaires.

Voici donc les multiples maltraitances financières qui peuvent frapper les personnes âgées et leurs familles selon les enquêtes menées par la DGCCRF :

  • Affichage des prix :

 

A ce propos, 14 notifications d’information rĂ©glementaire, 19 rappels de rĂ©glementation et 3 procès verbaux ont Ă©tĂ© dressĂ©s

Les principaux manquements Ă  ce sujet: dĂ©faut d’affichage des prix de la blanchisserie, du tĂ©lĂ©phone, des prestations rĂ©alisĂ©es par des prestataires extĂ©rieurs (coiffure, pĂ©dicure, esthĂ©tique). 3 rappels de rĂ©glementation et 3 procès verbaux ont Ă©tĂ© donnĂ©s pour dĂ©faut d’affichage des tarifs dĂ©pendance.

  • Remise de notes : elles sont dans l’ensemble correctes. Une direction dĂ©partementale a adressĂ© un courrier au Conseil gĂ©nĂ©ral et la DDASS sur le fait que 4 Ă©tablissements sur les 5 contrĂ´lĂ©s continuaient de facturer le tarif dĂ©pendance pendant les 30 jours d’absence d’un rĂ©sidants.

 

  • Livrets d’accueil :

 

Deux notifications d’information rĂ©glementaire et six rappels de rĂ©glementation ont Ă©tĂ© dressĂ©s en ce qui concerne les livrets d’accueil.

Mais 11 dĂ©partements sur 37 ont constatĂ© des insuffisances en matière de livret d’accueil : non remis, incomplet (absence de la charte de la personne accueillie). Certains Ă©tablissements se disent encore en phase de rĂ©daction de leur livret 5 ans après la loi du 2 janvier 2002.

  • Contrats
  • 12 notifications d’information rĂ©glementaire
  • 18 rappels de rĂ©glementation
  • 3 procès verbaux.

 

  • En ce qui concerne les manquements plus ou moins graves, voici les rĂ©sultats d’enquĂŞte :

 

  • Les manquements n’existent pas ou ne sont pas signĂ©s par les rĂ©sidants (50% dans un Ă©tablissement du RhĂ´ne, souligne la DGCCRF)
  • Absence d’annexe contractuelle avec les prix
  • PrĂ©sence de l’annexe sans prĂ©cision du choix du rĂ©sidants
  • Absence de clauses obligatoires (conditions en cas d’absence du rĂ©sidants), ou sont illĂ©gales (contrat d’un an avec reconduction tacite)
  • Manque des avenants quand le rĂ©sidants choisit une nouvelle prestation
  • RĂ©daction imprĂ©cise, difficilement comprĂ©hensible, rĂ©fĂ©rence Ă  une rĂ©glementation caduque

 

  • Clauses illĂ©gales :

 

  • L’Ă©tablissement se rĂ©serve le droit de modifier le tarif de blanchissage de la ligne en fonction des variations de prix de son fournisseur
  • Le tarif hĂ©bergement est plus Ă©levĂ© pour les rĂ©sidants en unitĂ© protĂ©gĂ©e (Malades Alzheimer, Parkinson)
  • RĂ©siliation possible du contrat pendant une « pĂ©riode d’essai » obligatoire de 3 mois avant admission
  • PĂ©riode d’essai de 1 mois pendant laquelle le contrat est rĂ©siliable par la direction Ă  tout moment

 

  • Clauses dĂ©favorables relatives au dĂ©cès du rĂ©sidants :

 

  • Facturation de 8 jours d’hĂ©bergement après libĂ©ration de la chambre
  • Le logement doit ĂŞtre remis Ă  la disposition de l’Ă©tablissement dans les meilleurs dĂ©lais plus 15 jours de frais de sĂ©jour Ă  compter de sa libĂ©ration
  • Facturation de 15 jours Ă  compter du dĂ©cès pour frais de remise Ă  neuf

 

 

 

  • La remise en Ă©tat de la chambre :

 

  • A l’admission, les rĂ©sidants versent deux mois de loyer pour remise en Ă©tat du logement; sommes restant acquise par l’Ă©tablissement qu’il y ait ou non remise en Ă©tat.
  • L’occasion d’un changement de chambre, facturation de 1215 euros pour la rĂ©fection des peintures, boiseries, dĂ©sinfection, sans Ă©tat des lieux prĂ©alable

 

  • RĂ©siliation :

 

  • Sur l’initiative du rĂ©sidants : 4 jours d’hĂ©bergement facturĂ©s
  • Un mois de prĂ©avis pour rĂ©siliation de contrat temporaire supĂ©rieur Ă  un mois
  • En cas d’incompatibilitĂ© avec la vie collective, les faits doivent ĂŞtre Ă©tablis et portĂ©s Ă  la connaissance du rĂ©sidants ou de son reprĂ©sentant lĂ©gal. Le logement est Ă  libĂ©rer dans les 30 jours.

 

  • Facturation en cas d’absence :

 

  • En cas d’hospitalisation, rĂ©duction applicable seulement en cas de non remboursement par la mutuelle du forfait hospitalier
  • DĂ©lai de prĂ©venance exigĂ© : 15 jours pour toute absence de plus de 2 jours.

 

  • DifficultĂ©s de paiement :

 

  • RĂ©siliation immĂ©diate après mise en demeure par lettre recommandĂ©e
  • Toute somme non-payĂ©e Ă  son Ă©chĂ©ance subit une majoration de 10% (clause pĂ©nale)

 

  • DĂ©pĂ´t de garantie – Arrhes

 

  • 3500 euros demandĂ©s avant chaque entrĂ©e et restituĂ©s au dĂ©part
  • Versement d’arrhes Ă  al rĂ©servation conservĂ©s par l’Ă©tablissement en cas d’annulation

 

  • ExonĂ©ration de responsabilité :

 

  • En cas de chute, maladresse ou accident
  • Exclusion de tout recours pour tout accident dont le rĂ©sidants serait victime, de mĂŞme que pour les pertes, vols et dĂ©gradations
  • La direction dĂ©cline toute responsabilitĂ© en cas de perte, vol d’objets de valeur, tout dommage que pourrait occasionner le rĂ©sidants Ă  lui-mĂŞme, Ă  un tiers (rĂ©sidants ou non), Ă  la suite d’une fugue, imprudence, maladresse, accident, tant Ă  l’intĂ©rieur, qu’Ă  l’extĂ©rieur de l’Ă©tablissement
  • Souscription obligatoire d’un contrat d’assurance avec clause de renonciation Ă  recours contre l’Ă©tablissement

 

  • PrĂ©lèvement automatique obligatoire :

 

  • ImposĂ© comme unique mode de paiement :

 

  • 2 euros supplĂ©mentaires par mois pour paiement par chèque

 

 

  • Cautions :

 

  • Demande Ă  des dĂ©biteurs non-alimentaires
  • Demande d’une caution solidaire renonçant au bĂ©nĂ©fice de toute discussion

 

  • Autres clauses :
  • Clause laissant croire que les prix sont systĂ©matiquement contrĂ´lĂ©s par la DGCCRF
  • Clause de compĂ©tence territoriale
  • droit de disposer de son poste TV facturĂ© 20.71 euros/mois
  • Respect de l’arrĂŞtĂ© encadrant les prix

Pour ces manquements, 4 notifications d’information rĂ©glementaire, 16 rappels de rĂ©glementation, 2 procès verbaux ont Ă©tĂ© distribuĂ©s. Les Ă©tablissements remboursent alors les rĂ©sidants surfacturĂ©s. Dans un mĂŞme dĂ©partement, un Ă©tablissement a remboursĂ© 1106 euros Ă  15 rĂ©sidants, un autre 1737 euros. En revanche d’autres Ă©tablissements pratiquent encore des prix uniformes pour tous les rĂ©sidants sans libertĂ© de prix Ă  la signature des nouveaux arrivants (outil de gestion financière).

  • Conseil de la Vie sociale (CVS)

A ce propos, 2 notifications d’information rĂ©glementaire, 4 rappels de rĂ©glementation ont Ă©tĂ© distribuĂ©s.

Quelques cas ont rĂ©vĂ©lĂ© l’absence de CVS. Des gestionnaires indiquent la difficultĂ© Ă  rĂ©unir cette instance par manque de motivation des reprĂ©sentants des rĂ©sidants et de leur famille.

  • Publicité :

A ce propos, deux notifications d’information rĂ©glementaire et un rappel de rĂ©glementation ont Ă©tĂ© distribuĂ©s

Le principal manquement est l’existence de dépliants publicitaires aux informations pouvant induire en erreur sur la réalité des services rendus. Deux exemples pour illustrer cela :

  • MĂ©dicalisation annoncĂ© : mention de la prĂ©sence d’un mĂ©decin 24H/24 alors que l’Ă©tablissement ne dispose pas de mĂ©decin.
  • Prestations prĂ©sentĂ©es comme effectuĂ©es dans l’Ă©tablissement alors qu’elles sont sous-traitĂ©es.

En bref, les types de violences retenues peuvent être compilés à travers les travaux du Conseil de l’Europe, à savoir :

  • Violences physiques : coups, brĂ»lures, ligotages, soins brusques sans information ou prĂ©paration, non satisfaction des demandes pour des besoins physiologiques, violences sexuelles, meurtres (dont euthanasie) ;
  • Violences psychiques ou morales : langage irrespectueux ou dĂ©valorisant, absence de considĂ©ration, chantage, abus d’autoritĂ©, comportements d’infantilisation, non respect de l’intimitĂ©, injonctions paradoxales,
  • Violences matĂ©rielles et financières : vols, exigence de pourboires, escroqueries diverses, locaux inadaptĂ©s
  • Violences mĂ©dicales ou mĂ©dicamenteuses : manque de soins de base, non-information sur les traitements ou les soins, abus de traitements sĂ©datifs ou neuroleptiques, dĂ©faut de soins de rééducation, non prise en compte de la douleur…
  • Privation ou violation de droits : limitation de la libertĂ© de la personne, privation de l’exercice des droits civiques, d’une pratique religieuse…
  • NĂ©gligences actives : toutes formes de sĂ©vices, abus, abandons, manquements pratiquĂ©s avec la conscience de nuire
  • NĂ©gligences passives : nĂ©gligences relevant de l’ignorance, de l’inattention de l’entourage, de la tentation de se substituer Ă  la personne dans la prise de dĂ©cisions ou l’accomplissement de tâches au lieu de l’aider Ă  les prendre ou les accomplir par elle-mĂŞme.

Après avoir parlé longuement des problèmes de maltraitance en EHPAD, voyons à présent la fatigue professionnelle des travailleurs en EHPAD.

  • La fatigue professionnelle des travailleurs en EHPAD

Dans le document : « Vaincre l’usure professionnelle »[10], Le burnout ou Ă©puisement professionnel constitue une forme sĂ©vère de stress qui affecte surtout les professionnels de santĂ© et d’assistance sociale. Il se caractĂ©rise par un Ă©tat d’Ă©puisement physique, affectif et mental, un comportement inadĂ©quat (indiffĂ©rent, cynique, brutal) avec les patients et par une perte de confiance dans la compĂ©tence et rĂ©ussite du travail de la personne victime de burnout. Il est Ă  l’origine de nombreux arrĂŞts de travail. Le burnout constitue un grave problème de stress dans de nombreuses situations de travail social et mĂ©dico-social. Le burnout dĂ©bute avec l’Ă©puisement Ă©motionnel et continue avec la dĂ©personnalisation et la diminution de la rĂ©alisation.

L’épuisement professionnel est surtout connu sous l’appellation anglaise burnout. Selon l’Organisation mondiale de la SantĂ© (OMS), il se caractĂ©rise par « un sentiment de fatigue intense, de perte de contrĂ´le et d’incapacitĂ© Ă  aboutir Ă  des rĂ©sultats concrets au travail ». C’est en 1969 que le terme burnout a Ă©tĂ© utilisĂ© pour la première fois. Il a fait l’objet de nombreuses dĂ©finitions depuis. Dans les annĂ©es 1970, on rĂ©servait l’expression aux employĂ©s du domaine de la relation d’aide, très engagĂ©s Ă©motivement dans leur travail, comme les infirmières, les mĂ©decins, les travailleurs sociaux et les enseignants. Maintenant, on sait que tous les travailleurs – de l’ouvrier au chef d’entreprise – peuvent ĂŞtre exposĂ©s au burnout.

Selon le site : Officiel PrĂ©vention, « SantĂ© et SĂ©curitĂ© au travail », les consĂ©quences du burnout sont nombreuses : La fatigue psychologique qui rĂ©sulte des actes de violence ou d’usure compassionnelle, pouvant parfois aller jusqu’Ă  l’Ă©puisement nerveux et la dĂ©pression, est la consĂ©quence de l’excès de tous ces facteurs stressants qui se cumulent Ă  la longue, entraĂ®nant de nombreuses consĂ©quences psychologiques et somatiques : pour les travailleurs sociaux, la rĂ©alitĂ© croissante des atteintes Ă  la santĂ© psychique et de ses effets somatiques par le stress se traduit par des maladies cardio-vasculaires, des troubles musculo-squelettiques, gastro-intestinaux, hormonaux et des Ă©tats d’anxiĂ©tĂ© et dĂ©pressifs, des troubles du comportement dont des conduites addictives (alcoolisme, drogues) et alimentaires (boulimie, anorexie), ainsi que les pathologies post-traumatiques consĂ©cutives Ă  l’augmentation des agressions. En effet, la rĂ©ponse psychique dans un environnement stressant s’Ă©labore avec une rĂ©action hormonale et somatisations : il y a mobilisation du système endocrinien face Ă  cette agression ou menace, ce qui provoque Ă  court et Ă  long terme, une augmentation de la frĂ©quence cardiaque, de la pression artĂ©rielle, de la sĂ©crĂ©tion de cortisol, de catĂ©cholamines (dont l’adrĂ©naline), etc.… avec effet sur l’anabolisme/catabolisme entraĂ®nant de nombreuses consĂ©quences psychosomatiques et hormonales.

L’Ă©puisement Ă©motionnel se caractĂ©rise par le sentiment d’ĂŞtre totalement et inutilement absorbĂ© par son travail, et la dĂ©personnalisation avec le dĂ©veloppement de sentiments d’incompĂ©tence et d’attitudes nĂ©gatives envers les usagers. Les atteintes principales sont les suivantes :

 

  • Atteintes physiques
  • Troubles musculo-squelettiques (douleurs des articulations et douleurs musculaires).
  • Troubles gastro-intestinaux (maux de ventre, douleurs et ulcères d’estomac).
  • Accidents cardiovasculaires et accidents vasculaires cĂ©rĂ©braux (hypertension artĂ©rielle, palpitations cardiaques, cardiopathie coronarienne…).
  • CĂ©phalĂ©es, migraines.
  • Atteintes psychiques
  • Fatigue et irritabilitĂ© chroniques.
  • Troubles du sommeil.
  • Crises d’angoisse.
  • Syndrome dĂ©pressif.
  • Troubles du comportement
  • RĂ©actions auto et hĂ©tĂ©ro agressives.
  • Troubles des conduites alimentaires (obĂ©sitĂ©).
  • Consommation accrue d’alcool, de tabac, de mĂ©dicaments (anxiolytiques) et substances psychotropes.
  • Comportements Ă  risque et actions suicidaires.
  • Apathie, dĂ©motivation complète

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

DEUXIEME PARTIE : LES SOLUTIONS AUX PROBLEMES DES ETABLISSEMENTS HEBERGEANT DES PERSONNES AGEES DEPENDANTES (EHPAD)

 

A – les solutions aux problèmes d’accident

  • Solutions pour l’établissement

Les problèmes au sein des EHPAD ont conduit certains dirigeants ou directeurs de ces établissements à se pencher sérieusement sur la question. C’est ainsi qu’après quelques recherches et réflexions, nous avons pu compiler quelques solutions qui pourraient les aider dans leur mission.

En ce qui concerne les accidents, on a déjà vu plus haut que ceux-ci peuvent être dus à diverses circonstances indépendantes du personnel de l’établissement. En effet, les personnes âgées, de par leurs conditions physiques rencontrent plusieurs difficultés : difficultés de mouvement, difficultés à s’alimenter correctement, difficultés à parler ou à s’exprimer, difficultés à prendre soin d’eux-mêmes et même à bouger tout simplement. C’est ainsi que nous estimons que la première solution qui serait adéquate et qui devrait être la priorité est l’installation d’un système sécuritaire performant : escaliers non difficiles à utiliser, objets non tranchants (meubles sans contours perpendiculaires mais plutôt circulaires par exemple), autant de circuits pour chaises roulantes que possibles, un personnel à l’affût et attentionné, prise en compte de la particularité de la personne âgée lors de la conception ou de la décoration des chambres des résidants, des aliments faciles à ingurgiter, accompagnement systématique pour les plus fragiles et pourquoi pas, des caméras de surveillance. En effet, le personnel ne peut pas toujours suivre les personnes âgées partout où elles vont. Faire attention seulement à ne pas violer leur vie privée, on devrait tout de même pouvoir leur laisser un peu de liberté.

Une seconde solution, qui est d’ailleurs valable pour toute maison ou foyer, la présence de boîtier de premiers secours, au moins dans chaque pièce de l’établissement. Cela pour que chaque personne âgée puisse être secourue à temps à chaque fois qu’elle aura subi un accident. En effet, les risques seront ainsi prévenus et les résidants et leurs familles seraient plus rassurés.

Bien que les personnes âgées ne soient plus vraiment aptes à s’exprimer, certaines sinon la plupart d’entre elles sont toujours très éveillées intellectuellement et moralement. Raison pour laquelle nous proposons cette troisième solution : la conscientisation ou sensibilisation. Une personne âgée serait plus prudente et avisée si elle savait à quoi s’attendre lorsqu’elle effectue un mauvais pas. Certes, cela ne va pas faire disparaître les accidents à cent pour cent mais cela pourrait fort bien les réduire considérablement. De plus, si auparavant les résidants des EHPAD étaient âgés de quatre vingt dix ans et plus, on dénote actuellement un rajeunissement de ces résidants : ils seraient aux alentours de soixante ans. Un point en plus pour la facilité d’assimilation des personnes de cet âge.

Quatrièmement, la sensibilisation ne devrait pas se limiter aux personnes âgées uniquement. En effet, le personnel de l’EHPAD devrait également être sensibilisé sur les accidents qui peuvent se produire dans ces établissements. Bien sûr, il est fort probable que cela ait déjà été inclus dans leur formation mais sur « le terrain », il se pourrait que ce ne soit pas la même chose. De plus, on ne peut envisager tous les accidents qui pourraient se produire que si on y vit quotidiennement. En guise d’exemple de sensibilisation du personnel d’un EHPAD : on vient de découvrir dans un EHPAD qu’un accident peut subvenir dû à un certain type de lit, alors, on organise une séance de sensibilisation au sein même de l’EHPAD en question ou même dans tous les autres EHPAD existants dans la région en vue de répandre l’existence de ce nouveau type d’accident.

Le personnel des EHPAD devrait également pouvoir être formé sur les risques qu’ils courent dans leur métier car malgré leur formation initiale, les imprévus ne manquent pas. Les membres du personnel découvrent de nouveaux faits qu’ils n’ont pas connus précédemment et souhaitent savoir comment agir face à ces nouveaux faits, ils se posent des questions qui nécessitent des réponses. Les meilleurs formateurs de ce cas seraient leurs prédécesseurs qui ont déjà eu assez d’expérience pour la transmettre à la relève. La nécessité de la formation peut également venir du fait que parmi le personnel d’un EHPAD, il y a des membres qui ne sont pas très familiers avec le métier, soit parce que ce sont des bénévoles, soit qu’ils mettent juste leur savoir au service de l’EHPAD (médecin, coiffeurs, femmes ou hommes de ménage, etc.…).

Cinquièmement, Réduire les chutes chez les personnes âgées vivant en maison de retraite grâce à un nouveau jeu baptisé « Perkichute »[11].

« Perkichute » est un jeu pĂ©dagogique Ă  destination des personnes travaillant auprès de personnes âgĂ©es. Il vise Ă  sensibiliser les pensionnaires des maisons de retraite et des Ă©tablissements d’accueil de personnes âgĂ©es aux diffĂ©rents facteurs de risques Ă  l’origine des chutes. En effet, la chute entraĂ®ne très souvent des hospitalisations en urgence, une perte d’autonomie et de confiance en soi. Ce jeu de sociĂ©tĂ© pĂ©dagogique et ludique, Perkichute, est nĂ© d’une concertation entre professionnels de la gĂ©riatrie et personnes âgĂ©es, aborde tous les facteurs de risque de chute connus. Le jeu se prĂ©sente sous forme d’un parcours de 63 cases Ă  effectuer en rĂ©pondant Ă  des questions posĂ©es par un animateur. DiffĂ©rents thèmes sont abordĂ©s dans ces questions : prĂ©vention des chutes, ostĂ©oporose, amĂ©nagement du lieu de vie, alimentation et nutrition, activitĂ© physique, prise de mĂ©dicaments. L’outil est constituĂ© d’un plateau de jeu, d’un dĂ© et de cinq pions de couleurs diffĂ©rentes. Ces Ă©lĂ©ments ont Ă©tĂ© spĂ©cialement rĂ©alisĂ©s pour les personnes âgĂ©es de façon Ă  compenser d’Ă©ventuels dĂ©ficits sensoriels (taille des Ă©lĂ©ments, couleurs, contraste, graphisme Ă©puré…).

La partie peut rĂ©unir de 2 Ă  5 joueurs. Elle est dirigĂ©e par un animateur pouvant orienter le jeu aussi bien au niveau du dĂ©roulement que des diffĂ©rents problèmes de fond (ostĂ©oporose, nutrition, activitĂ© physique, dĂ©ficits sensoriels, vigilance dans la prise des mĂ©dicaments, comportements Ă  risque, ergonomie des lieux de vie…). Chaque joueur, après avoir lancĂ© le dĂ© est questionnĂ© par l’animateur sur un de ces thèmes Ă  l’aide d’une sĂ©rie de cartes comportant plusieurs questions. Un deuxième jeu de cartes (Bonus ou Chance), permet Ă  l’animateur de poser des questions plus ludiques qu’il peut Ă©galement orienter en fonction de la culture gĂ©nĂ©rale des joueurs. Ce jeu s’adresse, en premier lieu, aux maisons de retraite, aux associations d’aide et de maintien Ă  domicile des personnes âgĂ©es et aux clubs du troisième âge dĂ©sireux d’apporter une information pertinente Ă  leurs membres.  » Perkichute s’annonce donc comme un moyen pour le personnel travaillant auprès des personnes âgĂ©es de faire passer des messages de fond et des messages pratiques tout en Ă©veillant la curiositĂ© des participants. Il s’agit aussi de changer chez ce personnel, la vision de la problĂ©matique de la chute pour les amener Ă  penser qu’elle n’est pas inĂ©luctable  » prĂ©cisent les crĂ©ateurs. Pour information, ce jeu a un prix assez Ă©levĂ©, il faut compter 170 euros et 180 euro pour la formation du personnel (fortement conseillez), ce jeu est commercialisez par la sociĂ©tĂ© AEA Geste Formation.

Après avoir vu ce que l’établissement pouvait faire afin de résoudre ses problèmes d’accident, voyons maintenant ce que l’Etat pourrait faire pour aider les EHPAD.

2) Solutions pour l’Etat

L’Etat, premier responsable de la satisfaction de ses citoyens, se doit d’intervenir et même de participer au bon fonctionnement des EHPAD. Pour ce faire, il édicte des textes législatifs afin de régir les EHPAD. En cas de non-respect de ces textes, l’Etat est en mesure d’infliger des sanctions, cela étant édicte dans le texte législatif lui-même.

Mais à part cela, l’Etat devrait également contribuer au fonctionnement des EHPAD. A titre d’exemple, une contribution financière. En effet, il y a des EHPAD qui ont des difficultés à innover car ils consacrent la plupart de leurs acquis à la rémunération du personnel et aux dépenses quotidiennes. Une contribution financière de l’Etat servirait, non seulement à l’innovation des EHPAD mais aussi pour que l’Etat puisse suivre de près les EHPAD et émettre de nouvelles directives. Mais la contribution de l’Etat peut également être en nature, tels que des ordinateurs pour que les EHPAD soient à refaire la hauteur des nouvelles technologies ; telles que des infrastructures pour pouvoir accueillir plus de personnes âgées, ou bien des bus pour que les EHPAD puissent envoyer leurs résidants en randonnées, promenades ou voyages.

L’Etat détenant tous les pouvoirs de décision, il devrait être en mesure de mettre sur pied un département qui étudierait principalement les EHPAD et leurs besoins. En effet, les personnes âgées en maison de retraite sont aussi des citoyens qui méritent une attention particulière compte tenu de leur fragilité. Ce département pourrait, entre autre, faire un bilan des diverses maladies qui peuvent frapper les personnes âgées et les mesures à prendre en conséquence. Certes, les médecins qui travaillent au sein des EHPAD sont déjà bien places pour savoir que faire face aux maladies des vieilles personnes mais une pleine participation de l’Etat ne ferait que faire progresser rapidement les choses. Cela éviterait aussi de laisser les EHPAD livrés à eux-mêmes.

Plus haut, nous avons vu que la sensibilisation joue un rôle important dans la résolution des problèmes des EHPAD. Et bien, ici également, l’Etat pourrait fortement contribuer. Mise à part la télévision, l’Etat est un excellent « sensibilisateur ». En effet, il suffit que l’Etat émette un communiqué pour que cela se répande comme une trainée de poudre à travers tout le pays : affichages dans les établissements publics, brochures, etc.…

Plus encore, l’Etat pourrait mettre sur pied des EHPAD, des EHPAD publics seraient très utiles et sûrement moins onéreux que les EHPAD privés. Ainsi, plusieurs personnes âgées sans moyens de subsistance pourraient être prises en charge. En effet, les personnes âgées, compte tenu de leur âge et de leurs conditions physiques, ne sont plus aptes à travailler normalement et même que les entreprises ne sont pas ouvertes à accueillir des travailleurs âgés dus à la règlementation sur la retraite.

Fort heureusement, l’Etat est bien conscient de l’importance des EHPAD. C’est sûrement d’ailleurs pour cela qu’un département ministériel est spécialement dédié aux personnes âgées.

B – Les solutions aux problèmes du personnel

Dans cette sous-partie, nous allons voir d’abord les solutions face aux risques professionnels du personnel de l’EHPAD en général (1) ; ensuite, nous traiterons plus longuement les solutions à adopter face au stress (2). La raison en est que c’est le problème le plus prédominant au sein des EHPAD. Le stress ou épuisement professionnel ou souffrance professionnelle entraîne des catastrophes en chaîne : travail mal fait, résidants maltraités, personnel invalides, etc.

 

  • Solutions aux risques professionnels en gĂ©nĂ©ral

En vue de garder un lien logique avec le plan des problèmes en EHPAD liés aux résidants, nous allons garder le même en ce qui concerne leurs solutions.

  1. Solutions pour les conflits entre médecin traitant et médecin coordonateur

Des problèmes spécifiques aux EHPAD nécessitent également d’être résolus : les divergences entre les médecins coordonateurs et les médecins traitants entre autres. Un mémoire nous a particulièrement fascinée pour la rédaction de cette sous-partie: « Quelle place pour le médecin traitant dans l’EHPAD ? »[12] : L’impétrant invoque dans ce mémoire qu’à l’heure actuelle, le médecin généraliste ne peut plus exercer de façon totalement isolée. Pour pouvoir assurer dans de bonnes conditions, ses missions de soins, de prévention et bientôt d’éducation thérapeutique il doit travailler de plus en plus avec les réseaux de pathologie, de gérontologie ou réseaux de soins palliatifs. C’est pareil au sein des EHPAD, où il doit pouvoir s’appuyer sur l’organisation mise en place et intégrer voir harmoniser sa pratique avec le projet de soins de l’établissement et adopter les protocoles mis en place par le médecin coordonnateur et l’équipe de soins. Les médecins libéraux doivent être mieux informés du rôle et des missions du médecin coordonnateur et pouvoir communiquer régulièrement avec lui dans le cadre de rencontres programmées. D’autre part, il apparait de plus en plus important de se diriger vers une harmonisation des pratiques au sein des différentes EHPAD d’une même région afin de faciliter leur adoption par les médecins traitants, qui peuvent intervenir dans d’autres EHPAD. A l’instar de l’initiative récente concernant la création d’un dossier unique régional d’admission dans les établissements pour personnes âgées, il serait souhaitable de développer un projet identique au niveau de la région afin de réaliser des protocoles de soins standardisés et une liste pharmaceutique préférentielle unique. La place et le rôle du médecin traitant demeure indispensable au sein des maisons de retraites. Il demeure un lien essentiel pour la personne âgée avec « sa vie d’avant » et représente un facteur de meilleure intégration du résidants dans l’EHPAD. C’est un véritable trait d’union entre la ville et l’établissement qui héberge la personne âgée. Par sa connaissance de l’histoire de vie, de l’état psychologique et du mode de vie de son patient il est le plus à même de participer au projet de vie individuel de celui-ci dans son nouveau cadre. Ce serait une grande erreur que de vouloir écarter les médecins traitants des établissements pour personnes âgées. Même sous le prétexte qu’ils ne sont plus assez nombreux, pas très disponibles ni suffisamment coopératifs, même s’il paraît plus facile d’avoir un médecin prescripteur unique en plus du médecin coordonnateur, ce serait réducteur de replier les EHPAD sur elles-mêmes, de créer une rupture totale avec les médecins de famille, avec à la clé, un risque de déshumanisation progressive des structures d’hébergement pour personnes âgées.

  1. Solutions pour la nutrition et l’alimentation

Un EHPAD de 58 lits entre Dinan et Dinard a adopté quelques solutions pour ces types de problème. Ainsi, ils ont classé les solutions en trois catégories : la cuisine, le suivi des régimes et le fait de redonner le plaisir de manger.

D’abord, les solutions qu’ils ont adopté suite aux problèmes liés à la cuisine : la directrice organise une réunion de formation avec les cuisiniers et elle organise une première formation sur l’alimentation enrichie en lien avec un laboratoire qui intervient sur les différents moyens d’enrichir avec des compléments alimentaires. La personne qui intervient, un cuisinier de formation, explique l’importance de la présentation des plats : tant pour les textures moulinées et hachées que pour les autres plats.  La directrice demande au médecin coordinateur de faire un topo sur les aliments à haute valeur nutritive. Elle invite également les cuisiniers à une formation sur les ulcères et nous les associons autant que possible aux formations liées à la nutrition. L’établissement compile les informations suite aux formations et les divers échanges sous forme de fiches techniques qu’il met à disposition des personnels de cuisine, de service hôtelier et de soins.

Concernant les nombreuses plaintes des résidants sur la qualité et la variété des repas, les responsables provoquent une réunion avec les élus,  les résidants et leurs familles. A l’issue de cette réunion, ils décident de créer une commission repas qui élabore et approuve les menus proposés par les cuisines. Ils réunissent la commission sur une rotation  de cinq semaines. Cette commission est composée : du chef cuisinier, de la directrice, de représentants de résidants, d’un représentant d’élus et de l’IDEC.

Ils commencent la réunion par un point sur les cinq semaines passées et étudient les menus, l’intérêt de cette démarche est de réunir tous les acteurs et que les intérêts de chacun soient entendus. L’aspect pratique et financier des cuisines, les gouts et choix des résidants, le respect d’un équilibre et d’une variété de repas.

Voyons ensuite les solutions en matière de suivi des régimes : pour le manque de formation des agents en salle, ce qui entraîne des soucis en matière de suivi des régimes, ils ont décidé de désigner une aide sociale responsable de la salle à tous les repas et à laquelle les agents peuvent se référer.

Ils ont également élaboré des protocoles sur les régimes en fonction des problèmes ponctuels qui peuvent être rencontrés pour responsabiliser les agents. Cela est très efficace car par exemple, les responsables n’ont plus à dire aux agents: « ne donnez pas tel ou tel aliment à Mme x » mais plutôt « Mme x a eu la diarrhée ». Ces derniers peuvent alors se référer au protocole « conduite à tenir en cas de diarrhée ». Mais en plus, la directrice rencontre les agents chaque matin afin de discuter des problèmes qu’ils auraient pu rencontrer au cours de leur travail. Les médecins traitants assurent l’éducation des patients lorsque les agents perçoivent une réticence ou un manque de compréhension de la part de ces patients.

Autre solution que cet établissement a adopté, la révision de la flexibilité des régimes avec les médecins pour disposer d’une marge, compte tenu de l’âge des résidants. Tous les médecins intervenants dans leur établissement ont adhéré à ce principe de la flexibilité des régimes et d’un ratio « santé-plaisir de manger » qui est laissé à la libre appréciation des responsables et de l’équipe.

Enfin, pour le fait de redonner le plaisir de manger, ils ont réaménagé l’espace et ont appelé la salle à manger « salle de restaurant », ce qui produit a produit un effet surprenant sur leurs résidants : ils se préparent avant de descendre manger.

Mais encore, les personnes très dépendantes lors des repas sont installées dans un endroit discret de la salle à des tables rondes, pour la convivialité. Tous les soignants qui aident au repas sont assis à la table et ne donnent à manger qu’à une seule personne à la fois. Les repas à textures particulières sont préparés à partir du menu du jour et la présentation en est particulièrement soignée. Les soignants ne mélangent pas les légumes et la viande ou le poisson afin que le gout des aliments soit préservé. Sur les tables, ils disposent un large choix de boissons colorées, des sirops, qu’ils laissent à la disposition des résidants.

Les tables sont nappées avec des nappes en  tissus colorées et ils ont choisi de réinvestir dans un mobilier de restaurant et non de collectivité, leur vaisselle est changée de manière régulière afin de ne pas avoir d’assiettes ébréchées, etc. Les boissons sont servies dans des verres à pieds aussi bien pour les valides que pour les non valides.de plus, ils ont un vaste projet de rénovation de la salle de restaurant, et le mobilier qu’ils ont choisi a été sélectionné auprès d’une entreprise de mobilier de restaurant et non de collectivité.

Pour éviter que les problèmes qu’ils ont rencontrés ne se reproduisent, ils ont mis en place des évaluations régulières : la surveillance du poids est protocolisée, ils ont investi dans une plate-forme de pesée. Chaque résidants est pesé une fois par mois.

Ils achètent des compléments alimentaires pour les personnes qui ne mangent pas suffisamment et qui souffrent de mal nutrition et ces personnes bénéficient d’un suivi particulier avec une fiche de surveillance alimentaire qui est élaborée de manière ponctuelle en décision d’équipe, il ne s’agit pas de rendre ces fiches de suivi systématiques pour éviter tout risque de routine. Pour toute personne qui entre dans l’établissement, il est demandé un bilan nutritionnel au médecin traitant avec un dosage d’albumine. Les cas avérés de dénutrition sont très fréquents pour des résidants en provenance  du domicile, compte tenu des entrées qui sont souvent faites dans des situations d’urgence.

L’évaluation des soins au travers du rapport d’activité ou le référentiel angélique sont également des outils qui peuvent être utiles pour l’évaluation de nos actions. Par exemple, nombre de pansement liés à dénutrition =0 aujourd’hui.

Ils remettaient environ une fois par an un questionnaire de satisfaction aux résidants mais ils ont réfléchi à un autre moyen d’évaluation car les résidants ne le remplissaient pas de manière objective. Ils ont voulu le rendre anonyme mais le problème s’est répété. De plus, se sont souvent les familles qui le remplissent.

Le conseil de vie social est aussi un avertisseur en cas de dérive ou de problèmes liés à l’alimentation. Les remarques de la commission repas sont un bon outil d’évaluation.

  1. Solutions pour les problèmes dentaires

L’idĂ©al serait d’instaurer des examens bucco-dentaires en maison de retraite, pour prĂ©server le nombre de dents fonctionnelles des aĂ®nĂ©s en EHPAD. Pour amĂ©liorer ces soins, la caisse primaire d’assurance-maladie de Paris (CPAM) en partenariat avec l’Union française de santĂ© bucco-dentaire (UFSBD) ont mis en place en 2005 le  »Bucco-Bus ». Ce vĂ©hicule est un en rĂ©alitĂ© un cabinet dentaire itinĂ©rant, allant Ă  la rencontre des personnes âgĂ©es dĂ©pendantes, Ă  domicile ou en EHPAD. Ce dispositif innovant et efficace devrait se dĂ©velopper dans d’autres rĂ©gions de France, afin d’amĂ©liorer le bien-ĂŞtre de nos aĂ®nĂ©s et leur prise en charge dentaire. Mais encore, il devrait y avoir un centre spĂ©cialement dĂ©diĂ© Ă  la dentisterie au sein de chaque EHPAD. Ainsi, les rĂ©sidants seront rassurĂ©s et n’auront pas Ă  s’inquiĂ©ter sur la santĂ© de leurs dents puisque dès qu’ils auront un problème Ă  ce sujet, ils n’auront qu’à consulter au sein mĂŞme de leur Ă©tablissement.

 

  1. Solutions pour les problèmes de soins palliatifs

Pour les problèmes des soins palliatifs, Alexandra Dervin avance les solutions suivantes : le médecin joue un rôle primordial à ce propos, il doit permettre le respect de la dignité de l’individu. Il doit former les équipes à cette discipline. Sa mission de développer un réseau avec les structures de soins palliatifs est indispensable. Il faudrait une augmentation des équipes mobiles pour pouvoir répondre aux différentes requêtes de l’hôpital, de la ville et des institutions. Le décret du 22 février 2007 relatif à l’intervention des structures d’hospitalisation à domicile dans les établissements d’hébergement pour personnes âgées devrait permettre une prise en charge multidisciplinaire mais reste le problème de financement de ce type de prestation. Dans la région de la Vallée de Montmorency, une équipe de veille itinérante nocturne va permettre d’injecter des solutions la nuit par une infirmière. Ce projet est appelé EPINAL. Ce projet est en cours de validation, il est financé par le Ministère de la santé.

Le problème de personnel qualifié dans les EHPAD en ce qui concerne la préparation des médicaments peut se résoudre selon trois systèmes[13] :

  • L’établissement assure lui-mĂŞme la prĂ©paration et la dispensation des mĂ©dicaments que la pharmacie de ville lui livre
  • Le recours Ă  la pharmacie Ă  usage intĂ©rieur de l’établissement
  • Le recours aux services d’une pharmacie de ville pour la prĂ©paration des mĂ©dicaments

Dans les infirmeries des EHPAD, on utilise des logiciels dédiés qui assurent la gestion des ordonnances et soit permettent au personnel de préparer les médicaments, soit s’interfacent avec la pharmacie intérieure, via intranet ou internet, la PUI utilise alors le logiciel pour l’assister dans le remplissage, l’élaboration de ce qu’on appelle les « semainiers » ou les « piluliers ». Enfin, pour ce qui est de la troisième option, les logiciels utilisés par les infirmeries s’interfacent avec ceux du lieu de préparation (la pharmacie de ville) et pilotent alors la facturation et le « robot » de la pharmacie.

  1. Solutions face Ă  la maltraitance

Pour ces problèmes, il existe un document : « la Gestion des Risques de Maltraitance en Etablissement »[14]. Selon ce document : il est conçu pour être un outil d’aide à la mise en place d’une démarche de gestion des risques de maltraitance. Il doit permettre aux gestionnaires d’établissements :

 

– de faire le point sur les principes mĂ©thodologiques et les principales Ă©tapes d’une dĂ©marche de gestion des risques

– de s’appuyer sur des exemples pour la mise en place de la dĂ©marche de gestion des risques de maltraitance

Ce document correspond Ă  une exigence de :

– clartĂ© : c’est la raison pour laquelle la partie mĂ©thodologique est complĂ©tĂ©e par une boĂ®te Ă  outil conçue Ă  la fois comme une aide Ă  la comprĂ©hension et comme une aide pour la mise en Ĺ“uvre de la dĂ©marche

– souplesse : c’est la raison pour laquelle les outils proposĂ©s sont Ă©volutifs

– coordination des actions : c’est la raison pour laquelle le prĂ©sent guide s’articule avec les dĂ©marches d’évaluation de la qualitĂ© visĂ©es par la loi du 2/01/2002 et notamment l’évaluation externe qui prendra en compte dans son cahier des charges la mise en place de telles dĂ©marches.

Ce guide comprend une fiche méthodologique sur la gestion des risques une boîte à outil pour laquelle vous trouverez :

  • une typologie des risques de maltraitance : qui dresse la liste des principaux risques et facteurs de risque de maltraitance auxquels les Ă©tablissements sont exposĂ©s
  • Un modèle de tableau de bord qui peut ĂŞtre utilisĂ© pour initier une dĂ©marche opĂ©rationnelle

En ce qui concerne la méthodologie en gestion des risques, les différentes étapes décrites ci-après ont été identifiées dans le guide élaboré par l’ANAES intitulé « Principes méthodologiques pour la gestion des risques en établissement ». On distingue essentiellement trois étapes :

  1. l’identification des risques
  2. l’analyse
  3. le traitement des risques

Voyons une à une ces étapes :

  1. L’identification des risques : « connaître pour pouvoir agir » : L’identification peut se réaliser à l’aide de 2 démarches complémentaires :
  • Une identification a priori qui permet de gĂ©rer les risques prĂ©visibles d’une activitĂ© afin de ne pas exposer inutilement les personnes Ă  un risque
  • Une identification a posteriori. Dans ce cas de figure il s’agit de prendre en compte des Ă©vènements « incidents, accidents » qui tĂ©moignent de l’existence de risques et ce afin d’en tirer des enseignements.

Plusieurs types d’événements sont donc à considérer dans ce cadre : les accidents et catastrophes qui correspondent à des risques patents ; les presque accidents, les précurseurs et les évènements sentinelles qui correspondent à des risques avérés. Le presque accident est un évènement qui aurait conduit à l’accident si des conditions favorables n’avaient permis de l’éviter. Le précurseur correspond à tout évènement critique qui peut conduire à l’accident avec une probabilité importante. L’évènement sentinelle identifie une occurrence défavorable qui sert de signal d’alerte. Enfin, il convient d’identifier les « autres évènements indésirables» qui correspondent à des incidents (évènements fortuits) ou dysfonctionnements (problèmes au regard d’un fonctionnement normal)

  1. L’analyse et le traitement des risques : cette analyse se fait :
  • en identifiant les causes
  • en dĂ©terminant la frĂ©quence et la gravitĂ©

Le traitement des risques repose sur une combinaison de divers mécanismes : d’une part, la prévention et la récupération qui visent à réduire la fréquence du risque. L’objectif est d’éviter la survenue d’un événement redouté. D’autre part, l’atténuation ou la suppression du risque à sa source. L’atténuation ou protection permet de réduire les conséquences d’un risque qui s’est réalisé.

 

  1. Enfin, le management des risques :

Le traitement des risques contient des principes fondamentaux. L’amélioration de la sécurité nécessite de passer d’une approche des risques cloisonnée à un management global, intégré et coordonné des risques. La condition préalable et cruciale est le développement d’une culture de sécurité qui ne soit plus axée sur la faute, sur l’individu, sur le mythe de l’infaillibilité humaine mais qui soit ouverte, constructive, non culpabilisante, et permette aux professionnels de rapporter les erreurs, de les discuter, d’en tirer des enseignements, et aux décideurs de mettre en place les mesures de prévention et de réduction des risques. L’idée même d’un tel management implique un pilotage des personnels de direction qui sont seuls en capacité d’avoir une vision globale de la structure et de la faire évoluer dans le sens d’une meilleure anticipation et d’une résolution plus efficace des risques de maltraitance.

Au regard de ces principes méthodologiques, plusieurs points ont été dégagés concernant le contexte spécifique d’une démarche de gestion des risques en établissement pour personnes âgées ou handicapées :

D’une part, les conditions d’installation sont telles que la prise en charge s’inscrit dans la durée au contraire des prises en charge en établissements de santé pour lesquelles les séjours sont de quelques jours. L’établissement est donc considéré comme un lieu de vie et pose plus particulièrement la question de l’intimité, des visites et notamment de l’accueil des familles. D’autre part, les conditions d’organisation sont sensiblement différentes de celles en vigueur au sein des établissements sanitaires. En effet, le nombre et la qualification des personnels restent un facteur marquant qui nécessite quelques aménagements du fait notamment du peu d’encadrement en place au sein des établissements.

Enfin, la prise en charge est moins « technique » que dans les centres hospitaliers. Certes, certaines spĂ©cificitĂ©s ont Ă©tĂ© dĂ©gagĂ©es notamment en terme de prise en charge mĂ©dicale pour laquelle il a Ă©tĂ© fait mention de pathologie qui peuvent exposer plus particulièrement au risque, de mĂŞme a Ă©tĂ© Ă©voquĂ©e la nĂ©cessitĂ© de mieux encadrer les conditions de transfert entre Ă©tablissements. NĂ©anmoins, au delĂ  de ces aspects « techniques», l’importance du facteur humain a largement Ă©tĂ© soulignĂ©e par les membres du groupe de travail comme un trait caractĂ©ristique du secteur que ce soit en termes de prise en charge ou en termes de facteur de risque. Pour les personnes handicapĂ©es, la loi du 11 fĂ©vrier 2005 substitue au concept de « prise en charge » celui d’accompagnement Ă  la dĂ©marche de progrès vers l’autonomie dans la conquĂŞte de l’égalitĂ© des droits de la participation Ă  la vie sociale et Ă  la citoyennetĂ©. Elle enrichit, tout en la rendant plus complexe, la relation professionnels-usagers, notamment en matière de responsabilitĂ©s respectives et de gestion des risques. En effet la relation professionnel – usager est une relation Ă  risque qui nĂ©cessite une vigilance de tous les acteurs car une maltraitance ordinaire peut s’installer de manière insidieuse sans que personne n’en ait pris rĂ©ellement conscience. Elle est alors faite d’attitudes, de comportements, de gestes, de rĂ©flexions, d’une façon de travailler qui s’inscrivent dans des pratiques sur lesquelles il n’y a plus de recul. Ainsi, au-delĂ  des comportements individuels c’est aussi l’organisation qu’il faut interroger.

La bientraitance s’inscrit donc non seulement dans la gestion des risques à partir des facteurs de risques décrits dans le présent guide, mais aussi dans une démarche d’amélioration continue de la qualité, qui traduit la dynamique institutionnelle mise en œuvre autour des droits et du projet de vie de la personne.

La maltraitance verbale est une des formes de maltraitance frĂ©quente en EHPAD. Cependant, elle peut Ă©galement ĂŞtre solutionnĂ©e. Comment ? Simplement en employant un autre langage envers les rĂ©sidants. Le site Soignants en EHPAD.fr nous fournit une liste de vocabulaires forte intĂ©ressante Ă  ce sujet. En effet, ce site nous parle de l’importance des mots qui ont chacun un sens bien particulier, chaque mot peut faire du bien ou du mal, voici quelques mots qui pourront aisĂ©ment ĂŞtre utilisĂ©s :

  • RĂ©sidant : s’Ă©crit avec un a : le rĂ©sidant : personne qui habite Ă  un endroit, qui rĂ©side. Le rĂ©sident est une personne qui vit temporairement Ă  l’Ă©tranger. Nos rĂ©sidents vivent dans la rĂ©sidence, c’est leur domicile.

 

  • Collaborateur : un salariĂ© est celui qui travaille contre un salaire. Un collaborateur est celui qui collabore avec d’autres personnes Ă  une Ĺ“uvre commune.

 

  • RĂ©fectoire : grande salle commune pour manger en collectivitĂ© — nous trouvons des rĂ©fectoires dans les Ă©coles, les lycĂ©es, les centres de vacances…. Nous n’avons pas de rĂ©fectoire Ă  la maison ! Les rĂ©sidants prennent leurs repas dans une salle Ă  manger ou salle de restaurant lieu convivial, chaleureux.

 

  • Trottinette : les rĂ©sidants utilisent du matĂ©riel pour les aider Ă  marcher. Il s’agit de matĂ©riel mĂ©dical ou paramĂ©dical, adaptĂ©. Le rĂ©sidant utilise un dĂ©ambulateur.

 

 

  • Bavoir: il est quelquefois nĂ©cessaire de protĂ©ger les vĂŞtements du rĂ©sidant pendant le repas. Nous l’appellerons une serviette adaptĂ©e. Le bavoir est un Ă©lĂ©ment du trousseau d’un bĂ©bĂ©. Utiliser ce mot infantilise le rĂ©sidant et ne respecte pas sa dignitĂ© de personne adulte.

 

  • Couche : les rĂ©sidants sont adultes. Nous leur proposons des protections, en prĂ©vention d’un dĂ©sagrĂ©ment physique, physiologique, liĂ© Ă  leur âge ou Ă  leur dĂ©pendance. La couche est rĂ©servĂ©e aux bĂ©bĂ©s, aux jeunes enfants.

 

  • Emmener : nous n’emmenons pas le rĂ©sidant Ă  la salle Ă  manger, dans la salle de bains nous l’accompagnons, nous lui proposons notre aide pour se rendre Ă  la salle Ă  manger…

 

  • Sale : un vĂŞtement n’est pas sale, il est tâchĂ©.

 

  • Donner Ă  manger : nous aidons le rĂ©sidant Ă  prendre son repas. Donner Ă  manger : nous nous adressons Ă  des bĂ©bĂ©s, des enfants qui n’ont pas encore appris Ă  manger seuls. Ce n’est le cas du rĂ©sidant. Il sait manger seul, il a des difficultĂ©s Ă  rĂ©aliser tous les gestes nĂ©cessaires ou il les a oubliĂ©. Il est souhaitable de lui laisser la possibilitĂ© de manger seul, mĂŞme si cela prend beaucoup de temps (penser Ă  rĂ©chauffer les aliments) et si des aliments tombent Ă  cĂ´tĂ© de l’assiette.

 

  • Laver un rĂ©sidant : nous lavons une voiture, mais nous faisons la toilette ou aidons Ă  la toilette les rĂ©sidants, nous essayons de ne pas faire Ă  la place des rĂ©sidants (Le rĂ©sidant a perdu son identitĂ© de personne adulte). MĂŞme lorsque le rĂ©sidant n’aura plus la capacitĂ© Ă  participer, nous devons lui garder sa place dans ce moment oĂą le respect de l’intimitĂ© est primordial.

 

  • On : Ă  ne pas utiliser : « on » ne reprĂ©sente pas une personne…. Chacun d’entre nous a une responsabilitĂ© propre, une personnalitĂ©. Chacun de nos actes nous engage : cet engagement est valorisĂ© par le « JE » ou le « NOUS » .

 

  • « Mamie », « pĂ©pé », « mĂ©mé » : mots utilisĂ©s par les enfants pour nommer leurs grands-parents. Ces mots s’utilisent au sein de la famille. Le rĂ©sidant n’est pas un membre de notre famille. Il a son identitĂ© propre. Il est une personne adulte. Chacun d’entre nous est reconnu par son nom de famille. Nous appellerons donc le rĂ©sidant: Monsieur XXXX, Madame XXXX.

 

  • « C’est obligatoire », « C’est pas le moment », « vous n’avez pas le choix » : nous devons toujours chercher Ă  respecter le choix et la demande du rĂ©sidant.

 

  • Si une contrainte s’impose, il faut essayer de l’expliquer Ă  la personne et ne pas se contenter du « c’est obligatoire » : il y a une raison Ă  toute chose et de lui proposer une alternative et une solution.

 

  • « DĂ©pĂŞchez vous » : Ă  ne pas utiliser : Le rĂ©sidant effectue plus lentement que nous les actes quotidiens. Tout dĂ©placement, toute activitĂ© lui demande de nombreux efforts. Respectons son rythme de vie. Le « DĂ©pĂŞchez vous » est une phrase inutile et humiliante.

 

  • « FaĂ®tes un effort » : reconnaissons le rĂ©sidant dans ses limites, acceptons les. Le rĂ©sidant ne peut pas faire d’effort, il assume sa dĂ©pendance comme il peut !

 

  • « J’ai pas le temps » : en rĂ©pondant ainsi, nous n’apportons pas de rĂ©ponse au rĂ©sidant. Expliquons-lui que nous avons entendu sa demande, que nous allons la prendre en compte, mais que nous avons besoin d’un peu de temps pour terminer ce que nous faisons… RĂ©pondre « j’ai pas le temps », c’est dire au rĂ©sidant qu’il n’est pas important, c’est le nier….

 

  • « FaĂ®tes attention » : a une valeur Ă©ducative, nous considĂ©rons le rĂ©sidant en situation d’apprentissage. Nous oublions qu’il est un adulte, nous l’infantilisons. A chacun d’entre nous d’anticiper la situation qui peut mettre le rĂ©sidant en Ă©chec : un verre trop rempli, un objet posĂ© sur le bord de la table…

 

  • Ligotage, attacher : priver un rĂ©sidant de libertĂ© est un acte grave. Quand marcher, se lever, rester assis sont sources de danger pour le rĂ©sidant, une mesure de contention peut ĂŞtre mise en place. Cette dĂ©cision est prescrite par le mĂ©decin. Elle a fait l’objet d’une Ă©valuation en Ă©quipe. Elle sera remise en question rĂ©gulièrement. La famille doit ĂŞtre informĂ©e.

 

  • Les barrières de lit : le terme exact est « ridelles»

 

  • Le chariot : pour les collaborateurs le terme exact est « le fauteuil roulant »

 

  • Il retombe en enfance : cette phrase nie leur dimension d’adulte, leur histoire et les rĂ©duit Ă  leur perte d’autonomie.

 

  • J’ai fini mon service : pour un rĂ©sidant, il y a une continuitĂ© du service. Les changements d’Ă©quipe ne le concernent pas. Mieux vaut dire que « nous en informons une collaboratrice qui arrive tout de suite ».
  • Perdre la tĂŞte : nous respectons le rĂ©sidant dans son intĂ©gritĂ©, dans son unicitĂ©. Les rĂ©sidants souffrent de diffĂ©rentes pathologies qui affectent leurs facultĂ©s physiques ou psychiques. Ils sont atteints de troubles de la mĂ©moire, de sĂ©nilitĂ©…. Perdre la tĂŞte c’est comme le dĂ©capiter symboliquement. « Enlever la tĂŞte » c’est rĂ©duire la personne Ă  un corps

Ce site internet nous indique Ă©galement que chacun a une obligation de signaler les situations de maltraitance, obligation qui est contenue dans le Code de l’action sociale et des familles : article L.311.3 : « L’exercice des droits et libertĂ©s individuelles est garanti Ă  toute personne prise en charge par des Ă©tablissements et services sociaux et mĂ©dico-sociaux. Dans le respect des dispositions lĂ©gislatives et rĂ©glementaires en vigueur, lui sont assurĂ©s : le respect de sa dignitĂ©, de son intĂ©gritĂ©, de sa vie privĂ©e, de son intimitĂ© et de sa sĂ©curitĂ©. ». Ainsi que dans la loi du 2 janvier 2002 rĂ©novant l’action sociale et mĂ©dico-sociale. Section 2, des droits des usagers du secteur social et mĂ©dico-social, article 7.

Il y a également une obligation de signaler les situations de maltraitance :

  • Code pĂ©nal article 434-3 : « Le fait, pour quiconque ayant eu connaissance de privations, de mauvais traitements, ou d’atteintes sexuelles infligĂ©s Ă  un mineur ou Ă  une personne qui n’est pas en mesure de se protĂ©ger en raison de son âge, d’une maladie, d’une infirmitĂ©, d’une dĂ©ficience physique ou psychique ou d’un Ă©tat de grossesse, de ne pas en informer les autoritĂ©s judiciaires ou administratives est puni…» : il s’agit d’un cas de non-assistance Ă  personne en danger.

 

  • Code pĂ©nal article 314-1 : « L’abus de confiance est le fait par une personne de dĂ©tourner, au prĂ©judice d’autrui, des fonds, des valeurs ou un bien quelconque qui lui ont Ă©tĂ© remis et qu’elle a acceptĂ©s, a la charge de les rendre, de les prĂ©senter, ou d’en faire un usage dĂ©terminĂ©… »

 

N’oublions pas non plus que la loi protège les personnes qui signalent des actes de maltraitance

  • Article L.313-24 du Code de l’Action Sociale et des Familles : « Dans les Ă©tablissements et services mentionnĂ©s Ă  l’article L.312-1, le fait qu’un salariĂ© ou un agent a tĂ©moignĂ© de mauvais traitements ou privations infligĂ©s Ă  une personne accueillie ou relatĂ© de tels agissements, ne peut-ĂŞtre pris en considĂ©ration pour dĂ©cider de mesures dĂ©favorables le concernant en matière d’embauche, de rĂ©munĂ©ration, de formation, d’affectation, de qualification, de classification, de promotion professionnelle, de mutation ou de renouvellement du contrat de travail, ou pour dĂ©cider la rĂ©siliation du contrat de travail ou une sanction disciplinaire. »

La question se pose donc : que doivent faire les aides-soignants en cas de maltraitance ? D’abord, ne jamais oublier que les aides-soignants ont le devoir de signaler un cas de maltraitance. En cas de plainte d’un rĂ©sidant, ils doivent Ă©couter la personne et recueillir un maximum d’informations, rester calme et objectif. S’ils repèrent des signes d’alerte, il faut qu’ils transmettent les Ă©lĂ©ments au directeur. Ils doivent informer leur directeur, qui rĂ©dige avec eux une fiche de renseignements selon la gravitĂ© de l’Ă©vènement.

  • Solutions face au stress

Le stress est inclus dans les problèmes en EHPAD. C’est même l’un des plus grands problèmes en EHPAD car la difficulté de gérer les personnes âgées est pesante. En effet, les personnes âgées peuvent être très exigeantes, non coopératives et mal entendantes. S’occuper de personnes âgées équivaut à s’occuper de grands enfants : capricieux, dépendants, non autonomes, etc.… mais à la différence des enfants, ce sont des adultes bien évidemment et les personnes âgées sont plus lourdes physiquement, ce qui rend leur gestion d’autant plus difficile. Tout ceci entraine un véritable stress pour le personnel de l’EHP  AD. Un personnel stressé travaille mal et un travail mal fait entraine des répercussions sur les personnes âgées dont on est censé prendre soin. Donc, il est primordial d’éliminer autant que possible le stress, l’évacuer par tout moyen nécessaire. Pour cela, tous les moyens sont bons dont voici quelques uns :

D’abord, organiser des activités de détente comme des jeux de société ou des matchs de sport pour évacuer le stress et pour se détendre tout simplement. Ces activités pourraient avoir lieu mensuellement par exemple. Cela permettra aux employés de s’éloigner un moment du lieu de travail, d’oublier leurs soucis quotidiens et d’avoir plus de contacts avec leurs collègues. Le sport est bon pour la santé, les jeux de société permettent de développer l’esprit d’équipe et de compétition, très utile pour un travail bien fait.

Ensuite, un moyen très efficace également, le système de rotation. Il y a toujours un moyen quel qu’il soit de permettre aux employés de se reposer dans la semaine. Cela leur permettra de faire les choses qu’ils aiment faire : voir des amis, passer du temps avec la famille, s’occuper de soi, etc.… un changement d’environnement aussi minime soit-il peut être très bénéfique dans la lutte contre le stress.

Dans la lutte contre le stress au sein des EHPAD, le cadre de santé joue un rôle très important. Dans le mémoire : « L’épuisement professionnel du soignant : comment limiter les dégâts »[15], le cadre de santé au sein des EHPAD dispose de nombreux moyens pour aider le personnel à combattre le stress, voici les moyens qu’elle propose :

Premièrement, inculquer le sens du travail au personnel. En effet, par son management, le cadre de santé peut faire participer l’équipe à la construction et à la réalisation de différents projets. Cela amènera le personnel à définir les valeurs communes, à donner une orientation à ses aspirations. De plus, la conduite de projets permet d’éviter les conflits liés à la recherche de sens à donner au travail.

Deuxièmement, la motivation. Il n’y a rien de tel qu’une rémunération motivante pour que le personnel sache que son dur labeur porte des fruits convenables qui lui permette d’assouvir ses envies et ses besoins, qu’on est reconnaissant pour tout ce qu’il effectue. Mais la motivation ne se limite pas à la rémunération, elle peut prendre toute sorte de forme : ressources, énergie, mouvement, responsabilité, avancement, etc. la motivation est un moteur qui fait bouger les éléments. De bonnes conditions de travail peuvent développer la compétence collective et améliorer la prise en charge des résidants des EHPAD.

Troisièmement, le cadre de santé peut éliminer le stress des équipes en les soutenant. Les membres du personnel des EHPAD qui sont sujets au stress ont besoin d’une oreille attentive qui les écoute, ils ont besoin d’êtres proches du cadre de santé. Pour ce faire, le cadre de santé peut, par exemple, partager le quotidien des soignants. Organiser des groupes de parole où chacun puisse s’exprimer librement, résoudre le dilemme qui est d’être un bon professionnel ou de rester soi-même, rempli de tout ce qu’on ressent.

Quatrièmement, organiser des séances de formations : en interne ou en externe.  Les formations en externe permettent aux bénéficiaires de développer leurs compétences mais surtout, elles leur permettent de se confronter avec les professionnels d’autres services, ce qui les conduit à relativiser les difficultés qu’ils rencontrent au sein de son travail et ainsi de se sentir moins isolé. Quant aux formations en interne, il s’agit de celles qui se tiennent au sein même de l’EHPAD : les soignants, par exemple, peuvent échanger avec les médecins ou les gens de laboratoire concernant des questions qui les intriguent.

Cinquièmement, le cadre de santé doit permettre une mobilité au personnel, mobilité au sein même de l’EHPAD : mouvoir d’un service à un autre. Cela lui permettra de découvrir de nouveaux horizons. Certes, la mobilité du personnel pourrait ne pas être possible dans certains EHPAD compte tenu de leurs revenus limités. Dans ce cas, d’autres options s’ouvrent au cadre de santé : permettre plus d’autonomie au personnel, ce qui comprend une baisse de leur surveillance, un système de roulement (système de rotation déjà vu précédemment) ou même la responsabilisation des agents.

Sixièmement, lors de l’accueil des nouveaux agents. Cette étape est particulièrement importante car il faut reconnaître qu’il y a un certain écart entre le métier que ces nouveaux agents ont idéalisé et la réalité de ce métier, ils risquent même d’en être déçus. Dans ces situations, il est primordial que le cadre de santé exerce une fonction de tuteur envers ces nouveaux agents, faire le point avec eux. Les nouveaux agents doivent prendre connaissance des enjeux du service, du projet de soins, etc. afin de mieux cerner les problématiques de prise en charge des patients.

Enfin, septièmement, le cadre de santé a un rôle d’alerte. En effet, il doit évidemment protéger le patient d’abord et le soignant ensuite. Si malgré tous les moyens déjà employés l’épuisement professionnel se manifeste, le cadre de santé doit réagir rapidement : faire appel à un psychologue du travail ou à la médecine du travail qui prendra toute mesure utile.

Véronique Rolando-Eugio a également indiqué que l’institution joue aussi un rôle important dans la lutte contre l’épuisement professionnel du salarié de l’EHPAD. D’une part, pour le respect du droit à la protection légale du travailleur et d’autre part, pour que l’institution prenne position par rapport aux problèmes de souffrance au travail :

  • Information : informer au sujet de la souffrance au travail par l’organisation de rĂ©unions ou de colloques. Cela pour dĂ©dramatiser et libĂ©rer la parole. Brochures avec coordonnĂ©es des spĂ©cialistes concernĂ©s.
  • Service de santĂ© au travail au sein de l’EHPAD : L’organisation de la prise en charge rapide des agents en difficultĂ© peut ĂŞtre un des objectifs prioritaires du service de la mĂ©decine du travail qui pourra ĂŞtre partie prenante dans l’information des agents sur ce sujet. Les conseils de prise en charge du burnout pourront se faire Ă  ce niveau en proposant une aide extĂ©rieure Ă  l’établissement en parallèle Ă  un arrĂŞt de travail souvent incontournable.
  • Espace de rĂ©flexion Ă©thique : ConformĂ©ment aux recommandations de la certification V 2010, un espace de rĂ©flexion Ă©thique pourra ĂŞtre créé afin de permettre un lieu de rencontre entre les professionnels sur de sujets nĂ©cessitant une rĂ©flexion du plus grand
  • Groupes de parole : Les groupes de parole ou supervision tels qu’ils existent dans les services de psychiatrie pourraient ĂŞtre organisĂ©s dans d’autres Ă©tablissements. Une enquĂŞte auprès des services permettrait de dĂ©finir les besoins dans ce sens.
  • Formation initiale : afin d’éviter de trop grands Ă©carts entre les reprĂ©sentations idĂ©alisĂ©es du mĂ©tier de soignant et la confrontation avec la rĂ©alitĂ©, l’enseignement en formation initiale devrait permettre Ă  l’étudiant d’être en prise directe avec ce qui va l’attendre Ă  l’entrĂ©e dans la vie active. Le cadre formateur ainsi que le cadre de service contribuent Ă  cette prise de conscience. La formation initiale doit permettre Ă  l’étudiant de rĂ©flĂ©chir Ă  son engagement et aux moyens qu’il se donne pour le gĂ©rer. L’exploitation des dĂ©couvertes faites en stage devraient ĂŞtre faites systĂ©matiquement, il s’agit du suivi pĂ©dagogique prĂ©vu dans le programme des Instituts en Soins Infirmiers.

De simples gestes peuvent aussi contribuer à la suppression de l’épuisement professionnel. Par exemple, quelques minutes de sieste, écouter de la musique douce, faire des exercices de relaxation dans son bureau ou en plein air, etc.

Nous pouvons également faire appel à la démarche heuristique dont une formation y est consacrée pour les intervenants en EHPAD[16]. Un des ouvrages du Collectif heuristique.net[17] contient de nombreuses considérations et des citations que nous allons également énumérer. Selon ce document, la démarche heuristique résulte du déploiement de certaines de nos ressources qui sont les suivantes:

  • Lâcher-prise : la dĂ©marche heuristique nous invite Ă  reconsidĂ©rer ce qui nous leste, qui est souvent valorisĂ© dans une sociĂ©tĂ© comme la notre et rĂ©habiliter ce dont on veut se dĂ©barrasser. Par exemple :
  • Les certitudes : Ces dernières nous enferment et nous empĂŞchent d’avoir accès au « probable », source de nouvelles possibilitĂ©s : « Un système complexe ne se laisse jamais apprĂ©hender totalement. On peut en avoir une perception globale, on peut le nommer et le qualifier, mais on n’arrivera jamais Ă  comprendre son organisation dans tous ses dĂ©tails, Ă  prĂ©voir toutes ses rĂ©actions et ses comportements… » commente Dominique GĂ©nelot.

Les partisans de cette démarche considèrent le doute, l’aléa, l’instabilité, l’ambiguïté, l’imprévisibilité comme des ressources.

  • L’ordre, tout de suite : vouloir instaurer un ordre trop rapidement nous enferme dans une architecture de l’information stĂ©rĂ©otypĂ©e, conventionnelle et limitante dans laquelle de nouveaux liens sont difficiles Ă  rĂ©aliser. Pratiquer un brouillard d’idĂ©es dans un premier temps permet une production plus importante et plus diversifiĂ©e et l’émergence de nouvelles catĂ©gories grâce Ă  de nouveaux liens. « Car deux dangers ne cessent de menacer le monde, l’ordre et le dĂ©sordre » dixit Paul Valery.

Ils considèrent également que l’imprécision, le flou, la divergence, le paradoxe comme des ressources.

  • La rĂ©ussite immĂ©diate : la pression Ă  laquelle nous nous soumettons lorsque nous souhaitons obtenir des rĂ©sultats rapides nous empĂŞche d’être crĂ©atif et observateur d’opportunitĂ©s nouvelles. « Après tout, l’essentiel n’est-il pas de prendre le temps de voir, de contempler, d’aimer ? De libĂ©rer son regard des contraintes auxquelles soumettent les trajets » dit Christine Cayol.

Autres considérations : le temps biologique de l’imprégnation et de la maturation comme une ressource.

  • Le souci de perfection : exiger la perfection retarde voire annihile complètement l’action. Accepter l’imperfection c’est faire de nos Ă©checs des occasions d’apprendre. ProcĂ©der suivant le principe de l’essai, erreur, rĂ©flexion, rĂ©ajustement, essai … c’est faire de l’erreur un Ă©lĂ©ment de connaissance.

Rabindranath Tagore : « Si vous fermez la porte à toutes les erreurs, la vérité restera dehors ».

Autres considérations : l’erreur et l’expérience de l’échec comme des ressources.

  • La peur de ne pas avoir assez d’idĂ©es : nous possĂ©dons toujours plus d’idĂ©es que nous ne le pensons. Par contre une trop grande tension peut en rendre l’accès difficile. CrĂ©er de l’espace pour qu’elles puissent se manifester est le seul moyen d’en disposer.

Une pensée de Guy Finley pour lâcher prise : « De même que l’on peut voir plus loin par une journée ensoleillée, une compréhension nouvelle s’épanouit dans un esprit silencieux ».

Autres considérations : le vide, le silence et un état de disponibilité comme des ressources

  • Changer notre regard : c’est changer notre façon de penser, car ce n’est pas l’œil qui voit, c’est le cerveau. Se dĂ©placer pour changer de point de vue nous permet d’augmenter notre champ de vision. OpĂ©rer une dĂ©focalisation permanente entre le macro et le micro, la vision globale et le dĂ©tail permet de voir loin et de se maintenir dans l’action au quotidien. Prendre en compte le point de vue de l’autre et l’apposer au notre, c’est Ă©largir notre conscience.

« Le paradoxe n’est pas fait pour être résolu mais pour faire changer notre regard » : Luc de Brabandère.

« On dit que les hanches d’une femme ont la forme d’un vase. Ce n’est plus poétique ; c’est devenu un lieu commun. Moi je prends un vase et j’en fais une femme. J’utilise la vieille métaphore, je la retourne et je lui rends vie. » : Pablo Picasso.

Nous considérons la différence des points de vue, le paradoxe et l’étonnement comme des ressources

  • ApprĂ©hender les situations avec le maximum de nos sens : la perception que nous avons du monde est en partie construite Ă  partir de nos sens. Plus nous utiliserons nos sens, plus nous disposerons d’élĂ©ments pour nous le reprĂ©senter et le mĂ©moriser. La conception ainsi rĂ©alisĂ©e par notre cerveau tient compte Ă©galement de ce que nous connaissons dĂ©jĂ  et de ce que nous nous attendons Ă  trouver, car nous fondons notre perception sur ce qui est le plus probable.

« Les hommes sont des animaux visuels, et au moins 60% de notre cortex cérébral est impliqué à un niveau ou un autre dans le traitement de l’information visuelle » M.Deric Bownds. [La biologie de l’esprit. DUNOD]

Considérations : nos cinq sens et nos émotions comme des ressources

  • Se mettre en Ă©tat de questionnement : la question est le sĂ©same du savoir. S’interroger sur ce que l’on sait, ne sait pas et ce que l’on aimerait savoir nous prĂ©pare Ă  capter des nouvelles connaissances. Pratiquer le questionnement, c’est se mettre en appĂ©tit de savoir.

« Donnez-nous notre faim quotidienne » : Gaston Bachelard.

Nous considérons notre « conscience de ne pas savoir » et notre goût de la découverte comme des ressources

  • Utiliser une forme d’intelligence particulière : La mètis

Connue des Grecs, la Mètis fût la première épouse de Zeus. Elle combine l’intelligence, la ruse, la tactique et l’esprit de finesse. Elle ne fait pas référence à l’abstraction mais a l’esprit pratique et aux débrouillardises en tout genre, en d’autre terme, au système D. Elle économise l’effort et évite la brutalité. Elle travaille à coup d’analogie et de rapprochement. Elle produit à chaque fois du nouveau, recombinant les éléments entre eux sans modifier la nature de ces éléments. Cela parce qu’elle travaille sur des signes et non sur des concepts. « En ce qui concerne la mètis, la justesse du coup d’œil est aussi importante que l’agilité de l’esprit. « Prendre pour cible » et « conjecturer » se rejoignent en grec sur l’idée du navigateur en mer ou celle du parcours dans le désert, là où les chemins ne sont plus tracés et où il faut sans cesse deviner la route et viser un point à l’horizon lointain » Georges Vignaux [Les jeux de ruses, Seuil, 2001].

Considérations : l’intuition, l’imagination, l’inspiration et « le coup d’œil » sont des ressources.

Nous mettrons notre expérience au service de l’évolution et non de la répétition

  • Prendre conscience de nos schĂ©mas de pensĂ©e et de nos prĂ©fĂ©rences comportementales : toutes les dĂ©marches sont uniques, car elles sont mises en Ĺ“uvre par des individus tout aussi uniques. Mieux se connaĂ®tre permet de mieux comprendre nos façons d’opĂ©rer une observation ou une action. Se « regarder en train de penser ou de faire » donne des renseignements très utiles sur les rĂ©sultats qui seront obtenus. Toute observation nous renseigne sur l’objet (la chose observĂ©e) et le sujet (l’observateur). La dĂ©marche heuristique rĂ©clame cet aspect rĂ©flĂ©chissant de sa pratique tout en Ă©tant impliquĂ©.

« Deviens celui qui observe et agit. Tiens-toi en même temps dans le fleuve et sur la berge » : Dugpa Rimpoché [Préceptes de vie. Presse du Châtelet].

Considérations : la connaissance de nous même et la prise de recul sont des ressources

  • Oser le risque : par essence une dĂ©marche de dĂ©couverte contient la notion du changement et donc du risque. La dĂ©marche heuristique nous propose d’inventer des rĂ©ponses originales et inĂ©dites en nous invitant Ă  remplacer le « pourquoi ? » par le « pourquoi pas ? » sans toutefois Ă©carter l’idĂ©e de redĂ©couvrir des solutions simples et connues. C’est une volontĂ© de se libĂ©rer de modèles devenus obsolètes pour en crĂ©er quelquefois de plus efficients (mais non moins temporels), quelquefois contre l’avis gĂ©nĂ©ral.

« Le mot « risque » est souvent utilisé en substitution du mot « peur» car plus politiquement correct. La prochaine fois que vous utiliserez le mot « risque » remplacez le par le mot « peur » et vous comprendrez » : dixit Andreu Solé lors d’un séminaire en entreprise. Auteur de « Créateur de mondes ». Edition du Rocher.

Considérations : l’audace et l’autonomie de penser sont des ressources

Voici les personnes à qui est destinée la démarche heuristique :

  • Les personnes qui pensent que l’humain Ă  pour vocation la dĂ©couverte, et qu’il est naturellement Ă©quipĂ© pour cela
  • Celles qui souhaitent rĂ©soudre des problèmes et apprendre avec plaisir
  • Celles qui prĂ©fèrent que les outils soient Ă  leur service plutĂ´t que le contraire
  • Celles qui renoncent et se dĂ©lestent de l’inutile au profit de l’aisance due Ă  la lĂ©gèretĂ©
  • Celles qui considèrent l’élĂ©gance d’un cheminement comme aussi important que le rĂ©sultat. L’élĂ©gance Ă©tant ici le produit d’un rapport optimal entre Ă©nergie dĂ©pensĂ©e, respect de l’environnement et des ses valeurs, et les rĂ©sultats attendus et obtenus.

« Lorsqu’un épuisement professionnel est diagnostiqué, la première consigne est d’arrêter de travailler. Le patient est mis en repos de maladie pendant une période allant de 6 semaines à plusieurs mois. Souvent, même au bord du précipice, le patient refuse d’interrompre son activité professionnelle. Il se sent coupable et redoute les éventuelles remarques désobligeantes de la part de ses collègues et de son employeur. Or, il est absolument indispensable qu’un travailleur en burnout coupe tout contact avec son environnement professionnel. Tout comme un malade est interdit de sortie, le travailleur ne sera plus autorisé à utiliser son ordinateur ni son téléphone portable pour le travail. Répondre à un coup de fil de la part d’un collègue qui veut prendre des nouvelles n’est donc pas autorisé non plus. Pendant ce repos de maladie, un suivi psychiatrique et psychologique est mis en place. »[18]

Le rôle du psychiatre est de prescrire le repos et les médicaments nécessaires à la santé mentale du patient. Il prescrira des anxiolytiques en cas de stress, angoisses et anxiété non gérables, des somnifères en cas de problèmes de sommeil, des antidépresseurs en cas de dépression. Donc, son rôle est aussi de détecter des complications au burnout comme une dépression, et de prescrire des examens complémentaires si des symptômes comme la fatigue se prolongent.

Le rôle du psychologue est d’aider le patient à se sortir des schémas cognitifs qui l’ont plongé dans le burnout. Pour cela, diverses méthodes sont utilisées comme la Programmation Neuro Linguistique (PNL), l’analyse transactionnelle, la thérapie comportementale et cognitive voire la psychanalyse. A travers tous ces outils, le psychologue aide alors son patient à comprendre ce qui lui arrive, à accepter son état, à gérer sa culpabilité, son stress, à se reconnecter avec ses valeurs, à prendre soin de son bien-être, à envisager la reprise du travail en lui apprenant à dire non, à fixer ses limites et à les respecter, etc. Il n’est pas rare non plus qu’un changement de travail soit initié, voire une reconversion professionnelle grâce à un coaching professionnel.

A côté de cela, c’est toute une hygiène de vie et un fonctionnement de vie qu’il faut revoir. Se remettre à faire du sport, manger sainement, bien dormir, faire des siestes, apprendre à ne rien faire, à profiter du moment présent, vivre simplement, être dans l’être et non le faire. Toutes ces petites choses doivent être réapprises et réintégrées dans la vie de la personne en burnout. La sophrologie, la relaxation, la méditation, la pleine conscience, le yoga sont des outils précieux qui peuvent beaucoup aider à gérer son stress et être à l’écoute de soi.

Peu avant la reprise du travail, il est important de discuter avec l’employeur des modalités pratiques de la reprise, horaires et aménagements divers, et de redéfinir au besoin la fonction. La reprise du travail à temps partiel est une bonne solution car elle permet au travailleur de se replonger dans le monde du travail de manière progressive et avec moins de responsabilités. Après la reprise du travail, le patient continue son suivi psychiatrique et psychologique afin de s’assurer de sa bonne guérison et éviter une rechute.

Comment s’en prémunir ? Il ne faut évidemment pas attendre d’être au bout du rouleau pour prendre soin de soi. C’est tous les jours qu’il faut prendre soin de soi ! Apprendre à se connaître pour ne pas dépasser ses limites, oser dire non sont autant des conseils de prévention que des conseils de bon sens. J’admets que c’est plus facile à dire qu’à faire. Dans la société actuelle, tout le monde court dans tous les sens et rare sont ceux qui prenne le temps de lever un peu le pied pour s’écouter et reprendre leur souffle. Pourtant il suffit de bien peu de choses parfois. Voici quelques conseils pour gérer le stress et préserver l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée.

  • Pratiquer la relaxation ou plus simplement apprendre Ă  se relaxer, Ă  respirer profondĂ©ment
  • Dire stop au tabac, Ă  l’alcool, au cafĂ© et excitants (coca, boissons Ă©nergisantes…)
  • Faire du sport rĂ©gulièrement, l’idĂ©al Ă©tant 3 fois par semaine
  • S’organiser, se fixer des objectifs
  • Apprendre Ă  dire non, Ă  dĂ©lĂ©guer
  • Prendre du recul par rapport aux contrariĂ©tĂ©s sur lesquelles nous n’avons pas de prise
  • Prendre de vrais temps de pause, cinq Ă  dix minutes toutes les heures et une heure pour la pause dĂ©jeuner
  • Pratiquer la pensĂ©e positive
  • Rechercher du soutien, partager ses sentiments pour dĂ©dramatiser et prendre du recul
  • Savoir fixer ses limites pour les autres mais aussi pour soi-mĂŞme
  • Accepter de ne pas ĂŞtre parfait, la perfection n’existe pas et si elle existe elle est toute relative
  • Soigner son sommeil et son alimentation
  • Adapter son environnement de travail en le personnalisant et en le rendant agrĂ©able
  • Se faire plaisir avec un bon film, un resto avec un ami, un peu de shopping…
  • Se rĂ©server du temps pour soi, sa famille, ses amis
  • Changer ses habitudes pour devenir zen et organisĂ©
  • Prendre des vacances

Prévenir l’épuisement professionnel relève aussi de la responsabilité de l’établissement. De ce fait, il sera donc intéressant pour une entreprise de mettre en place des séminaires de gestion du stress ou des cellules de parole pour permettre réflexion et prévention autour du burnout, permettre aux employés et aux cadres de bénéficier de massages, massages assis, massages crâniens, ou de participer à des séances de yoga et de relaxation sur le temps de midi par exemple.

 

CONCLUSION

 

Pour conclure, les Etablissements Hébergeant des Personnes Agées Dépendantes (EHPAD) sont des institutions qui méritent d’être organisées comme il se doit. Les problèmes qui y existent sont importants et méritent d’être solutionnés sérieusement. Les diverses méthodes, textes législatifs et démarches adoptés et mis en application semblent être appropriés et mener tant bien que mal vers une bonne gestion de ces établissements. Quoiqu’il en soit, la tâche est loin d’être facile. Le personnel se fatigue à cause de tout ce dont ils ont à faire, l’épuisement professionnel se fait fortement ressentir. Ce problème est d’ailleurs le principal à remédier car même un EHPAD muni des matériels nécessaires et adéquats ne peut faire face à un personnel à bout de nerfs. Nous avons abordé dans ce mémoire les principaux problèmes et les solutions y afférentes mais cela ne règlera pas forcément tous ces problèmes. C’est la raison pour laquelle  les efforts ne doivent pas être ménagés, tant au niveau de l’établissement qu’au niveau étatique. En effet, les maladies se diversifient, les personnes âgées sont de plus en plus nombreuses et la profession d’aide-soignant de plus en plus difficile. Nous avions tenté ici de rassembler toutes les solutions que nous avons estimées efficaces pour régler les problèmes en EHPAD compte tenu de l’importance attachée à la résolution de ces problèmes. Les personnes âgées sont des êtres humains qui méritent d’être traitées comme tels. Ainsi, il ne faut pas les traiter comme des enfants, même si par moment, ils sont difficiles et capricieux.

Si l’accompagnement personnalisé des résidants est un critère de qualité essentiel pour l’EHPAD, elle peut être, dans les faits, difficile à mettre en œuvre dans un lieu de vie collectif. Malgré tout, de plus en plus d’établissements trouvent les moyens de s’organiser pour respecter les rythmes de vie individuels et permettre à leurs résidants de mener la vie qu’ils souhaitent. « Il ne faut plus voir les maisons de retraite comme des structures fermées, insiste le docteur Stephan Meyer, médecin coordonateur en EHPAD. Au-delà du travail mené pour prendre en charge les résidants de façon plus spécifique, de plus en plus d’EHPAD deviennent des relais gériatriques de terrain. Grâce à la télémédecine, par exemple, ils permettront à tout un bassin de vie de bénéficier de bonnes pratiques gériatriques.

Fort heureusement pour la résolution des problèmes en EHPAD, les avancées technologiques et scientifiques contribuent énormément. Effectivement, ces avancées peuvent grandement aider à combattre les maladies et à fournir un précieux coup de main aux membres du personnel des EHPAD. De plus, les recherches en la matière ne cessent d’être entreprises.

Espérons qu’au fil du temps, les EHPAD pourront devenir réellement des endroits de paix et de sérénité pour les personnes âgées et que le personnel soit en mesure de combattre les aléas du métier et de se rappeler en tout temps l’importance du bien-être des personnes âgées dont ils ont la charge.

 

 

BIBLIOGRAPHIE

 

  • Ouvrages
  • « Vaincre l’usure professionnelle »
  • « Management efficace d’une Ă©quipe en EHPAD », collectif Heuristique.net
  • « La gestion des risques de maltraitance en Ă©tablissement », ComitĂ© National de Vigilance contre la Maltraitance des Personnes AgĂ©es et Adultes HandicapĂ©s, DĂ©cembre 2008
  • « Rapport remis au MĂ©diateur de la RĂ©publique »

 

  • MĂ©moires
  • « Les difficultĂ©s des soins palliatifs en EHPAD », Alexandra Dervin, UniversitĂ© RenĂ©e Descartes (Paris V) – facultĂ© Cochin-Port Royal
  • « Quelle place pour le mĂ©decin traitant dans l’EHPAD ? », docteur Jean-Marc Luez : mĂ©decin gĂ©nĂ©raliste Ă  Lille, pour l’obtention du diplĂ´me universitaire de mĂ©decin coordonateur en EHPAD, 2009-2010
  • « L’épuisement professionnel du soignant : comment limiter les dĂ©gâts ? », VĂ©ronique Rolando-Eugio, pour l’obtention du diplĂ´me de cadre de santĂ©

 

  • Textes lĂ©gislatifs
  • Loi du 24 Janvier 1997, complĂ©tĂ©e par les dĂ©crets du 26 Avril 1999
  • Le Code de l’Action Sociale et des Familles
  • DĂ©cret n°89-241 du 18 Avril 1989 modifiĂ© par une Circulaire du 24 Septembre 1998
  • DĂ©cret du 22 FĂ©vrier 2007 relatif Ă  l’intervention des structures d’hospitalisation Ă  domicile dans les Ă©tablissements d’hĂ©bergement pour personnes âgĂ©es
  • Code PĂ©nal
  • Loi du 02 Janvier 2002 rĂ©novant l’action sociale et mĂ©dico-sociale : Section 2 : Des droits des usagers du secteur social et mĂ©dico-social

 

 

 

  • Sites Internet
  • Service-Public.fr
  • Espace-LMNP.com
  • Maisons de retraite.fr
  • com
  • Soignants en EHPAD.fr
  • Officiel PrĂ©vention.com
  • Questions de santĂ©.hautetfort.com
  • Collectif heuristique.net
  • Le-Manager-Urbain.com

[1] Service-Public.fr

[2] Articles R232-1 à R232-6 du Code de l’action sociale et des familles.

 

[3] Espace LMNP : le spécialiste de la revente du loueur en meublé

[4]  Prévot J., L’offre en établissement d’hébergement pour personnes âgées en 2007, Etudes et résultats, DREES, n° 689, 2009

[5] Maisons de retraite.fr

[6] Stydia.com

[7] Par Alexandra Dervin pour l’obtention du DIU Médecin coordonateur et EHPAD, Université Renée Descartes (Paris V)-faculté Cochin Port-Royal, 2006-2007

[8] Soignants en EHPAD.fr

[9] Rapport remis au Médiateur de la République

[10] R. Floru : docteur en médecine et ancien responsable du laboratoire de psychophysiologie du travail de l’INRS et J.C. Cnockaert : chef du service de physiologie environnementale de l’INRS dans « Les Cahiers de l’Actif » n°264/265, p. 25 à 40

[11] Officiel-Prévention.com

[12] Par le docteur Jean-Marc Luez : médecin généraliste à Lille, pour l’obtention du diplôme universitaire de médecin coordonateur en EHPAD, 2009-2010

[13] Questions de santé.hautetfort.com : panorama de l’actualité et des questions de santé en France et à l’international

[14] Comité National de Vigilance contre la Maltraitance des Personnes Agées et Adultes Handicapés, Décembre 2008

[15] Par Véronique Rolando-Eugio, pour l’obtention du diplôme de cadre de santé, Institut de formation des cadres de santé au Centre psychothérapique de Nancy-Laxou, 2008-2009

[16] Formation dispensée par FLB Consultants

[17] « Management efficace d’une équipe en EHPAD »

[18] Le Manager Urbain.com

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